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 [FLASHBACK] The Promise

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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

AFFINITÉ : Lumière
POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


COULEUR RP : steelblue
AVATAR : Hugh Dancy
CREDIT : neige (av) + sian (code sign)
MESSAGES : 361
POINTS : 956
DATE D'INSCRIPTION : 23/10/2016


MessageSujet: [FLASHBACK] The Promise   14.01.17 20:50



❝the promise❞
mila - abel

Quatre jours plus tôt.

Sa sœur dépose les trois grimoires sur la table basse, y ajoutant d'autres petites choses qui s'apparentaient à des babioles. Un petit coffret en faisait partie, il était scellé. Elle n'avait pas essayé de l'ouvrir, de toute façon. « Il faudrait que tu reviennes au pays pour récupérer le reste. », lui dit-elle alors qu'un léger sourire zébrait son visage au teint crémeux. « J'ai mis le maximum dans la valise, je l'ai laissée près de la porte. Je te la laisse le temps que tu puisses ranger tout ça. Je repars vendredi prochain pour San Francisco. » « Merci Layla. C'est déjà beaucoup. », avait-il simplement dit alors que ses yeux se baladaient sur la tranche des livres qui étaient à proximité. « Tu comprends qu'on puisse pas garder tout ça. Puis Ali n'est pas très friand de ces choses-là alors… » « Je le sais très bien. Je suis juste étonné qu'il ne soit pas venu me les rendre en main propre, je le pensais plus pressé que ça à l'idée de s'en débarrasser. » Abel a encore le contrecoup de la Samain, il a encore le contrecoup de certaines choses qui ont été dites, n'ont pas été faites… il a simplement trop de mal à oublier à ce stade. Il sent encore tout, là, en lui. « Et il n'y a pas qu'Ali qui est récalcitrant. Pourtant, c'est notre héritage à tous. » Son silence parle pour elle. Layla est d'accord, mais elle est coincée entre deux feux, entre une fratrie qui s'est écaillée, qui se détache et se confronte à bien des maux. Et la magie est et restera pour toujours haram dans les traditions qu’affectaient particulièrement leurs frères, Ali en particulier, qui était particulièrement croyant.

« On aimerait que tu sois là pour l’anniversaire. » Ce n'était pas un anniversaire comme les autres, c'était un anniversaire funéraire, quelque chose qui était plus du devoir de mémoire qu'autre chose. Ils ne s'étaient pas rassemblés depuis l'affaire qui avait ébranlé la famille Karamé. « Tu aimerais que je sois là. », corrigea t-il avant de poursuivre, moins amer, « Je ferais en sorte de venir le mois prochain. C'est pas les moyens qui manquent maintenant tu me diras. » Une remarque un peu salée; il est vrai qu'on lui reprochait aussi d'avoir hérité plus que les autres, pourtant, il était l'aîné et c'était ainsi que le testament de Farid, son père, avait été rédigé. Il doutait que Layla soit intéressée par l'argent. Elle n'avait étrangement rien en commun avec ses trois autres frères. Comme si c'était du fric qui leur manquait… à son sens, c'était plutôt un cœur honnête et bon, rien d'autre. À croire que c'était une légende urbaine dans ce clan.

De plus en plus, la rancoeur ressurgit, comme dans cet autrefois dont il n'a que le trois quart du tableau. Mais en cette fin d’après-midi, il ne veut pas se laisser engloutir par ça. « Ah, et j'ai ramené ça aussi. » Un froncement de sourcils alors que le visage de son frère s'incline vers elle, curieux de savoir ce qu'elle était en train de chercher dans son sac à main. « Qu'est-ce que tu mijotes encore ? » « Attends, tu me remercieras plus tard. » Il respire lentement, pour ne pas forcer sur son poumon encore abîmé. « Tiens, », qu'elle lui fait en lui mettant sous le nez une petite housse à joaillerie. « Tu me demandes en mariage ? C'est haram t'es au courant ? T'iras en enfer et t'auras pas le droit à tes… » qu'il demande, la narguant plus qu'autre chose. « Ouvre. » Et il s'exécute juste après avoir eu le sifflet coupé. Lorsqu'il reconnaît l'éclat de la pierre, il relève les yeux vers elle, la gorge nouée. Un léger silence. « Pourquoi tu le gardes pas ? » « T'as le droit d'avoir un souvenir d'elle aussi… un vrai. Un bon. » Il n'est pas sûr de vouloir garder ça. C'est le pendentif de sa mère Afya, un pendentif qui avait aussi appartenu à sa grand-mère. Il regarde un long moment l'objet niché au creux de sa paume. « Merci, c'est gentil. » Ça ne l'empêcherait pas de revoir le visage inanimé de sa mère à ses côtés. Mais le geste était là.

Une bonne heure plus tard, elle est sur le départ. Un Karamé n'a jamais de temps à perdre, même si la famille avait aussi son importance.
« Non, attends, ne te lève pas. Je reviens. » « C'est bon, même grand-père Ismaïl était plus amoché que ça et il gambadait comme un cerf. » « Sauf que grand-père n'est plus là pour gambader aujourd'hui et tu ferais mieux d'éviter de trop bouger… ça te ferait du bien d'écouter les médecins de temps en temps. Ou ta sœur, quand elle est là. » Un soupir. « Je ne fais que ça. », grommela t-il. Elle revient vers lui, s'assoit à nouveau à ses côtés, parée à partir. Layla l'enlace doucement et dépose deux baisers sur sa joue. « Prends soin de toi, je reviens dans quelques jours inch’Allah. » « Ok. Mais évite d'abuser avec ton inch'Allah, tu viens, c'est tout. » Elle ne le prend pas mal, elle est habituée. Ce n’est pas le cas d’Ali qui serait entré dans une colère noire. Elle rit doucement avant de prendre le chemin de la porte. « Rentre bien, petite sœur. » « Pas de folies, Abel. Et repose toi. » « C’est moi le grand-frère je te signale. » « Bla, bla, bla… » La porte se referme.

***

Du repos, hein… tu parles.
Sa dernière entrevue avec Miller n'a pas franchement été convaincante, mais il y est allé. Ce gamin et ses pairs avaient puisé dans une magie impie qui avait un lien - de par l’école de magie utilisée - avec celles qui faisait l'héritage des siens. Les locaux du MCPD, au sous-sol, sont encore marqués par la présence de Bob, bien qu'il ait eu une nette amélioration. Les énergies sont encore fortes là-bas. Abel se souvient de ce qui l'a secoué là-bas, de cette compassion qu'il n'a pas eue, de cette fascination malvenue qui l'avait prise. Remettre le doigt sur une magie à laquelle il était très sensible, et s'en sentant proche ; c'était bien une des choses qui lui tournaient le plus en tête actuellement. Mais il n'y avait pas que ça. Ayant été arrêté un moment, il n'avait pu se remettre à chanter ni jouer, ce qui le faisait quelque peu plonger. Il se rappelle de la foire, de l'hôpital, de tout; et il ne souhaite pas ruminer dessus pendant des semaines durant.

Alors il a plongé tête la première dans les grimoires de ses ancêtres, pensant sans doute  trouver un quelconque réconfort dans l'étude de ces derniers. La semaine fut également propice à la mise en conservation - ce qui rimait avec protection - des ouvrages en question. Ce n'était pas encore bien achalandé mais une fois la seconde phase de soins passée, il pourrait disposer le tout en bonne et due forme. Puis partir pour Beyrouth… et ainsi compléter sa bibliothèque personnelle.

***

25/11/2016, Capitol Hill.
Apt d’Abel, en début de soirée.


Allongé sur le canapé, il avait la tête inclinée dans la direction de l'écran de télé qui faisait défiler des images du célèbre film Ghibli « Le Voyage de Chihiro ». Le reste du corps était allongé bêtement sur sa longueur, sa jambe blessée au repos alors que la seconde était fléchie. Jimmy avait déplacé le canapé la dernière fois pour qu'il n'ait pas à se tordre le cou pour regarder la télévision, ne pouvant pas vraiment se mettre sur le côté pour l'instant. Une initiative de son ami qui avait été saluée par Abel, qui visiblement en profitait. Par terre, entre la table basse et sa main droite, une jeune adolescente est assise et regarde aussi dans la même direction. L'homme a ses lunettes sur le nez et semble particulièrement concentré sur le film d'animation. « Mais… c'est triste ! », fait Amelia, car tel était le prénom de l'esprit qui rôdait depuis un petit temps déjà dans son appartement. La communication est ouverte avec elle, il n'a d'ailleurs rien à craindre des alentours, car son appartement est protégé par un sortilège qui empêche les esprits étrangers d'y pénétrer. « Abel, c'est triste ! », qu'elle insiste, alors qu'il soupire un peu. « Oui, c'est triste. » « Tu vas finir triste toi aussi si tu continues à regarder des choses comme ça ! » « C'est triste mais c'est beau. Ça fait grandir l’âme, tu comprends ? » Amy fit la moue avant de rentrer un peu la tête dans ses épaules. La brunette aux cheveux lisses avait les poignets ouverts, une peau très pâle mais des vêtements d'automne sur le dos. Une jeune fille qui avait réussi à être apaisée malgré son suicide. Abel avait veillé à ce qu'elle le soit. « Ouais, mais quand même. » D'ailleurs, elle appréciait avoir le dernier mot.

« Tu vas pas pleurer quand même ? », lui lança t-il après un trop long silence de sa part. « Arrête, c'est pas drôle. » Un sourire illumine les traits du musicien alors qu'il reporte son attention sur l’écran. « Je te jouerais ce morceau la prochaine fois. » Au même moment, on entend la porte s'ouvrir mais ne peut pas voir qui s'y engouffre. (Et puis, qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’il parle « tout seul » ?). Vu le pas, c'est Jimmy. Ses bottes en cuir avaient un crissement particulier qu'il savait aujourd'hui reconnaître. Abel ne réagit pas particulièrement, après tout Luke et Jim peuvent rentrer comme ils le veulent, ils avaient les clés eux aussi. C'était chez eux aussi, même si leur nom n'était pas inscrit sur les papiers. La façon d'être d'Abel n'était pas tout à fait celle que l'on attendait d'un sédentaire. La preuve, il avait laissé la porte déverrouillée. Le matériel, sauf dans de très rares cas, ne l'intéressait pas particulièrement. Toutes les lumières sont allumées dans l'appartement, c'est une règle d'or lorsqu'il fait sombre dehors.

Il ne voit apparaître que la silhouette de Jimmy, la tranche du canapé dissimulant celle de l'autre personne. Comme à son habitude, il évite soigneusement de parler de choses trop sérieuses ou sensibles. Il ne lui demande pas vraiment comment ça va, il sait qu'il n'a pas le moral au beau fixe et que la douleur est toujours là… pour ne parler que de ça. « Ça fait combien de fois que t'as regardé ce truc ? Trente ? », l'interroge le batteur alors qu'il jette un coup d'œil à l'écran télé. À peine arrivé, il sait déjà détendre l’atmosphère. À sa manière. « Onze cette année. Et qu'est-ce que ça peut t'faire, hein ? » « Sois pas vexé, bichon, » « La ferme Jim, » Ce dernier s'avance un peu tout en répondant. « D'accord bichon. » Abel râle alors en rajoutant, « Pousse-toi, je vois rien ! » S'il est aussi susceptible et râleur, c'est sans doute dû au fait qu'il soit frustré d'être aussi peu actif. Frustré de ne pas pouvoir avancer, de ne pas pouvoir chanter, même s'il a déjà joué alors qu'il n'aurait pas dû. « T'es de mauvaise humeur ? » Amy ricane à cette réplique. Le guitariste décide d'abandonner l'écran (qui est bouché par une panse qui paraît énorme vue d'ici) et remonte ses prunelles vers le visage du batteur. M’emmerde pas, c'est le moment préféré d'Amy !, pensa t-il très (trop ?) fort. « T'es de mauvaise humeur. », conclut-il. « Je suis pas de mauvaise humeur, t'es juste chiant, c'est la fin en plus. J'espère que t'as ramené à bouffer au moins, sinon c'est les restes du wok d’hier. » Qu'il avait fait lui-même, notez.

Étrangement, il pivote un peu vers l'arrière, incitant quelqu'un à sortir de "l'ombre". « C'est qui ? », demanda Amelia. Aussitôt qu'il la reconnaît, c'est une légère décharge électrique qu'il se prend dans l'ensemble de ses membres. Redresse-toi, t'as l'air con comme ça. Il se parle à lui-même et il oublie qu'il y a de très fortes chances que ce soit également perceptible pour Mila. Un Lion qui n'était pas toujours très sûr de lui, malgré son franc parler. « C’est… », commença t-il alors que Jimmy enchaîne. « On a ramené à bouffer, c'est Mila qui a voulu prendre ça, je décline toute responsabilité ! » « Ah ?» « D'ailleurs, on va grailler avec toi puisque t'as rien d'autre à faire, hein ? » Pourtant ça sentait bon d’ici… « Qu'est-ce que t'en sais d'abord ? » « Je le sais, c'est tout. »

Abel se sent un peu mal à l'aise, un peu oppressé peut-être, car il ne sait pas trop comment réagir lorsqu'elle est dans les environs. Il sait qu'il a connu Mila mais il y a des choses qu'elle sait et dont il ne se souvient plus. À commencer par la nature de leur lien, à des choses qu'ils ont pu partager. Elle avait ces clés, elle avait la possibilité de l'aider à recouvrir un tant soit peu la mémoire. Abel baisse le son de la télé puis rebondit sur autre chose. « Luke est pas là ? » alors que la bouffe empaquetée est déposée sur la table basse. « Une histoire de gonzesse… », ricana le batteur avant de prendre place sur un pouf qui encadrait la petite table basse. « Installe toi, t'es chez toi », lança Abel d'emblée alors qu'elle semblait hésiter à prendre place. Ça lui était venu naturellement et il n'allait pas revenir sur ce qu'il venait de dire. Cela faisait désormais office de loi. « Il a raison, pose tes fesses là où tu veux. » Bien sûr que j’ai raison. D'ailleurs, Jim a laissé le fauteuil vacant exprès pour elle, mais ce n'est qu'un détail. De toute façon ils préfèrent être affalés par terre comme des gamins plutôt que d'être droits sur une chaise en bois.

Il entend également la voix zozotante d'une enfant au loin, mais n'y prête pas tout de suite attention, contrairement à Amy qui se lève pour aller voir vers la porte. Abel tire une première jambe sur le côté, bougeant pour pouvoir se redresser et finir en position assise. Puis, deuxième étape… « Hey hey hey, qu'est-ce que tu fous ? » « Je me lève, ça se voit pas ? » « Qu'est-ce que tu veux ? » « Me lever, Jim. », dans un soupir à peine contenu. Depuis les derniers événements, il est encore plus protecteur qu'avant. Abel a un peu de mal avec ça en ce moment, bien que la bonne volonté de son ami soit manifeste. « Tu veux boire quelque chose Mila ? » alors qu'il s'apprête à s'appuyer sur sa jambe valide pour se hisser. Jimmy attire l'attention de la sorcière pour récupérer sa commande. Il ajoute cette fois en direction du Black Dog. « Bouge pas sinon… » « Sinon quoi ? » « Sinon je t'attache au canapé. » « C'était pas très convaincant comme menace… » Les sourires sont inscrits sur leur visage respectifs. Depuis tout à l'heure, il n'y a rien qui puisse être considéré comme de véritables prises de choux. Ce n'était que des interactions sans réelle agressivité.

Abel allait tout de même se lever lorsqu'il entendit une voix familière lui dire d'arrêter. Et il le fit, se gardant de faire une remarque. Alors il aligna son dos contre le fond du canapé, coinçant le coussin qu'il avait utilisé plus tôt entre ses côtes et son bras. Jim lui demande ce qu'il veut boire, il lui répond simplement par… « La même chose que Mila. » « Mais c'est qui Mila ? Et c'est qui elle aussi ? Elles sont jamais venues ici avant, non ? », fit la voix d'Amelia alors que le médium inclinait sa tête par dessus son épaule, cherchant à voir la porte. L'esprit se tenait devant une porte close, mais entendait ce qu'il percevait lui aussi. La voix de l'enfant. « Attends, deux secondes, » dit-il à l’esprit alors qu’il reporte son attention sur autre chose. À savoir l’odeur de la bouffe qui commençait à se répandre un peu. Ça n’avait pas été sorti des sachets mais ça sentait plutôt bon. Et il avait reconnu ce que c’était, pour sûr. Comment tu sais que j’en avais envie ?, à l’attention de la personne qui avait commandé ce repas libanais.

Les secondes filent, les minutes. C'est comme s'il devait se réacclimater à quelque chose. C'est un manque profond qu'il a là, il a plusieurs visages, s'inscrit dans plusieurs sphères.
Mais lorsqu'il est habilité à divaguer, il caresse un souvenir emprisonné. La frustration le paralyse, il n'a plus envie d'essayer pour ne rien y trouver. Mila… bien qu'il ait fort pensé à elle, il n'en a pas reparlé. Ils n'ont échangé que trop peu de choses à l'hôpital. Il n'était pas en état.
Pourtant…
« On va te sortir de là Abel. Tu m’entends. On va te sortir de là. Tiens bon.
Je t'interdis de mourir… »

Ça résonne encore là-haut. Comme s'il l'avait déjà entendu. Sensation de déjà-vu.

Jim disparaît trois misérables minutes pour ramener les boissons. Alors qu’il est encore affairé, Abel lui demande, sans prendre le temps de décorer ses propos avec autre chose que l'essentiel. « Comment tu vas ? »


© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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ALIAS : Petite Rose
ÂGE : 31 pétales.
OCCUPATION : Excellente Wedding Planner spécialisée dans le Vintage Bohème et le Shabby Chic.

AFFINITÉ : Air
POUVOIRS : _Télépathie (La perception extra-sensorielle)
Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


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AVATAR : Nina Dobrev
CREDIT : Neige (avatar) Sian (Signature) Pinterest. Tumblr. Code fiche JOY. Never Utopia. Libella
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   15.01.17 1:50



"The Promise"

Abel & Mila


25/11/2016
Highline Medical Center.
Début d'après-midi.

« Ils vont nous faire attendre combien de temps ? Avec toutes ces blouses blanches qui brassent du vent, ça ne devrait pas être aussi long. » Grogna Nayden qui tapota nerveusement ses doigts contre ses genoux. Le blanc immaculé du petit cabinet lui piquait les yeux. Pourtant, il avait l'habitude de s'y rendre fréquemment depuis que Docteur Mac Machin chose -il se souvenait jamais des noms qui le faisait chier, lui avait diagnostiqué un cancer colorectal. Un nom charmant dont il s'en serait bien passé -pas très classe à balancer au nez d'une femme. Bien plus que la bestiole en elle-même qui le bouffait à vrai dire. Dépisté assez tôt, on lui avait assuré que ce genre de cancer se soignait plutôt 'bien'. Le 'bien' ne concernait pas son portefeuille. Même avec une couverture sociale, les soins coûtaient les yeux de la tête. Et il ne voulait pas que Mila lui paye la totalité de son traitement. Nayden avait décliné plus d'une fois de prendre les cachets pour diverses raisons. Celle qui refusait d'admettre était la peur de souffrir.. Trop de fierté pour l'avouer (trop de connerie surtout). Mila, appuyée d'Hunter, passait des heures à lui expliquer les bienfaits de la médecine et la nécessité de prendre ces cachets. Ils se trouvaient justement ici pour discuter de l'opération qui serait prochainement programmée et retirer les parties de l'intestin atteintes. La chimiothérapie serait la prochaine étape. Le début d'un long calvaire...
« Ne commence pas à râler papa Cela ne m'enchante pas plus que toi, tu sais. Mais nous n'avons pas le choix.» Rétorqua Mila qui croisa joliment sa jambe contre l'autre. « C'est pour ton bien. » Nayden détourna la tête vers une affiche qui vantait les bien fais de la coloscopie. Il grimaça. « Mon bien se trouve à l'autre bout de la ville. Je n'ai pas envie de passer tout l'après-midi ici. Je te préviens Mila. J'attends encore dix minutes et s'il n'est pas là, lui et ces lunettes à la con, on se barre. » Cette fois ces doigts se crispèrent contre ces genoux. Nerveux. Mila le remarqua et soupira d'exaspération. « Tu as quelque chose contre les hommes à lunettes ? » Demanda-t-elle en posant sa main contre celle de son père la plus proche. «Ouais. Ils cachent des choses derrière leurs verres vitreux. J'aime pas. » La sorcière se mordit sa lèvre inférieure. En y repensant, il n'avait pas tout à fait tord. « J'en porte également. » Nayden la dévisagea de nouveau. « Alors t'es une sacrée cachottière. » Elle se mit à rire en secouant doucement sa tête de gauche à droite. « Comme tout le monde papa » Puis elle détourna les yeux, ne pouvant supporter d'avantage son regard pénétrant. Il ne savait pas. Il ne savait rien et ça, depuis des années. Et valait mieux. Un secret qui pesait lourd sur sa conscience. Mila commençait à perdre patience. Une minute de silence s'imposa entre eux. Une toute petite minute avant qu'il ne reprenne la parole, incapable de se taire plus longtemps. « Pourquoi Hunter n'est pas avec nous ? » Qu'il posa sans prendre conscience qu'il venait de remuer un tas de boue. La brunette se crispa sur sa chaise, changeant maladroitement son croisé de jambes. « Il est fatigué. Il s'excuse de ne pas être là. » Encore un mensonge pour le préserver d'une inquiétude dévorante. Il n'avait pas besoin de savoir que son poulain n'était pas au meilleur de sa forme. Il le saura bien assez tôt. La vision du corps d'Hunter sur le sol s'imposa à son esprit. Elle plissa des yeux fortement jusqu'à s'en faire mal sous le regard curieux de son père. « Tu fréquentes quelqu'un en ce moment ? » La question eut le don de lui écarquiller subitement les paupières. « Pardon ? » Il réitéra sa question. Elle rougit en fronçant joliment ces sourcils. « Non. Et je ne vois pas en quoi ça te regarde... » Nayden se replaça sur sa chaise sans la quitter des yeux. « Je m'inquiète pour toi. Depuis James... » « Arrête s'il te plaît. Pas maintenant. » « Un père a le droit de s'inquiéter de la vie sexuelle de sa fille. C'est humain les rapports. On en a besoin pour survivre. Un peu de tendresse, ça ne fait pas de mal... » « Papa... » « Et Hunter ? C'est un bon p'tit gars. Dévoué à sa cause. Et fidèle. Il a les épaules robustes et... » « Et c'est un ami. Un très bon ami. » qu'elle coupa, exaspérée. « Raison de plus ! » Mila soupira et tira un peu sur les pans de sa robe pour recouvrir ses cuisses. « J'aimerais bien connaître la joie d'être grand-père avant de crever ! » Qu'il balança en râlant sans prendre se rendre compte de la portée de ces propos. Il se tortillait encore sur sa chaise, ne sachant comment se mettre. Mila arrêta son geste sans relever le menton. Figée. Son cœur se serra. Il releva son regard clair sur sa fille, penchant légèrement la tête sur le côté. Il venait de comprendre sa boulette. « Oh ma princesse je... » Il posa sa main sur celle de Mila. Elle retira de suite la sienne, fuyant le contact. « Tu l'es déjà. Seulement faut l'accepter.» Qu'elle lâcha d'une voix rauque tout en reprenant sa pochette qu'elle avait déposé sur le coin du bureau. « Appelle-moi quand c'est terminé. Je passerais te chercher. » Sans un regard de plus et dans un silence de mort, Mila quitta la pièce en claquant la porte.



****

21 /11/2016 Capitol Hill.
Apt d’Abel, en début de soirée


Sa voiture garée sur le parking de l'immeuble, Mila suivait Jimmy dans un bruit de talons jusqu'à la porte d'entrée du bâtiment. Il lui avait donner rendez-vous devant l'immeuble d'Abel. La jeune femme, en avance, en avait profité pour acheter de quoi se rassasier l'estomac au Libanais du coin. Ça sentait foutrement bon. Un petit clin d’œil aux origines d'Abel. elle complimentait intérieurement son idée. Fière. Mais plus ils avançaient, plus son malaise la contamina jusqu'à fermer son visage. Elle ne parlait pas, grimpant les escaliers lourdement, la boule au ventre. La fille de l'Air étant claustrophobe, Jimmy se plia à sa volonté d'éviter l'ascenseur. Elle le gratifia d'un maigre sourire.

Dans son dos trottinait joyeusement Nevena. La petite fille se réjouissait à l'avance de revoir Abel. Elle voulait s'assurer qu'il allait mieux. Son chevalier blanc lui avait fait une peur bleue avec ces blessures. Puis Mila ne l'avait pas aidé. Sa sœur avait énormément pleurer cette nuit-là... et la suivante... et encore la suivante jusqu'à ce qu'elle puisse le voir à l'hôpital... pour mieux rechuter le soir. Neva comprenait son chagrin. Elle aussi était attachée au Libanais. Alors de le savoir en meilleure forme égayait sa journée. Il faut dire que son père l'avait bien tâché avec son humeur de merde et sa boulette. Abel serait son rayon de soleil ! La petite poupée suivait le duo en chantonnant une comptine, les mains dans son dos.

Et Jimmy s'arrêta devant la porte.

Mila inspira profondément tout en se pinçant les lèvres. Le moment tant attendu et redouté s'offrait à elle. Il se trouvait là. Derrière cette fichue porte. Si Jim ne l'aurais pas accompagné, la brunette aurait rebroussé chemin en laissant les sacs de nourriture sur le pallié. Mais le batteur était présent. Elle ne pouvait plus reculer. Surtout qu'il l'ouvra sans prendre la peine de frapper. Une aisance qui étonna Mila. Elle le regarda entrer comme s'il s'agissait de chez lui, les yeux ronds. Il lui fit signe de la suivre. Elle hésita. Son regard fuyait un instant celui de son ami pour regarder par-dessus son épaule. Elle ne pouvait pas voir la bouille levée dans sa direction et le sourire plein de dents que lui offrait sa sœur. Mila lâcha un bref soupire et gonfla sa cage thoracique de courage. Et elle détourna sa tête vers l'appartement ouvert. Elle entra finalement.  

La voix familière d'Abel capta son attention alors qu'elle découvrait son intérieur, les sacs à l'effigie du restaurant Libanais dans sa main gauche. Il semblait discuter avec quelqu'un à leur arrivée. Seulement Jimmy venait de se planter devant lui sans prendre la peine de lui rendre le change. Elle arqua un sourcil. Visiblement, il n'avait pas perdu cette habitude de faire des monologues à lui seul. Il n'était peut-être pas si différent que ça... Son pouls s’accéléra tout en avançant vers le canapé. Mila ne le voyait pas. Allongé, il faisait face à Jimmy. Silencieuse, son regard balaya nerveusement les alentours qu'elle découvrait pour la première fois, avant de revenir au batteur puis aux pieds qu'elle apercevait. Elle remarqua les nombreuses lumières allumées. Un détail qui ne l'étonna pas.
La télé allumée continuait de jouer l'animé. Mila n'y prêta pas attention, pas plus qu'à Nevena -chose normale, qui se trouva bloquée à l'entrée. Elle avait beau essayé de passer, une sorte de barrière l'empêchait de passer. Son regard s'assombrissait. Sa lèvre inférieure se mit à trembler. Elle comprit qu'elle ne pouvait pas les rejoindre. Les mains posées contre la muraille invisible, elle gémissait. Abel... Ze suis coincée... Ze peux pas entrer... C'est pas zuste ! ABEL !

Silencieuse, la brunette écouta très attentivement les échanges entre les deux amis, bien planquée dans son petit coin. Si Jim pouvait l'oublier, ça l'arrangerait bien ! Un faible sourire courba sa bouche délicate devant la complicité masculine. Rien n'avait changé... Il semblait être fidèle à l'Abel d'avant l'accident. Alors pourquoi regrettait-elle tellement de se retrouver face à lui ? Parce qu'il l'avait tout simplement gommé de sa mémoire. Un détail qui fêla un peu plus son cœur. Tant de chose oublié... Et s'il ne l'appréciait pas maintenant ? Ses doigts se crispèrent sur l’anse du sac en plastique. Pensée stupide. Mila baissa un instant son regard vers le bout de ces chaussures. Absente. M’emmerde pas, c'est le moment préféré d'Amy !  Les mots résonnèrent dans son crâne, la sortant de ses idées sombres, ce qui eut le don de lui faire relever ces perles brunes sur Jimmy. Amy ?qu'elle répondit à son tour sans prendre le temps de rompre le lien qu'elle venait d'ouvrir par l'intermédiaire de son Oeil de l'Esprit. Son allusion à la bouffe rassura Mila qui se vit oublier la fameuse Amy.

Son regard croisa celui de Jimmy qui lui faisait signe de venir. Elle déglutit. Non... Non elle n'avait pas envie d'y aller mais plutôt de prendre ces jambes à son cou en leur jetant les sacs à la figure. Mais elle ne pouvait pas fuir. Pas en arrivant jusqu'ici. Redresse-toi, t'as l'air con comme ça. Mila s'arrêta dans son avancé une fraction de seconde tout en cachant un soupçon de sourire derrière quelques doigts repliés, et elle reprit son avancé pour se planter au côté du batteur. Penaude. Elle avait l'air d'une écolière fraîchement débarquée face à son professeur. Avec quelques années de plus et la jupette en moins. La brunette planta son regard sur le visage d'Abel. Il avait meilleure mine qu'à l’hôpital, ce qui la rassura. Elle jeta un coup d’œil à Jim et déposa les sacs sur la table basse. Silencieuse comme une tombe.

Mila était tendue. Mal à l'aise devant un Abel qu'elle redécouvrait pour la seconde fois, en espérant que celle-ci soit la bonne. Qu'aucune bestiole sortie de nul part vienne pourrir leur soirée. Elle se racla nerveusement le larynx. Luke fut balancé dans la conversation. Mila se contenta de les regarder tout en croisant ces mains devant son ventre plat. Lorsqu'ils l'invitèrent à poser son ravissant postérieur sur l'un des fauteuils. Du moins, le fauteuil si gentiment laissé par les bons soins de Jimmy. Merci. Qu'elle murmura d'une    voix voilée d'embarras. Bien sûr que j’ai raison Mila jeta un regard en coin sur Abel tout en s'installant sur le fauteuil. Elle se mordait la langue pour ne pas répliquer. Bien que techniquement, se mordre la langue n'avait aucun sens avec sa télépathie.

« Sérieux ABEEELL ! Ze veux venir... Ze peux pas... Il y a un truc qui m'empêche d'avancer... C'est vraiment pas zuste... » Pleurnichait Neva derrière la porte. Elle se laissa glisser jusqu'à s'assoir sur le sol. Genoux au menton. Ses billes mouillées rivées sur la porte.Comme si Abel allait débarquer pour lui ouvrir..

Abel fit un mouvement qui alerta Jimmy et Mila. Elle souleva son postérieur de l'assise, prête à venir l'aider s'il le décidait. Elle connaissait l'orgueil masculin. Devant la surprotection du batteur, Mila secoua doucement sa bouille. Il avait le droit de se lever tout de même. Juste de se lever quelques secondes. Pas plus. Elle lui envoya un regard réprobateur d'ailleurs pour lui montrer qu'elle n'était pas d'accord avec lui, lorsqu'Abel happa son attention. La brunette tourna son visage dans sa direction tout en reprenant place. A boire ?? La question fut simple mais déstabilisante pour Mila qui cligna des yeux bêtement. « Euh... Un verre d'eau. S'il te plait. »Elle les écoutait se chamailler comme deux gamins. Sa bouche se courba en un faible sourire alors qu'elle baissait le menton. Machinalement, elle ramena une lourde mèche ébène derrière son oreille, dégageant son joli profil. Elle ne voulait pas mettre les pieds dans leur petite 'querelle'. Ils étaient assez grand pour se débrouiller. Et pourtant... « Tu devrais rester assis, Abel. S'il te plait. » Qu'elle posa d'une voix douce.

« Ze vais mourir de solitude!!!! Appelle la faucheuse ! Ze me sens partir !! »Gémissait Neva dans son coin, la moue boudeuse.

Son regard resta braquer sur le visage du sorcier. Ce dernier regarda un instant par-dessus son épaule et sembla parler à quelqu'un d'autre que Jimmy ou elle... Bordel. Elle le savait qu'il parlait dans le vent, mais lorsqu'elle en était témoin, la chose était déstabilisante. Elle se mordit l'intérieur de sa joue pour ne pas lui demander une bonne fois pour toute, à qui il s'adressait dans ces moments de perdition. A son ami imaginaire ? Bien qu'il soit trop vieux pour en avoir un... Elle frissonna d'effroi. L'idée qu'on puisse converser avec une personne purement inventé par son esprit lui fila un frisson. Non, il n'avait pas le cervelet déranger, même si parfois il lui foutait sacrément le doute. Elle se racla la gorge. Comment tu sais que j’en avais envie ? Mila papillonna des paupières avant de répondre le plus sérieusement du monde, Parce que je te connais.. Evidence.

Jimmy disparut quelques minutes, le temps d'aller chercher les boissons. Des minutes longues et interminables au vue du silence qui s'était imposé entre-eux. Mila en profita pour l'observer un instant avant de le fuir. Son malaise n'était pas partie et c'était dérangeant pour la brunette qui tentait de garder la tête haute devant son ami. Un ami pur qui elle avait tout d'une parfaite inconnue. Et ça faisait tellement mal...

« Comment tu vas ? »  Mila se crispa. Il perça sa bulle de sa voix. «Moi?» Demanda-t-elle bêtement en se pointant du doigt. Surprise. «Je vais bien. J'ai eu plus de chance que vous. » Elle se pinça les lèvres nerveusement tout en ramenant ces mains croisées sur ces cuisses. «Tu as l'air d'aller mieux qu'à l’hôpital, et j'en suis soulagée. Ce fut un vrai... cauchemar. » qu'elle bredouilla, peu certaine de bien vouloir arpenter ce sujet épineux. C'était encore tout frais dans leur mémoire... Et elle ne voulait pas raviver des souvenirs douloureux... «Sympa ton appartement. J'aime beaucoup. On s'y sent bien.» Elle tira nerveusement sur les pans de sa robe. Elle se sentait tellement ridicule. Elle se tenait là, face à lui. Dans la peau d'une étrangère. Mila était déstabilisée. Peut-être que ce n'était pas une bonne idée de vouloir raviver des souvenirs qu'il avait oublié ou enfouie quelque part dans sa mémoire... Peut-être qu'il ne souhaitait pas se souvenir d'elle, tout simplement... Elle déglutit... «Ai-je fais quelque chose de mal Abel ? Pour que tu m'effaces de ta mémoire ?... Je ne comprend pas.» Mila posa maladroitement ces mots comme une continuité de sa réflexion, à haute voix. Elle inclina la tête sur le côté sans cesser de le regarder, cherchant une quelconque réponse dans ces prunelles claires...

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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   15.01.17 15:19



❝the promise❞
mila - abel

Amy ?, crut-il entendre. Malgré ça, la pensée qui avait suivi n’avait pu être réprimée. Car ça avait été succinct, et il était prit par Jim, qui l’accaparait littéralement.
Alors lorsqu’il la découvrit effacée, elle ne pouvait que l’être en cet instant, notamment lorsque le batteur et ami est dans les environs. Il prend de la place, c’est même devenu un moyen de se défendre des choses qu’il ne voulait pas toucher du doigt. Par sa fuite subtile, il s’impose, écrase les tensions - ou du moins tente de le faire - tout en espérant que le sujet ne soit pas abordé. Oh, Abel aussi prenait de la place en règle générale, du moins il avait eu cette caractéristique pendant de longues années durant. Même si les derniers événements avaient su altérer un peu - beaucoup ? - sa façon d’être. Il réapprenait à être, ni plus ni moins. Ses meurtrissures prenaient de la place. Parce qu’il ne les comprenait pas. Tout le monde fermait les yeux dessus. Ou parlaient à côté, le laissant dans seul dans ce maelström où l’oubli, la colère, la frustration, la souffrance et d’autres émotions plus négatives encore flirtaient dans son Œil.

L’esprit de l’enfant appelle, plusieurs fois, et il jette un coup d’œil dans la direction de la porte de temps à autre. Ne peut rien faire pour l’instant, Amy se déplace doucement vers la porte et s’arrête devant. Porte qui est fermée d’ailleurs. Seules les voix des deux esprits retentissent, bien qu’ils ne se voient pas à cause de la porte qui faisait barrage.
« Crie pas, c’est pour protéger la maison que les gens comme nous peuvent plus rentrer. », lui explique Amy d’un ton plutôt doux, ajoutant par après, « C’est quoi ton nom ? »

Cependant, Mila a fait une remarque et il s’est rassit presque aussitôt. Neva en rajoute, il lève les yeux vers le plafond, juste au moment où la réplique télépathique lui parvient. Son visage redescend immédiatement, s’inclinant dans la direction de la trentenaire. Parce que je te connais. Il l’avait déjà pressenti, il était venu à cette conclusion très vite… et là c’était annoncé clairement. Or, ça avait eu plus le don de le rendre nerveux qu’autre chose. D’ailleurs, ses mains jointes se triturent, il est prit par un certain nombre de choses. La plupart sont internes. Avec son mouvement un peu plus tôt, sa jambe le relance. De fait, il tire un peu son talon vers l’avant pour que sa cuisse ne soit pas trop sollicitée, reposant au mieux sur la tranche inférieure du canapé. Sans regarder, sans grimacer. Il se fait également à l’idée qu’il va devoir boire de l’eau pour le repas, mais ça ne le dérange pas : Abel ne reviendra pas sur sa décision d’avoir voulu boire la même chose que la personne qui se sentait comme une invitée. Même lui ne la percevait pas ainsi… il n’y arrivait pas. Elle n’était pas une ombre étrangère. Pas complètement. C’est sa voix, surtout, cette voix qu’il n’a pas encore suffisamment entendu, qui retient son attention; attise quelque chose chez lui. Certains mots. Certaines intonations, bien qu’il lui ait semblé ne pas avoir entendu quelque chose qui lui parlait vraiment, sauf lorsqu’elle lui avait confié ses derniers mots par télépathie il y a bientôt un mois.
Mais il ne s’y repose pas vraiment, il ne s’y repose pas parce qu’il ne s’en octroie pas l’occasion, ni le droit. Et on lui fait clairement comprendre au quotidien qu’il ne pouvait pas. On ne l’aidait pas de ce côté-là; on semblait simplement combler le vide par autre chose, pas retrouver les morceaux du puzzle correspondants. Avancer, simplement. Et il était le premier à vouloir le faire aussi, chose contre laquelle il ne luttait pas. Au contraire, l’inertie le pourrissait. Parce qu’il savait qu’il passait à côté de quelque chose… Abel avait décidé de trouver des réponses seul, mais il est évident que certaines cases ne pourraient être remplies par lui seul. C’était trop dur. Trop compliqué. Ou complètement invraisemblable.

« C’est qui la fille que tu suis ? », qu’elle demande. « N’appelle pas trop la faucheuse, on sait jamais ce qui peut arriver, tu sais. » Derrière la porte, elle sourit. Ce n’est peut-être pas une bonne idée de lui mettre des idées pareilles en tête… mais la faucheuse pouvait prendre bien des visages. Les esprits malveillants, bien qu’il n’y en ait pas ici, peuvent être bien plus dangereux pour des esprits paisibles comme elles pouvaient l’être que la mort elle-même. De toute façon, elles avaient déjà été fauchées, mais leurs âmes avaient été condamnées à errer. Prématurées.

À nouveau, un léger coup d’œil par dessus son épaule. Il ne sait pas si Mila sait vraiment. Son pouvoir, il ne l’a jamais caché, et bien que beaucoup par le passé ne croyaient à ses sornettes (l’époque le voulait aussi), mettant ces divagations sur le dos de son passif toxico, ça n’avait jamais été le cas à proprement parler. Jimmy comme Luke savent que ce n’est pas des délires. Et pourtant, il a déjà déliré, oui. Ça n’avait strictement rien à voir. Le médium était parfaitement conscient et maître de ses pensées. Sa différence manifeste faisait simplement froncer les sourcils, fuir ou au contraire attisait les curiosités. Un sorcier contrôlant le feu, pouvant se transformer en animal, lire dans les pensées,… on s’y attend, l’humanité est prête à l’entendre. En revanche, tout ce qui concernait la mort et les croyances qui tournaient autour, c’était bien plus compliqué. La religion est un pilier de l’humanité. Très riche au demeurant, mais aussi susceptible de paralyser les esprits qui se fermaient à une réalité que certains individus pouvaient palper d’aussi près. Le seul sorcier Karamé de sa génération avait ce lien avec l’Invisible. Bien qu’au départ il se soit senti happé par des énergies et des forces qui semblaient le dépasser, Abel se sent privilégié de pouvoir être en contact avec les errants oubliés de ce monde.

Lorsqu’ils se retrouvent seuls, il en profite pour lui demander comment elle se porte. Elle répond mais il n’est pas convaincu. Mila aligne les phrases comme si elle était au travail ou… il n’en sait rien, mais elle parlait différemment, elle avait un poids qu’elle portait et qu’il sentait d’ici. Ils n’avaient pas le même sur les épaules, pourtant c’était quelque chose qu’il ressentait comme s’il était sien. Elle est anxieuse, ça aussi ça se sent, et Abel tente de ne pas marcher sur un sentier similaire. L’homme garde son calme, bien qu’il soit prompt à interpréter cette communication non-verbale.

« Je vais bien. J’ai eu plus de chance que vous. »
« Ça veut rien dire. » Selon lui, ce ‘ça va’ n’était pas vraiment convaincant. Il a prononcé ça à mi-voix, alors qu’elle enchaîne juste après. Sur lui. Son état. Oh, oui, physiquement, ça va mieux, c’est indéniable. Et il n’est pas de ces personnes qui se brisent si facilement. En profite pour placer quelque chose qui était encore dans le sujet. « Les blessures les plus profondes, on les voit pas. Je suis presque sûr que t’en connais un rayon toi aussi. » Presque. Il ne pouvait pas la croire en disant qu’elle n’avait pas été secouée, ne l’était plus. C’était encore trop frais. « Ouais… un cauchemar. », encore plus bas, baissant un peu la tête pour regarder ses mains qui avaient pris les marques de pression. Ce n’était pas vraiment un sujet qu’il voulait aborder, c’est évident. Le rire qui avait résonné dans cette foire lui revient. Un écho désagréable.
Jimmy n’est pas encore là. À croire qu’il est allé au puits pour leur récupérer de l’eau. Ou que délai était volontaire pour les laisser face à face, ce qui semblait déjà plus crédible.

La remarque sur son appartement lui fait brasser du regard brièvement les lieux. Un léger sourire s’accroche à ses lèvres alors qu’il la remercie d’un geste de la tête.
« Tout ça, c’est pas moi. Ça me ressemble pas. » dans un murmure perceptible. Son sourire se fane un peu à ses mots. Il ne sait quoi rajouter, car c’est une tension palpable avec laquelle il flirte. Il a le regard perdu ailleurs quand elle lui balance sa bombe.

« Ai-je fais quelque chose de mal Abel ? Pour que tu m’effaces de ta mémoire ?… Je ne comprend pas. »

Silence. La nervosité est là, ranimée. Comme si on avait donné un coup de pied dans un château de cartes. Ou que le vent les avait emportées, loin, trop loin pour qu’il puisse les ramasser seul. Il est vrai que son moral déjà moyen venait d’en prendre un coup à l’entente de ces paroles. Sans s’en rendre compte, il prend une inspiration un peu trop profonde, ne l’ayant pas jaugée suffisamment. Par mégarde, il souffre. Ça le fait cligner plusieurs fois des yeux, puis les fermer un bref instant, fronçant un peu le nez. C’est bref. Il baisse à nouveau la tête, mais peu. Ça fait mal d’entendre ça. Sans comprendre pourquoi, c’est une vision qu’il a eue la veille en rangeant un des tomes de ses ancêtres qui lui revient par bribes.

***

Sa soeur affairée à ranger les grimoires qu’elle lui avait ramené. Deux de ses frères autour, Ali et Nabil. C’est houleux, même si Abel n’est pas là. Or, il est le sujet de conversation. Gabriel, le plus jeune, n’est pas là. Il est en déplacement, comme souvent. Ils sont placés à l’entrée de la bibliothèque de leur mère, Layla est genoux contre terre, œuvrant.

« Il est différent, mais c’est notre frère. Il a toujours été loin de nous et… »
« La faute à qui ?! Hein ! C’est la mienne, c’est ça ? Papa a voulu l’envoyer loin d’ici et on sait tous pourquoi ! »
« Et maintenant c’est avec son héritage qu’il vit… », agrémenta Nabil, croisant les bras.
« Vous avez fini ? On va pas parler de ça maintenant quand même ?! »
« Rend-lui tout ça, on ne peut pas garder ces choses-là ici plus longtemps. » Nabil prend un des grimoires en le laissant tomber dans la valise. Ali, lui, n'en toucherait pour rien au monde. Il désigne simplement du menton les ouvrages maudits en crachant un… « T’aurais mieux fait de les brûler. »
« Arrêtez, vous dites n’importe quoi ! Maman n’aurait pas apprécié que vous parliez de ça ainsi. Toutes ces querelles… » Prise entre deux feux. Quelques instants plus tard, Ali explose, faisant frémir leur sœur.
« Alors pourquoi ils sont morts et pas lui, hein ?! Pourquoi ! Dis-le moi ! »


Faire l’impasse sur ses souffrances. Une habitude chez eux.

Le lendemain au matin, Abel avait envoyé ce message à son cadet, dans sa langue natale. Toujours.

« Je sais que je suis différent, je ne l’ai pas choisi et ça ne changera pas.
Tu peux continuer à prier ton Dieu si ça t’aide à digérer ça, mais t’aurais dû commencer y a trente ans. Mon frère. »

***

Il ignore ce qu’elle est pour lui, ce qu’il est pour elle. Et au vu de son comportement, c’est comme si la faute lui était renvoyée indirectement; bien qu’elle irait retourner la culpabilité contre elle sitôt après. Le musicien ne la laisse pas plus dans le silence. Ça n’a duré que vingt secondes, mais ces secondes étaient longues et pénibles. Pour elle comme pour lui. Ravalant un peu sa salive, il relève le visage dans sa direction, son regard trouvant lui aussi le chemin de ses prunelles. « Le coupable, je ne le connais pas encore. Mais j’attends que ça, de le trouver… et ce n’est pas toi. » Malgré la tension, il a posé ses mots clairement, sans vaciller. Alors certes, ses mâchoires se sont un peu comprimées après, car ce serait mentir que de dire qu’il était tout à fait calme et serein.

« Dis Abel, tu es sûr que tu n’arriverais pas à lever le sortilège pour la laisser rentrer ? Elle a l’air un peu triste, et… »
« Amy, s’il-te-plaît… »
« Ça ne va pas ? »

La réponse est pourtant facile à deviner, d’ailleurs elle n’insiste pas pour l’instant. Seul le regard de l’adolescente, alors placée entre les deux individus, fait le va et vient entre ces derniers.

« Moi non plus, je ne comprends pas. » Et je veux comprendre. « Pourtant, il y a… » au moment où il allait lui énoncer ce détail par rapport à sa voix, à ses paroles, il fut coupé par le retour de Jim, qui déposa les boissons sur la table basse. Il déballa la bouffe et disposa le tout, guilleret. Il lance une réplique et c’est un regard qui s’oriente à nouveau dans la direction de Mila. Un sourire. Un peu triste, mais un sourire quand même. Je ne vois que de la douleur dans tes yeux, Mila. Si tu me donnes rien d’autre, comment suis-je sensé me souvenir de quelque chose ? Est-ce que tu veux vraiment m’aider ? Une expiration s’échappe de ses lèvres. Il a bien envie de fumer. Il fera ça après. Personne n’essaie. Personne. Des pensées dirigées aux allures de confidences. Comme une ancienne manie déjà retrouvée.

Ils se mettent à manger, Jim semble satisfait et en place toujours une. Ceci dit, il sent bien que ce n’est pas au niveau du palais d’Abel, natif du Liban. Il est discret pourtant, ses pensées ne le trahissent même pas. Pourtant, l’autre homme du groupe a bien observé le guitariste. Il se met à pouffer. Abel fait mine de n’avoir rien entendu, rien remarqué, et continue de manger. Amy est retournée vers la petite depuis, elles discutent. Le sujet de conversation s’est tourné sur autre chose, il évite de trop s’y appesantir, ça peut rendre mal à l’aise. Au beau milieu du repas, Abel s’est levé pour ajouter un fond musical via son vieux tourne-disque. (Il ne leur laisse pas le temps de dire quoi que ce soit, il s’affaire. L’âne ne répond pas, même s'il souffre.) Non, il ne supportait pas le silence, et même seul il y avait toujours une mélodie qui sonnait en arrière-plan, plus ou moins perceptible selon les occasions. Mais il avait plutôt tendance à mettre fort, son oreille ayant été abîmée par des années de concerts sans protection auditive.

Réinstallé, il termine le repas, étrangement, avant les deux autres. Pourtant, il avait mangé autant qu’eux. Il avait simplement englouti plus vite. Les minutes filent, Jimmy prend la peine de préciser qu’il s’en va dans les dix minutes qui allaient suivre. « Je rentrerai plus tard. » ajouta t-il. Ça, ça voulait dire qu’il n’était pas sûr de rentrer, qu’il allait peut-être avoir un plan pour dormir quelque part. Mais à choisir, il rentrerait ici, c’est sûr. « Faut que j’aille m’en griller une. » Il n’en peut plus. À nouveau, il sent du mouvement alors qu’il s’apprête à se lever. « Jim, le balcon va pas venir à moi comme une fleur. » Aux mots de son ami, le batteur soupire en se massant la nuque, laissant l’oriental traverser la pièce principale à son rythme, disparaissant jusqu’à la porte-fenêtre qui séparait l’intérieur du balcon fleuri. Il alluma les quelques petites lumières qui étaient disposées çà et là pour ne pas le laisser dans le noir complet, même si la ville donnait suffisamment d’éclairage. C’était vendredi soir. Ça bougeait bien en bas. Le bordel, la musique et autres sons, le foisonnement et les lumières, la vie tout simplement, le libanais adorait ça. C’était bien pour ça qu’il avait posé ses valises dans ce coin de la ville et pas ailleurs. Ça lui rappelle un appartement à la Nouvelle-Orléans. Un appartement qu’il aimait beaucoup…

***

Il marche déjà mieux. Il va mieux. Je dois en faire trop.
Ce sont les pensées de Jimmy lorsqu’il est en pleine conversation avec Mila, bien qu’il soit le premier à renchérir, à agrémenter. Elle n’est pas très loquace. Ça se comprend. Et il est impuissant. C’est très frustrant pour lui aussi. Mais il fuit, alors il est le plus à blâmer, sans doute. « Je me suis toujours demandé pourquoi il s’est mit à bosser là-bas, au MCPD. » Une pensée toute haute. Jimmy n’y avait jamais vraiment réfléchit et il ne se souvient pas avoir entendu son ami répondre clairement à cette question. D’un petit rire nerveux, il poursuit. « Lui, chez les flics ? C’est juste incroyable… j’aurais jamais cru ça possible ! » Et pourtant.

Il termine sa bière, frotte un peu le dos de Mila pour la rassurer, un peu gauche. « Tu étais là pour lui, tu ne peux pas l’abandonner comme ça. Tu vas y arriver. On va y arriver. » Il se lève. « Et si t’as un souci, tu m’appelles. » Mais il ne pouvait pas y avoir beaucoup de soucis quand Abel et Mila étaient ensemble. Il fut un temps, du moins. « Merci pour le repas, ma belle. » La bouteille vide à la main, il traversa le séjour pour aller déposer cette dernière dans le coin cuisine. Il revient, passe à côté de la porte-fenêtre qui n’est pas complètement fermée. En passant, il entend Abel parler seul. Mais il n’est pas seul. Il devine qui c’est, bien qu’il ne l’est jamais vue. Amy. De retour auprès de Mila, il lui dit. « Abel papote encore solo, c’est normal, il est pas tout seul dans cet appart. » De toute façon, ça n’allait pas l’étonner, elle l’avait déjà entendu parler dans des monologues étranges, et il s’était déjà plus ou moins justifié sur le sujet à l’époque. « Elle s’appelle Amy je crois. » Il dit ça normalement, même si pour lui, humain, c’était et ça resterait un monde à part.

***

« Jimmy va partir. Il est déjà debout. Ils parlent de toi. » lui susurre Amy alors qu’il semble avoir comprit qu’il la grillait un peu trop lentement, là, assit sur sa chaise haute entouré de ses plantes et lucioles imaginaires. « Je crois que ça manque. Alors si ça peut leur faire du bien… », conclut-il. S’ils avaient parlé davantage de lui, peut-être qu’ils auraient déjà eu la bonne initiative de marcher main dans la main pour l’aider à recouvrir sa mémoire. L’ectoplasme a la moitié de l’épaule phasé dans la porte-fenêtre. Elle penche un peu la tête sur le côté. Elle sait que quelque chose cloche. « Je vous laisse tranquille, promis. » Il apprécie le geste. « Ne laisse pas la petite toute seule. » « Oui, ça va, t’inquiètes pas. » « T’as pas pu finir le film… », qu’il se souvient alors. « C’est pas grave, c’est pas comme si c’était la onzième fois qu’on le regarde… non ? » Pas faux. Mais c’était son passage préféré. Il écrase son mégot dans le cendrier prévu à cet effet et se redresse doucement, dépose le pied précautionneusement. Puis il retourne à l’intérieur, un frisson le prend. Choc thermique. Il était sorti en tee-shirt, oui, et il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même pour le coup. Abel referme derrière lui. « J’y vais ! » « Salut, Jim. Te gave pas trop, je saurais pas venir te chercher. » Mila semble ne pas vouloir repartir avec lui. Il accueille ça non pas comme quelque chose d’inquiétant ou de dérangeant. Bien au contraire.

L’homme revient progressivement vers elle, (Amy est dans son dos), la porte s’ouvre sur la petite silhouette de l’esprit, avant de se refermer à nouveau sur elle. Un soupir contraint. Il pouvait pas la laisser là-derrière, mais il ne pouvait pas non plus laisser la porte grande ouverte : c’était pas la brocante ce soir, ni des portes ouvertes pour mélomanes ‘pas-si-anonymes-que-ça’. Là, il se sentait mal de ne pas pouvoir sortir tout court. Il jette un coup d’œil dans la direction de sa vieille guitare sèche, celle du regretté Jeffrey. Ça le démange. Il ne faudrait pas qu’elle sache qu’il a déjà joué en début de semaine, alors que remuer le bras gauche n’est pas tant conseillé par le corps médical. Malheureusement pour lui, il est traversé par cette pensée qui est alors facilement interprétable pour un télépathe.

Les intimes étrangers sont debout. Lui va se rassoir sur le canapé, dans un coin, de la même façon que tout à l’heure, le coussin sous le bras. La musique tourne toujours. C’est une frustration aigre, le silence se veut être court; d’autant qu’il n’y a plus personne pour les juger. « Qu’est-ce que je suis pour toi ? » La question méritait d’être posée. Mais ainsi lâchée, elle pouvait déstabiliser, pour sûr. La soirée ne s’annonçait pas simple. Cela faisait des mois, des années qu’il attendait ce moment; que quelqu’un vienne enfin chercher avec lui les fragments de son passé. Quelqu’un qui faisait partie de cette fresque fantôme, qui plus est.
Mais… le voulait-elle seulement ?


© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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ALIAS : Petite Rose
ÂGE : 31 pétales.
OCCUPATION : Excellente Wedding Planner spécialisée dans le Vintage Bohème et le Shabby Chic.

AFFINITÉ : Air
POUVOIRS : _Télépathie (La perception extra-sensorielle)
Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


COULEUR RP : Plum (Mila) #ffcc33 (Neva)
AVATAR : Nina Dobrev
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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   16.01.17 1:43



"The Promise"

Abel & Mila


Ridicule. Je suis tellement ridicule, assise là, à le fixer comme s’il regardait une étrangère… ou bien est-ce moi qui impose ce malaise entre nous ? Oh Abel, j’ai tellement de chose à te dire que je ne sais comment m’y prendre. J’ai peur de mal faire ou dire. De m’approcher et te voir me repousser. Cette situation, aucun de nous n’y était préparé. Si seulement nous pouvions revenir en arrière… si seulement…

Les yeux rivés sur cette fichue porte d’entrée, Nevena bougeait ces orteils sur un air qu’elle seule pouvait entendre. Les minutes lui paraissaient une éternité. Assise sur son postérieur, la gamine tentait de se trouver une occupation et la seule qu’elle trouva fut de chantonner la comptine qu’elles aimaient, Mila et elle. Mais la voix d’une inconnue l’arrêta net. Sa bouille ronde se redressa en papillonnant des paupières. On lui parlait ! Quelqu’un d’autre qu’Abel ! « Crie pas, c’est pour protéger la maison que les gens comme nous peuvent plus rentrer. C’est quoi ton nom ? » Nevena crut mourir une seconde fois mais de joie. Son sourire redonna vit à son visage de poupée abimée par l’accident. Elle se mit rapidement sur ces deux jambes. « Ze m’appelle Nevena. Ze suis la chérie d’Abel.» Répondit Neva en essayant de regarder par le trou de la serrure… comme si elle pouvait voir quelque chose !« C’est qui la fille que tu suis ? N’appelle pas trop la faucheuse, on sait jamais ce qui peut arriver, tu sais. » Nevena se mit à rire. Un rire doux et cristallin. « C’est ma sœur zumelle, Mila. Elle est zolie hein ! Normal, elle me ressemble comme deux gouttes de lait !Et ze n’ai pas peur de la faucheuse. Abel est là pour me protéger. » Neva se redressa de sa petite hauteur, abandonnant l’espoir d’y voir son interlocutrice. « Et toi ?T’es qui ? » Qu’elle demanda d’une voix enjouée. Si seulement elle pouvait franchir la barrière et venir jouer…

Mila remarqua ces coups d’œil par-dessus son épaule, plus précisément en direction de la porte. Il attendait peut-être quelqu’un ? Ce n’était pas Luke visiblement. Une copine, qui sait. La brunette se mordit le coin de sa lèvre inférieure en ramenant son regard sur ces mains jointes, comme piquée. Ce n’était peut-être pas une bonne idée finalement de venir chez lui, aussi tôt. Jimmy pensait que c’était une bonne idée. Facile pour lui, Abel ne l’avait pas gommé de sa mémoire. Elle ravala un soupir. En parlant du batteur, il en mettait du temps à chercher deux misérables verres d’eau. C’était dérangeant, même si Abel essayait de meubler avec ces propres armes : un semblant de discussion, histoire de faire descendre la tension palpable qui flottait dans l’air de l’appartement.  « Les blessures les plus profondes, on les voit pas. Je suis presque sûr que t’en connais un rayon toi aussi. » Son regard alla se planter directement dans le sien, plus profond et ponctué d’une interrogation muette. Que voulait-il dire  par là ? Oui, le carnage à la foire l’avait troublé au point d’en faire des cauchemars la nuit. Tout comme ce rire qui revenait souvent dès qu’elle fermait les paupières. Elle ne devait pas être la seule… Mais lui avouer qu’effectivement, la vision de son corps ensanglanté ainsi que celui d’Hunter l’avait perturbé au point d’en pleurer les nuits… Non. Elle n’était pas prête à se jeter dans une telle confidence. Bien qu’à une certaine époque, elle n’aurait pas hésité.

Dos contre le dossier du fauteuil, elle venait de lui balancer maladroitement sa bombe. Réfléchir après, hein ? Bravo Mila ! A la vue de sa réaction, elle regrettait déjà d’avoir franchis cette limite. Elle ne put s’empêcher de se tortiller sur l’assise moelleuse, ne sachant qu’elle position prendre pour cacher son embarras. Elle le voit bouger… prendre une profonde inspiration avant que son visage ne se torde. Certes c’est bref, mais cela ne passa pas inaperçu aux yeux de la sorcière. Elle le connaissait. Elle savait lorsqu’il souffrait. Il ne pouvait lui mentir. Le langage corporel ne trahissait pas. « Abel… je suis désolée… » Qu’elle murmura en le voyant silencieux, par sa faute. Il essayait d’établir un ‘contact’ et elle venait de le piétiner avec ces gros sabots. Le bout de sa langue humecta sa lèvre inférieure avant de la mordre. Embarrassée. Vingt petites secondes avant qu’il ne daigne ouvrir la bouche pour mettre fin à son calvaire. Vingt longues secondes…

« Le coupable, je ne le connais pas encore. Mais j’attends que ça, de le trouver… et ce n’est pas toi. »
Mila braqua ces perles brunes dans les clairs. Un frisson la saisit de la nuque contaminant sa colonne vertébrale. Son timbre de voix… Cette manie de contracter ces mâchoires, Mila comprit qu’elle avait piqué. J’suis stupide ! ‘Et ce n’est pas toi’ Une affirmation qui ne la conforta pas. Non, elle n’était pas responsable de cette perte de mémoire mais pourquoi l’avoir oublié ? Elle se sentait blessée et elle ne comprenait pas pourquoi. Luke et Jimmy n’avaient pas subit le même sort… Serait-ce de la jalousie qui lui tordait les entrailles ? Ça aussi, c’était ridicule. Mila glissa son postérieur sur le bord de l’assise, agrippant le bout des accoudoirs, prête à lui répondre lorsqu’il la coupa net dans son élan, ramenant Amy sur le tapis. Amy… Elle baissa la tête et les épaules. Encore un moment d’égarement qui tomba mal. Oh Abel… « Moi non plus, je ne comprends pas. » Et je veux comprendre. « Pourtant, il y a… » Il y a quoi ? Elle releva son regard brun sur lui lorsque Jimmy arriva avec la tronche de Joyeux. Elle pinça fortement ces lèvres en cul de poule tout en reprenant sa place initiale dans le creux du fauteuil. Mila le vit, ce sourire triste. Un sourire qui comprima son propre cœur à lui faire mal. Je ne vois que de la douleur dans tes yeux, Mila. Si tu me donnes rien d’autre, comment suis-je sensé me souvenir de quelque chose ? Est-ce que tu veux vraiment m’aider ? Elle se figea. Il venait de s’adresser à elle directement par la pensée. Elle papillonna des paupières sous la surprise, la ramenant à ce temps où ils ne communiquaient que par la télépathie lorsqu’ils étaient entourés de monde. Une intimité qu’ils avaient façonnée à leur image pour rendre cette communication unique. Son cœur sauta dans sa poitrine. Ces rétines s’étaient arrondies. Elle bloquait sur lui et ce n’était pas vraiment discret. Personne n’essaie. Personne. Sa respiration cherchait de l’air alors que son esprit tentait de ne pas bouillonner sous la confidence qu’il venait de lui offrir en cadeau. Oui, il s’agissait bien d’un cadeau pour la Belle qui se raidissait de la tête aux pieds. Une raideur pas du tout négative. Elle tentait de canaliser ce changement d’humeur. Une sorte de joie grimpée en elle… et ça faisait du bien. Un bien fou. Son anxiété se voyait diminué. Lentement, mais sûrement. Je veux t’aider Abel. Comme je l’ai toujours fais. Elle bougea. Du moins sa main droite s’avança lentement dans sa direction Sache que je ne suis pas perso… mais Jimmy interrompit Mila en lui posant son plat cartonné devant elle, rompant le lien qu’elle gardait ouvert à l’intention d’Abel. Geste involontaire. A croire qu’il crevait la dalle pour se rendre compte de rien. Elle baissa les yeux sur les vapeurs qu’émanait la nourriture, réveillant pour le coup son estomac endormi.

Abel se leva en plein repas. Mila le suivait des yeux tout en avalant le truc immangeable en se retenant de grimacer. Ce truc était dégueulasse… Comment pouvait-on servir de la merde pareille ? Jimmy et Abel ne disaient rien concernant la qualité de la bouffe mais ils devaient en penser pas moins. Elle le notait dans un coin de sa tête : ne plus acheter au Libanais du coin. Cela lui servira de leçon. Elle qui souhaitait faire plaisir…  

La musique comblait le silence. Une musique qui lui ressemblait et qui ne lui était pas inconnu. Mila termina difficilement sa bouchée et se jeta sur son verre de flotte qu’elle descendit comme si son œsophage était en feu. Le goût avait du mal à s’échapper de ces papilles. Elle aurait donné tout son monde pour un tic tac à la menthe ! Jimmy venait d’annoncer qu’il était sur le point de partir. Ah bon ? Il ne lui avait pas dit qu’il devait filer à l’anglaise en les laissant seuls… A moins qu’il comptait lui demander de l’accompagner ? Pour le coup, Mila était dans le flou tout en s’essuyant le bout de ces doigts de sa serviette en papier. « Faut que j’aille m’en griller une. Jim, le balcon va pas venir à moi comme une fleur. » Hmm. Certaines habitudes, les mauvais évidemment, étaient tenaces. La brunette se contenta de le suivre des yeux avant de le voir disparaitre sur son balcon. Son corps se décrispa instantanément. Elle bascula sa tête en arrière, fixant un instant le plafond. Quelques minutes où elle pouvait respirer sans craindre de faire une boulette.

« Hey ! Amy ? T’es là ?? NE ME LAISSE PAS TOUTE SEULE OU J’HURLE !!! »

***

Il marche déjà mieux. Il va mieux. Je dois en faire de trop.
Mila ramena la tête en avant et posa son regard sévère sur le batteur. « Oh tu crois ? » Qu’elle balança un poil énervé. Ce n’était pas spécialement dirigé vers lui. Cette situation était grotesque. Je suis grotesque ! Elle soupira en prenant son crâne à deux mains avant de les glisser jusqu’à sa nuque. « Je me suis toujours demandé pourquoi il s’est mit à bosser là-bas, au MCPD. » . « Lui, chez les flics ? C’est juste incroyable… j’aurais jamais cru ça possible ! » Mila l’écouta sans le quitter des yeux. Il n’avait pas tort dans le fond. Elle haussa faiblement ces épaules ; laissant ces mains autours de sa nuque. « C’est son choix. Peut-être que c’est une manière de se sentir utile. » Et de ne pas penser. La brunette le regarda terminer sa bière. Elle regrettait d’avoir choisi son verre d’eau. A vouloir passer pour l’invité sage et disciplinée… Puis il eut un geste amical à son égard. Mila lui chopa l’avant-bras avant qu’il ne s’écarte. Ses yeux le remerciait de son soutien. « Tu étais là pour lui, tu ne peux pas l’abandonner comme ça. Tu vas y arriver. On va y arriver. » Qu’il déclara en se redressant.  « Tu crois ? Je ne suis pas certaine que j’ai ma place ici, tu vois. » Qu’elle lui chuchota tout en zieutant vers le balcon. Jimmy fit mine de ne pas relever. « Et si t’as un souci, tu m’appelles. » Mila soupira  « Ok. » Quel souci ? Elle ne comptait pas se prendre la tête la tête ce soir… Elle ne tardera pas également, ne voulant pas s’imposer trop longtemps. « Merci pour le repas, ma belle. » Mila se mit doucement à rire. Un rire amer. « Tu parles ! C’était dégueulasse… » Et elle le suivit du regard. Il allait vraiment partir. Ce n’était pas une blague à la con. Elle sentit le stresse reprendre ces droits dans ces entrailles. Et la nausée ne tarda pas à l’accompagner. Comme si elle avait besoin de ça ! L’envie de le supplier de rester lui traversa l’esprit, mais elle se ravisa. Question de fierté Kozlek. Elle tendit le cou pour regarder les deux hommes converser avant de voir Jimmy revenir vers elle. « Abel papote encore solo, c’est normal, il est pas tout seul dans cet appart. »  « Elle s’appelle Amy je crois. » Pardon ?! Comment ça il n’est pas tout seul ? Mila resta figée, bouche ouverte devant la confidences du batteur. Ne sachant quoi dire le temps que les informations montent à son cerveau. La fameuse Amy serait un …. Un ami imaginaire avec lequel il cohabite. Oui, elle avait du mal à croire aux esprits qui erraient dans une autre dimension que la leur une fois passé à trépas. Oh, elle était tout simplement dans le déni. « Ah… Je pensais qu’arrivé à un certain âge, ils disparaissaient… » Qu’elle murmura pour elle-même tout en déviant le regard vers la table où reposait les cadavres de bouffe.

***

Jimmy partait. Mila se redressa et lui adressa un signe pudique de la main tout en le regardant partir vers la porte d’entrée. Ils s’appelleront très rapidement. La sorcière savait que Jimmy voudrait connaitre la fin de la soirée en petite commère qu’il était. Elle tenta de lui adresser un sourire mais ce dernier se solda par un échec. Son visage était trop tendu. La porte se referma derrière lui. La brunette se crispa. Elle ne vit pas sa sœur, les yeux pétillants, sourire à se faire péter la mâchoire –bien que cela soit totalement impossible, tout en saluant Abel d’un baiser soufflé.

Abel revenait vers elle. Son cœur se mit à s’affoler comme un idiot. Les voilà seuls… Etait-ce un bien ou un mal ? La brunette tenta de garder son calme sans ciller. Il prit place sur le canapé. Elle resta debout. Ces doigts pianotèrent nerveusement contre la tranche du dossier. Elle n’avait pas envie de se rassoir dans ce fauteuil. Ces jambes devaient bouger un peu sinon elle allait péter un plomb. La soirée s’annonçait houleuse. Elle hésita un instant à partir également, mais la voix du sorcier la surprit. Il lâcha sa jolie bombe. Bombe qui l’éclaboussa en plein visage. Elle déglutit. « Qu’est-ce que je suis pour toi ? » Le souffle court car elle manquait d’air pour le coup, elle resta quelque secondes à le fixer bêtement sans savoir quoi dire. Il n’y allait pas par quatre chemins. Après tout, la franchise était une chose qu’elle appréciait chez une personne. Pas de chichi. Pas de faux semblant. La vérité, tout simplement. Mila se mordit le milieu de sa lèvre inférieure. Sa bouche laissa filer un semblant de rictus. Elle se racla la gorge. « Cela ne te saute pas aux yeux ? » Répondre à une question par une autre question, typiquement Kozlek. Un moyen d’obtenir quelques secondes de plus afin de bien réfléchir à ce qu’elle allait lui dire. « Nous sommes amis Abel. » Qu’elle finit par lâcher. « Même si Ami me semble faible… » Elle fit quelque pas sur le côté, offrant son profil au sorcier. Sa main tapa une fois la tranche du dossier avant de chuter le long de son flanc. Elle baissa le menton. « Nous étions très proche à une époque. Avant… Cela peut te paraitre étrange, mais c’est la vérité Abel. Malgré ton besoin de liberté, tu sillonnais les routes et moi j’attendais. La distance n’a jamais souillée notre Amitié. » Un faible sourire étira ces lèvres. « Vois-tu, ce qui me dérange le plus dans tout ce beau merdié, c’est d’être finalement oublié. Je sais que tu n’y es pour rien. On t’a fait du mal. J’en ai énormément souffert. » Elle plia ces coudes pour rejoindre ces mains devant son ventre. Elle sentait un sanglot remonter lentement le long de son larynx. Elle ne devait pas céder à l’émotion. Elle déglutit bruyamment. Et soupira. « En toute franchise, j’ai mal. J’ai peur de ne plus jamais retrouver notre complicité. Quelque chose s’est fêlée. Et j’ai peur qu’on ne soit pas assez fort pour tout recoller. » Son cœur battait plus fort. La musique ne l’aidait pas. Mila n’osait le regarder. Elle avait tant de chose à lui dire. Une soirée, voir la nuit ne serait pas suffisante. Elle releva la tête et jeta un coup d’œil dans sa direction avant de le fuir à nouveau. Ces jambes refusaient de bouger. Elle luttait contre l’envie de le rejoindre et de le serrer fort contre elle… Etre si proche et si loin à la fois… La torture ne pouvait pas être plus horrible.


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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   17.01.17 21:32



❝the promise❞
mila - abel

« Ze m’appelle Nevena. Ze suis la chérie d’Abel. » Derrière la porte, elle fronce un peu le nez, l'air d'abord surprise par les propos de l'enfant. Un léger sourire étire ses lèvres. Léger et triste, alors qu'elle regarde un peu vers le sol. « Ah… mais tu sais qu'il en a beaucoup ? », répondit-elle, ne pensant pas un seul instant qu'elle pourrait vexer cette dénommée Nevena. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu de contact à part Abel. Les esprits ne s'aventuraient plus ici depuis que le sortilège de protection avait été posé. Les informations sont recueillies par Amy qui accueille un retour tout à fait naturel. Elle est un peu jalouse que Nevena ait sa sœur et pas elle. Sa famille, elle ne la reverra plus jamais. « Et toi ? T'es qui ? » « Amelia, mais tu peux m'appeler Amy. J'habite ici. C'est dommage que tu puisses pas venir. J'aimerais bien te voir ! », avoua t-elle alors qu'elle cherchait à faire traverser sa main par-delà la porte, ce qui fut un échec cuisant; l'esprit de l'adolescente fut repoussé, comme si un pôle à polarité identique était placé face à elle.

« Abel… je suis désolée… » alors qu'il avait été dans ses pensées. Il ne lui en veut pas. Il n'a été que piqué, il n'est pas en colère. Elle lui annonce même qu'elle veut l'aider, ce qui a su provoquer chez lui une réaction. Positive, certainement, bien qu'elle ne soit pas forcément flagrante - et surtout teintée d'une certaine gravité. De par la situation, la légèreté n'était pas vraiment au rendez-vous. C'est sans compter le fait qu'il repense à la Foire, à ce qu'il y a fait. Des blessés, des morts… dont un à qui il avait arraché la vie. Sur le moment, il n'avait l'air que d'un monstre dénué de raison. Mais sa vision et l'enquête menée par le MCPD avait mené à la conclusion que les costumes avaient été ensorcelés. Lorsqu'ils avaient mit fin à cette mascarade macabre, ce sont bel et bien des humains  qu'ils avaient trouvé, des cadavres d'innocents. Bien qu'il n'en faisait pas référence, n'en ait pas parlé ni à Jedediah ni à personne d'autre qui avait pu être présent ou l'avait interrogé ; Abel ne pouvait se sentir tout à fait serein. Ce rire n'avait fait que prouver à quel point ils avaient été idiots de croire qu'ils allaient pouvoir s'en sortir de cette façon-là. Ils croyaient avoir bien agi. L'oriental n'est pas certain d'avoir eu le bon réflexe, au final. Son instinct de survie l'avait poussé jusque là. Un peu trop loin…

Il n'avait pas vu le cadavre lorsqu'ils l'avaient retrouvé sous sa véritable forme. Mais il l'imaginait bien. Ne pas parler de cette Foire, de cette fête de la Samain, c'était la meilleure chose à faire. Il n'irait même pas demander de nouvelles à qui que ce soit - n'en déplaise à certains. Être responsable de l'errance d'un esprit ne lui plaisait guère. Parce que c'était ainsi qu'il se sentait. Il avait bafoué quelque chose. Une promesse muette qu'il s'était faite. Il n'était pas un meurtrier…

Lorsqu'il est à nouveau installé, Amy est revenue auprès de la porte. Elle se remet à discuter avec la petite. « Il faut les laisser tranquilles… », lui susurre t-elle sur un ton doux. Amy n'aime pas parler d'elle, ça lui rappelle la vie qu'elle a fuit, les proches qu'elle a perdu. Sa famille est un sujet très sensible qu'il vaut mieux se garder de mentionner. Abel l'a bien comprit, lui. En cause, d'indéchiffrables et légitimes souffrances. Alors oui, elle préfère parler d'autre chose. De l'autre, de la nature, ou d'Abel. « C'est mon ami. Il m'a beaucoup aidé. J'espère que ta sœur va l'aider aussi. » Parce qu'il n'avait pas l'air en forme, qu'il suffisait d'un petit rien pour qu'il parte d'un extrême à l'autre.

La bombe fait son effet. C'est immédiat.
En retour, il a une question. Il sait très bien que c'est là pour faire joli plus qu'autre chose, il est évident que ça ne lui a pas vraiment sauté aux yeux… du moins, ce n'est pas vraiment ces choses-là qu'il avait ressenties, il y avait des choses trop enfouies et qu'elle ne laissait pas à portée pour qu'il puisse les appréhender. Elle est encore debout, finit de profil, évitant soigneusement son regard. Rien que ça, ça l'agacerait. Abel aime quand la personne à qui il s'adresse le regarde. Ce n'est pas nouveau et ça n'a pas changé malgré les derniers événements. Une façon de montrer qu'il existe, et il a besoin de ça. « Même si Ami me semble faible… » un froncement de sourcils. Il retire ses lunettes et les dépose sur la table basse. Heureusement que Mila les avait gardées ce soir-là d'ailleurs, elles auraient très mal fini sinon. Et bonjour les délais pour en récupérer. Le musicien la laisse poursuivre, son bras gauche volontairement las et immobile. Il avait laissé son poids sur le coude droit, penchant un peu la tête à la recherche d'un regard. « On a couché ensemble ? », demanda t-il sans prendre de gants, cherchant là aussi à capter son attention, ne serait-ce que visuellement. Très proche… ami, un mot faible… la question méritait d'être posée, non ? En soi, ça ne l'aurait pas tant étonné que ce soit arrivé. Malheureusement…

« En toute franchise, j’ai mal. J’ai peur de ne plus jamais retrouver notre complicité. Quelque chose s’est fêlée. Et j’ai peur qu’on ne soit pas assez fort pour tout recoller. » Et malgré ces propos, il ne quitte pas ce profil des yeux. Elle va finir par lui faire mal aux cervicales, mais qu'importe. « C'est pas immuable, ça peut pas l’être… », lâcha t-il, assuré, secouant un peu la tête de droite à gauche. « Je veux me souvenir. Et j'ai pas peur de recoller les morceaux. J'ai besoin de le faire. » C'était vital pour lui. Il ne pourrait pas continuer plus longtemps sans avancer, ne serait-ce qu'un peu, sur la voie de la guérison… celle de l'esprit.

Elle jeta un bref coup d'œil dans sa direction, puis le fuit à nouveau. Ça deviendrait presque insupportable. « Si tu veux m'aider, c'est pas en fuyant que tu vas y arriver… » Pas de pincettes. Il aurait peut-être dû. Cela dit, il avait toujours été franc. Le sujet abordé le tenait particulièrement à cœur en prime. Pour ne pas dire que ça le prenait carrément aux tripes. Les émotions négatives, il en a sous sa carcasse, bien qu'il les cache. C'est par intérêt. Par intérêt pur, parce que sa volonté, sa détermination n'est nourrie que par un désir particulièrement malsain, caché et inassouvi : la vengeance.
Sa respiration se fait plus appuyée, bien que jaugée. Ce n'est pas le moment d'en faire trop. Cela dit…

« Il y a quelque chose que je voulais te dire… » parce qu'il avait déjà engagé tout à l'heure, sans réussir à finir. Le moment opportun était certainement celui qu'il était en train de saisir à l'instant même. L'homme a les cervicales mises à l'épreuve, mais ce n'est pas vraiment ça qui l'interpelle. Elle est toujours debout, en position de fuite. Au lieu de poursuivre, il coupe son élan par ces mots. « Je dois venir te chercher ou tu comptes t'assoir ? Tu vas pas rester plantée là… » Même s'il ne sous-estimait pas son endurance à l'effort, ça allait à l'encontre de ses propos à elle. Plus qu'amis ? Alors certes, il n'avait plus les souvenirs en main, ou plutôt en tête… il n'avait plus l'entièreté, le Tout qu'il suppliait de regagner. Mais il n'avait pas l'air de l'être. Mila était bouffée par sa peur d'être déçue. Par sa douleur de l'avoir perdu. Lui ne préférait pas y songer… il voulait marcher. Avec elle. « Tu m'as pas perdu, Mila. » Des pensées qui s’imposent d’elles-mêmes. Puissantes. J’existe encore. Je suis là… regarde-moi.

Il laisse volontairement le silence s'installer après ça. Étrangement, lorsque son regard fuit vers un autre côté de la pièce pour se reposer, la silhouette féminine se meut. Ses yeux se baladent doucement, à tâtons. Un poids se repose à sa gauche, sur le canapé. Ils remarquent le bracelet à la robe argentée et finissent leur chemin sur ce visage fermé; qui cachait un cœur malade… ou plutôt effacé. « Je crois que je ne t'ai pas complètement oubliée. » C'est ça qu'il voulait dire. Il sent venir les reproches. Pourquoi ne l'a t-il pas dit plus tôt ? Laisse-le simplement finir. Ce n'est pas ce que tu crois. C'est peu, mais c'est beaucoup pour lui ; et il s'en rend à peine compte. « Il y a ta voix. Et certains mots… j'ai l'impression de les avoir déjà entendus. » L'oriental garda ses yeux clairs aimantés aux siens, délivrant une expiration qui sembla le soulager un peu. La confidence était assez pénible. Parce qu'elle était incomplète malgré lui. Une question lui brûlait les lèvres depuis quelques minutes déjà… il s'en délivra, l'œil cherchant déjà sa réponse. « Quand est-ce qu'on s'est vu la dernière fois ? Avant… », il racle un peu sa gorge, l'air de se faire investir par des émotions peu agréables, ni faciles à gérer, « Avant qu'on leur ait ôté la vie ? » …et sa mémoire par la même occasion ?


© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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POUVOIRS : _Télépathie (La perception extra-sensorielle)
Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   18.01.17 15:53



"The Promise"

Abel & Mila


Neva trépignait de joie derrière la porte, essayant de trouver un moyen pour pouvoir entrer mais chaque tentative se soldait par un cuisant échec, de quoi agacer la petite poupée qui fronçait joliment sourcils et nez. Elle n’aimait pas laisser sa sœur toute seule. Même si Abel lui tenait compagnie. Les derniers évènements, notamment la foire, avait bouleversé Mila. Neva la sentait fragile. Elle savait qu’il ne lui manquait pas grand-chose pour rechuter dans sa ‘folie’. Et la petite fille ne voulait pas ça. Mila avait déjà trop souffert. Trop pleurer. Et elle continuait encore, parfois. Cela lui déchirait son cœur d’ectoplasme. « Ah… mais tu sais qu'il en a beaucoup ? » Lâcha Amy de l’autre côté de la barrière, de quoi sortir la petite de ses rêveries. Il a beaucoup de quoi ? De chérie ! L’Esprit serra ces petits poings le long de son corps tout en redressant fièrement le menton. A la Kozlek. Ces sourcils se froncèrent en gonflant ces joues. « Quoi ? Oh il va m’entendre c’lui-là ! » Qu’elle ronchonnait derrière la porte, piquée par Dame Jalousie. A ces yeux innocents, Abel représentait le Prince Charmant idéal, pour elle comme pour Mila. Elle ravala sa colère, écoutant la voix féminine reprendre la parole pour se lancer dans ces présentations. « Amelia, mais tu peux m'appeler Amy. J'habite ici. C'est dommage que tu puisses pas venir. J'aimerais bien te voir ! » La gamine ouvrit de grands yeux. « Tu veux dire que tu vis avec Abel ? Mais… mais c’est zénial ! On pourra discuter à chaque fois que Mila ira le voir ! C’est plutôt une bonne nouvelle ! Euh… dommage qu’on ne puisse pas se voir. Parce que fixer une porte… Ze vais vite m’ennuyer moi. Puis z’aime pas le couloir. C’est froid et c’est moche. » Sa voix baissa d’un ton alors qu’elle jetait un rapide coup d’œil par-dessus son épaule.

« On a couché ensemble ? »
La question accéléra son pouls et les palpitations de son cœur. Il voulait accrocher son regard ? Abel parvient à le faire une fraction de seconde avant qu’elle ne détourne les yeux et sa tête d’une manière bien embarrassée. Dans d’autres circonstances, Mila en aurait ri. Sa franchise aussi tranchante que la lame d’un couteau la séduisait. Même si dans l’instant présent, ses joues étaient en feu, trahissant ses pensées. Elle ne lui apporta aucune réponse, pour le moment. Son esprit bouillonnait rien qu’à l’idée que cela puisse être possible… Autant ne pas se mentir. Il l’a toujours attiré malgré leurs sept petites années d’écart. Malgré James dans sa vie. N’y pense pas. Coucher ensemble, hm ? La brunette nourrissait secrètement ce désir. Respire.
Et malheureusement…

Neva avait bien entendu Amy. Elle était l’ami d’Abel et espérait que sa sœur aiderait le guitariste dans sa quête de souvenir. Et il ne fallait pas les déranger…. Difficile pour la petite de se contenir. Elle garda cependant le silence… de temps en temps… « Tu vois quelque chose ? Ils font quoi ? Curieuse de savoir comment Mila se débrouillait. Elle avait vu son visage fermé et l’angoisse qui l’habitait… pourvu qu’elle ne fasse pas de boulette !! Neva voulait revenir chez Abel –du moins son palier et parler à sa toute nouvelle ami, Amy.

« C'est pas immuable, ça peut pas l’être… » « Je veux me souvenir. Et j'ai pas peur de recoller les morceaux. J'ai besoin de le faire. » Mila soupira doucement. Comment y parvenir Abel avec cette barrière invisible entre nous ? Pensa-t-elle tristement tout en se serrant ces doigts entrelacés jusqu’à se faire mal.  « Si tu veux m'aider, c'est pas en fuyant que tu vas y arriver… » Et il n’avait pas tort. Rester figée comme une statue en le fuyant du regard n’arrangeait pas les choses et creusait d’avantage le fossé que le massacre avait creusé entre eux. Elle se pinça les lèvres, hésitante. Pourquoi ne se sentait-elle pas à l’aise ? Il n’avait pas changé à priori. Son assurance dans ces propos… Cette détermination qui l’animait dans tout ce qu’il entreprenait campait toujours dans ces tripes. Alors pourquoi ? Et si le problème venait d’elle ? Mila inspira profondément. « Si tu crois que c’est simple… » Qu’elle murmura dans sa barbe en faisant sa moue de dépitée.
« Il y a quelque chose que je voulais te dire… » Une phrase qui lui comprima le cœur, de peur qu’il lui annonce la fin de tout. La fin de la revoir. La fin de la considérer comme son amie proche. La fin de leur Monde. Sa gorge se serra. Pourquoi était-elle en train de s’imaginer le pire ?! Sa respiration s’emballa, même si elle tentait de la réguler. En vain. « Je dois venir te chercher ou tu comptes t'assoir ? Tu vas pas rester plantée là… » Bordel de merde ! Mila se raidit. Le pire allait se produire ! Elle le pressentait. Télépathe oui… mais avec une intuition féminine merdique ! Elle inclina sa bouille fermée dans sa direction et remarqua seulement que maintenant qu’il ne portait plus ces lunettes. Un détail sans importance mais elle le préférait avec. Son air de professeur sérieux, sa posture… Abel. Elle déglutit, s’armant de courage pour affronter le pire tout en baissant le regard, prête à courber l’échine. « Tu m'as pas perdu, Mila. » Elle se statufia sous ces paroles. Ces pupilles s’arrondissent. Les bras chutèrent lentement le long de son corps. J’existe encore. Je suis là… regarde-moi. Le coup de Grace. Sa voix résonna dans sa tête comme un doux écho, ranimant ce puissant lien qu’ils maintenaient ouvert jusqu’à ce qu’il perde la mémoire. Son cœur s’agitait dans sa prison de chair. Elle ne trouva pas les mots pour lui répondre, déstabilisée. Ce moment, ces mots, Mila les avait tant de fois rêvé. Et maintenant qu’elle les entendait, la brunette se retrouvait au pied de son mur, transpercée par cette bouche. Un mélange d’émotions se battait entre elles. C’était déroutant.

 « Alors ? Ils s’embrassent ? Z’entends pas grand-chose ! Zénéralement, ça veut dire que Mila a la bouche occupée ! » Neva balançait ces mots d’une voix curieuse, maudissant d’être du mauvais côté de la barrière !

Le silence. Mila le redoutait. Il rendait l’atmosphère froide et dérangeante. A qui la faute ? Son menton se redressa lentement jusqu’à incliner le visage vers Abel. Le regard brun se planta dans le sien. Tellement triste et vide. Il avait raison. Encore. Elle décida de fuir sa planque pour le rejoindre sur le canapé. Sa silhouette se mouvait gracieusement jusqu’à trouver sa place sur l’assise. Le tintement de son bracelet retentit lorsqu’elle posa ces mains sur le haut de ces cuisses. Son corps pivota vers lui. « Je crois que je ne t'ai pas complètement oubliée. » Ces prunelles sombres s’accrochèrent aux clairs. Mila froncera légèrement ces sourcils, essayant de comprendre. Pourquoi ne pas lui avoir dit plutôt ?   « Il y a ta voix. Et certains mots… j'ai l'impression de les avoir déjà entendus. » Elle écarquilla les yeux et percuta, comme si elle venait de se prendre une gifle pour la sortir de son état endormi. Il se souvenait… Mila n’avait plus de doute là-dessus. La sorcière n’avait pas fait tout ‘ça’ en vain… Toutes ces nuits blanches à le veiller, à lui parler… Tous ces mots d’espérance, les avait-il réellement entendus ? L’espoir… L’espoir ranima le feu qui avait éteint son visage. Tout son être. Silencieuse et dans un geste non calculé, Mila attrapa la main masculine la plus proche pour la serrer de ces doigts gelés. Un contact qui électrisa son échine. Quelque chose reprit vit, , juste dans le creux de son ventre. Et c’était agréable. Son visage s’inclina légèrement sur le côté, délivrant une lourde mèche de son oreille et barra sa joue. Ses perles braquées dans les siennes cherchaient ces réponses dans cet océan clair. Comme il cherchait les siennes. « Quand est-ce qu'on s'est vu la dernière fois ? Avant… » … « Avant qu'on leur ait ôté la vie ? » Mila serra des mâchoires mais ne lui lâcha pas la main. La jeune femme savait à quel point cela pouvait être douloureux et éprouvant pour lui. Et la réponse qu’elle comptait lui confier ne serait pas aussi joyeuse qu’il l’espérait.

Alors elle prit une profonde inspiration et sortit de son mutisme. Mila reprenait lentement confiance en elle. En eux. Ses doigts pressaient sa main, comme un soutient qu’elle ne voulait plus abandonner. Comme si elle le pouvait. « Tu m’accompagnais. » Qu’elle lâcha d’une voix claire et douce. Un soupir quitta ces lèvres entrouvertes alors qu’elle bougea nerveusement sur l’assise. Elle reprit toujours le timbre posé. « Tu m’accompagnais sur la tombe de Nuala. Elle fronça joliment ses sourcils « Laissons ça pour le moment. Nous avons tout le temps d’en discuter. Le plus important reste ces bris de mémoire qui te reviennent. Abel… C’est … c’est un grand pas en avant le fait que ma voix ne te soit pas inconnue ! Tu n’imagines pas à quel point tu viens de me soulager. J’ai cru t’avoir perdu… avec eux. » Mila déglutit, ravalant une remontée de larmes. Etait-ce le bon moment pour remuer tous ces souvenirs douloureux ? Existait-il seulement un meilleur moment ? … Là voilà proche de lui, assise à seulement quelques centimètres. Il la regarde. Son cœur se sert. Il ne bat plus avec autant de ferveur. Il a mal. Les confidences sont douloureuses. Un mal ou pour un bien ?

« Je t’ai parlé. Je n’ai pas cessé de te parler. Juste . » Elle posa docilement la pulpe de son index sur la tempe du guitariste avant de refermer le reste de ces doigts contre sa joue piquante. Son regard dévia un instant vers son geste tendre, elle remonta ces phalanges pliées vers son oreille, terminant sa course dans ces cheveux. Son autre main serrant toujours la jumelle masculine. Mila se mit à sourire tristement, se raccrochant à ses perles claires. « Je t’ai veillé chaque nuit que j’ai pu. Priant n’importe quel Dieu de t’ouvrir les yeux. » Sa main quitta les cheveux bruns et la ramena contre le buste masculin, emprisonna progressivement son vêtement de ces doigts délicats, se rapprochant de lui par le geste. « Et te voir face à moi, éveillé… Oh Ab’… Je l’ai tellement espéré. » Qu’elle confia d’une voix chevrotante. Mila ravala difficilement sa salive. Les mots ne suffisaient plus pour la rassurer que tout ceci était bien réel. Que ce contact l’était tout autant. Elle se pinça les lèvres. Prends-moi dans tes bras… S’il te plait… Je t’interdis de me laisser seule encore une fois…


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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.


Dernière édition par Mila Kozlek le 19.01.17 16:43, édité 1 fois
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   19.01.17 0:19



❝the promise❞
mila - abel

La réaction de la petite ne se fait pas attendre. Elle tient vraiment à Abel, elle aussi. Mais depuis combien de temps se connaissent-ils réellement ? Est-ce que son ami avait fait en sorte de cultiver un lien particulier avec Nevena, ou s’en était-il au contraire affranchi, pour une raison ou une autre ? Dans tous les cas, il y avait de très fortes chances qu’il ne s’en souvienne pas. Il y a une frontière invisible entre Mila et lui actuellement. Pourtant, il y a bien un quelque chose. Un on-ne-sait-quoi…
« Mais… tu le connais depuis longtemps ? », finit-elle par demander à l’enfant derrière la porte. Lorsqu’elle poursuit, lui demandant si Amy vivait bel et bien avec le médium, elle haussa les épaules. La suite la fit doucement sourire. Amelia était bien souvent triste, elle cachait sa peine perpétuelle, car malgré tout elle avait affreusement souffert et ne pouvait s’en défaire dans la non-vie. « Il fait toujours froid là où on est, tu sais. » Pas de chaleur. Pas de vie. Un froid constant, parfois plus violent lorsque les esprits malfaisants veulent s’en prendre à eux. Les errants paisibles. « Je suis obligée de vivre avec lui, il vit chez moi. » Mais aujourd’hui ça n’a plus d’importance.
Elle ne parvient toujours pas à faire la différence, à nuancer du moins. Amy a vécu avant lui ici. Théoriquement, c’est un endroit qui lui appartient encore, qui lui reviendrait de droit. Dans sa conception, c’est ainsi. Figé. Abel est une sorte de colocataire qu’elle a accepté dans son espace ‘vital’. Un colocataire, mais aussi un ami. Elle ne se souvient pas en avoir eu beaucoup de son vivant. Lui a fait tout ce que personne n’avait osé faire, jadis, quand elle pouvait encore sentir la caresse du soleil sur sa peau ou goûter au chocolat d’un bon gâteau.


Aussi étrange que cela puisse paraître, il fut étonné qu’elle ne réponde pas à sa question. Alors certes, elle avait été directe, mais pourquoi est-ce que ce détail devait poser problème ? Qu’est-ce qui l’empêchait de lui dire clairement oui… ou clairement non ? Dans un cas comme dans l’autre, il serait simplement fixé. Rien de plus, ni de moins. Il lâcha l’affaire pour l’instant au vu de sa réaction. De toute façon, il avait continué sur sa lancée. Et même lorsqu’elle lui annonça que ce n’était pas simple, il ne s’arrêta pas. J’ai jamais dit que ça le serait. Sinon, ils en auraient déjà terminé. Ce n’est pas le temps qui leur avait manqué, notamment lorsqu’il avait fini à l’hosto. Mais ni l’un comme l’autre n’avait poussé la porte, remué les choses. Ça n’avait pas été le moment. Ce soir, ça l’était. Il était prêt. Prêt à lancer la machine…

Amy regarda par dessus son épaule, entendant bien évidemment ce qu’ils disaient. Elle ne voulait pas en parler ou rajouter un poids qui n’aurait pas lieu d’être. L’adolescente réorienta son visage vers la porte. « Je vois rien, enfin, ta sœur parle pas beaucoup. Il est toujours assit alors je ne le vois pas. » Elle ne pouvait pas en dire plus. Pour l’instant.

Ses pensées, fortes et revendicatrices, firent écho chez la télépathe. Les transmettre mot pour mot n’avait pas vraiment été le but recherché, mais le résultat, lui, était significativement identique. Et pour cause, malgré le silence qui avait suivi et le regard égaré du musicien, elle s’était déplacée pour s’assoir à ses côtés. La sentir proche, lui confier certaines informations, ça lui faisait un bien considérable. Les mots sont importants, mais Abel est d’autant plus touché par les gestes. C’est certainement pour ça que les gestes d’affection étaient monnaie courante chez lui, à son égard, puis - le temps aidant - inversement. Un geste qu’elle eut à cet instant, attrapant sa main pour la serrer doucement dans la sienne. Il remarqua sans grande difficulté que sa peau était froide… non, gelée même. Lui l’était moins, pourtant il était revenu de l’extérieur il y a peu. Mila était restée à l’intérieur et il faisait bon dans l’appartement. Le stress, sans aucun doute. Ce contact ranima chez lui quelque chose. Comme si on l’avait nourrit d’un carburant… et pas des moindres. « Tu m’accompagnais. » Il est attentif, ne la quitte pas des yeux. Cherche la suite. Aucune pensée ne vient trahir sa concentration.

« Chut Nevena, j’entends plus rien si tu parles en même temps ! Elle s’est assise avec lui. Je crois qu’on va rester un peu plus longtemps toutes les deux… » Amy s’assoit par terre. « Tu veux pas me raconter une histoire ? On fait ça chacune notre tour ? » Oui, elle préfère vraiment les laisser tranquilles.

Lorsqu’elle prononce le prénom de Nuala, Abel bute dessus. Ça se lit sur son visage, il y a quelque chose. Étrangement, elle abandonne ce sujet précisément et rebondit plutôt sur le fait qu’il ait avancé d’un pas. Pendant que Mila était en train de parler, ses perles claires s’enfuient de biais. Ses sourcils sont légèrement froncés, il force sur ce souvenir qu’il a sur le bout de la langue…
Il se revoit simplement face à un type, un type à qui il a cassé le nez après lui avoir dit des choses dégueulasses au visage. Mais il le méritait. Être ainsi violent, ce n’était pas dans les habitudes du musicien. Certes il avait le sang chaud, il était piqué facilement. Mais de là à s’en prendre directement à quelqu’un… après un enterrement en plus, ce n’était franchement pas quelque chose qu’il se serait permit si ça n’avait pas été aussi « grave ». Il était en train de se revoir, lui et cet homme, alors qu’il rentrait dans une maison où plusieurs personnes se pressaient après l’événement. Pour soutenir la famille - laquelle ? Ce type était sensé en faire partie. Sensé. Merde… mais comment il s’appelait déjà cet espèce de con ?
Il est coupé dans son élan lorsqu’il sent Mila s’approcher. Instinctivement, ses yeux viennent à nouveau s’aimanter aux siens. Abel est prit de court, son cœur se serre, ses membres se réchauffent. Et c’est un sourire qui naquit, illuminant ses traits lorsqu’elle maintient le contact, le cherche. Ses mots sont posés. Sincères. Profonds. Sans s’en rendre compte, il a lui aussi resserré sa prise sur sa main. Cette main féminine qui s’était elle aussi réchauffée. Sa sœur a accroché son tee-shirt et c’est sans réfléchir, ni attendre une quelconque alerte de sa part qu’il se fit glisser un peu plus vers elle. La distance était désormais suffisante, voire raisonnable à son sens, il abandonna sa main. Au lieu de ça, il tira son bras gauche (bien qu’il tira sur une zone encore un peu douloureuse, d’où la petite grimace) afin de le passer derrière elle, la ramenant à lui. Contre lui.

Lorsque sa main droite cherche à nouveau l’une de ses mains, c’est la même qu’il va chercher. Il frôle le bracelet, le contact l’électrise, plus qu’il n’aurait dû à vrai dire. Alors que sa main parvient tout de même à enserrer celle de Mila, plus par réflexe (il se raccroche un peu plus fort à elle, de manière généralisée) ; sa respiration se coupe un bref instant, ses paupières se ferment, il part - le médium est frappé par une vision. Pour quelques secondes, cinq, peut-être un peu moins, Abel n’entend plus rien. Happé par des bribes de souvenirs, d’histoire.
Il voit Mila pleurer. Elle écrit, referme un carnet. Il y a une autre enfant. Puis un homme, James, dont il reconnait les traits, retrouve le nom. Jimmy… Luke… ils sont tous vêtus de noir. Puis il se voit, là, dans ce lit d’hôpital. Un flash. Autre environnement. Lumineux. De la chaleur, de l’affection. Il l’enlace, l’embrasse sur la joue ; avant de laisser sa tête reposer sur ses cuisses. Ils parlent, rient. Il l’appelle Petite Rose. Abel titille ce bracelet tout en continuant de discuter. Et puis à nouveau, la fêlure. De la peur.

Il est là.

Sa respiration trouve à nouveau un rythme correct. Les mots de Mila résonnent, il est troublé - il a besoin de digérer ce qu’il vient de voir. Abel est déjà en train de recoller les morceaux qui lui a été donné de découvrir. C’était incomplet, mais le jeu avait déjà plus de pièces qu’initialement. Ses yeux glissent vers ce bracelet avec lequel il se met à jouer avec quelques uns de ses doigts. Le silence du sorcier est déroutant, il ne s’en rend compte que maintenant. « Désolé. », se contenta t-il de dire. Pour son absence. Toute autre question n’avait pas trouvé réponse pour l’instant. Encore imprégné des images et sensations qu’il avait ressenties un peu plus tôt, le médium se laisse à quelque chose d’étrange, à savoir une pulsion. Avec douceur, il retire son bras, chassant le contact instauré. Or, il ne s’était pas arrêté là : il se décala un peu plus vers la droite, comme pour prendre de la distance. Il n’abandonna sa main qu’une misérable seconde, le temps de s’allonger et de déposer sa tête sur les cuisses de la belle ; pour ensuite aller la rechercher. Abel ne la regarde pas tout de suite, il semble un peu ailleurs. Une. Deux. Trois. Quatre secondes. Il semble perdu, c’est étrange, elle est silencieuse elle aussi. Et puis, sans crier gare, il lâche paisiblement… « Un ange passe. »

Un éclair fend son visage, il sourit. Et ses yeux remontent enfin vers Mila. Petite Rose. Non, il ne l’a pas encore oubliée. Et il n'a pas envie de la revoir pleurer.


© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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AFFINITÉ : Air
POUVOIRS : _Télépathie (La perception extra-sensorielle)
Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   19.01.17 16:44



"The Promise"

Abel & Mila



« Mais… tu le connais depuis longtemps ? » La question eut le don de la faire taire quelques secondes. Nevana ramena ces mains devant sa bouille ronde et commença à compter ces doigts, fronçant le nez. « Euh… Ze ne sais plus… Depuis longtemps, Ze crois. » Qu’elle bredouilla, incapable de s’arrêter sur un chiffre ou de mémoriser une année. Mila connaissait Jimmy bien avant Luke et Abel. Mais de là à dire une date précise, Neva en était incapable. Elle haussa ces petites épaules où reposait l’étoffe d’une robe d’un blanc délavé. Neva finit par s’assoir une seconde fois, enroulant ces bras autours de ces jambes. Elle posa son menton sur le haut de ces genoux et fixait cette porte. Amy lui parlait du froid et la gamine comprit qu’elle devait faire avec. Elle lâcha un soupir qui se termina en une adorable moue… Vivre avec d’accord, mais cela ne lui fera pas changer d’avis sur le couloir : il est moche ! « Je suis obligée de vivre avec lui, il vit chez moi. » Ah bon ? La petite cligna des yeux plusieurs fois… Il vivait chez elle ? Elle arqua un sourcil. « Oh mais il ne manque pas de culot ! Z’espère qu’il ne pique pas ta chambre ! Et tes zouets ! » Elle resta silencieuse un instant… l’image d’Abel en train de jouer à la poupée lui arracha un petit rire. Puis elle inclina légèrement sa petite tête sur le côté lorsque sa nouvelle amie lui fit un topo de la situation. Nevena s’inquiétait pour sa sœur. Et si tout finissait mal ? Et s’il ne comprenait rien ou qu’il ne la croyait pas ? Que Mila ne parle pas beaucoup ne fut pas une grosse surprise pour la gamine. Elle la savait anxieuse à l’idée de se retrouver dans cette situation, bien qu’elle est répétée encore et encore devant son miroir à chercher les bonnes phrases…. Amy lui confia que sa sœur s’était assise au côté d’Abel. ENFIN ! Neva commençait à ne plus y croire. Malgré ces huit ans, elle était loin d’être stupide. Et des contes, elle en connaissait un paquet ! Bien que le leur soit plus compliqué qu’un bon vieux Disney ou un Perrault. Amy préféra les laisser seuls. D’accord. Ils avaient besoin d’un peu de temps… mais comment tuer le leur ? Ce n’est pas dans ce couloir qu’elle allait faire une marelle. Elle ne l’aimait pas ! « Tu veux pas me raconter une histoire ? On fait ça chacune notre tour ? » Neva releva seulement les yeux vers la barrière invisible. Une histoire ? La petite chercha dans sa mémoire ce qu’elle pourrait trouvé d’intéressant à raconter… et qu’Amy ne connaissait pas.
Elle posa son index contre sa bouche, cherchant … lorsque l’illumination frappa son esprit.  « D’accord Amy … » Elle entoura plus fortement ces petits bras autours de ces jambes.   « Ma maman nous la contait souvent. C’est l’histoire d’une petite fille qui avait perdu sa maman. Oui ze sais, dis comme ça c’est triste… Son papa et son frère vivaient dans un phare… Tu sais, les grandes tours qui bordent l’océan. Un soir, alors que la lune était haute et ronde dans le ciel, la petite fille fut attirée mystér… euh.. mys-té-rieu-se-ment par un chant. Un zoli chant d’après maman. Alors elle se dirizea vers un coffre, comme hypnotizée tu vois ? Mais elle n’avait pas peur. Pas peur du tout ! Lorsqu’elle l’ouvrit, tu sais ce qu’elle y trouva ?... Non tu n’sais pas ! Une peau de phoque ! Tu te rends compte ! Et ouais ma p’tite demoizelle ! Une peau de phoque d’un zoli blanc brillant et soyeux. La petite fille dont ze me souviens plus du nom, prit la peau et partie sur le rivaze. Son papa et son frère ont essayés de la rezoindre mais il était trop tard, elle avait dézà mis la peau du phoque sur ces épaules tout en marchant dans l’eau…. Et là !MAZIE ! Tu y crois en la mazie ? Moi z’y crois. La petite fille s’est transformée en phoque à son tour. Maman disait qu’on les appelait les Selkies. Des créatures mi- femme mi- phoque. Et tu sais quoi ? Non tu n’sais pas ! La petite fille a retrouvé sa maman ! Elle n’était pas morte comme son papa lui avait dit… C’était simplement une douce Selkie. Voilà… Elle a préféré resté avec sa maman que de rejoindre le monde humain. C’est ma maman qui me l’a dit… Comme j’ai préféré rester avec Mila. Parce qu’elle besoin de moi, sinon, elle serait toute seule… C’est ma Selkie.» Souffla Neva qui rabaissa son regard noisette sur le bout de ces orteils. «  Z’espère que ça t’a plu ?... A toi maintenant ! »


Les confidences sur divan… Un exercice qu’ils n’avaient plus fait depuis… depuis que des salopards lui avaient volés des fragments de sa mémoire et du coup, des semaines de sa propre vie. Mémoire qu’il comptait bien retrouver, du moins une infime partie ce soir grâce à son appuie ? La sorcière n’avait pas toutes les clés en sa possession pour le soulager, mais elle pouvait combler quelques vides s’il lui demandait. Mila savait qu’elle pouvait l’aider en recollant des morceaux de ce puzzle géant. Seulement serait-il prêt à les entendre ? Ses yeux accrochés aux siens, elle régulait difficilement sa respiration. Ce contact physique. Un manque. Son cœur se comprima durement dans sa prison, battant faiblement. Il se tenait juste là. Tellement proche. Abel resserrait sa main dans la sienne. Une chaleur douce se propagea dans tout son être. Mila frissonna. Sa demande était on ne peut plus claire. Elle avait ce besoin de se sentir presser contre lui, comme si son corps tout entier le réclamait. Mila le dévisageait, cherchant, s’accrochant aux moindres signes, même infime, qu’il se souvenait bien d’elle.

Il bougea. Sa main abandonna la sienne. Une alerte pour Mila qui plissa des yeux. Le souffle court puis s’accélère. Abel la surprit. Son bras se nicha dans son dos, la rapprochant de lui jusqu’à se presser contre le guitariste. La brunette resta figée de longues secondes sans respirer… Son cerveau avait cessé de fonctionner. Elle n’osait bouger de peur de le voir se reculer. Et son cœur s’anima, comme réveiller d’un profond sommeil. Sa respiration reprit son rythme régulier. Elle expira un soupir de soulagement à peine inaudible alors que ces phalanges harponnaient d’avantage le tissu. Ne plus le lâcher. Son corps de décrispa au fur et à mesure que sa joue se frottait contre le buste masculin. Sa main dans la sienne à nouveau l’emprisonna fermement dans un joli tintement argenté. Ne plus le lâcher. Ces paupières mouillées se fermèrent progressivement comme celles d’Abel. Parfaite synchronisation.  Elle le sentit partir sans même le regarder. L’oreille plaquée sous sa clavicule, Mila écoutait sa respiration, les battements de son cœur, la berçant jusqu’à faire naître son premier vrai sourire depuis des semaines…

Elle savait qu’il vivait une vision. Sans un mot, elle attendit qu’elle passe…

Il est là.
Elle le sait.

Tu m’as tellement manqué…
Il s’amuse avec son bracelet. Un bijou chargé d’histoire… chargé d’émotion positive  comme négative. Mila ne le quittait pas. Elle ne le quitterait jamais. Il avait pour habitude de le taquiner du bout de ces doigts. Un souvenir qui refaisait surface du côté d’Abel. Mila se mordit la lèvre inférieure sans perdre de son sourire. Sans ouvrir les yeux. Sans essuyer les perles salées qui s’échouaient, silencieuses, le long de ces joues. Un sentiment de plénitude la possédait, allégeant son âme. Il était silencieux. Cela ne la dérangeait pas tant qu’il restait à ces côtés. « Désolé. »Ces sourcils se froncèrent tout en rouvrant les paupières. Elle releva ces billes brunes vers son menton, frottant sa pommette contre sa clavicule. Mila ouvrit la bouche pour lui confier qu’il n’avait pas à s’excuser lorsqu’elle le sentit se détacher. Il abandonna sa main qui se referment progressivement sur du vide. Elle se redressa pour le coup, l’air un peu désorientée. La chaleur de son corps lui manquait déjà. D’une main, elle essuya machinalement ces joues tout en l’observait faire.  Sa tête s’inclina légèrement sur un côté. La belle le regarda s’allonger, plaçant ensuite sa tête contre ces cuisses. Il reprit sa main qu’elle ne manqua de presser doucement. Cette position. Son cœur loupa un battement. Il commençait à se souvenir… Son autre main remonta dans la masse de cheveux brunes masculines, se perdant un instant dans les boucles fines jusqu’à les caresser doucereusement, glissant parfois à la naissance de son front. Des gestes tendres et si familiers qui l’électrisèrent de nouveau, rallumant ce petit quelque chose qui dormait jusqu’à présent. Son regard glissa sur ce visage en contre-bas. Un visage qu’elle se remémorait endormi. Ces longs jours dans le coma imposaient leur trace dans un coin de sa mémoire. Elle ne voulait plus y repenser…. Il était là. Les yeux ouverts et curieux.

Elle restait tout aussi muette jusqu’au moment où il rompit le silence. « Un ange passe. » Mila sentit sa bouche s’étirer de nouveau en un adorable sourire. Leurs regards s’accrochèrent. Magnétique. Petite Rose.Deux mots qui eurent l’effet d’une bombe qui explosa dans sa boite crânienne, l’éclaboussant de leurs souvenirs. Il la vit ? Cette petite étincelle qui ralluma son minois. Tu t’en souviens. Qu’elle lâcha en écho. Sa main continuait de caresser ces cheveux. Elle inspira profondément. Ces lèvres la picotaient dangereusement. Il venait de  ranimer Mila.

Elle imposa un silence. Ces yeux bruns cramponnés aux siens. Et ce fut elle qui prit l’initiative de bouger. Elle prit appuie sur la pointe des pieds et redressa, avec précaution, ces genoux alors que le haut de ses épaules et sa tête s’inclinaient vers l’avant. Rapprochant le visage du guitariste du sien. Ses doigts stoppèrent leur caresse. Tout comme le temps qui semblait ne plus s’écouler. Mila se pencha encore jusqu’à toucher de ses lèvres le front d’Abel. Un baiser doux et appuyé, comme avant. Un sourire contre sa peau. Ephémère. Puis elle remit droit sa colonne tout en reprenant ses caresses. Et le temps reprit. Inlassable. « Nous n’avons pas couché ensemble. »[/i] Qu’elle murmura en inclinant légèrement sa bouille sur le côté. Mutine. Ne me regarde pas avec ces yeux-là Karamé. Tu n’es pas si attirant que ça tu sais.Oh le vilain mensonge. Elle se sentit violemment rougir tout en continuant de le fixer. Quelques doigts s’amusèrent à s’enrouler autour d’une boucle. « J’ai dû refuser tes avances plus d’une fois. » Elle s’immobilisa un instant avant d’éclater de rire. Un rire libéré qui dégagea ses poumons de toute cette merde qu’elle avait respiré depuis son coma. Son corps se réveillait lui aussi de ce sommeil. Et c’était bon. Mila commençait à relâcher la pression lentement, se détachant de son boulet qu’elle trainait avec elle depuis son arrivé. Son rire délicat s’estompa jusqu’à mordre sa lèvre inférieure. Puis ces yeux rieurs redevenaient plus graves et sérieux. « Qu’as-tu vu ? Dans ta vision ? » Sa voix se fit plus basse, invitant à la confession. Ces doigts continuèrent leur jeu dans les mèches masculines. Douces et languides.

Il voulait des réponses… Mila était prête à les lui fournir


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ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   21.01.17 15:33



❝the promise❞
mila - abel
Il avait abandonné la position qui les avait rapproché un peu plus tôt… pour une qui leur parlait davantage encore. À eux, faisant ressurgir des souvenirs tapis, marquant ce manque. Lorsqu’elle avait déposé son visage sous son omoplate gauche, ça n’avait pas été sans mal. Mais il avait laissé la douleur s’évanouir lorsqu’il avait finit happé par sa vision, la grimace ayant laissé place à une toute autre expression. Depuis qu’il s’en est échappé, Abel flotte sur un nuage. C’est léger, doux, familier; il caresse quelque chose dont il n’avait plus eu connaissance et qui, visiblement, avait toujours été là enfoui. Est-ce que les autres souvenirs étaient rangés dans ces tiroirs oubliés ? Suffisait-il de les ouvrir comme celui-là afin de laisser place à une multitude de cascatelles mémorielles ? La facilité. Ce n’était pas aussi facile que ça, même s’il touchait du doigt des choses qu’il avait cru égarées à jamais. Il s’y raccroche, naturellement, comme on se raccrocherait à la première bouée de sauvetage lancée. Il s’y raccroche parce qu’après avoir vu, il en est imprégné, il commence à revivre ce qu’il n’avait vu qu’en tant que spectateur pendant ces quelques secondes. Ceci dit… il reste un point, c’est celui des émotions qui ne lui appartenaient pas et ne lui avaient jamais appartenues. Elles lui appartiennent à elle. De la peur, de la souffrance. Il a déjà ressenti ça mais ça lui revient en plein visage. Ça remonte… lentement…

Longtemps… elle se demande bien pourquoi sa sœur a passé autant de temps loin de lui alors qu’il avait besoin de sa présence. Besoin de son soutien. Amy ne comprend pas Mila. Mais elle n’en parle pas. Elle se contente de juger en silence. Et d’écouter ce qu’avait à dire Nevena. Cette dernière commence à lui conter une histoire qu’elle ne connaissait pas… mais qui lui fit penser à une histoire de Disney, pour sûr. « C’est joli comme histoire… , souffla t-elle alors qu’un sourire triste se figeait sur son visage blême. Le fait d’avoir parlé d’une maman lui fait mal, pour sûr. Son silence témoigne de son malaise. « Z’espère que ça t’a plu ?… A toi maintenant ! » Son engouement semble la motiver un peu. Elle se mordille la lèvre inférieure avant de commencer. « Tu la connais peut-être, mais c’est la première à laquelle j’ai pensé. » Parce qu’elle l’avait lu lorsqu’elle était enfant ? Fort possible. Ce conte avait de quoi effrayer les plus jeunes, pourtant. Mais Neva pourrait l’entendre… « C’est l’histoire d’Hansel et Gretel, deux enfants pauvres. Un jour leur parent décidèrent de les abandonner dans la forêt, craignant la famine… heureusement, ils réussirent à retrouver leur chemin grâce à des cailloux qu’ils avaient laissé derrière eux. Mais… leur parents tentèrent une nouvelle fois de les abandonner à leur sort et cette fois-ci, ils se perdirent. » Un petit silence. Neva a l’air très attentive. « Alors ils arrivèrent devant une maison de pain d’épice… et ils mangèrent quelques morceaux. Une vieille femme sort de la maison et les amadoue, mielleuse et avenante. Mais alors, peu après… la méchante sorcière attrape Hansel et l’enferme dans une étable ! » Elle reprend. « Elle engraissa Hansel alors que Gretel devint sa bonne à tout faire. Après quatre semaine il lui tendit un os de poulet pour lui faire croire qu’il n’avait pas grossi. Son subterfuge marcha car la sorcière voyait mal. Mais la sorcière voulut alors manger sa petite soeur Gretel… » Amy coinça une mèche de cheveux derrière son oreille, ramenant un peu plus ses jambes contre elle. « Heureusement, Gretel réussit à pousser la sorcière dans son four et libérer Hansel. Ils emportèrent avec eux les joyaux de la sorcière et coururent longtemps dans la forêt. Ils retrouvèrent finalement leur maison, montrèrent le trésor qu’ils avaient gardé à leur parents… et vécurent heureux. »

…mais sûrement.
Mila caresse machinalement ses cheveux, ce qui a le don de l’apaiser. Ce n’est que lorsqu’on retrouve quelque chose de perdu qu’on se rend compte à quel point il nous a manqué. Ces petits « rien » qui formaient un Tout. Petit à petit, cela reforme la fresque, celle qui formait leur monde. Mais qu’en était-il du reste ?
Il se sentait moins étranger. À lui-même, à cette femme qu’il savait chère à ses yeux, à son cœur. Petite Rose. Peu de personnes l’appelaient comme ça, et il s’était prit au jeu lorsque Jimmy avait commencé. Après tout, c’était lui qui les avait présentés…
Le musicien a encore un sourire accroché aux lèvres alors qu’il cherche le regard de la jeune femme. Lorsqu’il sent son visage s’approcher, il la suit un peu des yeux avant de clore ses paupières sur le baiser qu’elle lui laissa sur le front. Délicatement appuyé.
Abel veut continuer à se souvenir… encore plus fort…
Sous ses paupières, il sent un fil humide se répandre. C’est léger. Presque imperceptible.

Il n’a pas mal, pourtant.

« Nous n’avons pas couché ensemble. » C’était une réponse qu’il avait attendu… mais qu’il n’attendait plus vraiment. Comment allait-il le prendre ? Il a encore les yeux fermés, mais c’est un rire qui s’échappe de ses lèvres. Toute son âme semble sourire, et lorsqu’il rouvre ces derniers, il ramène son pouce et index afin d’y faire disparaître le peu de trace d’humidité. Alors j’ai dû en avoir envie, c’est sûr. Le clair de ses iris s’orientent à nouveau vers la femme qu’il avait sous un angle des plus surprenants. Le lien télépathique est encore maintenu, il est toujours aussi fort, il l’a toujours été. Abel acceptait sa présence et c’était peu de le dire. Ne me regarde pas avec ces yeux-là Karamé. Tu n’es pas si attirant que ça tu sais. Un froncement de sourcils. Il gloussa sitôt après, une moue figée sur ses traits pour quelques misérables secondes. Mauvaise idée. Il se fait mal à rire… mais comment s’en empêcher ? Sa main droite se pose d’ailleurs sur son torse, s’incitant lui-même à faire certains efforts pour ne pas forcer sur sa respiration. Il se racle un peu la gorge alors qu’elle poursuit - quelque chose semble s’évanouir un peu en lui, les autres émotions reprennent le contrôle, chevauchent celles qui lui avaient été si apaisantes. L’ambivalence de la vision fait aussi celle du médium qui la recevait… son hypersensibilité le perdra. « Tu m’étonnes… », lui glissa t-il, jouissant des dernières empreintes de béatitude sur son visage. Elle était séduisante, et il ne passait que très rarement à côté de ce genre de détails. Ça l’étonnait tout de même qu’il n’ait pas essayé directement… il se savait très changeant et imprévisible. Pire lorsque des substances illicites couraient ses veines. Si ça se trouve, elle aussi avait été sous l’emprise de l’alcool ou d’autre chose ? L’idée lui traverse l’esprit…

Il songe alors à la personne qui avait partagé sa vie. James. Les émotions l’envahissent. Son sourire se fane… progressivement, alors qu’il est prit dans sa réflexion. Les morceaux qu’il recolle au fur et à mesure… son regard fuit jusqu’à un coin du plafond, lui aussi. Mila a quant à elle reprit son sérieux, s’intéressant à cette vision qui l’avait frappé un peu plus tôt. La question, il l’entend. Il l’enregistre. Mais elle file au milieu de ses divagations… l’œil se perd, les clignements sont plus espacés, sa respiration plus lourde. Le jour et la nuit en quelques minutes.
Faire le lien. C’est encore nébuleux, il faut qu’il force, qu’il y travaille. N’y avait-il jamais eu quelqu’un de plus important que les autres dans sa vie à lui aussi ? Une femme ? Il commence à gratter dans ce coin-là, mais c’est encore un vieil appartement à la Nouvelle-Orléans qui lui apparaît. Des murs jaune de naples… un jour, il faudrait qu’il déballe ce carton dans lequel se trouvait quelques affaires, quelques babioles. Abel ne l’avait pas encore fait. Peut-être par crainte. Ou parce qu’il n’y voyait pas l’intérêt… ou qu’il avait simplement oublié qu’il existait ?

Le silence, il le cultive, jusqu’à en faire germer les premières pousses.

« James. C’était lui. » La rancoeur remonte. Les émotions tumultueuses sont agrippées à sa carcasse. Résidus de vision, résidus de souvenirs récemment retrouvés. Ça se lit sur son visage… dans ses yeux d’un bleu profond. Abel ne sait pas vraiment mentir dans ces situations-là. De toute façon… avait-il déjà réussi à le faire pleinement face à elle ? L’oriental se rend compte que la musique s’est arrêtée il y a peu. Cette fois-ci, c’est un réel silence auquel ils font face. Il n’aime pas ça, le silence… le silence c’est le vide, le silence c’est l’oubli. Le silence c’est la souffrance et l’inertie. « Je me rappelais d’avoir cogné quelqu’un à un enterrement. Mais j’avais oublié que c’était lui… et pourquoi… en fait, j’avais oublié ce qu’il était vraiment. » Pause succincte. « À part un con, je veux dire… » Est-ce que c’était le bon moment pour en parler ? Peut-être pas… mais y en avait-il seulement un ?

Il semble encore prit dans ses pensées. Tellement prit qu’il ne se rend pas compte qu’il lui coupe la parole avec son…
« Nuala… », qu’il répète à mi-voix. Il pense savoir mais il n’arrive pas à l’intégrer… à l’accepter, car ce n’est qu’une vague supposition; une marque de sa mémoire abîmée. Son psyché peinait encore à accepter certaines informations comme véridiques. Alors… il lui fallait chercher des réponses.  Sa main droite va chercher celle de Mila à nouveau, conservant entre ses doigts son poignet. « Qui c’était ? » Quitte à marcher sur un terrain meuble. J’ai jamais dit que ce serait facile…
Abel sent Mila se tendre un peu. Son emprise se resserre un peu plus, alors qu’il aimante son regard au sien… sous ce contact, une caresse discrète sous la pulpe de son pouce. L’homme laisse un filet d’air léger s’extirper de ses lèvres entrouvertes, refermant ces dernières par après. Ce silence était effroyable…
Ne fuis pas, reste là. Et parle-moi, l'incita t-il simplement alors qu'il sentait le regard de la belle détaler.

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   22.01.17 0:48



"The Promise"

Abel & Mila



Assise bien sagement sur le sol, la gamine inclinait sa bouille sur le côté en écoutant Amy. Elle lui racontait une histoire que Neva avait déjà entendue... Vaguement en réalité. Sa mère contait rarement les récits qui mettaient en scène des sorcières. 'Cela ne reflète pas la réalité.' Bien que le Mal se déclinait sous bien des formes. Sans un mot et captivée par la narratrice, la poupée d'ectoplasme clignait des yeux en comprenant que la sorcière n'était pas gentille. Elle fronça son petit nez d'agacement. Hansen et Gretel hein ! Pff... Après tout, elle ne demandait pas grand-chose cette femme, si ce n'était que manger ! «Au final, c'est les enfants les méchants ! Ils n'avaient pas qu'à manger sa maison ! A sa place, j'aurais fait la même chose. Faut pas déconner -oui elle se permettait de dire des mots familiers maintenant que Mila ne pouvait pas l'entendre, puis c'est Abel qui lui avait appris celui-là, une maison en bonbon... Enfin, elle n'est pas maligne la sorcière, parce que quitte à choisir, je préfère manger des sucreries que de la chair humaine. » Souffla Neva, perdue dans sa réflexion.

Il était là. La tête sur ces genoux a bavardé comme avant.Cela n’avait rien d’un rêve. Et pourtant, Mila avait cette peur au ventre de se réveiller à tout instant. Seule dans son grand lit froid. Mais les cheveux qu’elle caressait inlassablement lui chatouillaient la pulpe de ces doigts, lui assura qu’elle vivait bien la réalité. Comme sa chaleur qu’elle sentait contre ces cuisses. Sa voix qu’elle entendait. Tout était doux. Comme avant.

Puis quelque chose reprenait vie. Ce quelque chose qui dormait dans le fond de ces entrailles depuis ces trois dernières années. Indicible tendresse.

Des images s’imposèrent à elle. Le silence s’installait entre eux. Comme un Roi. Il prenait une place importante, rendant l’atmosphère du salon quelque peu perturbante. Un silence complice qui favorisa son évasion. Son regard glissa un instant sur les lèvres d’Abel. Elle humecta les siennes inconsciemment. Mais ses pensées la happèrent. Profondes.  

***

Virginia Mason Medical Center.

« Vous devriez vous reposer Mademoiselle Kozlek. Vous n’avez pas bonne mine. » Conseilla l’infirmier Joël en jetant un regard inquiet sur la brindille, assise au bord du lit. Elle tenait la main inerte d’Abel. Le visage pâle. Les yeux mouillés, cernées et empreint d’une tristesse qu’elle ne cachait plus, Mila l’observait sans dire un mot. Jimmy et Luke passaient dans la journée pour lui apporter de quoi se nourrir. Elle y touchait à peine. L’appétit avait déserté son estomac. ‘Ne te laisse pas mourir de faim et de fatigue. Si tu continues comme ça, tu vas tomber P’tite Rose.’ Jim commençait à s’inquiéter de son état de santé, mais elle l’envoyait bouler à chaque fois qu’il tentait de la dissuader de rester ou simplement de se restaurer à la cafète de l’hôpital.
Mila quittait la chambre simplement pour retourner chez elle, histoire de prendre une douche et de se changer. Elle passait rapidement des coups de téléphone professionnel pour remettre ces rendez-vous à plus tard. Elle ne répondait pas au message de son père, ni d’Hunter. Ils n’avaient pas besoin de savoir. Ils ne comprendraient pas. Pendant six jours, Mila ne respirait qu’Abel, vivait qu’à travers ces constances vitales qu’elle ne cessait de vérifier. Etait-ce un mal ? Non. Elle se devait d’être là, à ces côtés. Peu importe le temps que ce fichu coma lui vola… Elle ne voulait pas le laisser seul. Inconcevable. Jimmy et le personnel médical la retrouvait les matins, assise sur le fauteuil et le buste avachis à moitié sur le lit, contre lui.
 Il parait que les personnes dans le coma peuvent parfois entendre. Alors je ne sais pas si tu m’écoutes, mais sache que je suis là Ab’. Je ne te laisserais pas. Il faut que tu te battes… Tu entends ? Lute bordel ! Je ne pourrais pas continuer si tu abandonnes. Si tu m’abandonnes. Alors je vais venir tous les jours. Je te parlerais. Encore et encore. Je polluerais ton esprit de mes mots. Parce que je veux y croire. Parce que je t’Aime… et que je t’interdis de mourir…

***

« James. C’était lui. »
Son moment d’égarement fut de courte durée. La voix du guitariste la sortie de son absence pour la parachuter dans le salon. ‘James’ Un nom qu’elle évitait de prononcer ou d’entendre depuis quelques années. Il revenait comme un fantôme, remontant la pente de ce passé désastreux. Une empreinte indélébile qu’elle trainerait comme un boulet jusqu’à son dernier souffle de vie. Mila se crispa instantanément. Il peut le sentir. Le regard aimanté au sien se fronça légèrement. Remuer la merde… La brunette commençait déjà à sentir l’odeur nauséabonde de ces souvenirs… Oui, ça puait. Ca puait la trahison. La douleur. La désillusion. Son passé abimé. Il enchaina sur l’enterrement. Douloureux moment. Elle déglutit sans ouvrir la bouche. Les prunelles sèches, pour l’instant. Attentive, elle encaissait les mots. Mais la tension pouvait se ressentir jusqu’à cette main qu’elle fermait nerveusement en un petit poing. La seconde cessait de le caresser. Lui dire d’arrêter ? Il était trop tard. Elle lui avait promis des réponses, bien qu’il fût inconscient de l’ampleur de cette confidence. Mila se mordit le coin de sa lèvre. « …en fait, j’avais oublié ce qu’il était vraiment. » « À part un con, je veux dire… » Pause. La musique ne les accompagnait plus, ne comblait plus le vide. Elle venait simplement de s’en compte lorsque le silence, vicieux, reprenait ces droits. Elle se sentait mal pour le coup. Hésitante. Son cœur s’agitait énergiquement jusqu’à lui faire mal. Elle contracta sa jolie mâchoire… et confirma de sa voix voilée d’une émotion fêlée. Partagée entre dégoût et haine. « James est une erreur. Un homme qui n’aurait pas dû partager ma vie. Il a comblé un vide… » Mais Abel lui coupa la parole, ce qui la déstabilisa une fraction de seconde. Il avança Nuala dans la confidence. Nuala. Mila se glaça. « Qui c’était ? »

Tout Abel… Tout mais pas elle.
J’ai jamais dit que ce serait facile…

Remuer les souvenirs. Celui de Nuala restait encore fragile, malgré les années qui s’étaient écoulées depuis la tragédie. Une mère restait une mère, peu importe si son enfant frôlait la terre de ces pieds ou non. Mila l’avait revu plus d’une fois. En rêve éveillé ou non. Une petite bouille ronde aux cheveux ébène. Les yeux d’un bleu océan et une peau hâlée. Elle s’imaginait toucher encore ces mains potelées et fermées. Inertes. La serrait encore et encore contre sa peau nue, contre son cœur jusqu’à ce qu’on lui arrache. A jamais. Elle ne l’a pas entendu pleurer. Ni même sentie respirer. Et pourtant elle s’y était attachée dès qu’elle la vue. Sa petite perle. L’avoir porté pendant neuf mois. L’avoir sentie bouger dans son ventre dès qu’elle entendait la voix d’Abel chanter. Toutes ces choses qui liaient une mère à son enfant… Cette malédiction lui a volé son bonheur.

Son premier réflexe fut de bouger. S’enfuir pour ne pas en parler… Mais elle ne pouvait pas. Abel campait sur ces cuisses, blessé. Une raison suffisante pour l’inciter à rester. Ses billes brunes dévièrent un instant, évitant de le regarder. L’émotion stagnait dans sa gorge. Forte et vibrante… comme un cri de douleur. Revivre deux fois une telle souffrance, elle ne sait pas si elle en était capable. Pourtant il restait là, à la fixer et attendait patiemment qu’elle ouvre la bouche, recollant un bout du puzzle géant. Ne fuis pas, reste là. Et parle-moi Elle ferma un instant les paupières et bascula sa tête en arrière. C’est tellement difficile… qu’elle lui confia en ramenant la tête vers lui, baissant le menton en contre-bas sans ouvrir les yeux. Elle sentait son pouce contre sa peau. La caresse l’électrisa. Il l’incitait dans la confidence… Ces cils se plissèrent et se mouillèrent doucement… Ces pensées brouillent ces mots. Elle ne sait comment emmener le sujet sans craquer. Une boule dans la gorge. Ces doigts cherchèrent le t-shirt pour se raccrocher à du concret. « C’est ma fille. » Qu’elle murmura, le visage voilé de tristesse. Mila employait toujours le présent la concernant. Elle est mère et le resterait, peu importe ce que peut en penser son père. Elle prit une profonde inspiration et cella son regard au clair pour ne pas chuter. « Et ta filleule. » Elle échappa les mots comme un soulagement, observant ce visage qu’elle connaissait par cœur et tenta de sourire. Un échec. Elle se tortilla un peu sur l’assise en prenant soin de ne pas trop dandiner la tête du guitariste, cherchant à échapper cette tension qui lui pressait tout son corps. Sa main reprit les caresses dans ces cheveux, tendrement. Un contact nécessaire. «Je te voulais dans ce rôle. Je ne voyais pas d’autre personne que toi. Je me souviens t’avoir emmené au bord de l’océan. James restait dans la voiture, il ne voulait pas descendre… Je ne te cache pas qu’il n’était pas pour mais je m’en contrefoutais de ce qu’il pouvait bien penser de toi. Je ne lui donnais pas le choix. » Une confidence qui eut le don de panser l’une de ces multiples blessures. Elle se pinça les lèvres en se remémorant la scène. Elle se souvenait de son état de nervosité au point d’avoir la nausée… La peur au ventre d’avoir un refus. Elle se souvient de son regard curieux derrière ces lunettes. J’aime quand tu portes tes lunettes. Et son cœur se serra. « J’ai pris ta main que j’ai posé sur mon ventre. Je me souviens encore de ta tête lorsque tu la sentais bouger. » Un sourire mélancolique. « Et je t’ai tendu une petite pochette qui renfermait plusieurs petits rouleaux. L’un d’entre eux te posait directement la question. Il me semble que j’avais écrit ‘veux-tu être mon parrain ?’ Oui c’est ça.» Son regard pétilla un instant lorsqu’elle revit les yeux ronds d’Abel sur le moment. « Tu as dit oui sans hésiter. Et je t’ai embrassé. Ce fut le dernier beau moment que nous avions passés tous les ‘trois’. Ensuite tu es parti reprendre la route… jusqu’à l’enterrement.» Mila déglutit. Sa voix n’est plus qu’un douloureux murmure… Les larmes jusqu’à présent retenues commencèrent à rouler sur ces joues. Lentes et épaisses. Fragile. « James n’est pas venu. Ni mon père. » La brunette hoqueta et brisa le lien visuel. Les paupières se fermèrent sous le souvenir.  « Vous étiez présents, avec Jimmy et Luke. » Et elle marqua une brève pause. Son visage se tordait de nouveau. La douleur grattait l'amertume rancune. Des mots inavoués et pourtant si lourds qu'elle a gardé jusqu'à maintenant enfouis dans un coin de son esprit. Mais faire revivre le moment... Déterrer les vieux sentiments... Mila ne pouvait plus se taire. Peut-être était-ce le bon moment ? Elle brisa chaque mot, se tordant de douleur lorsqu'elle lâcha son aveu.    « Comme je t’en ai voulu… Tu n’étais pas là lorsque j’ai dû choisir ce bout de cercueil. Tu n’étais pas là à me tenir la main quand je l’ai vu pour la dernière fois, ma poupée endormie, habillée de sa jolie robe… Tu n’étais pas là… » Qu’elle noya faiblement  dans un éclat de sanglot qu'elle ne contrôlait plus. Son poignet s’arracha de son emprise, son autre main quitta les cheveux bruns pour rejoindre sa jumelle contre son visage. Mila se cachait derrière ses paumes, laissant le chagrin remonter en surface, pour la centième fois ou plus. Ces épaules prises de soubresaut ne cessaient de trembler. Elle avait mal. Inconsolable.Je t’en supplie Ab'… La nausée campait son estomac, aidé de son chagrin. Remuer cette partie de ce passé qui ne l'a quittait jamais. Ne la laissait plus dormir. La faisait souffrir dès qu'elle ouvrait les yeux... C'était indescriptible comme supplice.

Il était son pansement à sa blessure… Fallait-il seulement qu’il ne se décolle pas…



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De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   22.01.17 15:51



❝the promise❞
mila - abel
Aussi surprenant que cela puisse paraître, Nevena prit la défense de la vieille femme d’Hansel et Gretel. L’esprit de l’enfant avait une vision particulière des choses ; comme la sorcière pouvait aussi représenter plus qu’une simple figure que l’on montre aux enfants pour leur faire peur. Une vieille habitude dans ces vieux contes qui avaient diabolisé cette catégorie de la population… Amy, consciente ou non qu’elle avait touché du doigt quelque chose de sensible, défend à son tour le camp d’Hansel et Gretel. « Mais les enfants avaient faim… on les avait abandonné ! » Alors ils avaient trouvé cette maison à manger, et affamés ils n’avaient certainement pas réfléchi… non ? C’était ça ou ils se laissaient mourir, sans plus jamais pouvoir revoir leur parents. À nouveau, l’adolescente l’écoute. Elle comprend aussi son point de vue, c’est tout à fait normal. D’ailleurs, elle l’équilibre toute seule, juste après que la brune élancée lui glisse.

« Et puis il faut bien un méchant dans les histoires… »

Parce que ça rassure. Et que beaucoup ne se remettent pas en question…
Peut-être ces gens-là avaient-ils peur de trouver quelque chose d’autre qu’une clé salvatrice…
…et qui les détruirait à jamais ?


Mais Abel était là et il se battait. Et il n’y avait aucune raison pour qu’il soit le seul à le faire.
Il avait d’ores et déjà été habitué à agir ainsi. L’oriental avait cette fâcheuse manie de savoir se relever, au grand dam de certains. Toutes ces paroles lâchées à un autre niveau de sa conscience,  il les avait intégrées malgré lui. Intégrées, tout comme l’intonation de la voix qui lui avait susurré ces commandements qu’il s’était, par la suite, lui-même imposé. Cette voix avait aidé, quant bien même il ne s’était pas souvenu à qui elle appartenait, ni pourquoi il s’y était tant raccroché. Un contact télépathique était toujours plus fort que des mots qui tranchaient l’air séparant deux êtres. Leur lien était devenu particulièrement profond, fusionnel; et plus rapidement qu’ils ne l’auraient espéré l’un comme l’autre. Ça s’était fait naturellement. Les deux entités s’étaient cherchées puis s’étaient trouvées. À nouveau, le schéma se reproduit, bien que les circonstances soient foncièrement différentes. Car il y avait eu un « avant ».

Il est tombé amoureux de son âme ; mais elle est l’une des rares à qui il est resté cramponné. Aussi longtemps… et aussi fort.

James, une erreur ? C’est exactement ce à quoi il a pensé lorsqu’il lui a tarté la tronche. Ou juste avant… pendant… ? Et après… c’est évident. Ceci dit, de là à penser qu’il avait comblé un vide… Abel ne saurait se prononcer sur la question. C’est lui qui voulait combler un vide, songea t-il, clairvoyant dans ses perceptions - ses opinions. Ce n’était pas le même train de vie qu’ils avaient eu, ni les mêmes aspirations… ni les mêmes goûts en matière d’homme, en fait. Si James avait eu son charme, Abel n’avait jamais louché dessus pour autant. Ce qui n’était pas le cas de son amie… mais bon, elle le savait très bien. Les propos qui avaient éclos plus tôt dans leur conversation en témoignait.

Mila se tend, beaucoup, c’est à cet instant qu’il comprend que ce n’est pas une simple blessure qu’il a touchée. Sa cicatrice n’est pas encore refermée; le deuil n’a pas encore été fait. Le sera t-il un jour ?
Il ne la lâche pas, elle vient à son tour chercher le morceau de tissu qui repose sur son torse. Sa fille. Sans un mot et au gré de ses réflexions, son regard dévie de sa trajectoire - et même ses doigts semblent se délier un peu du poignet féminin. Comment a-t-il pu oublier ? Sa filleule ? Ça y est. Le puzzle se reconstitue, les morceaux sont imbriqués mais peinent encore à se ressouder. Son cerveau avait encore du mal à accepter tout ça pour vrai. Combien de temps cela allait-il durer ? Combien de temps devrait-il se battre pour tout récupérer ? Ces heures interminables passées sur la route pour remonter jusqu’à Seattle à temps, les paroles jetées au visage de James… Abel avait été le seul à ne pas pleurer ce jour-là. La mort, toujours. Ce n’était pas une ennemie à ses yeux… elle ne l’avait jamais été. Même si elle avait blessé sa Petite Rose.

Elle délivre ce qu’elle a sur le cœur, mais il sent autre chose. Les souvenirs qu’elle fait remonter, ils sont là. D’abord indistincts, sous des traces d’encre bleue, ils finissent par dessiner un paysage… des émotions. Il se rappelle, même si ce n’est qu’un zéphyr doucereux qui serpente dans ses aires internes si particulières. Abel a un sourire sur les lèvres, à nouveau. C’est l’effet qu’a ce souvenir, ce qu’il refait surgir. Il a l’impression d’y être. L’air iodé, ses pompes pleines de sable et son cœur affolé. Affolé mais heureux. « Je lui montrerais comme le monde est beau. » avait-il dit ce jour-là, le visage de Mila entre ses doigts. J’aimerais tellement que tu le voies aussi comme moi je le vois., avait-il pensé sitôt après, un sourire profondément sincère sur les lèvres. L’homme avait regardé autour d’eux, puis avait déposé un chaste baiser sur son front.

Lorsque ses larmes commencent à rouler sur ses joues, l’homme se redresse un peu. Doucement, lentement, précautionneusement. Il fait abstraction de ses souffrances à lui. Mila n’a pas vu sa nuque balafrée d’une brûlure ancienne, mais pas oubliée. Ses boucles brunes sont là pour cacher au mieux ces marques. Le musicien la laisse poursuivre, sans un mot. Ses pensées l’ont touchées, mais ce n’est pas de paroles immédiates et non réfléchies dont elle a besoin. C’est d’une présence. Elle parle de l’enterrement et ce sont ses yeux à lui qui se mettent à s’humidifier, c’est une douleur qu’il a ressentie pendant la vision et dont il se souvient aujourd’hui. En position assise, à nouveau placé dans une position connue - quoique beaucoup plus proche ; Abel passe un bras derrière elle, souffrant de tirer ces muscles, ce qui n’était aucunement comparable à cette douleur que ressentait cette mère meurtrie.
Sa main se posa sur sa joue, ramenant son visage vers lui. Elle lui en a voulu de ne pas avoir été là. C’est compréhensible. Il avait souffert de toutes ces fois où il n’avait pas pu être présent auprès de ceux qu’il chérissait le plus. Aujourd’hui il souffrait de ne plus s’en rappeler, ou pas suffisamment. Les regrets… il n’aimait pas ça. Vivre avec n’était pas vivre, justement. Il avait toujours tout fait pour s’affranchir de ce type de fardeau. Il avait fumé, bu, avait échappé à la réalité. Pour vivre libre et sans douleur. Ça n’avait pas suffi. Mila lui apporta sur un plateau d’argent ce qu’il détestait le plus… faire souffrir l’autre; cet Autre qu’il aimait profondément et qui revêtait que peu de visages. La plupart lui avaient été effacés de sa mémoire… un châtiment qui, semble t-il, il avait mérité. Abel allait finir par le croire.

« J’aurais aimé être là, avec toi. Je suis désolé Mila. »

Nuala… ce n’était pas Nuala qui était derrière la porte de son appartement. Mais alors… oui ! Cette fillette…
Une photo sous son nez. Aussi proche de Mila, elle l’avait suivie partout depuis tout ce temps… les énergies… ce visage… ces manies… il lui avait déjà parlé. Sa sœur… si jeune… on la lui avait aussi enlevée. Il se surprend à fermer les yeux pendant qu’il réfléchit. Mila a les mains qui cachent son visage. Mais il ne veut pas qu’elle se cache, elle n’a aucun intérêt à faire ça. Lui non plus d’ailleurs…
« Je suis désolé. », répète t-il un peu plus bas alors qu’il l’enferme dans un cocon chaud et affectueux. Une coquille protectrice, des bras et un cœur qui soutiennent, même si ces derniers sont meurtris.
Sa sœur. Sa malédiction… quelque chose de mauvais semble flatter son esprit, d’un écho amer.
C’est comme s’il ne voulait pas se souvenir de ce détail-ci… qu’il menaçait l’équilibre.

Sa joue repose contre le sommet de son crâne, il ne lâche pas ce brin de femme malgré ses tumultes internes. Depuis combien de temps n’as-tu pas pleuré ?, se demanda t-il alors que sa pensée chevauchait malencontreusement l’esprit voisin. Depuis combien de temps laissait-elle tout ça lui pourrir son jardin intérieur ? Il n’avait, sur ce point-là, aucune leçon à lui faire. Abel avait laissé la rancœur, voire la haine le dévorer à petit feux. Ça n’avait pas tout à fait disparu encore. Pour ainsi dire, il se réhabituait à cette émotion au fur et à mesure qu’il y était à nouveau exposé. Comme une vieille comptine qu’il avait apprise à apprécier malgré sa fin atroce.
Une vieille comptine qu’il ne chantait plus à voix haute. Aujourd’hui, il était trop exposé. Son psyché avait subi des mutations suite à un choc violent et profond. Des changements s’opéraient dans l’ombre, prenant la forme de pulsions, de pensées qui voguaient çà et là sans manifester leur aspiration, leur réelle qualité. Des pensées en apparence inoffensives, comme tout ce qui pouvait graviter autour.

Il l’incite à ôter au moins une de ses mains de son visage, calant sa paume contre sa joue chaude et barbouillée de larmes. Les pulsations cardiaques du musicien sont stables. Elles sont piquées mais régulières. Le silence. Ou presque. Dans sa tête, ça chante toujours. Je t’en supplie Ab’… Une mélodie résonne dans sa tête, chevauchant ses pensées, les couvrant de sel et de lumière. C’est étrange, mais ça lui vient aussi naturellement… qu’il se met à chanter à son tour. Cette chanson parle pour lui, pour eux. Il l’a déjà chantée seul en repartant sur les routes, lorsqu’il avait laissé Mila à son sort. Puis l’avait simplement rejouée au piano, sans faire vibrer ses cordes vocales. Mais il s’était gardé de la lui offrir - ça sonnait là aussi comme des confidences. Alors oui, il lui réattribua la chanson plus clairement qu’il n’aurait dû…

Mila Mila, Sad Mila Mila.

La voix d’Abel porte, petit à petit, jusqu’à clore les lèvres d’Amy qui était en train de murmurer quelque chose à Neva. Doucement, son visage pivote, cherchant l’origine de la voix par-dessus son épaule. Sans succès. Pourtant… c'est comme si elle en ressentait la caresse.

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   23.01.17 0:43



"The Promise"

Abel & Mila



La Mort. Cette Salope.
Mila et sa perception de la Faucheuse, un lien fragile. A l'inverse d'Abel, elle ne l'acceptait pas. Une fin inévitable qui ouvrait une porte sur un Ailleurs ? … Enfer. Paradis inanimé. Elle ne savait croire... Croire que quelque chose -quelqu'un, les attendait là-bas. Nuala. Nevena. Croire aux Âmes. Croire tout court pour l'aider à avancer. Même si l'inconnu fait peur.
La Mort est influençable. Elle se laisse manipuler. A tord ou à raison. Elle est traître. Comment ne pas la haïr alors qu'elle fauche des êtres chers. Innocents. Mila ne comprend pas... et même si elle essayait, elle ne guérirait pas. Ses meurtrissures sont profondes... Il faudrait bien plus qu'une aiguille et d'un fil solide pour la refermer. Elle a éteins son Monde...

« Et puis il faut bien un méchant dans les histoires… » Amy haussa ces frêles épaules. Les méchants. Tout est relatif à ces yeux innocents. Non, elle ne voyait pas les sorciers comme des vilains. Ils ne le sont pas tous. Mila. Abel. Et tous ceux qui restent dans l'ombre de peur de se faire juger ou traquer... Mais ces enfants abandonnés... Ils n'avaient qu'à manzer des champignons... Qu'elle souffla dans sa barbe de gamine, à croire que son père lui murmurait les mots. Puis elle bougea. Elle se remit debout lestement, laissant ces magnifiques boucles châtains se mouvoir dans son dos. Il faut qu'elle marche un peu... Mais vu que le couloir lui fait peur. Elle commença à faire des allés-retour devant la porte, fixant le bout de ces pieds. Mains derrière le dos. « Amy ? Tu as quel âze ? »Qu'elle demanda sans redresser la tête, continuant son petit manège pour s'occuper.

Mila  sentit du mouvement, mais elle n'osait regarder Abel. Délivrer son chagrin devant témoin... devant Lui... avait quelque chose de gênant. En temps normal, elle se laissait aller les soirs, seule, assise dans un coin de son salon.  Une bouteille de vin dans une main. Lorsque l'alcool ranimait les vieux souvenirs accompagnés de leurs douleurs, la brunette sanglotait jusqu'à s'endormir d'épuisement. Cette fois était différente. Elle sentit le bras masculin passer dans son dos. Mila se figea mais ne le repoussa pas. Lorsqu'il l'attira contre lui, c'est lourdement qu'elle heurta Abel. Elle tremblait.Elle avait froid. « J’aurais aimé être là, avec toi. Je suis désolé Mila. »  « Je suis désolé. »Sa voix pénétra son esprit, allant directement à son cœur. L'apaisant doucement. L'une de ces paumes s'éloigna de son visage et se posa à l'aveugle contre le haut de son thorax. Ces doigts agrippèrent le t-shirt encore une fois. Un besoin de le tenir sous ses doigts. De le sentir proche d'elle... jusqu'à écouter les battements de son cœur. Elle se focalisa sur son rythme cardiaque, l'aidant à calmer ce sanglot tenace.  C'est moi qui suis désolée... Je suis égoïste... Égoïste de l'avoir désirer à ces côtés. Égoïste de l'avoir appeler en hurlant sa peine. Égoïste …  

Ces paupières se plissèrent jusqu'à s'en faire mal. Elle était tellement fatiguée... Fatiguée de courir après des fantômes. Fatiguée de croire en l'espoir de jours meilleurs. L'utopie qu'elle caressait... se reconstruire après tous ces drames. Mila n'y arrivait pas. Fatiguée de donner son corps à des hommes pour quelques heures. Fatiguée de se noyer dans son travail. Fatiguée de vivre.  

Son corps se relâcha dans son étreinte. Le cocon qu'il venait de former autour d'elle, lui procura une chaleur douce qui pénétra tous ces pores jusqu'à toucher ce qu'elle a de plus précieux. Mila cessa peu à peu de se secouer comme une feuille morte. Ses phalanges se détendirent contre le tissu sans pour autant le lâcher. Elle ne voulait plus partir de ces bras. Depuis combien de temps n’as-tu pas pleuré ?  Cachée derrière son unique paume, Mila écouta sa voix résonner dans son esprit. Il était le bienvenu. Il a sa place ici et l'aura à jamais. Elle ne fut pas surprise. Leur lien télépathique lui avait cruellement manqué. Elle aimait qu'il communique de cette manière. Intimiste. Précieux. Unique. Depuis combien de temps n'ai-je plus souris ? Une éternité... La confession pudique alimenta son sanglot... Depuis trois ans, elle ne souriait plus. Tout était éteins. Mila n'était qu'une poupée de chair, complètement vide à l'intérieur. Et elle luttait pour ne pas sombrer à chaque lever de soleil...

Il retire l'unique paume qui lui cachait le visage. Elle ne résista pas. Son bracelet tinta dans le geste. Elle en oublia de respirer. La chaleur de sa main contre joue anima Mila, l'enveloppant d'une sensation enivrante. Malgré son visage serré par les larmes et sa tristesse qui coulait des yeux. Le silence pesant les enveloppait. Elle aurait tout donné pour que le temps s'arrête. Tout comme ces perles salées qui ne cessaient de la souiller jusqu'à lui salir l’Âme. Elle n'avait plus la force...

Et elle vit la Lumière à travers cette voix chantante qui remplissait sa tête. Elle ouvrit lentement les paupières.Surprise. Abel... Le son mélodieux la happa... Les mots se dévoilèrent pour la première fois. Sa gorge se noua, dissipant peu à peu son chagrin. Son cœur se décomposa... en miette. Sa respiration devenait plus lourde en comprenant qu'il offrait l'une des plus belles confessions. Mila n'osa bouger. Absorbée par les paroles qu'il lui délivra. Intime. Son regard brun se releva légèrement jusqu'à fixer son menton.  

Her eyes like windows, tricklin' rain
Upon her pain getting deeper.
Though my love wants to relieve her.
She walks alone from wall to wall.
Lost in a hall, she can't hear me.
Though I know she likes to be near me.


Ses cils mouillés ouverts sur ce visage, elle appuya sa joue contre sa paume. La frotta d'un geste tendre. Elle entendait ce qu'il lui confiait, et c'était une douce litanie à son cœur. S'il savait que chacun de ces départs étaient une déchirure. Que son absence creusait un vide immense dans son Âme... Combien de fois a-t-elle faillit le retenir ? Par pure égoïsme... Alors elle le regardait partir sans un mot, le sourire fané et avec cette sensation désagréable d'être incomplète...

Lorsque sa voix s'arrêta de réchauffer son esprit, qu'elle laissa place à un silence nécessaire, Mila ne pleurait plus. Elle ne respirait pas mieux mais le gros sanglot semblait l'avoir quitté. Comme si cette chanson venait de lui offrir quelques points de suture sur sa béante meurtrissure. Alors doucement, elle éloigna son buste sans vouloir briser la coquille protectrice qu'il lui avait offerte. Elle redressa un peu ces épaules ainsi que sa nuque afin de ramener son visage face au sien. Si proche qu'elle sentait son souffle s'échouer contre ces lèvres. Mila le dévisagea. Muette. La main qui s'accrochait à son t-shirt délaissa le tissu pour remonter et se poser contre l'arrête de la mâchoire masculine. Du pouce, elle caressait la commissure de sa bouche. Son regard renvoyait de la tendresse. Elle se pinça les lèvres tout en clignant des paupières. Sa bouille souillée s'inclina sur le côté. Elle hoqueta des restes de peine. Plus de distance. Une peau contre peau qui électrisa le bout de ces doigts. Son esprit se mélangea au sien. Tu le savais. Tu le savais que je souffrais à chaque fois que tu partais ? … Pourquoi ne m'as-tu jamais rien dis ? ... Mila approcha son front jusqu'à toucher le sien délicatement. Elle baissa les paupières en fronçant ces sourcils. Ne plus pleurer. J'attendais que tu viennes  me délivrer... et je crois bien que tu es en train de le faire. Cette chanson... J'avais besoin d'entendre ces mots... cette vérité... merci. Merci d'être revenu.  Mila recula légèrement son front du sien. Son regard brun se releva et s'accrocha au sien. Elle s'y perdit un instant. Son cœur s'agitait.Son pouce continuait ses caresses. Et sa bouche se mit à sourire peu à peu, comme si elle réapprenait. Et c'était doux...


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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   28.01.17 14:53



❝the promise❞
mila - abel
Comme elle pouvait ignorer l’âge de Neva, elle ne savait pas combien d’années exactement elle errait. Mais son âge, ça, elle était capable de le dire. Figé, comme sa conscience. Gelée dans le temps. Cette errance offerte par on-ne-sait-trop-qui n’avait pas de réels avantages. Pas de repos. Le connaîtrait-elle un jour ? Abel, lui, savait que ce n’était pas une bénédiction. Pourtant il accueillait les gens comme « elle » malgré tout. Dans leur globalité. Toujours entiers. En était-elle pleinement consciente ? Difficile à dire. Une chose est sûre, néanmoins : la faille réside dans cette conscience bridée de l’espace-temps. C’est tout naturellement qu’elle ne prit pas la peine de réfléchir : elle avait cet âge qu’elle avait toujours eu, le jour de sa mort l’en avait décidé. « J’ai dix-sept ans. Et toi ? » Elle ne prit pas le temps de rebondir sur les champignons… Amy n’avait pas l’esprit très (trop) fermé concernant les sorciers, du moins, ne l’avait jamais vraiment eu. C’est juste sa perception du monde qui était plutôt traditionnelle. Les gentils, les méchants. Comme sa mère lui avait apprit. Amelia était aussi du genre crédule… alors, le tableau que pouvait peindre les médias, elle y croyait. Ou y avait cru longtemps.

Derrière la porte, Neva bouge. Ça l’embête qu’elles ne puissent pas se voir. C’est dommage qu’Abel n’ait pas laissé la porte ouverte cette fois-ci - car oui, ce sont des choses qui arrivent plus souvent qu’on ne pourrait l’imaginer.


Les tremblements n’ont pas cessé avant qu’il se mette à chanter. Elle avait froid - et son cœur devait l’être tout autant. Un soleil lui manquait. Des rayons qu’elle aurait pu accueillir, à commencer sur les traits de son visage. Pourtant, pas un seul sourire. C’est là quelque chose qui lui semblait douloureux. Une manifestation qu’il avait connue, appréciée, et pas qu’un peu. Aujourd’hui il la priait délibérément de retrouver ces traces de vie sur sa peau froide.
Il n’avait laissé qu’un chaste baiser sur le crâne de la demoiselle. Ses doigts mêlés au tissu de son vêtement, donnant cette impression étrange d’une femme à la dérive - et s’en remettant à cette bouée qu’elle n’avait plus voulu reconnaître comme telle. Au flux télépathique offert par Mila, il ne répondit pas. Ce fut volontaire, comme aucune pensée précise ne voulut s’en détacher. Elle pouvait néanmoins sentir qu’il n’était pas d’accord avec ce qu’elle avançait - mais même une femme sans don aurait pu le supposer à ce silence significatif.

C’est tout naturellement que sa joue s’était éloignée lorsqu’il avait commencé à faire vibrer sa voix de mélodieuses intonations. Cette main trempée de ses larmes était toujours contre son visage - lui qui semblait se réchauffer au gré des notes, des mots. S’il avait perçu les rares mouvements venant de la trentenaire, sa concentration n’avait pas filé pour autant.
Et lorsqu’il expire ses derniers mots et mesures, sonnant la fin de la chanson, son regard s’est déjà reposé sur celui que lui offrait la sorcière. La respiration de cette dernière s’était calmée mais c’était son cœur à lui qui s’était mit à battre un peu plus fort lorsqu’il avait joué de chant. C’est d’autant plus flagrant que ce qu’il a voulu transmettre est arrivé à bon port. La pauvre Rose a les yeux encore embués de larmes, rougis et gonflés, elle subsiste et se raccroche davantage à lui. Il l’a déjà vu pleurer, il le sait. Avait-il réagi différemment ? Impossible de le dire. Mais il était terriblement bien, ici, même si le « malade » à soigner - initialement - avait été sa propre personne.  L’opération était d’autant plus étrange qu’elle paraissait être bénéfique non pas pour un, mais pour deux. Ce qui semblait d’autant plus profitable aux yeux du médium, qui se souciait d’elle plus qu’elle ne semblait le croire… et ça n’allait pas en s’arrangeant.

Elle ne parle pas. Lui non plus, il se contente de l’écouter respirer. De discerner dans son regard ces quelques étincelles qu’il avait crues disparues - n’en faisait-elle pas autant ? Leur souffle s’entrechoquent doucement alors que leurs visages sont proches. Terriblement proches. Est-ce qu’il avait déjà eu envie d’elle ? Pour sûr, et la réponse n’étonnerait ni l’un, ni l’autre. Abel avait continué à croire qu’il avait une chance, même si elle avait refusé ses avances moult fois. Il savait pourtant que leur aspirations respectives ne concordaient pas. L’un aspirait à la liberté, jusque sur le plan sentimental - chose qui n’était pas tant prôné de l’autre. Ça ne l’avait pas empêché de la désirer, et force est de constater que certaines émotions étaient difficiles à gommer. Leur relation avait été très (trop ?) fusionnelle, à tel point que certains s’étaient demandé s’il n’y avait jamais rien eu entre eux. Plus que ces contacts francs, répétés, passionnés ? Ils n’avaient été animés que par une profonde affection l’un envers l’autre. Du platonique qui aurait très bien pu éclore en quelque chose d’autre, mais la barrière posée par la jeune femme avait été respectée. Ou presque : le musicien n’avait pas manqué de contourner la chose. La détourner, de telle façon qu’il puisse attirer à nouveau son attention… en espérant qu’elle puisse poser un autre regard - ce différent-là - sur lui. Vainement.

Lorsque leur front se déposent l’un contre l’autre, il resserre un peu plus son étreinte. C’est subtil. Ses muscles se tendent un peu, il a mal. Mais il ne dit rien. Ne pense rien - ou plutôt se force à ne pas le faire. Elle doit le sentir… leurs esprits respectifs sont plus proches que jamais. Comme… avant ?

Il a fermé un peu ses yeux. Pour les reposer. Sous sa caresse, les prémices d’un sourire. Quelques maigres secondes plus tard, elle décolle son front du sien. Il sent son regard qui se pose sur lui, aussi rouvrit-il les yeux pour lui rendre la pareille. Alors, quand c’est à son tour de lui glisser son ressenti - ses questions; le médium est d’autant plus touché qu’elle prend la peine de le faire. C’est drôle, il avait imaginé sa voix en parlant du nez… ce qui aurait été le cas si elle avait fait vibrer ses cordes vocales. Cette pensée lui arracha un nouveau sourire, qu’il tenta (vainement) de ravaler. En mordant l’intérieur de sa joue, en baissant le nez. Des fossettes se creusent. Il tente de reprendre son sérieux. C’est toujours aussi difficile avec elle. Et pourtant, il n’était pas sous l’emprise de stupéfiants, ce qui avait autrefois grandement aidé. Il faut croire que certaines réminiscences étaient plus fortes. Cela dit, ses derniers mots font écho dans son crâne. Des remerciements… pourquoi est-ce qu’il a du mal à les assimiler ? Ça aussi, ça semble lui revenir. La voix était identifiée à ça… ou du moins, semblait l’être. Pas de merci. Ça n’avait pas lieu d’être dans leur relation. Des dettes ? Même pas la peine d’y penser. Si Abel avait donné sans rien attendre en retour, il avait au moins espéré que la leçon soit retenue du côté de Mila.
Son sérieux reprend sa place assez vite, bien que l’expression de son visage ne demeure pas détachée pour autant. Il rebondit sur ses derniers mots. J’ai jamais disparu. Et ne me remercie pas, on a déjà parlé de ça.

Lion fort. Feindre la stabilité. Rester ce roc sur lequel on peut se reposer. Pourtant il a lui aussi ses faiblesses - mais il n’apprécie pas vraiment qu’on mette le doigt dessus. De la fierté ? Parfaitement. Et toi ? Savais-tu que j’avais mal aussi ? Rien n’aurait pu m’empêcher de partir. Pas même elle, non, la preuve étant qu’il était tout de même reparti sur les routes. Alors certes, ç’aurait pu être égoïste de sa part… comme de l’autre. Chacun avait ses raisons. Chacun avait son ressenti, ses ambitions. Pourquoi devrait-on blâmer quelqu’un ? Pourquoi chercher le responsable là où il n’y en avait pas à proprement parler ? « J’ai besoin de ça. », ajouta t-il à voix haute. L’emploi du présent n’était pas hasardeux, loin de là.
Car aujourd’hui c’était, disons, différent. Par ces mots, il acceptait de dévoiler une de ses faiblesses - elle y avait eu droit par le passé, mais ça n’avait jamais été dit clairement. Alors, oui, c’en était une : sa sédentarité lui pesait. Or, il avait choisi de rester ici à Seattle et c’était pour des raisons suffisamment importantes pour qu’il puisse mettre un frein à sa propre liberté. Une raison en particulier; qu’elle ignorait encore. C’était pourtant son moteur. Son carburant était tantôt respectable, tantôt pernicieux. Ça lui permettait d’avancer, qu’importe la couleur que prenaient ses ambitions profondes. Il voulait trouver la vérité… et ce n’est pas en cherchant ailleurs qu’il y parviendrait.

Il détend un peu sa jambe, réprime une petite moue grimaçante - il n’a cependant pas ôté ses yeux de son visage fatigué. À nouveau, il va chercher d’une main le visage de Mila, lui faisant passer une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille. Là, il lui livra. « Si tu veux rester ici pour la nuit, tu sais que t’es chez toi. » (Le temps file, ils ne s’en rendent pas compte). Il préfère le lui dire une nouvelle fois - qu’elle l’intègre. Ils ne sont pas des étrangers l’un pour l’autre, même si des espaces creux persistent encore. D’ailleurs, il n’y a absolument aucune ambigüité dans ses propos. Pas une seule prière détournée. Si ce n’est le fait qu’il ne sache pas s’il parviendra à être tranquille si elle repartait seule. (C’est idiot, elle n’a pas douze ans - mais quel homme aimant était rationnel ?). Avait-il saisi l’importance de ses confidences ? Ses larmes sonnaient elles aussi comme telles, Abel savait aussi qu’il ne s’agissait que d’un bref aperçu des meurtrissures qui pouvaient couvrir son âme. Alors oui, il aurait apprécié qu’elle soit là un peu plus longtemps, même si elle disparaissait le lendemain comme un fantôme. Parce qu’il savait là aussi qu’elle en était capable… à son grand dam.

Le silence fait chuter ses pensées sur autre chose. Il ne sait pas pourquoi il lui dit ça, d’ailleurs. Encore la parole facile. Le bleu de ses iris s’échappe vers la droite. Juste avant, il a songé à lui attraper un paquet de mouchoir pour qu’elle se débarbouille… mais c’est une autre histoire. « Je dois retourner à l’hôpital pour les derniers soins. Je crois que c’est prévu dans une semaine et quelques. » C’est lâché dans un soupir las. La situation ne lui plaît pas. Encore une fois, c’est à demi-mot, mais c’est avoué. « Je dois retourner au pays après. » Il y a pas mal de raisons derrière. Il n’en dit pas plus, mais il se mord l’intérieur de la lèvre inférieure, avant de laisser sa bouche s’entrouvrir - pour expirer. Il lui annonçait simplement qu’il allait disparaître pour une bonne semaine; qu’il serait certainement injoignable. Encore une partie de plaisir. Ses pensées le trahirent. Pouvait-il simplement mentir à sa Petite Rose ?

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   28.01.17 23:55



"The Promise"

Abel & Mila



« Dix-sept ans !Tu es vieille quand même ! Z'ai huit ans et pas toutes mes dents ! » Qu'elle sortie instantanément de sa petite bouche de demoiselle. Des deux entités, Neva était la plus ancienne. Mais le savait-elle ? Le comprenait-elle surtout ? Du haut de ses huit ans, la poupée n'avait pas conscience de certaines choses... Comme le temps qui s'était arrêté lorsqu'elle rendit son dernier souffle. Bien qu'elle ne se voyait plus grandir depuis qu'elle ne vivait plus de l'autre côté de la 'barrière', Nevena ne soufflait plus de bougie. Elle restait gamine... pour toujours. Sa petite tête avait bien saisie cette nuance, alors que Mila grandissait sous ses yeux. Et elle n'avait pas cherché à comprendre le pourquoi du comment. C'était comme ça. Neva avait déjà croisé d'autres entités qu'Amy... depuis vingt-trois ans qu'elle était Névé. Aucunes d'elles n'avaient pris la peine de lui parler.
Un fantôme parmi les fantômes.
Et cela lui convenait. Neva ne voulait pas savoir. Tout ce qu'elle désirait se trouvait derrière cette porte. Sa sœur. Et Abel. Même si elle lui en avait beaucoup voulu de ne pas prendre contact avec Mila... Trois ans. C'est long. Elle voyait sa jumelle dépérir. Attendre un signe. Jimmy donnait bien des nouvelles de temps en temps mais cela n'emplissait pas le vide que Neva ressentait chez Mila. Un trou béant qu'elle-même ne pouvait combler.  

Impuissante.

Alors oui, pendant un temps Neva était colère après son Chevalier à l'Armure égratignée. Une certaine rancœur qui nourrissait sa tristesse. La barrière entre la haine et l'amour est tellement fine. Mais dès que son regard noisette chuta sur Abel... Tout s'envola en une nuée de poussière, libérant son Âme. (ou presque)
Ces pieds effleuraient le sol. Elle ne sentait pas la texture sous ces orteils. Avec le temps, elle s'y était habituée. Ce qui lui dérangeait le plus, était de ne plus manger... Une pensée comme une autre qui traversa son esprit lorsqu'elle releva son menton vers la porte. Mains jointes dans son dos. « Amy, tu peux accompagner Abel ? Quand il viendra chez nous ? Ze te montrerais notre balcon ! On y voit l'océan. C'est beau ! »


Leurs visages si proches. Son souffle contre sa bouche. Et ce cœur qui s'emballait secrètement. Mila ne pouvait plus nier le sentiment profond qui s'animait dans ces entrailles jusqu'à secouer son Totem. Celui que James avait vainement tenté de grimper avec ces propres armes. Et échoué lamentablement. Sans honneurs. Pourtant Mila y avait cru. Cru qu'elle pouvait vivre pleinement une vie de Madame tout le monde. Un foyer. Une famille. Un mari. Et pourtant, quelque chose sonnait faux dans ces projets. Quelque chose qui se dessinait autrement qu'avec les traits de James. Une aspiration qu'elle voilait d'une naïveté déplorable. Elle avait beau gommé encore et encore, Abel revenait toujours dans ces pensées. Elle n' en comprit pas la signification jusqu'à ce soir. Ces retrouvailles sincères et délicates. Sa présence la chamboula plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Leur lien si précieux qu'il en devenait viscéral jusqu'à en oublier de respirer, se resserrait. Il était son Aimant. Son Amour Naissant.

C'est ça l'Amour ?

Ces perles brunes dans les clairs, Mila savait qu'elle le désirait plus que tout. Et pas seulement à ce moment précis. Il était son Tout. La télépathe l'assimilait tout en continuant de le caresser du bout de son pouce. Mieux, elle l'acceptait. Durant toutes ces années, la brunette repoussait l'idée d'aller plus loin qu'une Amitié... malgré une fusion évidente qui les enchaînait. La crainte d'en souffrir... de le voir partir... elle subissait déjà tout ça. Alors pourquoi refuser, lutter à vent contraire ? Son corps la trahissait. Elle le sentait. Juste .

Et il sourit. Ce sourire si familier et particulier qui avait ponctué leur complicité. Ce sourire tellement sexy que Mila bloqua un instant sur ces jolies fossettes qu'elle n'avait pas oublié. Si le sien restait encore pudique et figé dans un passé, celui qu'Abel offrit eu le don de la dérider. Ses lèvres gourmandes finirent par céder, comme contaminées bien qu'elle ne comprenait pas sa provenance. Avait-elle dit quelque chose de drôle ? Elle fronça joliment son nez et plissa son regard aux cils humides. Sa voix résonna dans sa tête, confiant des mots qui fanèrent doucement  son sourire. Il était redevenu sérieux. Son pouce marqua une pause. Il n'avait jamais disparu ? Pourtant ces trois longues années... Mila les avait vécu comme une déchirure. Non, il n'avait pas disparu... Il avait simplement oublié... Et toi ? Savais-tu que j’avais mal aussi ? Rien n’aurait pu m’empêcher de partir  
Elle ferma un instant les paupières en se pinçant fortement ces lèvres Je le sais que trop. Avait-elle simplement répondu en mélangeant ses pensées aux siennes. Bien sûr qu'elle le savait. Il était comme ça. Elle l'avait toujours connu filant comme le vent, jamais longtemps au même endroit. Une vie de nomade coulait dans ces veines. Et qui était-elle pour tenter de le retenir ? . Personne. Il revenait toujours. Peu importe la durée. « J'ai besoin de ça » Qu'il échappa. Mila ouvrit de nouveau les paupières. Elle le fixa un instant, reprenant ces caresses lascivement, suivant l'arête de sa mâchoire avec la pulpe de son pouce. Sa barbe la chatouilla. Elle aimait cette sensation de picotement agréable et doux. Un sourire serré habilla ses lèvres. Mettez une laisse au Black Dog et il finira par la ronger... Tu n'as pas besoin de te justifier, tu sais. Pas avec moi.Elle savait que ça le pesait de rester à Seattle, de ne pas bouger. Elle n'en connaissait pas réellement la raison, mais elle se préparait déjà à son futur départ, loin se douter qu'il était en approche.

Il bouge. Du moins sa jambe qui semble être douloureuse. Ses billes brunes descendirent  vers son membre tendu. Mila se décala légèrement afin de ne pas le gêner et d'accentuer d'avantage ces vieilles douleurs. Ses doigts tièdes enroulèrent la nuque masculine alors qu'elle tentait de trouver une solution pour le soulager. Elle en avait presque oublier ces blessures à ouvrir les siennes. Il glissa sa main sur sa joue. Mila se figea. Délicate. Il remit sa lourde mèche rebelle derrière son oreille. La bouille encore mouillée, elle resta muette en écoutant son invitation, ramenant son attention sur le musicien. La surprise se lisait dans ces prunelles. Il n'était pas obligé de lui proposer... Ils s'étaient retrouvés depuis quelques heures. Son regard se perdit un instant dans ces yeux clairs, cherchant de quoi s'y raccrocher pour ne pas partir. Mila entendait ces mots tellement de fois... Des Autres. Encore et toujours des Autres. Ces phalanges se pressaient doucement contre cette nuque alors que son visage s'inclina faiblement sur le côté. Il s'agissait d'Abel. Il n'avait rien de contentieux dans ces propos. Elle le savait... (même si la brunette le désirait ardemment..)Elle se mordit le coin de sa lèvre inférieure sans rompre le contact visuel. Ces pieds se frottèrent l'un contre l'autre jusqu'à entendre un bruit sourd. Ces talons venaient heurter lourdement le sol. Cela répondrait-il à sa question ? Elle ne se voyait pas renter à son appartement de toute façon. Un appartement vide et froid... Pas après l'avoir retrouver. Pas comme ça. Alors au lieu de frapper chez l'un de ces 'habitués', elle opta pour rester ici... La nuit s'annonçait blanche, mais qu'importe. Ils avaient du temps à rattraper, un passé à redécouvrir... A reconstruire leur Temple.

Le silence, encore. Mais pour une fois, ce dernier ne dérangeait pas la brunette qui profitait  de leur mutisme pour l'observer. Jusqu'à ce qui lui tende un paquet de mouchoir. Elle baissa légèrement le menton tout relâchant ce cou. C'est à ce moment là, lorsque le bout de ces doigts frôlait ses cheveux et sa peau, qu'elle sentit comme une balafre se dessiner sous ces pulpes. Une blessure ? Mila ne savait pas trop. La sensation était étrange au point de lui filer la chair de poule. Il ne l'avait pas avant. La brunette tenta de masquer son interrogation derrière un léger froncement de sourcil. Et ces doigts se replièrent sur un vide, avec l'emprunte de cette 'cicatrice' imprimée. Elle attrapa les kleenex tendus en soufflant son merci embarrassé. Elle en avait bien besoin. Son visage souillé de larmes, un regard de panda... Mila avait connu des jours meilleurs. Sans un mot, elle prit un mouchoir gardant le paquet dans le creux de sa paume et commença à essuyer d'un geste gracieux ces joues... ces cils... retirant son maquillage au passage. Un visage délicat joliment hâlé, sans artifice s'offrit à Abel. La vrai Mila. Elle respirait la fragilité. La brunette ne le fixait plus, s'affairant à plier soigneusement le kleenex. Lorsqu'il parla d'hôpital. Son geste s'arrêta net. Son cœur s'oppressa... Il n'avait pas terminé les soins. La foire se fit une place dans sa tête. Elle ferma fortement ces paupières pour effacer ces putain d'images qui défilaient dans son esprit, comme un film qui repassait en boucle. Mila ne voulait plus se souvenir de ce bain de sang. D'Abel qui tentait de rester debout et de ce rire... La brunette frissonna d'effroi en redressant son regard voilé d'inquiétude sur le musicien. Il était las de tout ça. Ces sourcils se froncèrent de compassion. « Si tu veux, je t'y emmène. Et je reste avec toi. Cela ne me dérange pas. » Des propos sincères qu'elle tenta d'appuyer en attrapant doucement son poignet. Il l'avait fait pour elle. Si quelque chose n'était pas près de changer, c'était bien ce besoin d'être à ces côtés lorsqu'il était en difficulté. Mais il lâcha sa petite bombe dans la foulée. De quoi déstabiliser la télépathe. Un retour au pays ? Mila se redressa un peu tout en glissant ces doigts sur l’avant-bras masculin mais ne le lâcha pas pour autant. Sa mine se décomposa peu à peu. Et ses pensées qu'elle réceptionna n'arrangeait rien à ce sentiment d'inquiétude qui grandissait en elle comme une mauvaise graine. Depuis qu'il était revenu de sa 'petite mort', Abel semblait plus apaisé... Mila voyait ce changement plutôt bon pour lui. C'était encourageant. Il n'avait pas besoin de ressasser les derniers événements qu'il avait vécu avant que sa mémoire se perde.

… Sa gorge se serra. Aucun son ne sortie de sa bouche. Elle en était incapable. Un seul mot se répétait dans son esprit, contaminant le sien. Pourquoi ? Pourquoi devait-il y retourner maintenant ? Elle ne connaissait pas les différents entre les frères, et l'idée de le savoir là-bas ne l'enchantait pas du tout pour une raison qu'elle ignorait. Son regard s'assombrissait tout en restant ancré dans le sien. Ces doigts crispés malmenaient le pauvre mouchoir alors que la seconde main reprenait le chemin de ce poignet masculin. Elle soupira. « Pour combien de temps ? Tu comptes partir combien de temps Abel ? » Ces derniers mots furent prononcés plus fortement qu'elle ne l'aurait voulu. Elle baissa un instant le menton tout en déviant ces billes sombres sur le sol. Elle lâcha un faible soupir tout en baissant ces frêles épaules... Il partait. Déjà. A croire que le Destin s'amusait à les réunir pour mieux les séparer. Il devait avoir ces raisons. Il avait toujours une raison. Sa voix se noua. « Pense à me ramener des Qatayefs... J'adore ça. » Qu'elle souffla bêtement presque à demi-mot, parce qu'elle ne savait quoi dire pour ne pas se trahir.

Peut-être avait-il besoin de retrouver ses racines... Fumer la chicha... Peu importe. Elle ne se doutait pas un seul instant que son déplacement était bien plus important que ça, bien que ces dernières pensées laissaient à croire qu'il allait galérer... Mila voyait sur le coup  le moment du départ... Pour l'avoir vécu des milliers de fois. Et s'il ne revenait pas cette fois ? S'il décidait d'y rester pour profiter des siens ? C'était un long voyage. Sa mâchoire se contracta nerveusement. Elle prit une profonde inspiration en revenant à lui, un léger sourire étira le coin de ses lèvres. Mila tentait de masquer son inquiétude tant bien que mal... mais pouvait-elle seulement lui mentir également ?


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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: [FLASHBACK] The Promise   02.02.17 16:32



❝the promise❞
mila - abel
La remarque de Neva ne manque pas de faire sourire Amelia. Vexée ? Pas du tout. Un enfant ne la vexe pas, sa petite sœur ne l’avait jamais blessée par des mots enrobés d’innocence. Les deux esprits étaient encore loin de s’imaginer que leur ancienneté respective n’avaient rien de ce que l’apparence pouvait sous-entendre. Neva était la plus ancienne, contrairement à ce qu’elle était en train d’avancer. Chose qu’Amy ne saurait pas assimiler, même si Abel le lui disait. Un déni profond qui faisait l’essence même de certaines entités. C’était ça ou l’équilibre se rompait… chose qui semblait beaucoup préoccuper le sorcier et médium.
« Et tu as perdu beaucoup de dents ? », demanda t-elle simplement en rebondissant sur son expression. Amy a entendu les sanglots parfois réprimés de Mila, mais elle n’a pas voulu tout arrêter pour aller les trouver. Pas encore. Elle avait promit à Abel qu’elle ne viendrait pas les embêter… et les promesses comptaient beaucoup à ses yeux.
Là, la voix se fait plus distincte. Neva est certainement nez face à la porte. Elle lui fait une proposition… une proposition qui noue toute son âme d’angoisse. Sortir d’ici ? Amy a comprit qu’elle ne pourrait plus jamais en sortir et elle ne le souhaitait pas. En réalité, elle avait terriblement peur de quitter cet endroit qui, selon elle, était son foyer, son fief, sa forteresse et là où tous ses souvenirs passés étaient inscrits… « Non… non, je ne veux pas partir de chez moi. » L’esprit de l’adolescente ne s’excuse pas - elle est aux prises avec des émotions négatives. Un mur. D’autres errants avaient eux aussi des restrictions de ce type. De toute façon, elle ne pouvait pas; bien qu’elle clamait seulement l’argument lié à sa volonté. L’esprit d’Amelia était accroché à ces murs, comme pouvait l’être Neva à sa sœur. La jeune fille se frotta un peu la nuque, l’air nerveuse; puis passa ses mains sur ses avant-bras maculés de plaies ouvertes et indolores. « Tu m’en veux pas, hein ? Dis-moi que tu m’en veux pas. », insista t-elle tout de même auprès de l’enfant. La culpabilité… elle avait réussit à la balayer grâce à Abel, du moins celle qui était liée à sa mort, à son suicide. La revoir pointer le bout de son nez n’était pas du tout rassurant… et pour cause, elle se redressa, se mit debout et pivota un peu dans la direction du salon. Silencieuse.

Mettez une laisse au Black Dog et il finira par la ronger… Tu n’as pas besoin de te justifier, tu sais. Pas avec moi.


Je sais. Elle a raison.
Le retour est naturel. Leur contrat n’avait pas besoin d’être revu, sauf peut-être pour un seul d’entre eux. Ces zones d’ombres le laissaient encore particulièrement perplexe. Sa frustration était bel et bien là, bien qu’il ait déjà fait beaucoup rien qu’aujourd’hui. Les jours à venir allaient les amener à bien d’autres surprises, et étrangement, il était là à y croire. À quoi bon s’en affranchir alors que les avantages à supposer étaient déjà considérables ? La pensée positive, hein… il parvient encore à l’avoir, bien que cette soirée-là ne soit pas vraiment sous le signe de la joie et de la bonne humeur.
Pour sûr il souffre de sa situation. Trop de choses l’ont empêché de repartir sur les routes. Trop de choses le retenaient, et il n’irait ô grand jamais changer pour qui que ce soit. Il prenait son mal en patience - c’était la meilleure chose à faire. Tenter d’avancer, de trouver des pistes à exploiter. Cette laisse, il se l’est mise tout seul. C’était ça ou dépérir sur le long terme, le poids du regret à jamais pesant sous sa poitrine. Il était contre cette éventualité… jamais il n’aurait pu continuer à marcher sur les mêmes sentiers en faisant mine de ne rien avoir vu, rien ressenti, rien vécu. C’était aussi bafouer la mémoire de ceux qu’il avait perdu. Retrouver la sienne faisait partie d’un de ces remèdes qu’on lui avait refusé pendant un certain temps. Jimmy s’était refusé, par instinct de protection mal placé, à ne pas vouloir le brusquer. Quel amnésique pouvait retrouver des fragments du passé sans l’être, au final ? Aucun. La remontée remuerait toujours quelque chose. Le choc demanderait d’être digéré, assimilé. Et Abel était conscient qu’il avait cette chance d’être encore entouré… et de savoir qui il était sans en douter de manière perpétuelle.
Mais les changements qui s’opéraient étaient bien plus profonds. Son psyché avait déjà subi des altérations. Or, il ne l’acceptait pas encore. Ne le voyait pas. Cette différence qui commençait à s’immiscer un peu plus, insidieusement.

Est-ce qu’il s’était senti obligé de quoi que ce soit ? Non. Comme il ne se mettrait jamais les chaînes pour elle. Y avait-il simplement déjà pensé un jour ? C’est toujours avec beaucoup - trop - de naturel qu’il s’adressait à elle. Comme à d’autres. Son travail au MCPD l’avait certes enfermé dans quelque chose qu’il n’avait jamais vraiment connu auparavant… si ce n’est, peut-être, avec son père. Mais s’en souvenait-il ? À voir comment il réagissait vis à vis de ce dernier, il n’y avait pas photo. La réponse était non. Mais la rancœur était là, tapie. Elle avait déjà commencé à ressurgir et c’était là une émotion à laquelle il s’était réhabitué bien vite… curieusement.
Apprendre à canaliser. Rester dans le « politiquement correct ». Respecter le fonctionnement imposé. Être dans une structure de cet acabit ne lui plaisait pas, non, c’est certain : mais par là il réussissait tout de même à se rapprocher du but recherché.

Lorsque ses doigts courent sur sa nuque, il ne sait pas faire semblant : lui-même, lorsqu’il s’y attarde, il n’en est pas moins troublé. Ou était-ce simplement de la contrariété, de la frustration combinées ? Celles d’avoir subi sans rien avoir pu faire, sans se souvenir ? Que cette brûlure n’avait toujours pas été expliquée ? Un frisson lui parcourt les membres supérieurs lorsqu’elle passe sur cette honteuse balafre. Son regard prend la fuite. Quelques secondes plus tard, le son des talons qui claquent au sol annoncent la réponse de la trentenaire - et c’est un réel soulagement. Elle reste.

Réceptionnant le paquet de mouchoir, elle s’affaire alors à se défaire de toute l’humidité accumulée sur son visage. Son regard vrille naturellement dans sa direction, l’observant. Son maquillage a coulé. Ça lui importe peu. D’ailleurs, il préfère lorsqu’elle n’en a pas. Le naturel, il l’aime jusqu’au visage des femmes. À quoi bon se cacher derrière de tels artifices ?

Et il a bien vu comment elle avait réagi à l’annonce des soins. Le souvenir du 31 octobre est encore là. Que ce soit sur lui ou sur elle, dans leur esprits respectifs… il baisse un peu les yeux, chevauchant une pensée qui avait déjà pointé le bout de son nez moult fois depuis cette funeste soirée. Cette vie innocente… ne pas y repenser. Pourtant, ça dépasse le seuil imposé. Ils sont trop proches pour qu’elle ne perçoive rien; sa main sur son avant-bras ne faisait que faciliter le tout. Il était humain. Les autres aussi. On les a tués. Pensée succincte. À peine effleurée. Le « je » sous-entendu mais non exprimé n’est pas à négliger. Il se souvient parfaitement ce qu’il a fait, bien que l’instinct de survie y était aussi pour beaucoup. Il redresse le nez. Inquiète. C’est ainsi qu’il la sent. Il n’y a pas lieu qu’elle le soit. « Je gère, t’inquiètes pas. » T’as d’autres choses à faire que de jouer les babysitters. Pourtant, Abel sait qu’elle ne se force pas. Mais tant qu’il n’aura pas vraiment d’entrave à y aller, il ne la sollicitera pas… pas alors qu’elle est sensé travailler.
Pourquoi ? Ça semble alors la surprendre. Il fronce un peu les sourcils, reste coi le temps que les mots de la belle finissent par sortir d’eux-mêmes. Il ne la quitte pas des yeux, car elle semble y tenir. Le sorcier laisse cependant sa tête s’alourdir, la laissant reposer contre le canapé. Ses perles azurées fixent un coin du plafond alors qu’il rétorque posément. « Une semaine. Peut-être moins… » Un si long voyage pour une semaine, hein. C’est aussi ce qu’on aurait tendance à dire si on ne connaissait pas les véritables motivations du libanais à retourner sur les terres qui l’ont vu naître. Succinctement, il fait la moue, fronce un peu les sourcils avant de laisser rouler un peu sa tête sur le côté. Ses yeux se braquent à nouveau vers Mila. « …peut-être plus. » Il y a quelque chose d’amer dans ses prunelles. La vision qu’il a eu le matin même est encore fraiche. Ne plus oublier. Pour sûr… ce n’était pas prêt d’arriver.

Parler de sa famille représentait quelque chose de… compliqué. Même maintenant. Bancale. Qui ravivait des émotions pour le moins néfastes. Il n’avait pas souvenir d’en avoir terriblement souffert et pourtant, c’était l’une des plus grosses épines qui avaient pu piquer son âme durant sa vie. Sa douleur le relançait par-delà le traumatisme… par-delà l’Oubli.
« Pense à me ramener des Qatayefs… J’adore ça. » Un sourire renaît sur ses lèvres. Avec son petit accent… ça avait de quoi être risible. Non, il ne se moquait pas. Il était simplement touché. Pour rien… mais touché quand même. Tu te ferais péter la panse si tu allais là-bas pendant le mois sacré. Ce dessert était bien connu pour être dégusté pendant le ramadan. Non, il ne le faisait pas, mais vous seriez étonné de ce qu’il serait capable de faire en mai prochain…
Abel alla chercher sa main. « Je t’en ferais avant de partir. Et tu en auras en revenant aussi. » Et elle sourit. Ils étaient deux et ça ne pouvait que le ravir de la voir ainsi, même si le sien était encore fébrile. De l’entraînement, elle allait en avoir besoin… que ce soit pour ranimer ses traits ou même cette âme blessée.

***

En pleine nuit, il s’était tiré de sa position pour faire un tour obligatoire. Dans un demi-sommeil, il avait remit un vinyle et s’était même octroyé une clope sur le balcon, le tout dans la plus grande des discrétion. Par delà la vitre, il voyait Mila assoupie, le plaid lui réchauffant les jambes. Un sourire doux s’ancra sur son visage alors qu’il voyait Amy venir à lui, traversant à moitié le rempart qui les séparait. Elle allait dire quelque chose mais Abel lui coupa l’herbe sous le pied.

« Amy, est-ce que ça va ? », demanda t-il dans un murmure. « Oui… je suis avec Neva. Elle est gentille et elle parle comme toi quand tu es en colère… c’est la sœur de Mila. », répondit-elle sur le même ton, bien qu’il fut le seul à pouvoir l’entendre à cet instant.
Un silence. S’il s’en était douté, il n’avait pas eu la confirmation directe jusqu’à maintenant.
Il soupira et écrasa son mégot dans le cendrier; s’engouffra à nouveau dans l’appartement et se débarrassa de cette veste qu’il avait brièvement enfilée pour ne pas attraper la mort. L’homme passa devant le canapé occupé par la première Kozlek avant d’aller ouvrir la porte et y découvrir la seconde. Amy était derrière lui. Pas très réveillé, il le fut davantage lorsqu’elle se mit à lui parler. Il prit même place au sol (il eut du mal à se relever par la suite) et discuta avec l’enfant un bon moment…
Avant d’aller retrouver sa Petite Rose pour les deux misérables heures qui lui restaient à dormir.

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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[FLASHBACK] The Promise
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