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 Piano Night [Ft. Abel Karamé]

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ALIAS : Raph' ou Alors Sky pour ceux qui la connaissait avant
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DATE D'INSCRIPTION : 16/01/2017


MessageSujet: Piano Night [Ft. Abel Karamé]   18.01.17 12:59


Piano Night
J’avais passé une journée tranquille aujourd’hui. Je m’étais réveillé vers 10h, par les rayons du soleil que mes rideaux blancs ne parvenaient pas à bloquer et j’étais resté au lit pendant une autre heure ensuite, sans vraiment dormir, juste à moitié et je m’étais finalement levé pour aller prendre une douche, et manger un bol de céréale. Bref, un matin tranquille, tout ce qu’il y avait de plus normal. C’était normal, tout ce que j’avais toujours voulu, au fond. C’est tout ce que j’avais recherché depuis que j’étais à Seattle, oublier le passé, et vivre une vie paisible en regardant vers le future. Un future paisible… du moins le plus possible.

J’avais ensuite fais la vaisselle et m’étais habillé…. Je savais que je ne travaillais pas aujourd’hui et j’avais un gig dans un petit jazz club plus tard dans la soirée. Alors j’avais passé la journée à relaxer, à jouer du piano, répétant pour ce soir. Oh je jouais souvent et tout, mais ça me rendait encore nerveuse et j’aimais toujours mieux être préparé que de me planter.

Alors j’avais joué, m’étais pratiqué et j’avais regardé un film, Singing in the Rain. C’était mon film favoris, à moi et à Hannah aussi. On l’avait regardé tellement de fois, tous les deux et je ne m’en étais toujours pas lassé. Alors je l’avais regardé aujourd’hui, pour la première fois depuis très longtemps. Puis lorsque j’allais pour remettre le DVD dans son coffret, j’avais probablement la tête ailleurs parce que je ne le trouvais plus. Je laissai alors le DVD dans le lecteur. Il fallait déjà que je m’en ailles, ou du moins que je commence à me préparer.

Je faisais toujours simple, lorsque j’allais jouer. Je ne m’habillais pas pour l’occasion ou quoi que ce soit. Je ne faisais que porter une robe blanche simple, avec des roses imprimées. Je mis un peu de rouge à lèvre et pris mon manteau. Juste avant de prendre mes clés, je vis l’enveloppe du DVD traîner sur le comptoir, près de la photo d’Hannah. Je fronçai les sourcils. J’avais juré l’avoir laissé sur la table du salon…

Je n’y pensai pas plus et pris mes clés, prête à aller jouer.

Lorsque j’arrivai au club il y avait déjà plusieurs personnes d’arriver. Il y avait un groupe qui jouait déjà sur la scène. Ils étaient magnifique à voir, on pouvait voir facilement qu’ils jouaient avec émotions, qu’ils y avaient mis leurs âmes. Je souris et applaudis, lorsqu’ils eurent terminer avant d’aller à mon tour sur scène. Je déposai mon sac à l’arrière de la scène avant de me placer derrière le piano. Je pris une grande inspiration et caressai doucement les touches avant de finalement commencer à jouer. Je commençai tranquillement avant de m’emporter un peu plus, puis encore plus. Ajoutant un peu plus de moi-même à chaque fois, à chaque notes. Je fermai mes yeux, me concentrant complètement sur la musique et sur toutes mes émotions qui voulaient exploser, et qui y arrivaient presque, à travers la musique…. Parfois j’avais l’impression que je pouvais entendre la voix d’Hannah qui m’accompagnait lorsque je jouais. Comme si elle était là, comme si elle n’était jamais partit. Comme un écho de son âme quelque part avec la mienne…

À la fin de la pièce j’ouvris lentement les yeux, alors que le silence régnait sur la scène. Puis de brefs applaudissements. Je souris et jouai encore quelques chansons, parfois avec d’autre, alors qu’on jouait des chansons de Jazz plus connue. Je jouai pendant environ une heure, avant de me lever, finalement. Encore une fois, de brefs applaudissements. Je remerciai les autres musiciens, saluai rapidement la foule et me dirigeai vers le bar. Pour avoir soif, j’avais soif. Je demandai un verre d’eau au bartender et je  m’assise sur un tabouret, au bar, en écoutant la musique des autres musiciens qui allait terminer la soirée.

J’aurais voulu qu’Hannah soit ici, elle aurait adorée ce genre d’ambiance.

Je pris une gorgé d’eau, alors qu’un sourire triste se forma sur mon visage à cette pensée.

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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
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OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

AFFINITÉ : Lumière
POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: Piano Night [Ft. Abel Karamé]   19.01.17 0:41



❝piano night❞
raphaelle - abel
Rester cloîtré entre ses quatre murs à attendre que les aiguilles tournent ? Très peu pour lui.
Depuis les derniers événements qui ne l’avaient pas laissé sans séquelles, Abel n’avait pas pu remonter sur scène. Une frustration qui s’était sentie, qui l’avait aussi épuisée que les autres choses qui avaient pu l’accaparer ces derniers mois. Sa discussion avec David Miller - bien avant qu’il ne se soit évanoui dans la nature, - ou la foire qui l’avait forcé à ôter la vie à un innocent, ses retrouvailles avec Mila, les histoires de famille ou ses études approfondies des arts noirs… pour ne citer que les principaux. Ses blessures s’étaient refermées, il n’avait plus aucune cicatrice notable, la magie de guérison ayant aidé à l’ouvrage. La seconde phase de soins, il en était sorti il y a de cela un mois maintenant. L’oriental avait reprit du poil de la bête, dirait-on. Du moins, il pouvait à nouveau bouger, travailler, jouer, chanter. Et pour sûr, l’homme en profita. Ils tournaient à nouveau. Néanmoins, il avait fallu attendre son retour du Liban, dont il n’était pas forcément revenu avec le sourire. Mais les valises étaient pleines et la bibliothèque de sa mère défunte avait été vidée… ça restait le principal, sans doute. Le seul plaisir qu’il avait eu sur place ne fut pas de revoir sa fratrie - sauf sa petite sœur Layla - mais de retrouver ses racines oubliées. Il put même discuter avec son grand-père défunt, Ismaïl, qui fut lui aussi sorcier (un des rares) du clan. Beaucoup de choses qui l’amenèrent à réfléchir. Sur lui, sur l’autre, sur le chemin à emprunter. L’homme se découvrit d’ailleurs une autre facette de son pouvoir… Ali en fit les frais, dans un excès de colère. Une colère qu’il avait conservée en lui après coup - et elle ne lui appartenait pas vraiment. Le mal était fait. Ils ne se reverraient certainement plus jamais.

Ce mardi soir, il ne jouait pas, non… il avait joué la veille, et cette soirée-là n’était destinée qu’à une sortie. Nourrir son âme, encore une fois… cela commençait toujours par les écumages de bars et de clubs. Connaissant les lieux, il s’y était installé peu après avoir dégusté un jambalaya délicieux avec Jimmy et Luke.
Si Luke l’avait suivi jusqu’à ce club de jazz, ce fut pour l’y abandonner deux heures plus tard. Rendez-vous. Il savait très bien de quoi il en tenait, son bassiste était prêt à serrer une nana et il s’y accrochait férocement… de fait, il ne se permit pas de juger, il n’avait jamais peur d’être « seul ». Parce qu’en fin de compte, il ne l’était jamais vraiment. (Et ça n’a rien à voir avec l’esprit d’un musicien junkie qui squattait les chiottes des femmes). Ce mec aux cheveux grisonnants, là-bas au bar, est une potentielle nouvelle connaissance; tout comme cette femme habillée sur son 31 et clairement là pour épater la galerie plus que pour écouter vraiment du bon son. Quant au barman, il le connaît déjà pas mal, alors ça ne compte pas… remarquez, il avait joué dans tellement de salles à Seattle qu’il suffirait de peu pour qu’on le reconnaisse.

De fait, il n’eut pas beaucoup de mal à passer l’entrée. Passer incognito ou ne pas passer incognito, dans ce cadre-là, il s’en fichait. Le Black Dog fendit la salle, écoutant d’une oreille la pianiste qui était en train de jouer. Il s’installa au bar, saluant ce brave Samson. « Un SoCo, s’il te plaît. » La voix du musicien fait écho, il réagit de suite. « Non ! Un revenant ! » Abel secoue la tête de droite à gauche, un sourire aux lèvres. « J’avais même pas vu une seule affiche avec ton nom, ça commençait à devenir flippant ! Qu’est-ce qui t’arrive, c’est la crise de la quarantaine ? » « T’es mieux placé pour le savoir, non ? Et j’y suis pas encore, Sam. » Il prépare sa liqueur tout en continuant de parler. Les personnes non loin tendent un peu l’oreille, comme n’importe qui l’aurait fait dans une pareille situation. Le regard d’Abel se balade dans la salle jusqu’à la scène. Son attention est partagée entre le morceau qui est joué ainsi que les paroles de Sam. « C’est une histoire de gonzesse ? » Il hausse les sourcils, le regarde, soupire. « Ah oui c’est vrai, t’as jamais de soucis avec ce genre de trucs. », se corrigea le barman, faisant glisser sa commande sur le comptoir. Il a toujours un sourire aux lèvres et se contente de lui dire, réceptionnant sa boisson. « If you’re having girl problems I feel bad for you son, I’ve got 99 problems and a bitch ain’t one, » L’afro-américain éclata de rire à cette référence. « Tiens d’ailleurs, y a un groupe qui pourrait te plaire, il est passé y a une semaine. Je crois que les gars cherchaient à faire la première partie d’un concert, si vous êtes chauds, on peut essayer ? » « Sans soucis, ils viennent d’où ? Je les connais ? Ils boivent au moins ou c’est encore des minots ? » Il le briefa un peu, étoffant la proposition qu’il lui soumettait. Les petits groupes prometteurs, il était toujours bon de leur laisser tenter une ascension. Voire, de côtoyer certaines personnes qu’elles n’auraient jamais été donné de connaître sans certaines passerelles. Le bouche à oreille était primordial dans ces cas-là - et les sorties dans les bars, clubs, salles de concerts, y aidaient beaucoup. Parler, toujours parler. Vivre et communiquer. Si l’autre n’est pas content, tant pis, au moins il y a eu tentative, même vaine. Dans un domaine comme celui-là, ce n’était pas en se tournant les pouces dans son studio de répét’ qu’un chemin tout d’or recouvert allait se profiler.

Il garda le silence pour la suite de la représentation. La pianiste n’est pas mauvaise. Au moins, elle y met du cœur, ça s’entend. L’homme se décida à regarder plus longuement dans la direction de la scène, plissant un peu les yeux pour y discerner les traits de la demoiselle. Peine perdue, il n’avait pas ses lunettes sur le nez… elle était trop loin.
À la fin de son concert, il la suivit des yeux. Elle s’installa au bar, à trois places de là où il se tenait, pas plus. Lorsqu’elle s’approcha, le doute qui s’immisça en lui devint beaucoup plus franc. Ce visage, il l’avait déjà vu. Il connaissait cette jeune femme et elle s’appelait…

« Hannah ? », dit-il d’abord pour lui-même, puis finit son verre avant de se glisser jusqu’à elle. Il a réussi à entendre la voix de Sam lui dire « Elle est pas un peu trop jeune pour toi celle-là ? ». Ça, c’était un détail dont il s’affranchissait bien souvent, et c’était pas nouveau. Mais là n’était pas la question, d’ailleurs ce n’était qu’une raillerie… Samson le savait parfaitement.
Posté à ses côtés, il lui cède, l’œil vif et un sourire franc zébrant son visage. « Hannah, c’est toi ? » Au fond, il est bien content de pouvoir retrouver quelqu’un « d’avant ». Quelqu’un dont il se souvient sans grand effort. Ça le remet en confiance malgré son amnésie partielle… ça le motive, peut-être même aussi. « Merde, ça fait combien de temps ? Je croyais que t’étais repartie sur ton caillou ! » Un sacré morceau de caillou d’ailleurs, car il s’agissait de la Grande-Bretagne. Là, il y a tilt… elle n’a jamais joué de piano, pour ainsi dire il n’avait entendu Hannah jouer que de la guitare, et c’était simplement pour se faire les doigts pour la seconde fois dans sa vie. En plus, elle était pas très douée en la matière… du moins, elle ne l’était pas. Se serait-elle mit au clavier bicolore ? Non, impossible, elle n’aurait pas atteint un tel niveau en si peu de temps. Ses sourcils se froncent, l’air perplexe. Mais alors… « Une minute… depuis quand t’es aussi bonne au piano ? », souffla t-il à mi-voix, l’interrogeant du regard, alors que le visage de la jeune femme s’était transformé. C’était sans compter une présence particulière - familière ? - qu’il commença à sentir, là, toute proche… quelques mots lui parviennent, inaudibles si ce n’est à lui.  « Abel… c’est… toi… longtemps… bien… attends… mal… ma… sœur… loin… reste… s’il…plaît. »


© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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MessageSujet: Re: Piano Night [Ft. Abel Karamé]   20.01.17 0:57


Piano Night
Je sirotais tranquillement mon verre d’eau alors que je me laissais emporter par la musique que le groupe jouait. J’allais jamais m’en lasser, de musique. J’avais les yeux fermé, un sourire béat sur les lèvre. Et alors…

« Hannah ? »

Mon cœur manqua un battement. J’ouvris les yeux, soudainement et regardai d’où la voix provenait. Un homme, quelques part dans la trentaine. Il me souriait. Je n’avais pas entendu ce nom dit à voix haute depuis très, très longtemps. L’homme s’assit près de moi, un sourire sincère sur le visage, et continua. « Hannah, c’est toi ? » Non. Je n’étais pas Hannah et pourtant je n’arrivais à rien dire. J’étais-là, presque bouche-bée. « Merde, ça fait combien de temps ? Je croyais que t’étais repartie sur ton caillou ! »

Mon cœur battait la chamade, alors que je le fixais toujours, incapable de dire un mot. Hannah était venu ici, à Seattle, brièvement. Lorsque nous étions revenu d’Écosse, Hannah avait dû consulter un psy. Elle avait toujours été un peu plus fragile que moi, et lorsque ce sorcier avait failli la violer, ça l’avait affecté beaucoup. Assez pour qu’elle est sérieusement besoin de vacance, de répit. Nos parents avaient contestés, bien entendu. Il ne voulait pas qu’on ailles voir le monde, qu’on s’éloigne. Qu’on se mélange avec des sorciers, surtout. Ça les terrifiait. Mais après l’incident, ils avaient bien compris que de nous interdire de faire ce qu’on voulait n’allait pas nous en empêcher. Puis, d’envoyer Hannah à Seattle, ça avait sous l’ordre du médecin, alors qu’est-ce qu’ils pouvaient faire de toute manière. En arrivant à Seattle, je sais qu’elle devait voir un médecin, ici aussi. Juste quelqu’un à qui parler pendant qu’elle était loin. Pour ne pas qu’elle soit trop seule. Elle m’avait manqué tous les jours qu’elle était partit. Je lui parlais tous les jours. Elle disait qu’elle chantait, ici aussi. Qu’elle était heureuse, qu’elle avait rencontré des gens merveilleux… qu’elle était amoureuse. Elle semblait si heureuse et moi j’étais complètement misérable, sans elle. Je me rappelle m’être dit que s’il avait fallu qu’elle soit partit plus longtemps, je n’aurais pas survécu. Mais apparemment c’était faut. J’avais survécu bien plus, depuis. Elle avait été partit pendant un seul été et ça avait été de la torture. 2 mois et demi. Puis elle était revenu, plus fraîche et heureuse que jamais. Triste de se séparé de ces nouveaux copains, mais heureuse de me voir. Puis un an plus tard, je l’avais perdu pour toujours.

Évidemment, il était un de ses amis, qu’elle chérissait tant, le temps qu’elle avait été ici. J’étais perdu dans mes pensées, le fixant toujours, mais pas vraiment. « Une minute… depuis quand t’es aussi bonne au piano ? » Murmura-t-il finalement. Le son de sa voix me sortit de mes pensées et je souris tristement. « J’ai bien peur que vous ne vous soyez trompé de personne. » Je lui tendis la main. « Je m’appelle Raphaelle. Vous avez raison par contre, Hannah a toujours été absolument terrible au piano. » Dis-je alors qu’un rire nostalgique s’échappa de mes lèvres.

Plus je le regardais et plus son visage me semblait familier. Je penchais ma tête sur le côté, l’observant plus en détail. S’en était presque impoli. Puis, je m’en souvenu finalement. Les photos! Je l’avais vue sur plusieurs photo, soit qu’Hannah avait prise, soit qu’elle avait de lui et elle et d’autre personne ensemble. Elle avait plus de photo de lui que de n’importe qui d’autre.

Je me tournai vers le barman « Sam, tu me servirais un Old Fashioned, s’il-te-plais? » J’avais définitivement besoin de quelque chose de plus fort si on allait parler de ma sœur. Puis je réalisai que cet homme, dont je ne me souvenais honnêtement pas du nom, même si Hannah l’avait mentionné plusieurs fois, n’était pas au courant qu’elle n’était plus de ce monde. Je me retournai vers lui. « Hannah c’est… » j’avais ma salive, prenant un pause. « C’était. Hannah c’était ma sœur. Elle est hum – » Je me fit interrompre : « Voilà, un Old Fashioned pour la demoiselle! » Je souris à Sam, en signe de remerciement et prit une longue gorgée de mon breuvage, avant de continuer. « Hannah, elle n’est plus de ce monde. Il n’y a plus que moi, maintenant. » Je relevai les yeux vers lui : « Vous devez être… Alex? Adel? Pardon, je ne me souviens plus très bien. J’ai vue des photos par contre, je crois…? »

Je ne savais pas très bien si le fait de rencontrer quelqu’un qui avait connu ma sœur était rafraîchissant ou bien si ça ruinait tous les efforts que je faisais pour essayer d’oublier ce qu’il s’était passé… dans tous les cas, j’étais intéressé de savoir comment il s’était rencontré et comment il la voyait.


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De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Piano Night [Ft. Abel Karamé]   20.01.17 23:35



❝piano night❞
raphaelle - abel
Lorsqu’elle est en train de prononcer ses premiers mots, Abel a déjà comprit. Elle souhaite expliquer mais ce n’est pas nécessaire, il sait désormais qu’Hannah n’est plus ici. Du moins… pas dans ce plan de l’univers. Elle est avec les autres; les errants, et la surprise est d’autant plus grande qu’elle est présente. Là, à quelques mètres derrière sa sœur. L’esprit de la jumelle le regarde et il ne peut détacher ses yeux de son visage. Parce qu’il la redécouvrait sous un autre jour, ni plus ni moins. Qu’elle était parsemée de plaies. Toutes ont été faites avec la même arme, et c’est d’une arme blanche dont il s’agit. Même son visage est marqué par les stigmates. Or, malgré ça, il la reconnaissait toujours. Les énergies qui étaient la signature même de son âme parlaient pour elle. Abel, dans sa divagation, ne remarqua pas la main qu’on lui avait tendue. Du moins, un peu plus tard que l’aurait sans doute souhaité la dénommée Raphaelle. Ses yeux sont allés de son visage à cette main, s’y coince une fraction de seconde avant qu’il n’ait le bon réflexe de s’en saisir. Un sourire léger, quoique teinté d’une peine silencieuse, lui fut offert. La mort, c’est une drôle d’amie… à ses yeux du moins, elle n’est pas aussi effrayante qu’elle pourrait l’être pour le commun des mortels. Mais cela n’empêchait pas d’être blessé par cette dernière, pour sûr : la disparition d’Hannah était là pour en témoigner. Parce que sa disparition n’avait rien de naturel, Abel était d’autant plus déconcerté. Si jeune… « Pardon, oui. Raphaelle. » Son œil s’enfuit à nouveau dans la direction de l’esprit. Elle lui avait dit qu’elle avait une soeur, à qui, d’ailleurs, elle tenait beaucoup. Mais de là à ce que ce soit une jumelle… il fallait croire qu’elle préférait ne pas qu’il le sache. De peur qu’il s’intéresse plus à Raphaelle qu’à elle… mais comment aurait-il pu ? Le cerveau des femmes… ne pas chercher plus loin.

Son sourire est un peu plus marqué lorsqu’elle commande une boisson autre que le verre d’eau qu’elle venait de terminer. « Hannah c’est… » il a comprit, il n’a pas besoin de plus d’explications, d’autant que cela semble la perturber de faire mention de sa sœur décédée. Si elle savait… « Ta sœur, oui. » avait-il murmuré alors que Sam lui tendait enfin son dû. Elle termine ce qu’elle avait à dire. Plus de ce monde. C’est juste. Elle était coincée dans cet Autre, dans l’Invisible dont elle n’avait pas conscience…
Avant que Sam ne fasse demi-tour, le musicien l’attrape au vol. « Rajoute-moi la même chose que tout à l’heure. Merci. » Il acquiesce et s’exécute, cet éternel sourire aux lèvres. Sourire qu’il lui avait rendu, même si ses yeux semblaient souffler le contraire. L’oriental était perdu dans ses pensées. Et puis il y avait Hannah qui continuait à vouloir communiquer… elle avait vu qu’il l’avait vue. Abel ignorait encore le pourquoi de son départ prématuré. Pourquoi on l’avait poignardée à plusieurs reprises. Comme pour ce qui était de la disparition de ses propres parents ou de son frère aîné, il n’était pas prompt à parler de ces choses-là. Surtout pas à un inconnu, quant bien même il aurait connu de près ou de loin l’un des disparus. « Abel… parle… moi… s’il… plaît… j’ai… besoin… de… toi… » Un nouveau regard dans la direction qui semblait être vide. À la rigueur, la pianiste aurait pu penser qu’il jetait des coups d’œil vers la scène à nouveau investie. Pourtant… ce n’est pas le cas. Il a la gorge nouée, cette fois-ci, il ne peut pas s’empêcher de vouloir savoir. Comme il ne peut s’empêcher de vouloir lui parler, car elle avait été une très belle rencontre. Qu’il n’avait pas oubliée.

Elle le tire de sa rêverie lorsqu’elle cherche à retrouver son prénom qu’elle avait manifestement sur le bout de la langue. « T’y étais presque. Abel. », armé d’un sourire franc. Il chasse, au moins temporairement, son malaise. Il préfère se reposer sur quelque chose de plus doux : la nostalgie. Hannah a donc parlé de lui à sa sœur. Il faut croire qu’il avait été mémorable dans son genre. « Je peux t’appeler Raph ? » Pas qu’ils soient proches, mais ça lui éviterait le prénom à rallonge aussi. Sam lui glisse son verre, le Black Dog le remercie. Il ne se rend compte que maintenant qu’il la tutoie depuis tout à l’heure et qu’elle le vouvoie… est-ce qu’il avait l’air si vieux que ça ? « Ah, et tu peux me tutoyer. Sauf si ça te dérange, on rembobine et on recommence. », qu’il ajouta, lançant un petit clin d’œil. L’homme était chaleureux, le restait. Il ne faisait pas l’impasse sur les souffrances ou les émotions de Raphaelle, bien qu’elles ne fussent que sous-jacentes. Il avait simplement une autre façon de gérer la chose.

Est-ce qu’il devait s’excuser ? Non, il n’allait pas le faire. La bienséance qui concernait les morts, c’était quelque chose qu’il enrayait naturellement. Il se contentait de rester coi. Ou de passer à autre chose; quitte à passer pour égoïste à l’indifférence prononcée. Pourtant il était loin d’être insensible… et à l’inverse, très loin d’être le parfait narcissique. « Tu me disais qu’il restait plus que toi… », reprit-il, alors que Hannah se rapprochait de lui à petits pas. « S’il… te… plaît… dire… un… mot… » Son regard clair vrille à nouveau dans sa direction, mais cette fois-ci, l’orientation est différente : ce n’est plus la scène qui est dans l’axe… mais bel et bien le vide. À sa droite. L’homme a pivoté un peu, d’ailleurs, il est accoudé au comptoir. « Hannah… », répète t-il, l’air désolé. Il passe sa main valide dans ses cheveux, expirant un peu. Ouvrir la communication. Il en a furieusement envie. Avant que Raphaelle ne rebondisse sur cette absence flagrante, il lui glissa. « Désolé… Hannah est là, avec toi. Elle t’a suivi. » Abel prit une gorgée de sa liqueur, fuyant brièvement le regard de Raphaelle. Ce n’était pas simple à entendre, ni à expliquer. Mais le sorcier avait tout le temps pour le faire si cela s’avérait nécessaire.


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MessageSujet: Re: Piano Night [Ft. Abel Karamé]   01.02.17 13:19

Raphaelle S. Wheeler a écrit:

Piano Night
Ce bar, il était devenu un endroit où je venais régulièrement pour jouer du piano. Le piano ça avait toujours été mon truc et Hannah, elle, elle avait la voix d’un ange. Oh je me débrouillais, mais elle avait toujours eu ce petit quelque chose qui me manquait. Visiblement, Abel était au courant qu’elle n’avait jamais été très douée au piano, ça avait été une des premières questions qu’il m’avait posé. Finalement, je lui avais tendu la main, me présentant et pendant quelques secondes, son regard sembla perdu dans le vide. Comme si son cerveau prenait le temps d’assimiler les informations que je venais de lui donner. Je n’étais pas Hannah, alors qui j’étais, blabla et finalement, je lui dis que j’étais sa sœur, ce qui ne faisait que du sens et bref… « Pardon, oui. Raphaelle. » Je souris, et finalement après m’être commandé un verre et après qu’il s’en soit commandé un à son tour. Je le voyais, perdu dans ses pensées, encore une fois, le regard ailleurs… Je suppose que j’aurais pu le faire plus en douceur, lui dire pour Hannah, mais est-ce qu’il y a vraiment une bonne façon d’annoncer la mort de quelqu’un? Je n’étais pas doué pour ça, je n’avais jamais eu à l’annoncer à personne. Et moi je l’avais appris de la manière la plus brutal qu’il soit, je les avais trouvé. Pendant un bref moment, je vis une image dans ma tête. La même image qui me faisait encore faire des cauchemars, parfois. Ils étaient tous là, étendu sur le sol. Poignardé des centaines de fois… Il y avait tellement de sang j’avais failli glissé sur le sol, en entrant. Je pouvais encore sentir l’odeur de la mort, l’odeur de pourriture…

Je pris une autre gorgé de mon verre et finalement, lui demandai son nom, essayant de me rappeler mais en vain. « T’y étais presque. Abel. » Me dit-il finalement, un sourire éclairant son visage brièvement. « Je peux t’appeler Raph ? » J’acquiesçait, souriant en retour. Tout le monde m’appelait Raph’, de toute manière. Ici, tout du moins. Lorsque je vivais de l’autre côté de l’océan, j’allais par Sky… puis j’ai déménagé et ça a changé. Nouveau départ, nouvelle appellation. « Ah, et tu peux me tutoyer. Sauf si ça te dérange, on rembobine et on recommence. » Je ris, alors qu’il fit un clin d’oeil. « Très bien. Je te tutoierai alors. »

Je pris une gorgé de mon verre, restant silencieuse, pas trop certaine de quoi lui dire. Qu’est-ce qu’il penserait du fait qu’Hannah était follement amoureuse de lui? Qu’elle en avait parlé même des mois après qu’elle soit revenue? Je n’étais pas sûr de comment poursuivre la conversation, pour être honnête. Et lui, qu’est-ce qu’il ressentait pour elle? Ressentait-il au moins de l’amitié pour ma sœur, qui pour moi, était l’être le plus cher que j’avais et probablement, que j’aurai. Il n’y aurait personne qui compterais autant qu’elle avait compté, j’en étais presque certaine. « Tu me disais qu’il restait plus que toi… » Je levai les yeux vers lui alors que je lui fis un signe de tête, pour confirmer. « Il y avait moi, Hannah, nos parents et maintenant… maintenant il n’y a plus que moi. » Je pris une autre gorgé, plus longue que les autres, alors que je terminai mon verre. Je fis un signe à Sam pour qu’il m’en apporte un autre et il me sourit, me faisant signe qu’il avait compris. Encore une fois, je me perdis dans mes pensées, dans ces images hideuses… Je relevai les yeux seulement lorsque Sam posai un verre devant moi et je remarquai Abel, qui fixait le vide, étrangement, cette fois, comme s’il suivait quelque chose d’invisible des yeux. « Hannah… » Murmura-t-il et je supposai qu’encore une fois, il ne faisait qu’assimiler le tout. Mais ça n’avait pas l’air d’être ça. Ça avait l’air d’être autre chose, il y avait autre chose qui le troublait et je ne pouvais pas savoir de quoi il s’agissait.

« Désolé… Hannah est là, avec toi. Elle t’a suivi. »

Je fronçai les sourcils, un sourire confus sur le visage. De quoi parlait-il? Je venais tout juste de lui dire qu’Hannah était morte… Peut-être ne l’avait-il pas tout à fait compris? « Non, quand je dis plus de ce monde je veux dire que… elle est morte. Hannah n’est plus là, elle n’est plus là depuis longtemps déjà et crois-moi Abel, lorsque je te dis que je donnerais tout pour qu’elle le soit. » Je ne savais pas trop quoi dire, il ne semblait pas être un mec complètement taré alors… je ne voyais pas ce qu’il voulait dire, j’avais été clair non. Alors, encore une fois, je pris une gorgé de mon breuvage et le regardai, alors que son regard, une fois de plus, était perdu dans le vide. Pourtant, il semblait bien fixer quelque chose. « Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu veux dire ‘’elle m’a suivi’’? » Je ne comprenais pas, mais je voulais bien qu’il m’explique ce qui se passait. Était-il un sorcier? Ou juste un homme complètement fou, que je perdais mon temps à écouter? C’était trop tôt pour dire, franchement. Heureusement je connaissais Hannah et je savais très bien qu’elle avait eu bien trop peur de Seth pour faire confiance trop vite alors bon, si je ne comprenais pas ce qu’il me disait maintenant, au moins je pouvais faire confiance au fait qu’Hannah lui avait fait confiance à lui, et ça valait quelque chose.


AVENGEDINCHAINS
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

AFFINITÉ : Lumière
POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: Piano Night [Ft. Abel Karamé]   03.02.17 22:38



❝piano night❞
raphaelle - abel
Le tutoiement avait été accepté, signant un pied d’égalité qu’il se serait refusé à bafouer. Alors qu’elle se mit à rire, il avait tendu l’oreille pour écouter un peu mieux le groupe qui jouait sur scène. Vainement. Il les avait déjà entendu passer, ça ne datait pas d’hier d’ailleurs… mais il ne parvenait pas à s’y concentrer trop longtemps. Pas ce soir. Et pour qu’il soit prit par autre chose, que son esprit divague à ce point-là, ce n’était clairement pas anodin. Le Black Dog était un musicien, un artiste né qui n’avait d’yeux que pour son art. Ça l’avait rendu naturellement curieux dans le domaine - et c’est aussi pour ça qu’un certain nombre de personnes le connaissaient aussi. Il avait beaucoup trop tourné pour qu’il ne soit qu’un vulgaire inconnu dans ce genre d’établissement. Ce n’était pas le pilier de bar partout pour autant… mais sa tête n’était pas celle d’un fantôme… contrairement à la personne qui demeurait à ses côtés.

Raphaelle confirme ses propos. Hannah et leur parents sont morts. Enterrés, très certainement, mais le détail ne lui importait pas vraiment à vrai dire… elle est seule. Elle aussi, elle est seule, même si elle doit l’être certainement plus que lui. Jeune. Savait-elle seulement qui avait commit un tel acte contre les siens ? Avait-elle fait le deuil ? Lui n’avait pas réussit… peut-être avait-elle plus de ressources que lui en la matière ? Il ne savait pas. Comme il ne savait pas comment faire pour se réconcilier avec la mort de la petite britannique sans causer de mal à sa jumelle endeuillée…

Il est pourtant obligé de passer outre le sentimentalisme. Il se retrouve dans une position où son sang-froid demeure actif, chose qui n’est pourtant pas si courant chez lui. Bien que ce soit - malheureusement - de plus en plus le cas… la faute à son activité professionnelle qui lui demandait de canaliser plus qu’il ne l’aurait fait en temps normal… sans doute.
Or, malgré les propos du médium, elle ne comprend pas le message. Elle n’est pas sorcière… même si cela ne voulait rien dire. En effet, nombre de ses semblables avaient du mal à appréhender son pouvoir. Son lien avec l’invisible, cette affinité avec l’au-delà qui restait à la fois un mystère et une peur ancestrale de l’Homme. Ce n’était pas simple… mais il n’avait jamais eu honte de clamer sa nature de sorcier. Et aujourd’hui ne dérogerait pas à la règle…

Elle tente de le reprendre en reformulant. Abel secoue la tête de droite à gauche, son regard allant et venant entre les deux personnes - l’une vivante, l’autre errante. Il est un peu nerveux. Le lion échappe un soupir léger, la laisse terminer; accueillant les nouvelles plaintes de sa jumelle. Sam passe par là, les zieute un coup avant de repartir le sourire aux lèvres. Lui, comme certains du cru, savaient que le Black Dog était un sorcier. Ils savaient aussi qu’il percevait des « choses » dont les autres n’avaient pas conscience. Et pour cause, il leur avait déjà parlé de cet esprit qui errait dans les toilettes… même si ce soir-là, personne ne l’avait cru avant qu’il ne daigne le répéter trois jours plus tard, sobre cette fois-ci.

« Je suis un sorcier Raph, et je te dis que l’esprit de ta sœur est là, avec toi. » C’est peut-être un peu trop sec, mais ça a le mérite d’être clair. À elle de le croire ou non… mais il ne pouvait pas faire semblant. Il voyait Hannah et cette dernière voulait lui parler. « Elle veut me parler… », ajouta t-il en vrillant ses yeux d’un bleu délavé vers les prunelles de l’esprit. « Abel… s’il… te… plaît… » Il hocha la tête doucement, relâcha un peu le verre qu’il avait entre ses doigts - il reposait sur le comptoir. « Attends… », dit-il à l’attention de Raph, avant de clore les paupières doucement. Sa tête s’alourdit un peu, son menton s’abaissant un peu. Pas le temps pour qui que ce soit de s’inquiéter, elle la première : il a rouvert les yeux après trois misérables secondes. Il fut un temps où cela prenait plus longtemps…

« Abel… il nous a fait beaucoup de mal… il faut que tu dises à Sky qu’il nous a fait beaucoup de mal… » Il lève la tête, oriente son regard vers sa droite. Coi. Attentif. « Hannah, qui t’a fait ça ? » « Seth, Seth…, elle se frotte frénétiquement son corps meurtri à l’énonce de son prénom, puis sort de sa torpeur brutalement - Je suis si contente de te voir ! De te parler ! J’aurais jamais cru… dis-lui que je l’aime… dis-lui s’il te plaît… » L’homme inspire un peu, réoriente son regard dans la direction imposée par l’esprit d’Hannah. Les émotions d’Hannah courent sur lui, il n’y est pas indifférent. Beaucoup d’amour. Beaucoup de souffrance. Ça se ressentirait presque jusque dans son regard à lui… si seulement il pouvait… « Je… », commence t-il, l’air un peu ailleurs. Abel ne sait pas comment s’y prendre. Étrangement, il songe aux esprits de ses parents et de son frère… inaccessibles. La frustration grandit en silence. « C’était un sorcier… », qu’elle rajoute. Comme moi. Et comme si elle avait entendu ses pensées, la jeune femme estropiée poursuit. « Tu n’es pas comme lui… tu ne seras jamais comme lui ! Tu n’es pas Seth, tu n’es pas un monstre… » Avait-il besoin d’entendre ça ? Avait-il simplement songé un seul instant, qu’il soit passé ou présent, qu’il puisse l’être/l’avoir été ? Aucunement. Il inspira un bon coup et lâcha ce qu’il avait à dire. « Hannah me dit que… qu’elle t’aime. » Le message était transmit ; sa main valide passant sur sa nuque balafrée. La seconde d’après, il prend une bonne gorgée de l’alcool qu’il avait réceptionné un peu plus tôt. « Il faut que je te dise quelque chose, Abel… il faut que tu m’aides. Il y a des choses… des choses qu’elle doit savoir. »


© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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