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 Sounds like a melody (ft Mila)

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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

AFFINITÉ : Lumière
POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


COULEUR RP : steelblue
AVATAR : Hugh Dancy
CREDIT : neige (av) + sian (code sign)
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DATE D'INSCRIPTION : 23/10/2016


MessageSujet: Sounds like a melody (ft Mila)   02.02.17 21:57



❝sounds like a melody❞
mila - abel
Une dernière taffe. Il expire, lentement mais sûrement, le nez rivé vers un ciel couvert. Il laissa la substance courir son corps, fermant les yeux afin de profiter de ses avantages. Les lieux étaient calmes, mais ses perceptions étaient amplifiées. Le son de la pluie battant contre diverses surfaces en faisait partie. Cette mélodie qui savait naître en lui un spleen caractéristique lui fut, pour une fois, plus profitable. La caresse de l’astre solaire n’en était pas moins délicieuse, même fantasmée. À défaut de n’avoir que de la pluie, il s’était octroyé le réconfort qu’un enfant de la Lumière méritait. C’est pas la dernière, il en reprend une. Pas pour oublier, mais pour apaiser ses tourments qu’il faisait taire en permanence. (Ils étaient voraces ces derniers temps, depuis son retour du Liban, depuis la découverte de son second pouvoir). Ça faisait bien une demie-heure qu’il avait terminé sa journée, pour une vingtaine de minutes passées sur ce sol où il (se) reposait momentanément. Il fit disparaître le cadavre du joint et se prélasse encore quelques instants avant de vérifier l’heure à sa montre. Cette journée avait été particulièrement éprouvante émotionnellement pour le médium qu’il était. Mais ce qui faisait alors naître un franc sourire sur son visage n’était dû qu’à la simple pensée d’avoir à retrouver Mila dans l’heure.

L’heure de pointe. Les bus qui chevauchent les trottoirs, le trafic qui atteint son paroxysme.
Il se refuse à grimper dans un de ces monstres en métal, que ce soit souterrain ou non. Abel se contenta de prendre ses jambes et ce malgré la fatigue ou l’averse qui s’écrasait sur sa carcasse. Il faisait froid, oui. Et il aurait pu se protéger. Sauf qu’il avait cette envie étrange de profiter de ces sensations exacerbées, de se sentir vivre. C’était peu mais suffisant pour lui en cette fin de journée.

Enfin, peu importe. Abel arrive certes en retard, mais il arrive quand même. Le « viens quand tu sors du travail » laissait vraiment à interprétation. Et lorsqu’il passe sur le palier, ce n’est pas vraiment tel un zéphyr. Il laisse derrière lui quelques gouttes d’eau, même s’il a prit soin de s’essuyer les pompes sur le paillasson à l’entrée de l’immeuble. Il sent pourtant ces énergies à l’approche de l’appartement voisin - chose qu’il avait déjà remarquée lors de ses précédentes visites. Neva, aussi, lui en avait touché mot. Elle avait particulièrement peur de se rendre là-bas… pour ainsi dire, elle ne suivait même pas sa sœur lorsqu’elle s’y rendait. Un errant qui refusait d’entrer pour ces raisons-là ? Ce n’était clairement pas anodin. Et son instinct n’allait pas le tromper… enfin ! Là n’est pas la question. Le sorcier était encore sur son nuage et il avait prévu de faire éclater le ventre de Mila pour la chandeleur… quoi ? Vous pensiez vraiment qu’il allait lui proposer de les faire ?

Pour le reste, il ne pense à rien d’autre pour l’instant. Pas même à cette soirée du nouvel an dont il se souvenait que la moitié - et encore. Il revoit encore Mila embrasser vigoureusement cet homme (…pourtant gay) à leur réveil. Intrigué, oui, pour ça il l’avait été. C’était sans compter Amy qui lui avait posé une question particulièrement pointue sur sa Petite Rose. Le genre de question qui ne passait pas inaperçue… Tu l’aimes comment, Mila ? Un peu trop, certainement. D’ailleurs, il se mit à frapper deux fois contre sa porte - il n’aime pas les sonnettes, c’est trop technologique, et le son lui aurait carrément agressé l’oreille interne. Oreille interne déjà ultra-sensibilisée depuis qu’il avait fumé son spliff… alors n’en rajoutons pas davantage.

« C’est le livreur ! » Un moment de silence. Il a posé son épaule contre le mur le plus proche. Elle n’arrive pas tout de suite, même s’il entend que ça bouge là-derrière… « …ou le facteur ? C’est mieux, peut-être ? » Il paraît songeur. Ailleurs, aussi ; ce qui semble assez normal après ce qu’il avait prit quelques minutes plus tôt. Un léger soupir. Puis la clé se met à tourner dans la serrure, avant de laisser la voie libre sur le petit bout de femme qui allait devoir le supporter pour quelques heures. « Apparemment, le facteur, ça marche plutôt bien. », conclut-il, armé d’un sourire. Je note. Combien de temps ça faisait qu’il ne l’avait pas vue ? Une semaine ? Ça faisait déjà trop. En plus, il pleuvait. Il avait besoin de la voir. Plus souvent. Plus fort. Abel s’était décollé du mur et s’était avancé vers elle pour la prendre dans ses bras, sans lui demander son avis. C’est sans gêne aucune qu’il avait partagé l’humidité présente sur ses vêtements avec elle, avant de mettre fin au contact. (D’ailleurs, sous son manteau trempé, ses atours étaient soignés.) Ses mains froides avaient capturées son visage. Elle n’avait pas encore eu le temps de refermer la porte derrière eux ; il l’avait prise au piège et allait bientôt l’en défaire. Mais avant… « Je suis content de te voir. » Son corps parlait pour lui, même un sourd aurait comprit l’émotion qui animait cet homme. Il déposa un chaste baiser sur son front, lui aussi empreint de fraîcheur, avant de dégager un peu le passage pour lui permettre de fermer la porte. « Ça a été ta journée ? », ajouta t-il aussitôt, au taquet. Lorsqu’elle s’affaire, ses yeux glissent d’une silhouette à l’autre, rencontrant celle de Neva. « Salut toi. », murmura t-il, ce même sourire accroché aux lèvres. Étrangement, son regard semble le combler de reproches. Était-ce parce qu’il avait fumé autre chose que du tabac ?
De ses mèches humides gouttaient un peu d’eau, il inspira un peu et laissa ses prunelles à nouveau grimper jusqu’au visage de Mila. Elle était foutrement bien sapée pour le coup, il ne manqua pas de le remarquer. C’était bien soirée crêpes ? Non ? Une chose est sûre cependant, il ne s’était pas trompé d’adresse… et même si ça avait été le cas, il aurait tout fait pour rester.

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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ALIAS : Petite Rose
ÂGE : 31 pétales.
OCCUPATION : Excellente Wedding Planner spécialisée dans le Vintage Bohème et le Shabby Chic.

AFFINITÉ : Air
POUVOIRS : _Télépathie (La perception extra-sensorielle)
Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


COULEUR RP : Plum (Mila) #ffcc33 (Neva)
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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   03.02.17 14:15



Sounds like a melody

Abel & Mila


Agacée. Mila fixait l'unique horloge qui trônait en reine sur son mur rose poudré. Elle avait choisi ce ton délicat pour embellir son minuscule local, le rendu était très agréable pour les yeux et plantait une certaine sérénité. Sauf que pour le coup, sa sérénité prenait du plomb dans l'aile au fils des minutes perdues. Le couple qui lui faisait face de l'autre côté de son bureau n'arrivait pas à se mettre d'accord sur deux planches qu'elle leur proposait. Deux malheureuses planches colorées. Mila tentait d'afficher son sourire compatissant qui se soldait par une grimace dès que les paires d'yeux chutaient sur les propositions. Elle avala un gros soupir d'exaspération, essayant de garder la tête froide. Ces jambes se croisèrent joliment l'une contre l'autre dans un léger froissement de tissu, parce qu'elle devait bouger pour tenter d’évacuer sa nervosité naissante. Ses doigts martyrisaient le pauvre stylo qu'elle tenait fermement contre sa paume, jouant du bouchon. « Dean chéri, tu sais que je préfère le rose. Avec ce genre de fleur... » La future Madame Jackson releva ces billes verdâtres sur Mila, la mine interrogative. Cette dernière se risqua à sourire... tellement faux. « C'est un Arum. » Qu'elle lui répondit sans grand enthousiaste. Si d'habitude elle prenait plaisir à faire son travail, ce soir-là était tout autre. Et pour cause ! La fin d'après-midi arrivait bien trop vite et la brunette savait qu'elle n'avait rien préparé pour l'arrivé d'Abel. Elle l'avait invité à passer la soirée avec elle. En théorie... La belle idée ! Mais ces deux indécis compromettaient ces plans. Ils étaient incapable de se mettre d'accord et commençaient sérieusement à attaquer Dame Patience qui tapait du pied. Mila bouillonnait. Lorsqu'elle vit Monsieur Jackson relancé le débat en reprenant tout depuis le début, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. « Très bien ! On arrête ici pour aujourd'hui. » Qu'elle déclara en décroisant ses jambes élégamment. Le couple relevait leurs regards sur leur wedding planner, perplexe. Mila affichait son sourire commercial. Elle déposa son stylo proche de son clavier et avança quelques mots, dans l'optique de les faire partir. Clairement. « Puisque le choix semble difficile, je vous laisse les planches. Le mieux est d'en discuter entre vous chez vous ou autour d'un bon repas dans un restaurant. Quoiqu'il en soit, on se revoit dans une semaine pour faire le point. Je vous recontacterais pour une date. En attendant, portez-vous bien et faites le bon choix. » Mila quitta son fauteuil lestement. Le couple en fit autant. Après une poignée de main échangée et les planches sous le bras, les Jackson quittèrent enfin sa petite 'boutique' pour son plus grand soulagement.
 
Les gros nuages chargés de pluie avaient épargnés la petite silhouette qui trottait en direction de son immeuble. Les bras chargés de sac en kraft. Mila faisait rarement les courses... A quoi bon ? Elle mangeait rarement chez elle. Faute de temps et d'envie... Et surtout parce qu'elle ne savait pas cuisiner. Tout simplement. Alors elle fit le plein à l'épicerie de son quartier, en espérant ne rien avoir oublié. Du lait. Des œufs. De la farine... De mémoire, sa mère rajoutait du rhum. Au pire, il se boira sec !

Ces talons balancés dans l'entrée et la porte fermée dans son dos, la brunette déposa tout son bazar sur le bout de son comptoir de cuisine. Suivit de près par Neva chat et sa p’tite sœur. Cette dernière n'était pas sortie. Pour une fois. C'est le sourire aux lèvres qu'elle regardait sa jumelle ranger ses courses en chantant une chanson d'Abel à tue-tête. La poupée adorait la regarder quand elle était de bonne humeur. Oh elle ne peina pas à deviner le pourquoi du comment, Mila était excitée depuis le matin même. Depuis que ses prunelles s’étaient posées sur son post it collé à la tête de son lit : Abel Today <3 (entouré en rouge et surligné !).Tout comme Nevena qui se sentait dans le même état. Elle la fixait amusée. Mila tortillait son adorable postérieur sur une musique qui résonnait dans son appartement, quand elle phasa un instant en ouvrant le placard. Bras et nez en l'air. Le regard absent. Abel s'imposa à son esprit, elle en frissonna. Pourquoi repensait-elle soudainement à lui ? Et de cette manière ? … Elle se souvenait de ce fameux premier de l'an et des événements qui en avaient découlés. Lui embrassant cet homme (ou bien était-ce l'inverse?) Cette pointe qui avait transpercé son cœur... De la jalousie ? Elle se refusait d'y croire... Pourtant le reste de la nuit, elle l'avait passé avec lui. Un baiser passionné qui les avait consumés. Elle n'en avait pas concrètement le souvenir, ni même ces lèvres... malheureusement. Juste des fragments d'une mémoire à chaud. Fouiller dans l'esprit d'Abel ne fut pas la meilleure chose qu'elle est faite. Mila ne s'y était pas attardé, prenant les derniers souvenirs qui nourrissaient ces pensées à leur réveil. Et ce fut suffisant pour la faire réagir. Puéril ? Cela est discutable. Elle se revoit embrasser ce type, cherchant sans doute le goût d'Abel dans sa bouche... Pathétique. Et le sentiment qu'Abel a ressenti en la voyant faire. Il était comme piqué. Elle ne l'avait pas rêvé... Ce type était donc important pour lui ? Ne plus y repenser Cela valait mieux...

Et quelque chose chuta sur le sol. Quelque chose de visqueux qui venait d'éclabousser ses pieds. Elle baissa les yeux vers les œufs éclatés qui s'étalaient sur son carrelage lentement. Ces épaules se baissèrent tout en expirant d’exaspération, sous le regard de son chaton confortablement installé proche de ses sacs krafts. Bordel de merde! Elle fixait son omelette, le cerveau en ébullition. Il fallait trouver une solution et vite. Elle n'avait pas le temps de descendre à l'épicerie. Et lui envoyer un texto pour annuler, c'était hors de question ! Elle ne l'avait pas vu depuis une putain de semaine ! Et c'est long une semaine pour elle. Elle n'allait pas laisser une boite d'œufs lui pourrir sa soirée ! « Va chez Mme Richardes ! » souffla Neva qui ne comptait pas voir leur ‘rendez-vous’ tombée à l'eau aussi bêtement. Même si leur voisine ne lui inspirait pas spécialement confiance. Neva détestait aller chez la vieille Dame. Et elle avait ces raisons. Mais ce soir était un cas d'urgence. Mila cherchait une solution, lorsqu'elle comprit qu'elle n'avait pas le choix que de déranger sa charmante Madame Richardes. Ses lèvres se pincèrent fortement alors qu'elle battait des avant-bras, brassant de l’air, ne sachant par quel bout s'y prendre pour nettoyer ce chantier. Elle regarda vers le four pour voir l'heure... Elle était dans la merde.

La sonnette retentit. Une mélodie. Mila patientait bien sagement sur le pas de la porte. Pieds nus. Quant à Neva, elle fixait sa sœur planquée derrière la porte de leur appartement. Madame Richardes sortaient quasiment jamais de chez elle. Alors à cette heure, elle était certaine que la mamie y serait. Affichant son sourire adorable -elle se savait épiée derrière son Judas, la porte s'ouvrit après des tours et des tours de clé. La petite silhouette de la vieille dame fit son apparition, sourire à sa bouche. Les années ne l'avaient pas épargnée. Son corps avait changé et pris des rondeurs généreuses. Elle qui était si belle à une certaine époque. « Oh Mila ! Ma douce ! Je suis ravie de te voir. » Qu'elle souffla en la regardant de la tête au pied, l’œil charmé. « Madame Richardes, je m'excuse de vous déranger... » mais la vieille voisine lui coupa net la parole en levant les mains vers le plafond. « Dieu du ciel Mila ! Tu ne me déranges pas ! J'allais justement prendre un petit cognac. Je t'en offre un ? » La brunette la fixa, les yeux ronds. Prendre le thé hebdomadaire était normal pour son âge, mais un remontant costaud tel que le cognac... Etait-ce le secret de sa santé particulièrement bonne ? Elle se racla la gorge, embarrassée. Ces doigts se tortillaient nerveusement. Les minutes défilaient... « C'est très gentil de votre part mais je ne vais pas abuser de votre temps. En fait, j'aimerais juste que vous me dépanniez, s'il vous plait... J'ai besoin de six œufs.» La vieille femme la regarda en haussant les sourcils derrière ces verres de lunettes d'une autre époque. « Sans te vexer Mila... Tu cuisines ? » La question eut le mérite de la laisser sur le cul. A croire que ces talents culinaires dépassaient les frontières de son appart. Mila afficha un sourire amer et cacha une certaine frustration. Elle serra des poings en tentant de réguler son rythme cardiaque qui s'emballait dès qu'elle se sentait offensée. Elle grinça. « Un minimum... tout de même... » Bah voyons ! La vieille Dame se mit à glousser en la voyant réagir de cette manière. « Oh ma douce, je te taquinais. Je vais te chercher ça... Si c'est pour des crêpes, ça fait une éternité que j'en n'ai pas faite sauter ! Comme moi d'ailleurs... plus personne ne me retourne depuis des siècles… » Les derniers mots furent prononcés pour elle-même mais Mila les entendit clairement et préféra les ignorer, non ! Les effacer de sa tête. La brunette ne doutait pas un seul instant que sa jeunesse fut remplit d’homme. Mais à y réfléchir, elle n’a jamais connu de Monsieur Richardes. Elle fixait le dos de la vieille dame en pleine réflexion avant qu'elle ne disparaisse de son champ de vision. Lorsqu'elle percuta... Comment savait-elle pour les crêpes ?! « Et voilà six beaux œufs. » Qu'elle tendit à Mila. Difficile de refuser le deal... La brunette se sentait piégée.. Elle tendit les mains pour la prendre en la remerciant d'un sourire serré. «Merci. Comme promis, je vous apporterai ça. » Et merde...

Elle était en retard… Elle prit une douche rapide, histoire de se débarbouiller. Les cheveux dont les pointes mouillées gouttaient sur ces épaules, étaient remontés en chignon négligé. Pas le temps de se maquiller. Sa bouille affichait un joli naturel, l’avantage d’avoir un teint hâlé. Son corps s’enveloppa d’une robe portefeuille beige, la première qui lui tomba sous ma main. Le pied sur l’assise de son canapé, Mila remontait son bas couleur chair jusqu’à mi-cuisse lorsqu’elle entendit des coups retentir contre sa porte. Elle se figea en oubliant de respirer. C’est Lui. Son cerveau en pause. « C’est le livreur ! » Grosse décharge électrique. Un sourire étira le coin de ces lèvres alors qu’elle s’activait de mettre l’autre bas. Sa colonne se redressa dans un mouvement gracieux et s’empressa de se diriger vers la porte d’entrée… sans manquer de trébucher et chuter genoux à terre en prenant le coin de son canapé. « …ou le facteur ? C’est mieux, peut-être ? » Elle retient un gémissement de douleur en se maudissant d’être aussi gauche, son orteil droit avait pris cher et se redressa sur ces deux jambes. Elle prit une profonde inspiration pour calmer ses pulsations. Un dernier coup d’œil dans son miroir. Le reflet qu’il lui renvoya la fit grimacer et fuir. Dépitée. La brunette se planta devant sa porte en remettant un peu d’ordre dans sa tenue et déverrouilla la serrure à grand coup de tour de clé. Mila ouvrit dans la foulée sur un Abel mouillé. La petite brune bloqua net, le regard rond glissant sur lui des pieds à la tête. Il faut dire que trempé… et sapé comme il était, le musicien était hypnotisant. Son cœur se mit à gonfler, prêt à exploser. Il était venu à elle. Comme promis.

Sur la pointe des pieds, elle garda une main contre sa poignée, impossible de bouger. Il mêla son esprit au sien, ce qui lui arracha un sourire charmant. T’es con. Avait-elle seulement répondu en le voyant s’approcher. Là encore, elle manqua de respirer. Il la prit dans ses bras. Honnêtement, il n’avait pas besoin de consentement pour l’étreindre. Elle attendait ce rapprochement depuis trois longues années. Il lui avait tellement manqué. Sa présence. Son sourire. Ses éclats de rire. Lui. Mila relâcha la clenche et se pressa contre son Ami. L’humidité de ces vêtements mouilla légèrement le fin tissu de sa robe, la rendant transparente à certains endroits. Une fraicheur qui ne manqua pas de la faire frissonner. Ce fut bien trop bref à son goût. Elle releva timidement les yeux sur son visage alors qu’il kidnappait le sien de ces mains fraiches. Ses paupières clignèrent. Il lui embrassa le front. Elle ferma les yeux. Une douce chaleur se propagea dans tout son être, éveillant en elle son bouillon… Bordel de merde Abel…Qu’elle pensa trop fort malheureusement. Il dissipa ces pensées en lui confiant qu’il était content de la voir. Un sourire charmé reprit naissance à sa bouche dénudée. « Moi aussi. » Deux mots sincères. Elle était trop heureuse en réalité, mais le dissimulait derrière une attitude calme et posée. Il la relâcha et entra dans son appartement. Mila commençait à refermer derrière lui et jeta un coup d’œil vers la voisine. Elle savait qu’elle était derrière son Judas à espionner…

« Ça a été ta journée ? » Qu’il enchaina. Il fut vite accueillit par les deux Neva. La poupée d’ectoplasme affichait un sourire éblouissant, des étoiles dans les yeux. Quant au chaton, elle se frottait déjà contre ses tibias en ronronnant. Un détail qui ne manqua pas de faire lever les yeux de Mila au plafond. Son Main Coon était rarement aussi câline envers elle, sauf lorsqu’elle réclamait sa pâté. La brunette croisa ces bras contre sa poitrine et le suivit dans le salon. Son appartement n’était pas immense comparé au sien et c’était bien suffisant pour elle seule. Elle l’entendit saluer Neva. Elle ne rebondit pas dessus. « Compliquée… » Qu’elle répondit en se planta devant lui. Son visage s’inclina légèrement sur le côté alors que son regard se faisait suspicieux. Non… Il n’a pas… Elle connaissait cet air à l’ouest. Ces petits yeux. Et cette allure que tout va bien dans le meilleur des mondes. Elle lâchait un petit soupir en dodelinant de la tête plein de reproches muets. « Hmm Je vois que la tienne fut également compliquée… File-moi ta veste avant que tu ne choppes la mort. Je vais te chercher une serviette aussi. Tu dégoulines de partout ! » Elle tendit une main vers lui, patientant bien sagement qu’il se désape pour mettre son vêtement dans la salle de bain. La pluie tombait toujours à grosses gouttes, arrosant son balcon et éclaboussant ces vitres. Mila aimait bien ce temps. Neva aussi. Cette dernière sauta sur le canapé pour être plus grande sans perdre de son sourire Colgate.

« Dis donc Abel, c’est la classe à Dallas ! » Qu’elle lui balança en le regardant toujours admirative. Elle s’appuyait contre le dossier du canapé, un coude relevé et le menton dans sa main. « Il était temps que tu arrives ! Ze ne l’avais encore jamais vu aussi nerveuse. En même temps, elle ne ramène personne à la maison. Ze veux dire en garçon. » Elle tendit un peu du cou et regarda derrière Abel. Amy ne l’avait pas suivi. Alors elle disait vrai. Elle restait dans son appartement. Elle ne put s’empêcher de soupirer. Déçue. Neva glissa de nouveau ces prunelles sur Abel et retrouva son sourire éclatant.   « Ze suis contente que tu sois là ! On va pouvoir s’amuser ! » La gamine se redressa subitement en gloussant. Pour une fois qu’elle pouvait profiter de lui pendant quelques heures, elle n’allait pas s’en priver !

Code by Joy


La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   03.02.17 19:58



❝sounds like a melody❞
mila - abel
T’es con. Cette simple pensée suffit à coincer encore plus longtemps ce foutu sourire niais sur ses lèvres, alors qu’il finissait par la lâcher. Même la seconde fut aussi risible que la première - il savait pertinemment qu’il s’agissait de ce câlin humide qu’il aurait pu se garder de faire au vu de son état. Du reste, il n’était pas allé chercher plus loin. Il était guilleret, certes, mais n’était pas en train de faire un trip sévère : il n’aurait pas réussi à venir jusqu’ici si tel avait été le cas. De toute façon, son organisme avait été habitué à pire, voire à des doses plus importantes que ça s’il s’agissait de la même substance… enfin, ça, beaucoup pouvaient en témoigner, car beaucoup l’avaient vu dans cet état. En cette fin de journée, il planait gentiment et ce n’était pas là pour lui déplaire. S’il avait tiré un peu en sortant du MCPD, c’était pour une bonne raison. Et pas simplement parce que sa journée avait été rythmée par une vision particulièrement agressive… non, ça allait bien au delà de ça. Mais qui irait remuer ce qu’il s’évertuait à garder terré ?

Le chat (baptisé de la même appellation que le surnom de sa petite sœur défunte) vint se frotter contre ses jambes et c’est avec beaucoup d’affection qu’il laissa ses yeux d’un bleu délavé se poser sur cette petite silhouette poilue. Il crevait d’envie de le (ou plutôt la) prendre dans ses bras elle aussi, mais il se garda de le faire pour l’instant. Il avait bien comprit qu’il était trempé et qu’il allait finir par noyer l’appartement… enfin, si Mila ne le débarrassait pas de ce manteau d’ici les prochaines minutes. Bien qu’il n’y ait pas pensé, c’était une évidence qu’il ne valait mieux pas discuter.

Évidemment, Abel rebondit aussitôt sur le fait que sa journée aie été compliquée. « Compliquée ? C’est à dire ? », lui demanda t-il alors qu’elle le suivait jusque dans le salon. Il semblait chercher quelque chose des yeux, mais lui-même ignorait de quoi il s’agissait. À défaut, son regard s’arrêta sur la silhouette de Mila après avoir pivoté dans sa direction. Son regard est aussi expressif que celui de sa jumelle - elle ne semble pas particulièrement ravie qu’il ait fait cueillette dans son jardin personnel pour s’en rouler un. D’ailleurs, il ne sut comment prendre le début de la phrase qui suivit - était-ce de l’ironie ? « Ça va, c’est pas grave. Tant que c’est pas du sang, on s’en fout, non ? » Notez, ça lui est déjà arrivé. Sauf qu’il n’essaie même pas de se reposer sur ce souvenir, il ne valait pas la peine qu’on s’y attarde… pas alors qu’il était ici, le cœur empli de joie à l’idée de passer un peu de temps avec elle.
Elle tendit sa main vers lui et le sorcier ôta son manteau en tirant ses épaules en arrière, laissant glisser un peu ce dernier au niveau de ses bras, l’air las. L’homme lui laissa en main l’objet-dit couvert d’eau et la remercia. « Où tu vas ? » qu’il demande instinctivement alors qu’il la voit disparaître vers la salle de bain. Une question dans le vent puisqu’il connaissait manifestement la réponse… mais sa parole avait précédé sa pensée. Il pivota un peu, les yeux se baladant sur les surfaces… s’attardant sur le canapé. Une petite tête s’en détache, un certain jugement dans le regard… mais surtout beaucoup d’admiration. Là, le chat frotte à nouveau contre sa jambe. « Viens-là toi… », souffla t-il à demi-mot en s’accroupissant, allant chercher le chat pour le caler dans ses bras (secs, cette fois). Au même moment, l’esprit enfantin vante sa tenue du jour. Mila n’était toujours pas revenue, elle devait certainement chercher un moyen de l’étendre correctement au vu du poids.

« Quoi ? Je suis mal habillé d’habitude ? », lâcha t-il, haussant un sourcil. Là n’est pas la question, mais il fallait se mettre dans la situation… dans sa peau aussi. L’instant d’après, alors qu’elle commente l’état de sa sœur, il ajoute. « Bien sûr, et tu vas me faire croire ça… c’est pas toi qui l’a vu embrasser ce brave Enzo ! » Jalousie ? Est-ce qu’il en avait déjà eu pour quelqu’un déjà ? Du tout. Et s’en était pas. Une incompréhension, seulement, car il s’étonnait que cet homme ait pu chauffer miss Kozlek cette nuit-là. À moins qu’il ne se soit découvert une attirance particulière pour la gent féminine - mais clairement, Abel n’avait pas été au courant  de ça jusqu’à ce matin de la Saint-Sylvestre ! Alors oui, pour sûr, ça l’avait piqué. Néanmoins, il avait été le premier à siffler. On ne le changera jamais de ce côté-là. « S’amuser, j’attends que… », commença t-il avant d’être coupé par la vision d’une Mila partiellement humide qui réapparaissait. Il fit la moue avant de refermer sa bouche bien gentiment, cet éternel sourire imprimé sur sa face.

Tout en flattant la tête du chat qui s’était mit à ronronner, il regarde un peu mieux les atours de la jeune femme… et fronce un peu les sourcils lorsqu’il tombe sur des zones dont l’opacité avait été mise à rude épreuve. Enfin, toujours est-il qu’elle restait superbe et c’était un point sur lequel il ne débattrait pas plus d’une minute. Son œil baladeur fuit vers un autre point de la pièce, l’air de rien. « Bon, et alors ? Pourquoi est-ce qu’elle était compliquée cette journée ? », insiste t-il alors qu’il lui emboîte le pas vers la cuisine. Le médium marche un peu, le pas léger, faisant des aller et venues dans le peu de mètres carrés qui faisaient la surface de ladite pièce. La mienne l’était aussi… enfin, je crois. La pensée était née aussi naturellement que ces sourires sur son visage. Un aveu spontané qu’il n’avait pas vraiment prévu de faire… mais là résidait le « souci » de leur lien télépathique étroit. Il jeta un coup d’œil par delà la vitre contre laquelle battait la pluie. Étrangement, l’étincelle dans son regard se ternit un peu à cette vue. Ses yeux s’arrêtèrent alors sur la petite masse de Neva entre ses bras, puis remonta vers sa propriétaire. Ce même bleu qui se réchauffa à sa simple vue. « Tu as ce qu’il faut ? » Pour la recette, bien sûr, qui était simple comme bonjour… Abel était loin de s’imaginer qu’elle avait eu quelques contretemps liés à ça.

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Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   03.02.17 23:16



Sounds like a melody

Abel & Mila


« Ça va, c’est pas grave. Tant que c’est pas du sang, on s’en fout, non ? »
…Mais qu’est-ce qu’il raconte ? Mila le fixa en arquant joliment son sourcil. Elle ne comprenait pas le lien entre un joint et du sang… Mais peu importe. La brunette ne voulait pas s’éterniser là-dessus. Elle était contente de le voir chez elle après cette longue semaine d’attente (et d’agonie dirait Neva) Alors elle se contenta d’hausser ces épaules, la mine désinvolte tout en réceptionnant son manteau qui pesait une tonne. Il était gorgé d’eau, en même temps vu ce qu’il tombait. Pour preuve la petite flaque au pied du musicien. Bien qu’elle ne soit pas maniaque –ou presque, elle préféra dévier le regard vers la porte de sa chambre. D’ailleurs elle prit sa direction en le laissant derrière, au bon soin de Neva chat et de sa sœur. Oh elle entendit la question mais préféra l’éluder discrètement en disparaissant dans la pièce à vive allure… Elle ne voulait pas foutre de l’eau partout. Elle n’entendit plus Abel une fois à l’autre bout de l’appartement. Elle se renferma en claqua la porte dans son dos. Le manteau contre elle. Pourquoi sa respiration s’emballait-elle à ce point ? Ses yeux balayèrent sa petite salle de bain, à la recherche d’un endroit où accrocher son vêtement. Son crâne se plaqua contre le bois. Il fallait qu’elle se tempère. C’était pas possible d’y retourner avec son cœur qui jouait du tambourin et ce putain de rouge aux joues. Mila ressaisit toi, t’es ridicule ! Qu’elle pensa en tapant doucement sa tête contre la porte. Elle prit une grosse bouffée d’oxygène et se décala en tenant le manteau à bout de bras. Elle tendit la main pour se saisir le cintre blanc qu’elle laissait d’habitude pour étendre ses fringues et glissa en douceur le vêtement dessus. Puis elle accrocha le tout contre la paroi interne de sa cabine de douche. Si l’eau devait goutter, cela tomberait dans le bac à douche !

« T’es toujours bien habillé. Comme un ken ! » Neva sourit à pleine dent en le regardant avec la chatte dans ces bras. Un brin jalouse. Elle aussi aurait bien aimé être tenue dans ces bras pour un gros câlin… Mais elle ne pouvait pas. De son état d’ectoplasme, hormis le fait de ne plus manger, le contact physique lui manquait. Ce n’était qu’une enfant qui réclamait beaucoup d’affection. Elle préféra ne pas y repenser puis Abel la dirigea vers Mila et pointa du doigt Enzo. Elle haussa les sourcils en fronçant joliment son nez. Une mimique des jumelles. « Enzo ?! » Petit moment de silence avant qu’elle ne reprenne d’un air imitant les adultes.   « Oh tu sais les femmes… un puits de mystère ! » Elle accompagna ces paroles d’un geste de la main, balayant l’air devant son visage. Ouais ! Enzo ! Neva s’en souvenait. Ce n’était pas si loin. Et honnêtement, elle avait engueulé Mila dans le vent bien entendu, mais elle avait vidé son sac la demoiselle. Qu’est-ce qu’il lui avait pris de foutre sa langue dans la bouche de type ! « …Un gay en plus ! Il fallait qu’elle embrasse le seul homme qui ne s’intéressait pas à elle… parfois, ze ne la comprends pas. Alors que… » Son regard se fit plus insistant sur Abel avant de glousser bêtement en cachant sa bouche derrière sa main. Franchement, elle avait vu la tête de ce Enzo et cela donnait matière à réfléchir. Il était moche ce garçon ! Elle dandina sa tête sous l’incompréhension. Lorsqu’il ouvrit la bouche de nouveau rebondissant sur son idée de s’amuser mais Mila arriva à ce moment-là. 

La brunette déboula dans le salon en essayant de paraitre dès plus naturelle qu’il soit, une serviette blanche pliée sur son avant-bras.  Elle s’arrêta doucement en braquant ces prunelles sur son visage. Mila se sentait légèrement plus fraiche à certains endroits, notamment son ventre dont le fin tissu était collé contre sa peau, mais également à son décolleté, laissant entrevoir le galbe de sa poitrine. Elle ne s’inquiétait pas. Sa robe allait sécher. Elle passa à ces côtés pour rejoindre son coin cuisine. Il la suivait, bavard. Ce qui ne lui déplaisait pas. Elle comptait sur lui pour combler les blancs. Mila restait toujours en retrait. C’était délicat pour la brunette. Bien que les liens s’étaient resserrés, comme avant et pour son plus grand soulagement. Elle lui jeta un regard en coin et pivota pour lui faire face de toute sa ‘petite’ hauteur. Elle remarqua Neva chat dans ces bras et ne put s’empêcher de la bouder. Quel pot de colle ! Elle leva son menton, cherchant son regard clair. « Tu veux vraiment savoir ? Ce n’est pas très intéressant en réalité. Mon taf. » Qu’elle commença en s’armant de la serviette qu’elle déplia lestement entre eux. Elle se mit sur la pointe des pieds et jeta le tissu en coton sur le crâne masculin sans lui demander son consentement. « Un retard à mon rendez-vous chez un fleuriste pour samedi. Le curé qui a pété une durite parce qu’un mariage s’annule à la dernière minute… Les prestataires qui me sont tous tombés dessus en me pointant du doigt, comme si j’étais responsable tu vois. Et pour terminer, deux cons qui ne sont pas fichus de tomber d’accord sur une planche ! Bref… Compliqué.» Elle frictionnait doucement ces cheveux pour enlever le maximum d’humidité. Elle s’appliquait. Le bout de ces doigts frôlant le massage. La serviette cachait la moitié du visage d’Abel, le plongeant dans une semi-obscurité. Mila inclina légèrement la tête vers sa bouille, cherchant son regard dans la pénombre improvisée. Sa pensée se mélangea à son esprit. Et la tienne ? Je suppose que ton taf ne doit pas être simple tous les jours… Tu sais que tu peux te vider avec moi. Qu’elle lui confia en relevant doucement un pan de serviette de quelques doigts afin de mieux le voir. Sa bouche s’étira en un sourire délicat tout en braquant ses prunelles brunes dans les clairs. Elle resta figée quelques secondes…

« Oh comme c’est mignooooon !» Souffla Neva, le postérieur sur la table, balançant ces pieds dans le vide. Elle les fixait en penchant sa tête sur le côté, l’air espiègle en souriant de toutes ces dents.

Mila se racla la gorge tout en se redressant, relâchant le pan de serviette pour terminer de le sécher. « Et oui,  j’ai ce qu’il faut pour la pâte à crêpe. » Amorça la brunette qui retirait la serviette de la masse brune. Comme si elle était incapable d’en faire une toute seule… On ne dira rien. Elle releva les yeux vers ces cheveux en bordel et se mit doucement à rire. « Merde, j’viens de tuer ta coiffure. Attends bouge pas que j’arrange ça. » Elle mit en boule la serviette qu’elle déposa à côté de sa plaque de cuisson et se retourna vers Abel. Toujours hissée sur la pointe des pieds. Elle glissa ces doigts dans sa chevelure et tenta de les peigner en douceur en leur redonnant une forme moins bordélique. « Pour revenir aux crêpes… J’ai fait une boulette… Qui de fils en aiguilles m’a emmené à frapper à la porte de ma voisine. Tu sais, Madame Richardes. » Mila n’osait le regarder dans les yeux. Elle retira ces mains et les essuya contre le tissu à ces cuisses, elle n’était plus à ça prêt. Elle se mordit le coin interne de sa lèvre, embarrassée. « Tu voulais la voir, non ? Et bien… surprise ! On doit lui emmener des crêpes. Elle nous a offert les œufs. Je sais, ce n’était pas prévu au programme mais on lui file deux trois crêpes, tu inspectes et on s’en va ! C’est histoire de quelques minutes. Ne me déteste pas ! » Elle grimaça et se détourna de lui rapidement vers ces éléments de cuisine, offrant une jolie vue de dos. Elle ouvrit le premier placard et sortit déjà la farine… La soirée s’annonçait sympathique à la base, mais l’intrusion de Madame Richardes compromettait ces plans. Elle qui avait prévu de terminer avachie sur le canapé avec lui, savourant les crêpes devant une série à la con ou à refaire le monde… C’était mal barré.


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De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   04.02.17 15:23



❝sounds like a melody❞
mila - abel
Bien qu’il n’en fut pas complètement conscient à cet instant précis, Mila n’avait certainement pas apprécié qu’il insiste sur la question. Pour autant, c’était une information qu’il jugeait importante et  quoiqu’elle puisse en dire, sa journée l’intéressait autant que le reste. De fait, malgré ce vent qu’elle lui avait laissé, il ne lui en avait pas tenu rigueur et était revenu à la charge un peu plus tard. La seule chose qu’il avait glissé à Neva avant que sa sœur ne revienne avait été les mots suivants. « Y a pire, y en a qui croient que c’est un puits tout court. » La phrase parlait d’elle-même, et il ne s’était pas gêné de la partager à une enfant de huit ans. Qui, en réalité, en avait bien plus de trente. Mais là n’était pas la question.

Lorsqu’il avait insisté à nouveau, il s’était repassé les derniers mots de Neva… des mots dont la suite logique le laissait perplexe, rien qu’à l’imaginer. Ça cachait forcément quelque chose… et il fallait être diablement idiot pour ne pas s’en rendre compte. Ou un peu trop perché. (Pour sa défense, elle était douée au camouflage de ses émotions. Lui l’était beaucoup moins.) D’ailleurs, alors qu’il caresse la boule de poil sombre, elle lui rétorque quelque chose de typiquement Kozlek. Par une autre question, en gros. « Tu veux vraiment savoir ? […] » Il en oublie d’écouter la fin de la phrase et fait rouler ses yeux jusqu’aux cieux maculés de peinture industrielle. « Non ça fait juste deux fois que je te pose la même question… bien sûr que je veux savoir ! » Alors qu’il radotait, elle en profita pour lui mettre la serviette sur sa tête trempée d’eau de pluie. Ses muscles se contractent lors du léger sursaut qui le prend - il n’avait pas été attentif du tout et son geste l’avait surprit. Cela étant, il ne voyait plus rien pendant un moment et avait volontairement fermé ses yeux - l’absence de lumière ne lui était pas particulièrement agréable. Le chat dans ses bras ne savait pas vraiment ce qu’ils étaient en train de trafiquer, une chance qu’il ne se soit pas prit un bout de serviette dans le museau pendant l’opération. Sous la serviette, il a incliné un peu sa tête vers l’avant pour l’aider, grimaçant un peu et ce sans aucune raison apparente.

Quand elle eut finit de parler, il redressa un peu le nez en disant le plus naturellement du monde. « Moi je pense qu’on devrait porter un toast ce soir au curé qui a pas eu droit à son mariage. » Il fait un peu la moue alors que, justement, son visage un peu crispé se dévoile à nouveau - la serviette barrant que la moitié de ce dernier. Tu as de quoi boire au moins ? Bien sûr que t’en as. Et ça n’avait rien à voir avec cette vision (dont il ne lui avait touché mot) où il l’avait vue se saouler seule le soir, les yeux embués de larmes. Absolument pas. « Et c’est pas de ta faute, laisse-les gueuler, ils s’épuiseront ! » La langue bien pendue une fois un peu stone, il ajouta. « Tu leur as dit que t’avais un rencard ? Ou tu les as envoyé bouler autrement ? » Le professionnalisme, est-ce qu’il connait ? Dans cet état, pas trop. Mais à quoi bon perdre du temps avec des personnes qui pesait dix tonnes sur la conscience ? Ah, oui… parce qu’il fallait de la caillasse. Ça il connaissait… mais il n’avait jamais eu besoin de serrer des mains sales pour ça. Juste s’exténuer à ne plus en pouvoir. Ne jamais abandonner. Le genre de chose qui était inscrite jusque dans ses gènes…

Et la tienne ? Je suppose que ton taf ne doit pas être simple tous les jours… Tu sais que tu peux te vider avec moi. Sa main s’arrête de caresser Neva chat, il phase une demi-seconde, cligne plusieurs fois des yeux. Ses pensées sont automatiques. Me vider… ah, oui. Il reprend son activité juste après, l’air penaud. Elle le fixait à cet instant et bizarrement, il fuit ce regard pour le planter un peu plus haut, presque à hauteur du plafond. Ça se balade. Son esprit aussi divague. S’il fuyait son visage, c’était pour fuir aussi les émotions qui pouvaient y être imprimées. On le sent un peu plus nerveux. Comme un flux qui serpentait à nouveau dans l’entièreté de son corps, jusqu’à voiler son regard. Pourtant, il n’hésita pas. L’énonce de ces confessions étaient d’ailleurs assez controversées dans leur expression. (Car au fur et à mesure qu’il parle, c’est un sourire nerveux qui tire ses lèvres froides.) « J’ai eu une vision aujourd’hui… plusieurs nourrissons égorgés baignant dans leur sang. Une dizaine, en fait. Une baignoire remplie à ras bord. Y en avait partout. On a pas encore réussi à retrouver où c’est exactement… » Il aurait aimé faire plus, lui seul avait sous le nez une scène de crime. Il l’avait même vécu. Son cœur s’affole un peu pendant de brefs instants alors qu’il poursuit, redescendant les yeux vers les prunelles de la jeune femme. Il sourit toujours. « J’avais l’impression que c’était moi qui avait fait ça. Il hausse les épaules, secouant un peu la tête en expirant. Sensation de plus en plus récurrente. C’était comme si… comme si tout ça m’appartenait vraiment. » C’est là où son sourire semble faner un peu, mais il plane encore, et il revient vite au galop. Ce n’était plus les images subies qui lui faisaient le plus d’effet à ce stade, mais bel et bien ça. Les mois passés là-bas au sein du MCPD, sa vie à être frappé par des visions plus ou moins poignantes (surtout ces dernières années, disons-le) avait su le roder un peu. Pourtant, sa sensibilité, elle, n’avait pas vraiment changé. Et la manifestation de son second pouvoir en décembre n’allait pas tant aider à y travailler.

Il balaya d’un soupir et d’un sourire plus doux le sujet de conversation. En soi, sa journée avait été un peu compliquée. Comme la sienne.

« Merde, je viens de tuer ta coiffure. » « Hein ? Quelle coiffure ? », rétorqua t-il en fronçant un peu les sourcils. Elle avait ôté la serviette, était revenue à lui pour remettre en place sa tignasse. La seconde précédente, il avait fléchit grossièrement les genoux pour se mettre à sa hauteur - il ne savait pas l’aider autrement pour le coup, ses mains et bras étaient pris. L’homme se laissa faire, mais il n’allait pas tenir très longtemps comme ça, à forcer sur ses quadriceps. Il n’avait pas eu le temps d’en placer une qu’elle commença à introduire cette fameuse boulette dont elle se tenait responsable. Encore une, se disait-il, sans pour autant lui reprocher quoi que ce soit. Mais celle-là n’avait vraiment pas d’impact négatif… enfin… pas de conséquences particulièrement difficiles à gérer. Alors il s’en fichait pas mal d’aller ramener deux crêpes à la voisine, si c’était pour revenir finir la soirée côte à côte. Un peu après, il laissa Neva au sol puis alla se laver les mains. Il acquiesça lorsqu’elle lui demanda s’il se souvenait de la voisine en question. Puis Mila lui demande s’il va la détester pour ça et il se retourna, se séchant les mains par la même occasion… « Euh… c’est pas grave, hein. Et puis vu ce qui traîne chez elle je fais bien d’aller y jeter un coup d’œil. » Le libanais n’en dit pas plus sur le sujet. Mais si Neva refusait de s’y rendre, ce n’était pas pour rien. Et ses sens ne le trompaient pas en général : il y avait bien quelque chose derrière la porte de Mme Richardes. Une femme qu’il n’avait jamais vue, mais dont il avait entendu parler suffisamment pour se souvenir de son existence. Une ou deux fois, en somme. La chatte quant à elle ne s’est pas décidée à le laisser tranquille et reste un peu dans le périmètre, se frottant un peu à ses jambes de temps à autre.

À défaut de ne pas avoir de musique, il s’était mit à chantonner à voix basse. Il se dirigea vers le frigo pour y dégotter le nécessaire, alors que Mila, elle, délogea la farine de son placard. L’homme se tourna un peu vers elle et lui demanda de lui passer un saladier - de fait, il était plutôt occupé à retirer sa veste et à la déposer sur la tranche du canapé plutôt que de le faire lui-même. Pour se mettre à l’aise, pour sûr. D’ailleurs, il vit l’esprit de l’enfant assit sur la table. Il lui glissa ces mots, naturellement. « T’as pas l’impression de gêner sur la table ? T’es pas mieux sur le canapé, hm ? » Des remarques inutiles et dignes d’un Abel qui était un peu loin encore. Elle n’allait laisser aucune trace ou autre à rester assise sur la table… et du côté du vivant qui était à ses côtés… laissez tomber : elle l’avait déjà jugé sur la question plusieurs fois. Un léger soupir, il retourna dans le coin cuisine (qui était à deux pas, sans exagérer) en déboutonnant sa chemise au niveau des poignets afin de remonter ses manches.

Il s’était remit à chantonner, et s’activa à faire la pâte. Alors qu’il était à mi-recette, il se rappelle des katayefs promis qu’il lui avait fait puis ramenés de son voyage au Liban. Il a les yeux rivés sur ce qu’il faisait, mais s’adressa à Mila. Il avait l’air concentré. Ces quelques minutes passées commençaient à le faire redescendre un peu… du moins, ça semblait être le cas, illusion ou non. « Tiens, tu m’as toujours pas dit, tu as préféré quels Katayefs ? Ceux que je t’ai fait ou les autres ? » Il ne sera pas vexé… ou juste un peu. Les ingrédients de qualité faisaient la nuance, et ceux de son pays d’origine étaient bien meilleurs pour ce type de recettes que ceux qu’on leur vendait ici… malheureusement. Il jeta un coup d’œil dans sa direction, c’est à dire de biais, lui souriant tant du regard que des lèvres. Abel se recentrait progressivement. Lorsqu’il eut fini, il lui glissa le saladier dans les mains. « Tiens, on laisse ça au frigo un peu. » Alors qu’il la laissait s’affairer; il en profita pour récupérer de la farine sur ses mains et passer derrière son dos. Mila était en train de fermer le battant du réfrigérateur lorsqu’il avait apposé sur ses joues deux lignes farineuses. Et il pouffait déjà. Ceci dit, les premières pensées de la belle l’incitèrent à balancer ces mots. « Tire pas cette tête, réjouis-toi que je n’aie pas pris les restes d’œufs pour te faire un masque…, il n’avait pas bougé, à ses risques et périls, je t’ai faite guerrière, ça vaut le coup d’en profiter. » Il se rendit compte que trop tard de son erreur, car c’était un appel discret à guerroyer. (C’était pas le but.) Même s’il n’avait jamais rediscuté ce trait-là chez elle. Sinon, elle ne serait pas là à ses côtés, vivante qui plus est. Il tenta de noyer le poisson en ajoutant aussitôt. « Bon, on se le fait ce toast ? » (Bien essayé, Karamé.) Mais il avait soif quand même. Il avait bien marché pour venir jusqu’ici, et ce n’était pas de l’eau de pluie battante sur sa carcasse qui avait réussi à l’hydrater.

© Pando


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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   04.02.17 22:28



Sounds like a melody

Abel & Mila


Abel avait rebondit sur sa journée, pointant du doigt le toast à porter pour le mariage annulé. Elle ne put s’empêcher de sourire. C’était un coup dur pourtant pour la future mariée… Mais valait mieux qu’elle se fasse larguer avant de se pointer à l’autel comme une fleur et comprendre l’infidélité de son mari des années plus tard… Mila voyait la chose plus comme une bénédiction pour cette jeune femme. Elle reconstruirait sa vie avec une autre personne, non ? C’est ainsi que fonctionnait le Destin. Du moins, l’espérait-elle. Ce n’était pas vraiment son cas (nous remercions James), mais ceci est une autre histoire. Pour qui tu me prends ? Bien sûr que j’ai de quoi fêter ça ! Qu’elle avait enchainé faussement offensée. Heureusement, elle ignorait qu’il avait eu cette vision d’elle et de sa bouteille de vodka. Et cela valait mieux. Cette facette-là, la télépathe en avait honte et tentait de la cacher derrière le masque d’une femme d’affaire impitoyable. La honte de plonger aussi bas. D’être parfois une telle épave qu’elle se réveillait les matins avachis dans un coin de sa salle de bain, du vomi sur les cuisses… Honte de devenir ce qu’elle redoutait le plus : L’ombre d’elle-même. Pathétique. Mila avait haussé les sourcils en l’écoutant avancer l’idée du rencard pour faire partir les deux imbéciles de son bureau. Elle aurait pu… Mais elle n’était pas aussi directe, surtout dans le milieu professionnel. Elle voyait les billets qu’un mariage pouvait rapporter, alors elle savait mettre des gants quand cela était nécessaire. Mais elle ne lui répondit rien de concret, simplement une bouille énigmatique appuyée d’un sourire mutin.

Lorsqu’il prit le chemin de la confidence concernant sa journée de boulot, Mila était loin de se douter qu’il allait lui avouer ce genre de ‘chose’. Elle s’attendait à des arrestations ou des rapports à se prendre la tête mais pas du tout à une vision. A ce genre de visions. Horreur. Ces gestes s’étaient faits plus lents et moins appuyés alors qu’il s’enfonçait dans sa confession. La serviette cachait son regard. Leurs regards. Et ce n’était pas plus mal. Son sourire était assez éloquent. La brunette se sentait peinée pour lui et plus il s’avançait sur cette pente glissante en se mettant à la place du tueur, plus elle sentait son cœur se comprimer. Comment pouvait-il penser une chose pareille ?

Mila s’était muré dans un silence. Elle ne rebondit pas dessus. Pas comme ça. Les mots se bousculaient dans sa tête mais ne franchir pas la barrière de ces lèvres… L’ambiance venait de frôler la banquise… Du coup, elle ricocha sur ces cheveux.

La musique ? Mila ne l’avait pas remise en rentrant de chez Madame Richardes. Elle était trop pressée pour appuyer sur sa télécommande. Et en y réfléchissant, il est vrai que ça manquait. Abel parla de la voisine et ne semblait pas contre l’idée d’y aller. De toute manière, ce n’est pas comme ils avaient le choix. Mila tenait ces promesses. Si les circonstances avaient été tout autres, elle se serait absentée quelques minutes, le temps de filer les crêpes à la concernée et de revenir comme un boulet de canon aux côtés de son Libanais préféré. Mais il fallait que quelque chose se mette en travers de leur soirée. Un fantôme ? Sans rire. Mila ne remettait pas en question les dons de son ami, bien qu’elle reste assez fermée sur ce sujet-là. La peur de l’inconnu ? La Mort et Mila n’étaient pas vraiment copines… Et croire que l’âme d’une personne pouvait être prisonnière sur un autre plan astral, était simplement impensable. Pour la brunette : On meurt. Terminé, merci et au revoir. Alors lorsque sa charmante alliée de palier lui avait confié, les yeux emplis d’une détresse qui faisait froid dans le dos, que son appartement était habité par une entité, Mila s’était retenu de rire. Des bruits contre les murs. Ces horloges qui s’arrêtaient à la même heure (à savoir dix-huit heures pile) et des choses qui semblaient tomber alors que rien ne bouge, ou encore un courant d’air froid qui la traversait alors que toutes les portes et fenêtres étaient fermés, de quoi faire passer la vieille dame pour une cinglée. Mais Mila l’avait entendu. Et si elle ne pouvait pas concrètement l’aider à chasser Casper de ces murs, Abel serait apte à le faire. Et la brunette comptait bien être présente ! Une preuve. Elle demandait une simple preuve. Peut-être l’aurait-elle ce soir ?

Son regard fixa en biais Abel qui commençait à préparer les ustensiles pour la pâte à crêpe en chantonnant un air qu’elle reconnut de suite. Un sourire étira ces lèvres alors qu’elle lui passait le saladier, mêlant ses murmures mélodieux aux siens tout en dandinant de la tête. Il retirait sa veste. Coup de chaud. Les sourcils haussés par le spectacle d’Abel en chemise blanche, Mila détourna lentement les yeux vers les œufs tout en se pinçant fortement ces lèvres. Putain de bordel de merde ! Qu’elle pensa malgré elle. Mais sa réflexion fit rapidement balayée par les paroles de son musicien. D’instinct, la brunette se retourna vers sa table. Vide. Ces billes brunes balayèrent un instant sa pièce. Perplexe. Avant de revenir très lentement vers Abel, la mine crédule. OK. Il avait fumé… Ce qui expliquait l’intervention de l’ami imaginaire, sans nul doute. Elle se garda bien tout commentaire déplacée et sorti le lait en reprenant la chanson qu’elle venait de délaisser. Neva gloussait.

« Il serait peut-être temps de lui dire, non ? Elle va finir par croire qu’il te manque des neurones. Ze pense qu’elle est prête. » Souffla la petite poupée tout en continuant de balancer ces pieds. Non, elle ne descendra pas de la table. Histoire de lui tenir tête. Elle souriait la gamine jusqu’à perdre son sourire innocent doucement au fils de ces mots. « Par contre Abel… chez la vieille… fais attention… Z’aime vraiment pas ce qu’elle cache. Ze resterais ici… Mais si ça se passe mal, appelle moi et ze viendrais lui botter le cul ! » Déterminée, Neva fronçait son petit nez à la Kozlek. « Mais si tu pouvais t’en occuper tout seul comme un grand, ça m’arranzerais ! » Ca aussi c’était sincère. Courageuse mais pas téméraire !

Mila ne savait pas quoi faire de ses mains le temps que Monsieur Crêpe terminait sa préparation. Elle lui donnait les ingrédients qu’il lui demandait en bonne commis qu’elle était. Cela paraissait tellement simple en le voyant s’affairer. On fout tout dans le saladier et on tourne. Simple comme bonjour ! Elle aurait pu la faire… Si si. Mais il était tellement… Bref. Elle fronça joliment ces sourcils pour éviter toutes pensées qui pourraient déborder dans l’esprit du sorcier. Miss Boulette avait déjà frappé plusieurs fois ce soir, pas besoin d’en rajouter une supplémentaire. Les mains jointes appuyées contre son frigo, le menton légèrement incliné et baissé, Mila observait les gestes masculins. Calculés et organisés. Lorsqu’il perça sa petite bulle de perdition en parlant des Katayefs. Elle redressa ces deux billes brunes sur lui et ne put s’empêcher de sourire. « Les tiens voyons ! Je ne vois même pas pourquoi tu poses la question. Juste une tuerie. » Elle était sincère. Mila ne savait pas lui mentir. Comment le pourrait-elle ? Etait-ce seulement possible ? Elle le regarda venir à elle (ouais deux pas et c’était plié) en lui mettant dans les mains le saladier qui sentait bon la pâte fraiche. Avec précaution, elle se retourna en ouvrant son frigo. Le saladier coincé dans la pliure de son coude et contre son abdomen. Elle chercha une place qu’elle trouva à côté de bocaux au contenu non identifié. Alors qu’elle redressait sa colonne vertébrale, elle sentit Abel dans son dos puis le bout de ces doigts contre ses joues… T’as osé… La brunette se détourna vers lui, la mine blasée. Elle se mordait l’intérieure de la joue pour ne pas pouffer de rire. Il ne changerait pas. Et c’était tant mieux… pour rien au monde elle le changerait de toute façon. Les mains sur ces fines hanches, Mila redressait son visage fariné de deux traits. L’œil accusateur. « Guerrière, hein… Fais attention à ne pas baisser ta garde Karamé. » C’est tout ce qu’elle ajouta en le regardant. Polissonne. Elle passa ces monts de la Lune sur ses pommettes pour retirer le blanc de ses joues. « Oui, j’ai quelque chose à boire. Je te laisse le choix des armes., elle se retourna et se baissa à demi pour sortir sa bouteille de rhum, suivit d’une bouteille de SoCo pour Monsieur et d’une bouteille de vin blanc Monbazillac (petit pêché mignon Français) et sortie deux verres à pieds qu’elle posa délicatement sur le petit bout de plan de travail qu’elle possédait et encore propre (non pas qu’Abel cuisinait salement !). S’en suivit du tire-bouchon. Sa cuisine était minuscule mais bien étudiée. « Je te laisse prendre les bouteilles, je prends les verres et le reste. On sera mieux sur le canapé pour discuter. » La brunette prit les verres et se dirigea vers sa table basse où elle déposa le tout. Elle leva les yeux vers Abel qui arrivait armé des bouteilles et suivit de très près par Neva chaton. Elle se mit doucement à sourire en se mettant à genoux sur le sol. « J’te laisse ouvrir les demoiselles. Ha merde ! J’ai oublié un truc. Je reviens. Et c’est du Monbazillac pour moi s’il te plait. » Qu’elle souffla en se retrouvant debout dans un léger froissement de tissu. Elle resserra le nœud de sa robe en prenant la direction de la cuisine. Mila jeta un rapide coup d’œil à Abel par-dessus son petit muret qui la séparait du coin salon et badigeonna ces mains de farine. Rancunière ?? Si peu… Elle se retenait de glousser cette nouille.

« Ennemie en approche ! J’dis ça, j’dis rien. » Souffla Neva proche du canapé, fixant Mila qui revenait en catimini sur la pointe des pieds, les mains blanches prêtes à attaquer. Sa traitresse de jumelle avait choisi son camp. La télépathe se glissa dans le dos d’Abel qui se trouvait penché en avant, sans doute pour remplir les verres (elle ne voyait pas ce qu’il faisait) et sans attendre une seconde de plus de peur de se faire griller, Mila se glissa légèrement sur le côté pour lui choper les joues lorsqu’il eut un mouvement inattendu. Il se redressa subitement pour pivoter vers elle, la surprenant. Merde ! Elle phasa une fraction de seconde en braquant ses yeux ronds dans les siens, le temps que son cerveau se remette en route et parade le coup, mains en l’air. Sans réfléchir elle tendit les bras en direction de son visage et plaqua ces phalanges farineuses sur la tronche d’Abel, le débarbouillant de blanc sans pitié. Mila éclata de rire en retirant ces mains mais gardant sa place. Elle riait comme une gosse en ramenant l’un de ces poignées contre sa bouche, basculant légèrement ces épaules en arrière sans le quitter des yeux. « … A ton tour de ressembler à un guerrier avec un masque Hollow ! » Qu’elle gloussa face à lui… Oui, c’est une référence de manga et alors ? Le résultat était là. Abel avec le visage enfariné… Elle recule d’un demi-pas en se marrant. Dans sa tête, son plan n’avait pas de faille ! Ils étaient à un partout n’est-ce pas ?



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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   05.02.17 1:14



❝sounds like a melody❞
mila - abel
Pas bavarde, non. Elle ne l’était plus depuis un moment déjà, Mila s’était fanée suite à certains événements qui avaient bouleversés sa vie. C’est une chance qu’elle ne soit pas restée coincée sur ces révélations qu’il lui avait faites, car lui-même ne les avait pas calculées. Pour ainsi dire, il serait capable de regretter ses aveux… moyennant d’avoir l’esprit un peu moins embrumé. Non, la jeune femme était restée silencieuse et avait parlé avec le regard ou le corps. Ça lui allait tout aussi bien. Abel considérait cette communication autant que les autres. Lui qui parlait de tout son être…
Elle tiqua lorsqu’il avait parlé à Neva. Sa sœur, pas le chat - mais c’est bien l’animal qu’elle crut savoir sur la table; ce qui n’était pas le cas. Il faut dire que ses pensées l’avaient aidé à établir cette conclusion… car le musicien n’avait pas eu le nez rivé dans sa direction à ce moment-là. Il avait laissé couler, coi. Chose qui n’était pas vraiment passé du côté de l’esprit.

La voix de sa petite sœur retentit à nouveau et ses yeux clairs se braquèrent à nouveau dans sa direction. « Elle ne me croira pas - elle n’a jamais cru à tout ça. » Ce fut bref, mais il avait glissé ces mots en ignorant malencontreusement la personne de chair et de sang qui demeurait à ses côtés. Pourtant, elle était le sujet de conversation. C’était succinct, de toute façon. Il ne cherchait pas à… redevenir ce « type barré » qu’elle ne pouvait pas comprendre dans sa complexité. Toute sa complexité. Ce qui incluait évidemment ce visage-là, celui du médium. Celui qu’elle n’acceptait pas. « Hm. Je ne dirais rien tant que tu te décideras à ne plus pioncer sur cette table… », à mi-voix. Puis elle le mit en garde. Une nouvelle fois. Étrangement, ses traits s’assombrissent un peu. « J’ai vu pire… ça ira. » Et elle pouvait le croire sur parole.

Juste avant qu’elle ne range le saladier et se fasse attraper par ce vil félon, Mila lui avoua d’une traite que ses Katayefs avaient été ses préférés. Que la question ne se posait pas… il fronça un peu les sourcils, détourna les yeux, le chaud aux joues. (Un être tout entier qui criait merci.) Il aimait qu’on lui dise ce genre de choses, il aimait être rassuré. Comme il appréciait faire plaisir à ceux qu’il chérissait. Un cœur de lion, mais ça… bien des personnes le savaient.
La frimousse de sa Petite Rose aurait pu le froisser s’il ne la connaissait pas. Elle s’était retournée vers lui et l’avait toisé, alors qu’il avait ramené le dos de sa main sous son nez, réprimant un rire qui ne demandait qu’à s’échapper. La voir comme ça, c’était juste… magique. Les mains sur ses hanches, le regard piquant, elle avait presque l’air d’une institutrice remontée. S’il lui avait glissé ses lunettes sur le nez, le tableau aurait été parfait. Sauf que ses lunettes étaient cachées dans l’une des poches de son manteau, avec d’autres bricoles. Dans la salle de bain.

« Je ne baisse jamais ma garde, soldat Kozlek. », lui rétorqua t-il en haussant les épaules. Il reprit un peu son sérieux et la laissa faire diversion avec les bouteilles pendant qu’il se passait les mains sous l’eau. Elle les sortit - il se fit violence pour ne pas balader son œil pendant l’opération. Lorsque la bouteille de SoCo apparut, il rayonna. « Non ?! », lâcha t-il pour lui-même. Sa soif sembla atteindre son paroxysme. La bouteille de vin blanc fut le pompon. « Oh, du Monbazillac pour mademoiselle, » répéta t-il pour lui-même en imitant l’accent français et se donnant un air précieux. Il récupéra tout ce qu’il fallait et emmena ça sur la table basse, le chat entre les pattes. D’ailleurs, il jeta un coup d’œil vers Neva qui n’avait pas encore bougé de la table… il soupira un peu, secouant la tête. Le libanais ôta le bouchon du vin blanc, le son caractéristique brisant ce pseudo-silence qui s’était installé. Il huma brièvement l’alcool, se disant qu’il devait certainement avoir bon goût une fois en bouche. Mais on y était pas encore. Abel était encore dans la méconnaissance du plan machiavélique qu’avait échafaudé son amie… alors qu’elle était en train d’armer ses mains d’une poudre blanche, il finissait de remplir le second verre. Puis, un froissement de tissu. Une vague sensation qui le parcourut, comme s’il sentait quelque chose arriver. Et puis il y a les mots de Neva, qui l’alertent - le confortent, dirons-nous même. Un léger rictus se dessine sur ses lèvres alors qu’il fait mine de ne rien avoir entendu.

Lorsqu’il sent sa présence à ses côtés, un peu en arrière, il pivote à temps pour la surprendre. Or, il n’a pas le temps de faire grand-chose. À peine l’eut-elle toisé de ses yeux ronds qu’elle se mit tout de même à l’attaque, lui badigeonnant le visage de farine. Visage qui s’était froissé à ce contact. Son nez froncé et les yeux clos, il l’entendit rire et ce fut de trop. Sans crier gare, il rouvrit les yeux et lui attrapa les poignets. Son visage s’était détendu et il n’avait pas cherché (pour le moment) à se défaire de ces traces de sa défaite. Le sorcier, gardant ses poignets entre ses doigts, se pencha un peu après s’être rapproché d’un demi-pas. Là, c’est avec une voix étonnamment douce qu’il lui adressa ces mots… « J’ai réussi à te faire rire ce soir… navré de te l’apprendre mais j’ai gagné la guerre, miss. » Qu’il agrémenta d’un petit clin d’œil. Je commence à devenir moins prévisible, non ?, qu’il demanda alors que son sourire devenait de plus en plus franc. Et en soi, il avait raison, même si cette simple phrase pouvait tout aussi bien refermer la mine de la trentenaire en deux temps trois mouvement. C’était un risque qu’il avait bien voulu prendre… et ce n’était pas le dernier. Il y avait beaucoup trop d’affection dans ses yeux pour qu’il puisse lui en vouloir pour quoi que ce soit - et encore moins d’être elle-même.

Ses doigts glissent sur la peau de ses poignets, les libérant doucement. Abel tira son bras vers la table basse, réceptionnant un verre - le sien - qu’il lui tendit après s’être redressé. Le geste avait été fluide, précis. Il avait toujours le visage maculé de blanc et ça ne semblait pas l’avoir gêné… il récupéra ensuite le sien et jaugea brièvement son verre. Abel n’avait pas eu la main leste sur la quantité. Sa générosité le tuera… enfin, ça l’avait déjà mit par terre plusieurs fois, et d’autres aussi. C’était déjà un bon début et il s’en contentait pour l’instant. Il leva son verre à hauteur d’œil, le regard partant dans un coin de la pièce. Il parut chercher l’inspiration un bref instant, mais le toast était déjà tout tracé. « Au curé… et à toutes ces femmes qu’il n’a pas pu goûter ! » Pendant un bref instant, il eut l’air d’un preux chevalier, faussement ému par ses propos. De la comédie. Juste un instant… avant que le bleu de ses iris percutent les prunelles de mademoiselle, à qui il fit un nouveau clin d’œil avant de prendre une bonne gorgée de sa boisson. Cette gorgée qu’il sembla savourer plus qu’il n’aurait dû. Il remarqua Neva qui n’était plus sur la table, riant des yeux à cette découverte.

« Un SoCo à la farine… j’y avais jamais pensé. » L’homme avait baissé le nez sur son verre avant de se laisser s’échouer sur le canapé. Remarque, c’est normal que j’y ai pas pensé, c’est pas top comme rendu. Son soupir de soulagement fut facile à décoder. Il cherche à nouveau les yeux de la sorcière. Alors qu’elle semblait vouloir le rejoindre, le libanais ôta  de quelques gestes grossiers la poudre qui maculait sa tronche. Dans dix minutes je me relève et on fait ces crêpes., pensa t-il alors qu’il venait de mettre encore plus de farine dans son verre. « Et merde, tiens… » Il reprit quand même une gorgée, commentant alors. « C’est pas avec cette invention que j’irais faire fortune. », en parlant bien entendu du SoCo à la farine. Son attention est à nouveau dirigée vers la trentenaire. « C’est bon ton truc ? Je me rappelle même plus du goût… », lui demanda t-il en désignant du menton le vin qu’elle dégustait. (Il avait tiré un peu la tête dans sa direction, l’air curieux.) Plus se souvenir, encore une histoire fraîche et quelque peu désagréable - son regard s'est un peu terni. Du reste, c’était une façon comme une autre de l’inciter à lui proposer de goûter. En général, il tournait les choses ainsi pour pouvoir finir le verre de son prochain. Mais au moins, après, il avait toujours de quoi vanter l’alcool choisi. Avec le meilleur des arguments, à savoir une vérification à l’échelle personnelle.
Le chaton en profita pour grimper sur le canapé, cherchant à s’installer sur ses jambes… il esquiva un peu l’animal et se contenta de se rapprocher de Mila, incitant la boule de poil à rester du côté opposé. L’homme avait le visage tourné dans la direction de l’animal, son bras gauche occupé à lui transmettre ses volontés. Un petit moment où le silence (seulement ponctué par quelques recommandations de sa part vis à vis du chat) qui fut propice à l’énonce d’un tout autre type de discours…

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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POUVOIRS : _Télépathie (La perception extra-sensorielle)
Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   05.02.17 15:10



Sounds like a melody

Abel & Mila



Son monologue ? Mila l’avait bien évidemment entendu mais elle n’avait pas ricoché dessus. Un ami imaginaire. Ou peut-être une ? La fameuse Amy ? Dans tous les cas, par le ‘elle’ qu’il employait, elle s’était sentie quelque peu visée. La brunette préféra ne pas alimenter sa divagation. Non, elle ne comprenait pas qu’il puisse voir de genre de manifestation infantile (sans jugement)  parce qu’il ne lui avait jamais pris le temps de lui expliquer ? Peut-être que s’il étalait une argumentation solide, elle accepterait cette facette-là de sa personnalité. Elle l’aimait trop pour se permettre un quelconque jugement. Alors Mila ignora ces dernières minutes, et s’affairait à l’aider pour la pâte à crêpe en évitant de croiser son regard. Genre elle faisait mine de ne rien entendre…

***

Mila riait comme jamais elle n’avait ri depuis des années. Un retour en arrière. Un lâché prise qui lui fit sur le moment un bien fou. Toutes ces tensions se dissipèrent pendant que son petit corps tremblait sous son éclat de joie. Ses perles brunes ne le quittaient pas. Lui et sa bouille enfarinée. Même dans cet état, elle ne pouvait nier le tumulte de ses sentiments qui s’entremêlaient dans le creux de son ventre. Son regard était tout aussi expressif, renvoyant une profonde affection qui dépassait l’admiration. Il la chamboulait quoiqu’il fasse. Le musicien le prit plutôt bien, cette attaque frontale. Et il la surprit en ouvrant les yeux subitement attrapant les poignets sans crier garde, ne lui laissant pas le temps de réagir. Il la maintenait. Mieux, il s’approchait d’elle. Elle releva son regard sombre sur ce visage fantomatique dû à la farine et son sourire se mit à flétrir doucement en écoutant ces propos. Son cœur s’agitait follement. Elle déglutit. Il avait gagné la guerre ? Son but était de la faire rire ? Mila régula sa respiration sans le quitter des yeux. Il avait tout échafaudé depuis le début et elle sautait dans le piège les deux pieds joints. Il était malin. Tu marques un point… La mine boudeuse. Si Mila détestait bien quelque chose, c’était de perdre. Ça lui laissait un goût amer dans la bouche. Fierté Kozlek. Savoure cette petite victoire Karamé. La soirée commence juste. Ou comment mettre sa rancune en avant. Et elle ne lui en voulait pas d’avoir joué. Bien au contraire… Elle l’aurait volontiers supplié pour un round numéro deux. Mais il lui tendit son verre qu’elle réceptionna élégamment. Elle se mordit le milieu de sa lèvre inférieure en voyant des particules de farine tomber dans son SoCo, par son entière faute. Il leva son verre, portant un toast au curé qu’il n’avait pas oublié. Mila leva le sien en souriant doucement. « Tu sais, les vocations… On ne peut pas lui enlever ce courage de ne pas succomber aux plaisirs charnels… Inconcevable en ce qui me concerne… Une vie sans sexe Ab ! elle eut un petit sourire en coin avant de lever son verre devant sa bouche. Au curé ! » Qu’elle renchérissait tout en observant Abel. Le verre à ces lèvres, elle but une longue gorgée de ce nectar jaunâtre qu’elle affectionnait particulièrement pour son goût sucré et sa robe épaisse. Un vin pour femme.

Mila le regarda s’échouer sur son petit canapé deux places. Tu m’aurais laissé le temps d’aller chercher de quoi te débarbouiller aussi. Elle but une seconde gorgée en fermant les yeux. Ce vin est divin. Un sourire naissait déjà à son bouche tout en collant ces phalanges repliées contre le verre sur sa joue. Elle revenait à lui en secouant doucement la tête. Et tu t’obstines… attends… Ses yeux balayèrent sa petite cuisine tout en pivotant la tête dans cette direction. Un torchon propre, encore plié, reposait proche de sa cafetière, elle fit quelques pas en trottant et se pencha par-dessus son muret pour le saisir. Et elle se détourna pour le rejoindre finalement sur le canapé, sans manquer de sourire à sa remarque. « C’est vrai que ce mélange farine SoCo doit être particulier… Moi qui voulais y goutter… Tu me fais hésiter ! »La petite silhouette se laissa chuter à ces côtés, manquant de renverser le contenu de son verre sur elle. Heureusement, elle échappa à la boulette. Elle remarqua que son canapé était limite pour deux paires de fesses. Il faut dire qu’aucun autre homme n’avait posé son cul ici, sauf pour noël bien évidemment. Elle s’était contentée de ses coussins. Mais à présent qu’elle était assise, Abel à ces côtés, elle se sentait presque étroite. Non pas qu’il soit imposant… son assise n’était pas large. Du coup, elle le touchait. Un contact qui ne lui déplut pas. Elle passa sa main encombrée de son torchon dans son dos pour remettre correctement son coussin.  Sa jambe droite croisa la gauche d’un mouvement gracieux, relevant légèrement le tissu sur sa cuisse. Elle porta son verre à ces lèvres en lui jetant en regard en biais. Le sourire étirait le coin de sa bouche. « Je connais ton petit manège pour picoler dans mon verre… et crois-moi qu’avec le reste de plaques farineuses que tu as sur le visage, tu ne risques pas d’y mettre le nez dans mon Monbazillac ! » Elle haussa les sourcils, mutine, et portant le rebord du verre contre sa bouche. Et encore une longue gorgée. Elle avait soif ! On se demande pourquoi. La chaleur de son appartement ? Sa cheminée était allumée et vu la superficie, elle ne peinait pas à réchauffer la pièce. Mais la chaleur, l’alcool additionné à un ventre vide… Ce mélange ne faisait pas bon ménage.

Neva s’était assise proche du tas de coussin que Mila laissait sur le sol. Les genoux au menton, elle ne pipait pas un mot. La gamine dévorait des yeux Abel. Elle observait. Elle écoutait attentivement. Que pouvait-elle faire de plus ? A eux deux, c’était une pièce de théâtre qui se déroulait sous son regard captivé.

Mila bougea. Simplement le buste pour se pencher vers la table basse et y déposa son verre quasiment vide. Ensuite elle s’arma de son torchon en revenant à lui. Ce n’était pas compliqué  vu la proximité. Viens par-là toi… La brunette se décala de façon à poser une main contre l’épaule droite du musicien, son postérieur glissa vers le bord de l’assise en se tournant vers lui. Elle prit soin de ne pas donner un coup dans son verre au passage, il manquerait plus que ça qu’elle lui renverse son cocktail enfariné sur sa chemise blanche…. Quoique… Non Mila ! Sois sage ! Neva chat la regarda faire en s’étirant les quatre pattes avant de s’allonger aux côtés d’Abel. Féline. Quant à Mila, elle s’affairait à essuyer doucement le reste de farine récalcitrante sur ce visage. Ne bouge pas s’il te plait. Juste histoire de ne pas lui crever un œil. Ça serait dommage ! Le torchon coincé contre son index, elle s’appliqua à retirer tout le blanc qu’il n’avait pas retiré en commençant par le front. Elle fronça joliment ces sourcils. Concentrée. Et son doigt glissa sur son nez, dévia doucement sur chaque pommettes, joues. Elle assista un peu plus dans les poils de barbe, une vraie prison à farine. Elle se mit doucement à sourire en évitant de croiser son regard. Je t’ai pas loupé… Qu’elle avoua à demi-mot alors que son index finissait sur le haut de sa lèvre supérieure… Son sourire se fana progressivement. Elle senti la gêne lui serrer le ventre. Ridicule. Sa respiration se fit plus lourde. Pourtant son doigt continuait ses caresses en ripant volontairement sur la lèvre. Les souvenirs du premier de l’an resurgir subitement, enflammant ces joues. Elle releva son regard brun vers le sien. Son index glissant sur son menton. Elle se pinça nerveusement la bouche et tenta un sourire timide. C’est mieux… Qu’elle échappa en reculant, tapotant bêtement l’épaule masculine. Et se détourna de lui. Ces jambes toujours croisées. Elle jeta le torchon sur la petite table basse et alla chercher son verre et un brin d'oxygène nécessaire. Gracieuse malgré elle.

Des secondes silencieuses et presque dérangeantes qui alimentèrent sa petite gêne. Elle se racla la gorge, cherchant des yeux sa fichue télécommande qu’elle trouva sous le torchon bien évidemment. Elle appuya sur ‘play’ lançant sa chaîne sur la dernière musique qu’elle écoutait avant son arrivé. Elle baissa simplement le son. La musique rythmée combla le silence et la détendit un peu. Elle ne put s’empêcher de bouger les épaules en se tournant vers lui, verre à la main qu’elle lui présenta cette fois en inclinant légèrement sa bouille sur le côté. « Il s’appelle revient… Au pire non, fini… J’ai la bouteille. » Elle se mit à rire doucement en s’imaginant terminé la soirée, bouche collée au goulot. Mais soyons sage. « N’oublie pas les crêpes… Qu’on s’en débarrasse vite de cette histoire-là. » Une fois qu’il lui retira le verre des mains, elle lâcha un petit soupir, les pensées tournées vers la voisine. Quelle poisse. Elle se prit délicatement la nuque de ces doigts bouillants, le regard coulant sur lui. La musique venait de changer sur Obsession. Aléatoire… Mila refoula un sourire et tenta de garder son sérieux. Elle voulait parler d’un sujet quelque peu épineux… En fait, depuis le début elle essayait de l’emmener sans vraiment y réussir. Etait-ce le bon moment ? Elle se lança… « Ecoute… » Dieu qu’elle était nouille dans ces transitions… Elle frotta ces cuisses de ses paumes sans pourtant baisser le regard. Elle se pinça les lèvres. « Pour tout à l’heure… Ta confession sur ta vision… Sur le coup je n’ai rien dis parce que je te sentais affecté et cela m’a fait du mal. » Sa mâchoire se contracta joliment. Elle alla chercher le genou masculin en déposant sa paume dessus. Comme un soutien.  « Et je voulais que tu saches que tu n’as rien d’un tueur… Ce type… Ce qu’il a fait à ces… nourrissons (elle ne put s’empêcher de penser à Nuala) ,c’est indescriptible. Tu n’es pas comme ça. Tu n’es pas Lui. Il n’est pas Toi. » Elle frotta son genou tout en étirant faiblement ses lèvres. Et sans ajouter quoi que ce soit car la gorge était nouée, elle lui prit son verre de SoCo enfariné et le termina cul sec. Oh la grimace s’en suivit immédiatement. Bordel ! Ce truc dégueulasse ! La farine, coupable. Elle plaqua le dos de sa main contre sa bouche en toussant doucement. L’alcool fort coulait dans son œsophage, brûlant tout sur son passage. « C’est fort ton truc ! »Qu’elle ne manqua pas de lui rappeler. Elle le savait pourtant que c’était de la liqueur…



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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   18.02.17 1:37



❝sounds like a melody❞
mila - abel
Savoure cette petite victoire Karamé. La soirée commence juste. Si le compliment qui précédait lui était arrivé droit au cœur malgré sa légèreté manifeste, cette pensée vint briser cet équilibre fragile. Si on pouvait parler d’équilibre, bien sûr. Petite ? T’es dure. D’autant que - il ne l’avouerait pas, soyons honnêtes - ce n’était pas faute de l’avoir laissée frapper. Le premier assaut, il y avait été quelque peu… préparé. La chipie qui lui servait de sœur y était pour quelque chose… entre autre. La fierté du lion fut dardée par cette remarque qui n’avait pourtant l’air de rien. Oh, non, il ne songeait pas du tout à un second round… qui rendrait les choses peut-être un peu plus honnêtes, d’une part. Mais ça n’allait pas au delà, il savait qu’une Kozlek avait elle aussi de la fierté… et c’est ce qui rendait les choses bien plus piquantes,  plus divertissantes.
Lorsqu’elle parla du courage de ce curé (ce qui aurait aussi pu être élargi à ses homologues) il ne put s’empêcher de grimacer un peu. Surtout à sa fin de phrase, ce à quoi il acquiesça verbalement, après la première gorgée. « Une vie sans sexe n’est pas une vie, » et ce d’une manière des plus sérieuses qui soit. S’il avait énoncé la psychopathologie d’une maladie rare sur ce même ton, ça n’aurait choqué personne. C’est bien pour ça que j’ai énormément de compassion pour cet homme.

Lorsqu’il avait prit place, les pensées - énoncées - de la trentenaire fusèrent dans sa tête. S’il n’avait pas répondu, ses pensées elles, même brouillon, montraient bien qu’il n’était pas d’accord. Pas besoin de se débarbouiller, ça peut attendre, non ? Hé bien non, visiblement, c’est à lui d’attendre que mademoiselle s’y colle. Elle alla chercher quelque chose alors qu’il n’avait rien demandé et il la suivit du regard. Semblant se battre entre ses mains tantôt occupées par un torchon, tantôt par un coussin, il jeta un coup d’œil à sa boisson qu’elle s’évertuait à garder. « Tu veux pas que je porte ton verre ? » Verre qu’elle n’arrêtait pas de siroter, d’ailleurs. Elle ne s’en rendait peut-être pas bien compte, mais elle le descendait mine de rien… il essuya un nouvel échec alors qu’elle le perça à jour. À croire que son subterfuge (qui marchait d’habitude, d’où le fait qu’il l’utilise aussi souvent) n’avait pas su faire son effet chez la sorcière. Que faudrait-il pour qu’elle finisse par lui faire goûter ? Son regard chuta sur la table basse, là où reposait les deux bouteilles. Il n’y avait qu’à se servir à la source, alors, songea t-il simplement. « Je te rappelle qu’on a les bouteilles, j’ai rien foutu dedans ! » Car elle semblait s’inquiéter de ce verre de SoCo à la farine.  Et de pouvoir ou non goûter au SoCo tout court. « Mais si t’en veux pas, je garde tout, hein. » Un tel sacrifice, il était prêt à le faire, pour sûr. Abel était captivé par cette pensée-là et fut prit de court par Mila qui, sans crier gare, commença à lui épousseter le visage des particules blanches qui le parsemaient. (Elle avait déposé son verre juste avant pourtant, et ça s’était passé presque sous ses yeux.)

Elle oeuvre à le débarrasser de cette farine et il grogna bouche fermée lorsqu’elle lui intima de ne pas bouger. Oh, non, il n’est pas en colère. Il n’est même pas froissé : à vrai dire, il aime lorsqu’elle s’occupe de lui. Le grand enfant qu’il est ne pourrait le nier, ce serait un grossier mensonge que d’avancer le contraire. Et si j’ai envie de bouger ? Qu’est-ce que tu vas faire ?, lança t-il, insolent. Pas de laisse au Black Dog, elle-même l’avait dit… que ce soit pour des bagatelles ou au-delà, il n’était pas rare de le voir mordiller les fers qu’on essayait de lui passer. Je t’ai pas loupé… Il grimaçait un peu, ne facilitant pas forcément la tâche à la jeune femme. C’est ça, vante tes mérites ! Pas méchant pour un sou. Si le début des opérations il s’était gardé de la regarder trop longtemps dans les yeux - un clebs qui boude en ferait autant - il n’avait pas pu rester plus de temps sans aller les chercher. L’homme ne fut pas étonné lorsqu’elle l’évita.

Lorsqu’elle insista sur le coin des lèvres, c’est un sourire amusé qu’elles dessinèrent. Il dissimulait très bien ce cœur qui s’emballait un peu plus, ses joues qui se réchauffaient. Si l’alcool pouvait être aussi responsable, ce n’était pas le premier qu’il avait désigné. Mila sourit à son tour, timidement certes, mais cela ne fit qu’affermir le sien. Elle évite ses perles claires. « Merci. » Un signe qui montrait qu’il était déjà un peu plus présent, et c’était à double tranchant. Elle lui rappelle cette histoire de crêpes alors qu’il est en train de finir son SoCo farineux - et il se cale un peu sur la musique, histoire de. Bien sûr qu’il la connaît, avec un tempo sucré comme celui-là et cette mélodie… il en aurait ondulé s’il n’était pas assit. (Et s’il n’avait pas autant marché pour venir ici.) Leurs cuisses l’une contre l’autre, elle se rapprocha à nouveau en lui tendant son verre, qui prit alors l’allure de saint graal. Il fit un peu les yeux ronds - juste l’espace d’une demi seconde, histoire de se donner bonne conscience - avant de récupérer le verre, qu’il huma dès réception. Il but cul-sec ce qui restait du vin blanc, venant se plaindre aussitôt, un zeste de malice se lisant dans ses prunelles. « On sera deux sur la bouteille, c’était une misère ce que tu m’as laissé… tiens, ton ami ‘reviens’ est là. » Furent les mots qui précédèrent le changement de morceau (pour Obsession d’Aventura) ainsi que les mots de Mila - d’une teneur un peu plus grave. (Il lui avait tendu son verre vide, se sentant un peu démuni avec son reste de SoCo à la farine.) Ça s’était senti même à la fin de sa propre phrase, alors qu’elle semblait cogiter sur la question…

Sa vision.

Et si un peu plus tôt il avait lancé ça avec une sincérité affligeante, il se sentait déjà un peu plus mal maintenant à l’idée de retrouver ce flot de pensées-là. Elles étaient particulièrement vénéneuses, pour ne pas dire insidieuses. Comme prit d’une certaine nervosité, il tira son bras vers la table basse, puis se resservit du blanc - à défaut de ne pas avoir son SoCo. Les arômes du Monbazillac étaient agréables au palais. Du petit lait, en somme. Affecté… est-ce qu’il avait vraiment eu l’air de l’être ? Ou avait-elle senti au-delà de ses mots ? Le libanais avait balancé ça sans rien attendre derrière. C’était un ressenti, un poids qu’il se traînait comme un boulet. Cette vision-là était beaucoup plus forte que les autres, et il avait la sale impression qu’utiliser trop souvent son pouvoir avait des effets particulièrement négatifs sur lui, et ce de manière générale. Comme il pensait que ce n’était pas qu’une impression… que ces émotions-là étaient bel et bien les siennes. Il n’avait pas éprouvé le moindre remord à voir au travers de ces yeux-là. Il n’avait pas souffert, sur le moment, d’un quelconque sentiment de culpabilité. Ni de tristesse, comme il aurait dû en être frappé… chose qui n’avait même pas eu lieu d’être dans une toute autre situation, lorsque le corps rapiécé de Bob s’était disloqué pour ne laisser échapper qu’un flot énergétique monstrueux - empreinte qu’il connaissait - ainsi qu’un esprit en peine.

Abel se replace au fond du canapé, où il retrouve sa place à ses côtés. Il regrette d’avoir eu à parler de ça. Il le regrette car il n’en a jamais parlé à personne, encore moins à ce qui pourrait s’apparenter à des collègues, des amis. Un Karamé n’a pas le droit d’avoir ses faiblesses, l’homme qu’il était devenu avait suffisamment souffert de cette image donnée par les médias pour en avoir assez. Le sorcier passa une main sur sa nuque balafrée, sentit une main se poser sur son genou. (Ses yeux vrillent dans sa direction, naturellement.) Son cœur bat fort sous sa poitrine, il n’ose relancer le sujet. Ni répondre quoi que ce soit. Les mots de Mila sont sensés mais pourtant, ils perdent de leur force à mesure qu’ils font écho dans son esprit. Il se mordit l’intérieur de la lèvre inférieure, se gardant de lui dire ce qu’il pensait. Trop fort. Tu n’en sais rien. Pas un reproche. Son coude s’alourdit et il laisse retomber sa main. Si son regard ne sourit pas, ses traits eux, le font aussitôt. C’est doux, léger.
Tu ne sais pas ce que je suis en train de faire, ni de préparer. Tu ne sais pas… ce qui est là, tapis au fond de moi. Tu ne sais pas pourquoi ce chien est noir… pas encore. Et je crois que moi non plus…

Des grimoires sur lesquels étaient crachées des lignes maudites ; une étude de la magie nécromantique qui plaisait tant à ses ancêtres et constituait son ultime héritage. Héritage qu’il avait récupéré dans sa totalité et dont il s’était on ne peut plus imprégné. Une appétence qu’il savait insatiable… si Afya avait été là, elle l’aurait empêché. Ses frères et soeur ignoraient la teneur de ces grimoires, des pouvoirs qu’ils pouvaient procurer, du danger qu’ils représentaient vraiment. Ça allait bien au delà de la simple aversion pour la magie. Et aujourd’hui c’était entre ses mains que reposait le savoir de toute une lignée. L’esprit de son grand-père Isham, avec qui il avait longuement dialogué lors de son séjour au Liban, lui avait alors délivré ces mots. « Je sais ce que tu as fait, fils. Et je sais ce que tu vas faire. » Des années s’étaient écoulées. Et le seul sorcier Karamé qui daignait le trouver lui avait cédé d’autres vérités, l’incitant étrangement à poursuivre sur le chemin qu’il s’était tracé. Pas le bon, mais le sien.

Happé par ses réflexions, il en zappa l’autre verre, le sien, qui partit aux mains de la chapardeuse. Lui aussi était quasiment vide - c’était de la liqueur, ça n’aidait pas vraiment. Il la toise alors, hausse les sourcils avec un sourire. « Tu vas pas nous refaire le même coup qu’au premier de l’an, hm ? » Le moment où il avait encore été sobre et où elle avait commencé à ne plus l’être, en fait. Abel n’était pas du tout au courant de ce qui s’était passé pendant la soirée, ni qu’elle était bien plus informée sur le sujet qu’il ne pouvait l’être. C’était bien innocemment qu’il avait dit ça, en profitant pour changer de sujet et surtout, se recentrer. Il trempa à nouveau ses lèvres dans le verre de blanc qu’il s’était resservi bien gentiment. Et pas qu’un peu, pour le coup - la moitié y était passée, là, sans effort. En la voyant rougir un peu sous la ‘brûlure’ qui lui irradiait la gorge, il passa une main sur son dos, qu’il caressa doucement. Décolla son dos du canapé, écoutant d’une oreille le nouveau morceau qui passait. L’oriental déposa un chaste baiser sur sa joue. Merci. Puis se leva. Comme un coup de balai passé par ses soins, il éloigna le mauvais pour ne garder que le bon. Il n’était pas là pour s’enterrer, mais pour profiter d’être ensemble. C’est en vivant la musique qu’il alla sortir la pâte à crêpe, déposant son verre (qui n’était théoriquement pas le sien) sur le plan de travail. Boire à jeun, ou en ayant consommé du cannabis avant… pas une bonne idée en soi. En général, c’est à l’eau qu’il tournait par après. C’était déjà plus raisonnable… même s’il l’était rarement.

Il sortit la poêle, l’huile. Tout était prêt, il n’y avait plus qu’à. « T’as le droit d’essayer d’en faire une. En plus la première est connue pour être ratée, alors ça couvrira la catastrophe. » Douce vengeance. Avec un peu de chance, elle prendrait la phrase à l’envers ou la détricotera d’elle-même. L’alcool aide à l’ouvrage, non ? Toujours est-il que la taquinerie allait certainement faire son effet. Non, en fait, il y avait déjà eu un retour de sa part. « Du nerf, soldat ! », l’encouragea t-il en tapant dans ses mains… étrangement, c’est le chat qui arriva en premier. « Non, pas toi… », souffla t-il à l’attention de Neva, lui faisant un clin d’œil. Il faut que tu lui dises. Alors que Mila commençait à s’affairer, il se glissa un peu plus loin de la cuisinière, lui annonçant. « Je reviens, vidange. » Des pincettes ? Pas besoin. Pas avec elle, pas ce soir. « Crame pas la baraque, j’arrive, » lui dit-il simplement avant de disparaître - il connaissait les lieux, pas besoin d’un guide pour le tourisme. Et il se pressa quand même, tombant, au retour, sur des post-it. Qu’il eut du mal à lire d’ailleurs, il dut se rapprocher un peu pour voir - et lorsqu’il lut, il pouffa, un sourire niais jusqu’aux oreilles. Il entendit du bruit dans la cuisine, ce qui le força à retrouver son rythme, trottant jusqu’à la femme de la maison. Tiens… c’est lui ou ça sentait le cramé ? « J’suis là… », murmura t-il en se rapprochant un peu d’elle. Derrière elle, il passa sa tête au dessus de son épaule. Vit l’état de la crêpe. Fit la moue, un peu perplexe. « Bon… tu te dévoues pour la manger ? Ou on l’offre à cette brave dame qui te sert de voisine ? » Un léger silence. Il pivote un peu son visage vers le sien, un sourire aux lèvres. Un nouveau baiser sur sa joue douce. « Ok, vengeance acceptée, elle est pour moi. » Et il allait prendre la suite des opérations à partir de maintenant…

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   18.02.17 17:39



Sounds like a melody

Abel & Mila


Remuer la merde ? Visiblement Mila s’en sortait plutôt bien… Elle avait l’art et la manière de faire des boulettes. Maladresse légendaire. Pas seulement dans les gestes, mais dans les mots également. Ce soir n’échappa pas à la règle. Rebondir sur sa vision après l’épisode de la farine, ce n’était pas une bonne idée. Et pour cause, Abel s’était refermé quelques minutes dans sa forteresse impénétrable. Mila s’en voulait déjà d’avoir balancé cette bombe alors qu’ils passaient une agréable soirée. Tourner sa langue sept fois dans sa bouche, hein ? Elle devrait méditer sur la question car pour le moment, elle se sentait tellement penaude face à la réaction du musicien… Elle le savait pensif mais son absence ajouta une petite pointe d’angoisse qui serpentait dans ces entrailles. Mauvais pressentiment ? La brunette ne disait pas un mot, mais restait observatrice.Ne fouille pas sa tête… ne fouille pas sa tête…Non, ils n’avaient pas besoin de ça. Son soupir expira de ces narines tandis qu’elle se pinçait les lèvres, comme lorsqu’elle faisait une belle connerie. Et il appuya un peu plus sur la meurtrissure en lui balançant ces quelques mots intimistes. Tu n’en sais rien Elle se tendit la micro seconde qui suivit, déviant son regard vers la table basse. Piquée. Que voulait-il dire ? Qu’elle ne le connaissait pas assez pour savoir qu’il ne ferait pas de mal à un bébé ! Et ma main dans ta bouille d’Ange ? Ces phalanges se refermèrent en un deux poings. Non, elle ne répondit pas… mais n’en pensait pas moins ! L’ambiance venait de s’alourdir… par sa faute. Pourquoi… pourquoi il fallait qu’elle remette la vision sur le tapis. Crétine ! Oh Dame conscience la fixait derrière ses lunettes rondes en secouant la tête de gauche à droite. Dépitée.

Le verre de SoCo n’était pas de trop, même si elle sentait encore cette liqueur s’attaquer à son estomac. Estomac vide qui plus est. Dans un élan de soutien –pitié ? il lui caressait le dos. Elle crachait limite ses poumons. Bordel de merde. Ce truc était costaud… Son palais était habitué à de l’alcool raffiné et doux. La vodka ?... C’était raffiné et doux ! Mila commençait à reprendre un semblant de respiration, lorsqu’il balança sa petite bombe. En tout innocence de cause. Le premier de l’an fut jeté sur la table. La brunette releva progressivement son regard brun sur le musicien. Il se souvenait de tout ? Non. Impossible. Il était dans un tel état cette nuit-là. Elle aussi. Deux déchets à vrai dire… Sauf qu’elle possédait un avantage considérable sur lui, celui de pouvoir lire les esprits des Autres… sans ça, elle serait tout comme Abel. Dans le flou total. Il se servit un verre de Monbazillac. Mila se redressa doucement en passant le bout de ces doigts sur sa fine gorge. Ses yeux braqués sur lui. Si tu savais. Qu’elle partagea sans le désirer. C’était plus fort qu’elle… La brunette se racla doucement le larynx. Il la remercia. Ces billes chutèrent sur un coin du canapé. La remercier de quoi ? De lui avoir remis en tête cette vision et de pointer du doigt le fait qu’il puisse penser être aussi mauvais que cet assassin. Tu parles ! Mila ne ricocha pas. Ces paumes se frottèrent nerveusement sur ses propres genoux piqués de leur bas couleur chair. Elle souriait faiblement à sa bise sur sa joue et le regarda partir en direction de la cuisine. Une transition nécessaire.

Ils n’avaient pas besoin de creuser leur tombe ce soir. Ils étaient là pour profiter l’un comme de l’autre. Alors elle ravala son amertume et tendit le bras vers la bouteille de vin. La belle se servit un bon verre de son nectar à la robe jaune. Finalement, elle resterait au vin… Si monsieur voulait bien partager (comme s’il avait le choix).
De sa place, elle l’écoutait et ne put s’empêcher de tourner sa bouille dans sa direction, les sourcils légèrement froncés et la bouche en cul de poule. C’est trop d’honneur ! qu’elle maugréa dans son crâne et lui tira la langue. Elle se surprit elle-même. Depuis combien de temps n’avait-elle pas eu de réaction aussi puéril ? … Depuis trois ans… Elle se mit doucement à sourire, comme une gamine qui venait de flirter avec les frontières de l’Interdit. Sa tête s’inclina sur le côté sans le quitter des yeux alors qu’il frappait dans ces mains pour la motiver. Elle se laissa convaincre. Mais avant, Mila chercha la bouteille de Monbazillac. Hors de question qu’elle dorme sur la table. Puis son postérieur se releva du canapé. Debout, elle tira un peu sur le nœud qui tenait sa robe et la silhouette féminine se mouvait  élégamment jusqu’à lui. La brunette posa le vin aux côtés du verre d’Abel alors que le sien était porté à ces lèvres. D’accord, techniquement c’était celui du musicien, mais vu qu’il avait gardé le sien… Son regard dévia sur le saladier où reposait la pâte. Elle arqua l’un de ces fins sourcils. Combien de crêpes pourrait-il faire avec cette quantité ? Carmen était bien gentille, mais Mila comptait bien manger ce soir… Son estomac criait famine et ce n’était pas avec le liquide qu’elle s’enfilait comme du petit lait, qui allait le satisfaire. En revanche, les effluves de l’alcool commençait à contaminer le corps de la sorcière. Elle n’était pas saoul, encore une chance. Elle était juste ‘bien’.

Curieuse, elle tendit le cou tout en regardant le profil de ‘Monsieur crêpe’. Il était concentré sur ces gestes. Méthodique. Silencieuse, elle essayait de mémoriser la base rudimentaire d’étaler de la pâte dans la crêpière, le tout avec une dextérité du poignet qui la fascina. Même ça, elle ne savait pas faire ! Pourtant à le voir s’affairer, Mila se pensait apte à s’y coller… A croire qu’il comprit son regard admiratif en lui laissant les commandes le temps de courir aux toilettes. « Mais je… hein…» qu’elle bredouilla en le regardant filer à l’anglaise, la laissant en tête à tête avec ce truc qui cuisait dans sa crêpière. « Je ne sais pas comment…. Abel !... Rha ! » Le regard désarmé glissa de nouveau sur la chose qui brunissait à vue d’œil. Mila leva ces mains en l’air, pianotant des doigts, frôlant la panique. Qu’est-ce qu’elle était censé faire là ? Elle attrapa la spatule en bois, et la queue de la poêle. …OK…Ce n’était pas une misérable crêpe qui allait lui faire perdre ces moyens… Et pourtant… Le bout de sa spatule gratta un coin de la galette raide comme… comme un bâton (stop aux images salaces Mila !) Elle commençait à espérer en tentant de la retourner (pas en la faisant sauter, faut pas pousser non plus) mais le reste de la ‘crêpe’ était collé. Elle déglutit… « Abel… s’est… Abel s’est collé… Putain ! Merde merde merde ! » Elle pestait contre lui, contre la terre entière en voyant la crêpe devenir un tas de pâte cuite en boule au milieu de la poêle qu’elle poussait désespérément du bout de la spatule … Une vraie boucherie. La fumée qui s’en échappait ne présageait rien de bon… encore un peu et elle allait déclencher son alarme à incendie. J’suis vraiment nulle… Triste vérité. Elle trifouillait l’amas de pâte du bout de la spatule en bois lorsqu’elle entendit la voix d’Abel dans son dos. Mila relâcha un gros soupir de soulagement tout en soulevant la poêle du feu. Elle ne fit aucun commentaire… Sa bouche essayait de ne pas sourire. Elle se sentait froissée de ne pas y être arrivé. Délicatement, elle déposa la boule de crêpe sur l’assiette. Elle soupira de nouveau. Elle inclina légèrement la tête dans sa direction quand il déposa une bise sur sa joue. Toutes ces tensions se dissipèrent avec ce baiser.

Elle retrouva finalement le sourire plein de malice. « Reprend tout, moi j’abandonne ! Si on veut en manger ce soir. C’est préférable. Je suis une vraie catastrophe. » Qu’elle avoua en le regardant prendre sa place ; armé de la louche et de la crêpière. Elle en profita pour l’observer sans perdre de son sourire. Un sourire qui se fana lentement. Ces moments… Mila bascula un instant dans leurs souvenirs. Un déjà vu qui lui fit chaud au cœur. Ce dernier s’agitait un peu plus, réchauffant tout son corps d’une émotion qu’elle connaissait que trop lorsqu’il était à ces côtés. Sa main attrapa son verre qu’elle avait lâchement lâché pour s’improviser apprentie crêpière, et bu le contenu d’une traite. Elle chopa la bouteille et rempli de nouveaux les deux verres. La musique ‘sweet dream’ se lançait, habillant l’atmosphère de ses notes particulières. Mila l’aimait (lui ou la chanson ?). Elle ferma les paupières un instant, vivant la musique jusqu’à osciller des hanches lascivement. L’alcool. Traitre. Sa bouche s’étirait en sourire mutin alors qu’elle dansait aux côtés d’Abel, le verre collé contre sa gorge, pour rafraichir sa peau. « Some of them want to use you.. » Elle fredonnait et ouvrit les yeux sur le profil du sorcier. Il s’appliquait le bellâtre. Le tas de crêpes prenait de la hauteur. La crêpe en boule était posée sur une autre assiette. La rejetée. Elle posa son verre sur le comptoir. Et sans prendre de gants, elle perça leur bulle intime partagée entre les crépitements de la pâte qui cuisait et la voix de la chanteuse.  « Fais-moi tourner. » Elle n’attendait pas de réponse de sa part. Sa main désira la jumelle masculine qui tenait la poêle. Elle se rapprocha de lui tout en levant leurs bras au-dessus de son crâne et attendit qu’il la fasse tournoyer sur elle-même. Une fois… une seconde fois… Mila bascula sa tête en arrière, dévoilant sa gorge délicate tout en échappant son rire adorable. Quelques lourdes mèches s’échappèrent de son chignon bordélique pour danser contre sa nuque… Une dernière pirouette avant de le laisser retourner à sa crêpe qui commençait à prendre la même tronche que la rejetée. La brunette se mordit le coin  externe de sa lèvre inférieure sans le quitter des yeux, reprenant son équilibre jusqu’à heurter le plan de travail dans son dos. Abel était face à elle. Quelque chose piqua à cet instant la télépathe… Elle se sentait heureuse, son regard pétillant ne mentait pas. Leur complicité lui avait tellement manqué…

Ce que Mila ne vit pas, c’est sa sœur l’imiter. Pivotant sur elle-même en tenant sa robe d’une main, la seconde levée au-dessus de sa tête blonde. Ses boucles valsaient alors qu’elle tournoyait sur elle-même ; comme une poupée d’une boite à musique jusqu’à s’arrêter en éclatant de rire.

La rejetée ? Mila s’en occupa enfin et la distribua en la coupant grossièrement en morceau. Abel terminait la fournée entre deux bouchés qu’elle lui colla dans la bouche. Imitant pour elle-même. Bien que la crêpe était en boule et légèrement cramée, elle restait mangeable… Pas de gâchis !

« Bon ! Je pense qu’on a tout. » Souffla Mila en terminant son quatrième verre. La bouteille faisait la gueule. Le tas de crêpes séparés en deux n’attendait qu’une seule chose : se faire dévorer. L’un était destiné pour Carmen, et le second plus fourni resterait chez elle pour leur consommation personnelle ! Et ce n’était pas un mal d’en avoir un peu plus car la miss crevait de faim. « Ok, alors celui-ci c’est pour la voisine. » Elle prit le plat recouvert d’aluminium et lui colla dans les mains. Après tout, l’honneur lui revenait. Elle s’empressa de faire un brin de ménage avant de prendre la direction de sa porte d’entrée. Une fois rejoint par Abel, elle ouvrit tous les verrous puis la porte en grand. Elle n’enfila pas de chaussure, le couloir étant tapissé de moquette épaisse. Certes pas très propre mais elle s’en fichait. « Bon, je te préviens qu’elle est particulière. Tout devrait bien se passer. » Qu’elle tenta de se convaincre en refermant la porte sur la bouille de sa sœur terrorisée.Fais attention à toi Abel… S’il te plait. Fais très attention…qu’elle murmurait avant de disparaitre de son champs de vision.

Mila aux côtés d’Abel, remit un peu d’ordre dans ces cheveux et resserra nerveusement le nœud de sa robe. Elle leva le nez dans sa direction tout en prenant une profonde inspiration. « T’es prêt ?... C’est parti… Surtout tu as bien compris, on file les crêpes, tu bidouilles rapidement et on se fait la malle ! » Qu’elle lui souffla à demi-mot tout en avançant son index vers la sonnette, mais Mila n’eut pas le temps d’appuyer sur le bouton que la porte gris acier s’ouvrit sur la petite silhouette enrobée de Madame Richardes (aussi haute que la sorcière), laissant Mila sur le coup de la surprise. Elle était derrière son Judas depuis combien de temps !
« Mila ! Ma douce ! » Elle ouvrit grand les bras, comme si elle ne l’avait pas vu depuis des jours… alors qu’il s’agissait de quelques heures. La brunette replia son index en se sentant étreindre contre ce corps ramolli jusqu’à l’étouffement. Elle jeta un regard à Abel en coin, le sourire gêné tout en tapotant le dos de sa voisine. Puis Carmen la relâcha lentement pour tourner son  visage ridé sur la haute silhouette masculine. Elle prit le temps de le détailler de la tête au pied. L’œil charmé. « Voilà une agréable surprise ! Quel beau spécimen que tu m’emmènes là Mila… Elle gloussa presque en ramenant son regard pétillant sur la brunette. Mila n’osa pas regarder son musicien de peur d’exploser de rire. ‘Beau spécimen’… J’te l’avais dis…. Beau spécimen… même sa pensée transpirait le sourire. « Carmen, je vous présente Abel. Un ami. » Parce qu’il fallait bien passer par les présentations et que le mot ‘Ami’ lui égratigna la langue. File-lui ces putains de crêpes… Trop tard… Carmen s’arma de son sourire édenté, abimé par le temps. « Oh juste un ami ? Voyez-vous cela…Un oriental…  Je suis ravie de vous rencontrer, Abou.… Elle marqua une pause. Mila se rapprocha discrètement d’Abel pour lui tirer la chemise dans son dos au niveau de la ceinture de son pantalon… Il était temps de partir… et vite.. « Je manque à tous mes devoirs ! Entrez-donc ! Vous avez bien quelques minutes à accorder à une vieille dame. » Mila sentait le piège se refermer sur eux… Comment dire non ? « C’est très gentil Carmen... Mais nous ne voudrions pas… » mais la voisine lui coupa l’herbe sous le pied en levant son index devant la jeune femme. « Stop ma douce ! Vous n’abusez pas. Entrez donc ! » Elle les invita à pénétrer dans son appartement d’un mouvement de la main. Mila souriait doucement à Carmen et attendit que cette dernière baisse le regard sur les pompes de Monsieur pour faire les gros yeux à Abel. Elle entra, suivit du musicien dans l’Antre de la vieille mégère. Mila regrettait déjà… Carmen laissa Abel passer devant elle avant de fermer la porte. Son vieux regard glissa sur le postérieur de l’oriental, le sourire approbateur. … C’est qu’il a le cul bombé l’asticot… La télépathe roula des yeux jusqu’à Abel. Déconfite parce qu’elle venait d’écouter. Elle n’avait pas froid aux yeux la vieille ! « On va passer au salon… Attendez Abou, je vais vous débarrasser de ça… Merci.» Son regard chuta sur le plat de crêpe qu’elle prit en prenant soin de toucher les doigts masculins au passage. Un détail qui ne passa pas inaperçu du côté de Mila. Elle restait sur le cul. Depuis combien de temps n’avait-elle pas vu d’homme chez elle ? Elle ne voulait pas savoir…

Ces billes brunes lançaient des appels de détresse au musicien. Pour le moment, elle se garda bien de lui dire ce que Mme Richardes pensait de lui. Elle espérait qu’elle se calme. La silhouette dodue disparut dans la cuisine. Mila s’empressa de choper l’index et majeur masculin, se collant presque contre le flanc du musicien. Elle lui souffla à demi-mot, le visage tendu « On s’arrache à la première ouverture. Fais vite ce que tu dois faire et on se… merde… elle revient… » La vieille revenait vers eux en plantant ces mains sur ces hanches. « Mais vous êtes encore dans l’entrée ! Allez donc vous assoir. Mila prends donc place sur le fauteuil, Abou et moi allons prendre le canapé. »Qu’elle souffla l’œil malicieux. Mila comprit son petit manège ! Elle se débarrassait d’elle tout simplement, mieux ça fonctionnait ! Sa bouche se pinça alors qu’elle s’exécuta en relâchant Abel, docile, et posa lourdement son postérieur dans le fauteuil trop moelleux. Le regard braqué sur le ‘duo’. Elle croisa joliment ces jambes, ainsi que ces avant-bras contre sa poitrine. Carmen attrapait déjà le bras d’Abel. « Voudriez-vous bien m’escorter Abou ? J’ai parfois les genoux fragiles. Mila leva les yeux au ciel. Dieu qu’il est fort… et robuste… si j’avais des années de moins j’en aurais fait mon quatre heure…Elle offrit son sourire ‘charmant’ au musicien, l’air de rien, sous le regard désabusé de la brunette. C’était déjà trop. Désolée de te l’apprendre, mais elle n’a pas faim de crêpe… Abou ! La situation aurait pu la faire sourire si Carmen n’essayait pas de la foutre sur la touche. Elle ne manquait pas de culot l’Ancienne !


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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

AFFINITÉ : Lumière
POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   07.03.17 15:54



❝sounds like a melody❞
mila - abel
Elle a entendu.
Bien sûr qu’elle a entendu… à quoi t’attendais-tu ?
Abel se maudit intérieurement. Si leur lien invisible avait parfois du bon, ce n’était pas toujours le cas. Et la réponse qu’elle lui offrit eu le don de le crisper un peu. De quoi pouvait-elle bien parler ? Du premier de l’an ? Ou d’autre chose ? Dans les deux cas, il ne savait pas pourquoi elle ne disait rien. Ce n’était pas le moment ? Certes, mais ça ne le serait certainement jamais. Si lui semblait cacher des choses, elle venait de lui avouer qu’il en était de même de son côté. À son sujet qui plus est - du moins, c’était ce qu’il s’était imaginé à l’instant. Encore un tour de son esprit embrumé.
Et si Mila remonte jusqu’à lui d’un pas léger - l’alcool fait son marathon dans ses veines et c’est peu de le dire - après son propre chat, qu’il lui offre un regard, ce dernier cache encore derrière quelque chose. Une stigmate. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de balayer ça… mais le Black Dog ne savait pas vraiment mentir. Pas à elle.

Il se tient encore derrière elle lorsqu’elle rend les armes. Déconfite. Fais-toi confiance. Il n’allait pas la laisser en simple spectatrice pendant ces quelques minutes… il n’était pas de ce genre-là, sous prétexte de vouloir accélérer le processus. De toute façon, il était plutôt connu pour prendre son temps. Le libanais était un peu défoncé, y avait-il besoin d’en céder davantage en guise d’argumentation ?
L’homme se mit finalement au travail et, dans sa labeur, en profita pour montrer à Mila comment faire. Elle semblait être à moitié attentive - et il savait très bien pourquoi. Il secoua la tête avec un sourire, profita de la cuisson d’une des crêpes pour se reposer sur les souvenirs que lui renvoient ce parfum caractéristique. L’odeur qui monte dans l’appartement le ramène là où il n’avait pas remit les pieds depuis des lustres. Dans un de ces tiroirs fermés de son esprit. Difficile. Ses yeux se ferment un bref instant pendant son introspection. L’instant d’après, sans rien laisser transparaître, il descend le reste de son verre. Il s’y remet et la chanson phare d’Eurythmics s’impose dans leur champ auditif. La voix de la sorcière résonne et il ne put s’empêcher de poursuivre le couplet. « Some of them want to get used by you… », bougeant un peu la tête au rythme dicté par le morceau. Peu après, elle l’arrête quelques instants dans son ouvrage. Lorsqu’il lâche la poêle pour la faire tourner, c’est un regard attendri qui se découvre. Une… deux… il s’arrête ici, il a même remarqué la bouteille qui était en train de se faire siffler par la belle. Quelques pas en arrière pour revenir vers la cuisinière. « La troisième pirouette ce sera une prochaine fois. » Et ajouta en ricanant. « Tu vas finir par t’étaler sur la banquise si ça continue. » Il ne peut faire abstraction de ce qu’il a vu dans sa chambre, ni même ce qui se dressait là sous ses yeux. Un éclat dans son regard on ne peut plus clair : c’était une rare forme de bonheur qu’il avait décelé là. L’homme n’a pas lâché sa main avant qu’il n’ait été certain qu’elle put tenir après avoir tourné sur elle-même deux fois de suite. Et effectivement, il n’y avait plus à s’inquiéter… sauf pour la crêpe qui elle, avait un peu trop cuit. Il la retourne en vitesse, se disant qu’ils allaient la refourguer à la voisine. Elle n’irait pas faire la fine bouche, n’est-ce pas ?

Les minutes filent. La chaleur et l’alcool - pour ne parler que de ça - lui font rougir un peu les joues. C’était sans compter sa faim qui commençait à le titiller toujours un peu plus.
Pendant qu’il termine la dernière louche de pâte pour la transformer en crêpe, et comme si elle avait entendu sa supplique silencieuse, elle lui fourre un morceau de la crêpe ratée dans la bouche. (C’était pas le deal, mais au moins ça lui permettrait d’avoir un peu moins faim. Juste un peu.) À la voir s’activer ainsi, elle avait vraiment envie d’abréger ça… il se demandait s’ils n’allaient pas au bagne ? Cette voisine était-elle si terrible que ça pour qu’elle aie envie de se défaire de sa présence le plus rapidement possible ? Lorsqu’il finit de gober ce qu’il avait dans la bouche, qu’il coupe le feu et passe ses mains vite fait sous l’eau, il se tient le ventre. Il fit la moue, l’air affamé. Elles sont pas mauvaises, et c’était pas parce qu’il les avait faites… ça non !

Pendant qu’elle était en train de partager les crêpes, il alla chercher ses lunettes pour les échanger avec le plat qu’elle vint à lui foutre dans les pattes. « Puisque tu portes rien, prends ça, sinon… » Sinon je vais rien y voir. Ça paraissait plutôt évident. « Voilà, merci, » alors qu’il se raclait un peu la gorge. Là, elle le mit en garde sur la personne qu’ils allaient visiter. Ça commençait à devenir inquiétant son histoire. « Qu’est-ce que tu appelles ‘particulière’ ? » Parce que j’en ai croisé des cas sociaux, et je parle pas des deux mecs qui me servent de compagnons de galère. Sans s’en rendre bien compte, elle lui a emboîté le pas et l’a fait sortir de l’appartement. « D’ailleurs pourquoi c’est moi qui fait l’âne ? Ça faisait partie du plan ? », avait-il ajouté, remuant le plat qu’il avait dans les mains. C’est la voix et silhouette de Neva qui le recentrent. Elle disparaît très vite derrière la porte, ceci dit. « Reste là, ça se passera bien. », lui avait-il assuré. Puis à Mila, qui venait de le piquer d’une seule expression. « Bidouiller rapidement ? », a-t-il donc répété, un peu abasourdi par sa manière de voir les choses. Pour lui, c’était beaucoup plus important qu’une simple bricole à vérifier. Il s’agissait d’une vie, d’une présence, et bien souvent d’une personne qui souffrait atrocement. Le musicien laissa un soupir s’échapper de son nez, sans vouloir en rajouter. Ils sont déjà nez devant la porte de la voisine de toute façon.
Mila semblait se préparer à une guerre qu’il n’avait, à vrai dire, même pas soupçonnée. Ni imaginée un seul instant - et pourtant, il avait un esprit très imaginatif.
Mais c’est lorsque la porte s’ouvrit qu’il commença à comprendre l’étendue du problème.
Un… réel phénomène.

« Mila ! Ma douce ! », et aussitôt, ses sourcils se haussent tandis que son regard glisse jusqu’à la sorcière. Ma douce ?, pensa t-il, tentant de ravaler un sourire qu’on aurait deviné taquin, presque moqueur pour qui ne saurait l’interpréter justement.
Une envie qui s’évapora vitesse grand V… notamment lorsque ce fut à lui de s’en prendre dans le nez. « Bonjour. » La moindre des choses. Elle sort de chez elle de temps en temps, rassure-moi ? avait-il demandé à la jeune femme qui était postée à ses côtés. Mila le présente et il en serait presque vexé d’apprendre qu’il n’était qu’un ami. Ses mots sortent sans crier gare, et même s’ils étaient audibles, la vieille femme crut bon de les ignorer. « Un ami… plus qu’un ami, oui ! »

Elle commençait déjà à lui sortir par les trous de nez, rien que pour l’avoir surnommé Abou. Il est pourtant happé par autre chose, et c’est bien pour ça qu’il ne parvient pas à réagir aussi rapidement qu’il n’aurait dû. Quand Mila lui tire la chemise dans son dos, il capte les énergies environnantes, dont il s’imprègne malgré lui.
Une excuse par pensée, bafouillée, quelques secondes plus tard. La présence qu’il sent entre ces murs est on ne peut plus réelle. Son regard galope sur les différents obstacles qui se dressent çà et là. Il balaie un peu ses ressentis pour se recentrer une nouvelle fois, mais son œil est un peu plus lointain qu’à l’accoutumée. Carmen lui ôte des mains le plat, et c’est à un contact pas forcément désiré auquel il goûte. L’ancienne disparaît. Le léger sourire qu’il avait sur les lèvres était en train de s’effacer. Il y a vraiment quelque chose chez elle. Regarde-la, elle est complètement crevée ta Carmen. Tu l’as toujours connue comme ça ? Le visage très marqué, les cernes bleutés ? Si on passait l’étape des dents et des rides… s’était-elle au moins plaint de ne pas réussir à dormir ? Il n’avait pas eu tous les détails… mais était-ce seulement important pour l’instant ? Si ça pouvait l’être pour les « chasseurs de fantômes » lambda, ça ne l’était pas vraiment pour lui. Pas besoin d’un matos coûteux et encombrant.
Lorsqu’ils rentrent, c’est avec une impression d’être pris au piège. Mauvaise impression. Le regard de la sorcière est quant à lui évocateur. La petite silhouette (enfin, la carcasse mouvante) réapparaît. Abel n’est pas tout à fait à l’aise, et ce n’est pas forcément dû à la situation, mais plutôt parce qu’il semble percevoir ici. En se déplaçant alors jusqu’au salon, il observe attentivement le moindre détail anormal. Et c’est en tombant sur une seconde horloge arrêtée à la même heure qu’il tiqua. Tu veux qu’on se souvienne de toi…, avait-il pensé pour lui-même. L’esprit humain, s’il s’agissait vraiment d’une entité comme celle-ci, lui offrait un bon bol émotionnel. Son « plus qu’une amie » lui attrape deux de ses doigts et se colle à lui. Il atterrit.

Elle veut prendre le canapé… lorsqu’il voit Mila s’installer sur le fauteuil, il n’apprécia pas vraiment qu’on lui donnât des directives de cet acabit. Surtout venant d’une inconnue. D’autant qu’elle lui attrapa le bras pour soi disant l’escorter. « C’est pas comme si vous me donniez vraiment le choix… », murmura t-il, déjà exaspéré. La première impression, celle de n’être qu’un morceau de viande à ses yeux, se concrétisa davantage. Désolée de te l’apprendre, mais elle n’a pas faim de crêpe… Abou ! Un léger soupir qui s’extirpa de ses lèvres. Alors elle savait déjà… remarque, si lui avait deviné, ça avait dû être encore plus simple pour la Kozlek. Le contraire m’aurait étonné… mais si elle m’appelle encore une fois Abou, je crois que… « Alors dites-moi Abou, que faites-vous de beau dans la vie ? » « Abel. Je m’appelle Abel. » (Il a l’air ailleurs. Mais il insiste. Il a presque l’air désagréable.) « Je suis… » C’est un piège, ya khouya. Ne lui dit pas que t’es musicien ou chanteur, elle va vouloir une démo… « Je travaille au MCPD. »

« Oh ! Merveilleux ! » Son regard pétille. Elle n’a pas lâché son avant bras, qu’il s’étonna à savoir caressé presque imperceptiblement. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’il le retira en fuyant ses yeux de lynx. « Mais dites-moi, vous portez donc l’uniforme ? » « Non, pas vraiment non… » Evidemment que cette information la surprend. Travailler au MCPD, pour la grande majorité des civils ignares, c’était porter l’uniforme. Il lui donna donc un supplément, de quoi éclaircir cette zone d’ombre. « Disons que mon secteur d’activité est quelque peu… différent. » Cette brave femme allait rebondir dessus, mais il ne lui en donna pas l’occasion. « D’ailleurs… si je peux vous aider, autant que j’y jette un œil tout de suite. » Elle se redressa un peu sur son assise alors qu’il venait (déjà) de se hisser sur ses deux jambes, laissant les deux femmes à leur place, assises. « Vous n’avez besoin de rien, Abou ? » Il lève les yeux au ciel, se rattrape aussitôt. « Non, rien pour l’instant. » Un léger sourire qui se voulut forcé. Lorsque ses yeux clairs balaient à nouveau le salon, Carmen jeta un regard dubitatif à la sorcière… en louchant au passage sur l’homme qui se tenait debout. Jusqu’à ce que la réponse se découvre d’elle-même. « Oh mais… ! Ne seriez-vous donc pas… ? » Alors qu’il a le dos tourné, elle se réarrange sa tignasse et redresse un peu la poitrine. Bien essayé, mais elle pendait déjà suffisamment pour essayer de la remonter un peu plus. « Un sorcier, oui, » lui avait-il lâché avant de s’éclipser là où les énergies semblaient se rassembler. « Non ! Ne… rentre… pas ! » entendit-il derrière la porte que lui avait désigné Mme Richardes. D’ailleurs, cette dernière était en train de murmurer audiblement, à l’attention de Mila. « Mila, ma douce ! Tu es bien cachottière… tu m’avais caché ça ! » « Je veux juste te parler… », dit-il à cette voix masculine, face à la porte. Il insista une nouvelle fois, puis garda le silence. Il sentit l’entité se rapprocher, et c’est une émotion vive et incontrôlée qui s’empara de lui à cet instant. Une profonde tristesse, mêlée à de la peur. « Laisse…moi…tranquille… » « Je veux juste t’aider… je suis là pour ça. », marmonna t-il alors qu’il s’éclaircissait la voix, chevrotante malgré lui. « Tu… me… entends ? » Il acquiesça. L’esprit avait pensé parler dans le vide, comme à l’accoutumée. Il est évident que la vieille femme ici présente n’avait jamais entendu le son de sa voix et n’avait jamais écouté ses suppliques. La main du jeune homme traverse la porte, tente de l’attraper. Abel ouvre la communication, puis la porte, qu’il laisse entrouverte. Une petite fente, pas plus. « Je veux être tranquille… je veux pas que tu restes ici… » Les yeux du médium sont voilés de larmes qu’il ne sait réprimer. Il ressent, toujours. Et trop fort. Le contact s’est installé, il n’a cependant pas encore réussi à convaincre le garçon de cesser ses manifestations. Il est malheureux. Seul dans l’outremonde. Tout ça, le sorcier le perçoit… le comprend.

C’est près de quinze minutes plus tard qu’il sort de la pièce. L’esprit ne le suit pas. Il a les yeux rouges et il n’est pas difficile de deviner que ce sont des larmes qui ont coulé un peu plus tôt. Même le bout de son nez est lui aussi empourpré. Il ne rebondit pas sur ça, il en fait abstraction. La communication est toujours ouverte… tout comme la porte, qu’il n’a pas refermée - c’était là aussi volontaire. Avant qu’on ne le crible de questions, il posa. « Ça va. » Ce n’était pas le genre de personne à pleurer pour rien. Combien de fois Mila avait-elle pu le voir avec une tête pareille ? La réponse la plus juste à donner serait… jamais ? Oui, ça va bien, t’inquiètes pas. Abel avait insisté auprès de Mila. Elle qui n’avait encore jamais réussi à appréhender ce don, cette perception de l’invisible. Il n’avait pas mit un oignon sous le nez pour jouer la comédie non plus. Pendant quelques instants, il a comme perdu sa langue. Son esprit divague. L’entité parle toujours. Maintenant, elle pleure, gémissante.
Oh, il a bien une solution à proposer, mais il ne peut pas faire ça ce soir. Demain, après-demain, mais pas ce soir. Il l’avait pas le nécessaire sur lui pour faire un rituel. De quoi apaiser cet esprit, car il ne pourrait vraisemblablement pas le faire via la parole ou d’autres subterfuges. Il ne souhaitait pas lui faire de mal non plus, lui laisser son intégrité. Chose dont il aurait pu s’affranchir, à user de son second pouvoir, découvert durant son voyage au Liban. Il attrape le mouchoir qu’on lui tend, lâche un merci. Juste après, il demande ses lunettes à Mila, les enfile. Un sourire germe à nouveau sur ses lèvres. « Je devrais pouvoir vous aider Mme Richardes, mais je ne pourrais pas faire grand-chose ce soir. » Une aubaine, hein ? Il devrait faire abstraction de ce regard et de ces manières. Pour l’esprit du garçon, il le ferait sans hésiter. Un « Désolé, » courtois s’échappe. Un sourire qui se raffermit un bref instant. Il a l’air d’être préoccupé… et ici sans l’être.
Le spectre s’agite.

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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ALIAS : Petite Rose
ÂGE : 31 pétales.
OCCUPATION : Excellente Wedding Planner spécialisée dans le Vintage Bohème et le Shabby Chic.

AFFINITÉ : Air
POUVOIRS : _Télépathie (La perception extra-sensorielle)
Mila est une télépathe. Son don est, pour le moment, uniquement un outil de communication. Elle peut lire les pensées d’autrui (et les fouiller) à distance, sans grande difficulté et également leur transmettre les siennes grâce à l’œil de l’Esprit (souvent traduis par un regard plus appuyé).

_Choc mental
Il s’agit d’une douleur térébrante infligée par la télépathe directement à l’esprit de l’Autre(s). Cela peut se traduire par un simple étourdissement, d’une migraine insupportable ou finir en véritable torture, paralysant la personne qui, pliant sous le supplice, peut perdre connaissance si Mila ne lâche pas sa victime. Elle n’a pas besoin de contact physique pour soumettre le choc mental. En revanche, les effets pernicieux de l’utilisation de ce pouvoir restent conséquent car la télépathe peut se voir très affaiblie (saignement de nez, vertige) jusqu’à perdre connaissance en cas extrême.


THÈME : Paint It Black, Ciara.Familiar, Agnes Obel. Sweet Dreams, Emily Browning. Burning Heart, Svrcina. Innamoramento, MF. Dopamine, Comets We Fall.


COULEUR RP : Plum (Mila) #ffcc33 (Neva)
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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   07.03.17 23:46



Sounds like a melody

Abel & Mila



« Puisque tu portes rien, prends ça, sinon… » Sinon je vais rien y voir. Hmm ? Mila baissa les yeux sur les lunettes qui lui tendaient. Il avait profité qu’elle soit occupée à partager les crêpes pour filer dans la salle de bain… La brunette le sait pour l’avoir vu partir en direction de sa chambre… de sa chambre ! Oh My God! une pensée presque criée alors qu’elle récupérait la précieuse paire d’une main hésitante. Ses perles sombres se levèrent dans sa direction. Suspicieuse. Il ne semblait pas différent. Pourquoi le serait-il ? Après tout, il s’agissait que de ces post-it. Classique… Seulement elle y avait noté dessus son excitation à l’idée de le retrouver. Le ‘ABEL’ entouré en rouge et piqué d’un cœur lui percuta l’esprit. Bordel… Elle sentit ces pommettes s’échauffer lentement. Détourne-les yeux ! lui hurlait sa Déesse Intérieure… Mais Mila n’y parvenait pas. Ces doigts se refermèrent en douceur sur les lunettes. Elle les garderait dans sa main, sa robe ne possédant pas de poche. Pour le reste, elle serrait des fesses qu’il n’est rien remarqué… Après tout, il ne voyait pas sans sa paire sur le nez. Une pensée qui la conforta. Elle en soupira de soulagement.
Si seulement elle savait…

***

Et les voilà en scène entre les mains de sa voisine… Voisine dont les pensées devenaient de plus en plus déplacées vis-à-vis d’Abel. Si Mila ne disait rien jusque-là, ce n’était pas sans violence. N’avait-elle pas dit qu’il s’agissait d’un Ami ? Une position qui laissait le ‘champ’ libre à toutes les autres femmes. Notamment celle de plus de soixante-dix ans. Un détail qui aurait pu l’amuser il y a quelques années en arrière (vraiment ?) mais à présent, la Belle se sentait piquée à l’idée que Carmen puisse baver sur lui. Réaction primaire. Stupide. Pourtant, c’est bien une Mila crispée qui se tenait ici, assise dans ce fauteuil bien trop croulant pour elle. La sorcière se sentait s’enfoncer de plus en plus dans le creux de ce truc aussi ancien que la vieille Richardes. Et c’était très désagréable. Tout comme le spectacle qui se déroulait sous ces yeux. Vite une bassine que je vomisse ma jalousie ! Jalousie ? Ridicule. Elle dévia un instant son regard sur la pièce habillée de vert bouteille (parce qu’elle sentait la moutarde lui monter au nez), de meubles en bois tout aussi âgés que leur propriétaire. Des cadres photos avec le même homme revenaient souvent. Sans nul doute Monsieur Richardes. Sur l’une des photos, se dressait le portrait d’une jeune femme. Mila ne l’avait jamais croisé. Peut-être qu’il s’agissait de sa fille… Finalement, elle ne connaissait pas voir peu sa voisine. Voisine qui ne semblait pas être au meilleur de sa forme d’après les dires d’Abel. Mila ne l’avait pas remarqué. Le temps abimait sa chair d’une certaine fatigue. Pour la sorcière, son grand âge, ces rides en étaient la raison. Elle ne lui avait pas répondu sur le coup parce qu’effectivement, elle l’avait toujours connu aussi terni.

Tu veux qu’on se souvienne de toi…
Une pensée qui se mêla à la sienne, de quoi attirer les perles brunes de la sorcière sur son Ami. De qui parlait-il ? De Carmen ? Elle cligna des paupières sur le moment en essayant de comprendre pourquoi il venait de penser une telle chose. Si elle souhaitait la notoriété la vieille, il fallait qu’elle y pense bien avant. Etrange…

Le contraire m’aurait étonné… mais si elle m’appelle encore une fois Abou, je crois que…Mila arqua joliment l’un de ces sourcils tout en inclinant sa bouille sur le côté gauche sans dévier le regard d’Abel, à la limite d’éclater de rire. Le pauvre n’eut pas le temps de dire le fond de sa pensée que Carmen raviva les braises en remettant ‘Abou’ dans la conversation. Mila se mordit le coin de sa lèvre inférieure pour ne pas céder à son rire qui gargarisait dans sa gorge. Vu d’ici, vous avez l’air d’un vieux couple. Je t’assure que c’est mignon à regarder. Taquina la brunette en se pinçant fortement les lèvres. Elle décroisa ces jambes un instant pour les recroiser dans le sens inverse d’un geste élégant. Pitié… On va éviter le feu de joie au milieu du salon… J’veux partir d’ici. Je me sens pas vraiment à l’aise. Confia Mila qui balançait son ressenti. Etait-ce la pièce qu’elle trouvait confiné avec ces couleurs et ce bois brut ? Ou bien l’odeur d’antimite ? Ou encore cette désagréable sensation que les murs se rapprochaient d’elle… Une soudaine envie de fuir lui piqua les jambes. Sa claustrophobie grattait les murs de sa raison. La Belle eut une bouffée de chaleur. Bouffée de chaleur bien vite étouffé par l’échange qui se déroulait sous ces yeux. Carmen semblait jubiler en écoutant la confession d’Abel sur le MCPD. Non mais… Allait-elle calmer ces hormones ? Mila pouvait sentir son endorphine jusqu’ici et c’était… dérangeant. Vraiment. Elle souleva la question de l’uniforme… Mila soupira d’exaspération devant cette erreur que la plupart des gens faisaient… Non ce n’était pas un Men In Black. Mila leva les yeux au plafond fissuré pour la troisième fois de la soirée. Ou peut-être était-ce plus. Quoiqu’il en soit, elle fut amusée de voir la déception voiler le visage de la vieille mégère. Tu viens de piétiner son fantasme... Taquina la sorcière bien que son visage ne pouvait cacher qu’elle était blasée. Ce petit tour de gratitude tournait en véritable calvaire qu’elle subissait, là, sur ce fichu fauteuil… Loin de lui. De quoi la faire rager encore plus. Elle luttait pour ne pas y mettre fin. L’envie de se lever, d’attraper la main d’Abel pour le sortir d’ici la torturait. Son éducation de fille bien élevée lui interdisait ce genre de débordement… mais ce n’était pas l’envie qu’il lui manquait. « Mila, ma douce ! Tu es bien cachottière… tu m’avais caché ça ! » La sorcière sursauta sur place. Elle rêvait où elle venait enfin de lui adresser la parole ? Non parce qu’elle avait l’impression d’être transparente à ces yeux. Son regard abasourdi allait de Carmen à Abel, puis d’Abel à Carmen. La brunette se contenta d’hausser simplement les épaules en lui adressant son sourire passe-partout. Caché quoi ? Elle ne percuta pas sur le coup. C’est par la suite qu’elle comprit que sa voisine faisait allusion à sa nature de sorcier. Si tu savais. qu’elle maugréa en affichant ce même sourire. Comme si Mila allait déballer sa vie, mieux la vie d’Abel.

Et Abel se mit à parler. De la même manière lorsqu’il s’adressait au vide…. Ah non ! A son ami imaginaire. Elle reconnaissait son grain de voix qu’il arborait. Attentionné. Doux. Minute ! Alors comme ça, il pouvait percevoir celui de Carmen ? Mieux, il pouvait l’écouter et discuter avec ? La miss cligna des paupières et se redressa un peu du dossier. Il semblait fermé sous la concentration. Ne me dis pas que je suis en train de te perdre… S’inquiéta-t-elle en le regardant face à cette porte. Ces mains sur les accoudoirs se crispèrent. Elle le vit entrer. « Abel… » Trop tard. Elle soupira lourdement et se leva du fauteuil dans un bruit de tissu. Carmen ramena son regard abîmé par les années sur sa Douce. Elle ne comprenait rien. « Mais à qui parlait-il ? » Demanda Carmen en rejoignant Mila de sa démarche nonchalante. « Je ne sais pas trop. »Avoua la brunette qui regarda sa voisine prendre ces mains dans les siennes. Elle fut surprise de la sentir si froide. Son regard baissa sur la vieille dame. Son cœur se comprima en voyant l’inquiétude dans ces perles claires. « Tout ira bien. Il sait ce qu’il fait… » Qu’elle essayait de se convaincre. Après tout, il ne craignait rien. Pourtant, Mila ressentait cette pointe d’angoisse la submerger tout en glissant son regard noisette sur la porte entrouverte. Le silence était pire que tout. Etre dans l’ignorance la plus totale. Ne pas savoir ce qu’il pouvait bien se passer de l’autre côté de cette fichue porte. Mila se fit violence pour ne pas pousser Carmen pour rejoindre Abel et le sortir d’ici. Tout était lourd. L’atmosphère avait changé, jusqu’à piquer le bout de ces doigts de fourmillements désagréable. C’était quoi ce bordel ?Alors pour comble le silence…  « Dites-moi Carmen… Vous avez encore votre Ami imaginaire ? »

Quinze minutes s’écroulèrent. Aux yeux de Mila, il s’agissait d’une éternité…Les mains de Carmen autour des siennes, elle crut mourir sur place de ne pas le voir revenir. Lorsqu’il réapparu devant les deux femmes, Carmen relâcha Mila pour se diriger vers lui. Inquiète. « Tout va bien Abou ? » Elle posa une main sur l’un de ses poignets, cherchant à capturer son regard. Quant à la sorcière, elle resta à l’écart (par la force des choses, merci Carmen !) et de toute manière, elle se sentait incapable de bouger. En revanche, elle dévisageait Abel. Ces yeux rougis… Il venait de pleurer ? Son cœur saigna. Elle n’aimait pas le voir pleurer. Pas comme ça. Pas ce soir. C’était leur soir bordel de merde. Elle regrettait de l’avoir embarqué dans cette merde. Non, elle ne comprenait pas. Tout était flou. Pourquoi pleurer pour quelque chose qui n’existait que dans leur tête… Ou bien… non… les fantômes n’existent pas. Elle ne sait pas pourquoi mais Mila sentit ces propres yeux la piquer. Non, elle n’allait pas pleurer. Bien que le faite de ressentir cette tristesse qui enveloppait Abel, c’était une déchirure pour la Belle. Il resta muet quelques secondes avant de briser ce silence désagréable. Oh Ab’… « Je devrais pouvoir vous aider Mme Richardes, mais je ne pourrais pas faire grand-chose ce soir. » « Désolé » Oui une aubaine ! Même si le visage de Carmen se décomposa sur place. Elle ne le lâchait pas. « Oh ! Eh bien je serais ravie de vous ravoir à la maison Abou ! Merci d’avoir pris le temps de regarder… C’est important pour moi. Merci. » Elle lui adressa un sourire sincère et amer, ridant ces yeux. Malgré les apparences, elle se sentait soulagée d’avoir été entendu, que quelqu’un daigne bien regarder chez elle… Si cela pouvait apaiser la chose qui vivait entre ces murs, elle se sentirait plus sereine.

« Une petite crêpe ? » Incorrigible. Carmen ne perdait pas le nord, l’envie de les garder avec elle le plus longtemps possible se lisait dans ces iris voilés par la vieillesse. Le bout de ces doigts caressait doucement la peau du sorcier. Reste avec moi mon Abou. Je vais te soigner, tu verras. Des pensées qui polluèrent l’esprit de la télépathe qui rebondissait sous son impulsion. « NON ! » S’emporta Mila malgré elle. Elle se reprit aussitôt d’une voix plus douce sous le regard étonné de Carmen. « Non Carmen. Nous allons vous laisser vous reposer. Il se fait tard et nous avons des choses de prévu. » Une dégustation de crêpe pour commencer… mais Mila voulait surtout éloigner Abel de cet endroit pour le serrer tout contre elle. Un contact qui commençait à lui manquer. L’éloigner de Carmen était également une priorité. Sans parler qu’elle ne se sentait pas bien entre ces murs.

La sorcière se déplaçait déjà en direction des deux personnes, bien déterminée à arracher Abel de ces griffes salaces, lorsque la porte claqua brusquement. Mila en sursauta et resta figée. Le visage blanc, ses billes sombres glissèrent vers la pièce où Abel venait de sortir. Un frisson désagréable parcourra son échine. Elle tressaillit. Ce qui interpela la jeune femme fut la réaction de sa voisine. Cette dernière semblait parfaitement stoïque, pire, elle semblait être habituée. « C’était quoi, ça ? » Qu’elle demanda, la gorge serrée.Les fantômes n’existent pas… Les fantômes n’existent pas…Qu’elle tenta de se convaincre. « Ca ma Douce, c’est mon quotidien. Visiblement, ‘il’ est en colère. J’espère qu’il va se calmer. Je veux fermer l’œil cette nuit. » Mila glissa son regard rond sur Abel. Interloquée. « De quoi elle parle ? Abel ? Putain mais merde ! J’suis la seule qui panique là ? » Des portes qui claquent sans courant d’air, c’est pas commun ! Ça n’arrive que dans les films d’horreur ! « Tu comprends mieux maintenant. Et je ne pense pas qu’il s’agisse d’un ami imaginaire ma chérie… » Carmen lui offrait un sourire qui voulait tout dire. Je rêve, où elle me prend pour une cinglée ? Non, elle ne veut pas connaitre la réponse. Elle lève les mains en guise de capitulation. « Fais ce que tu veux, mais je ne reste pas une minute de plus ici. Désolée Carmen… » Tout ça… ces choses bousculaient ces convictions et elle détestait cette sensation que tout lui échappait. Ok elle partait, mais pas sans Lui. Mila contourna Carmen sans un regard pour cette dernière. Sa main tiède alla chercher la masculine dans un geste qui n’avait rien de tendre. Elle resserra ces doigts contre les siens en levant son regard déterminé sur le musicien. Je t’en prie… Qu’elle implora presque. Mila voulait fuir l’endroit. C’était déjà trop.



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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
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De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   28.03.17 18:33



❝sounds like a melody❞
mila - abel
Les pensées de Mila vis à vis de Carmen et de cette pseudo-fixette qu’elle entretenait à son égard l’exaspérèrent, ne faisant qu’alimenter sa jauge personnelle d’agacement et d’impatience. S’il savait l’être dans la majorité des cas, il lui suffisait parfois d’un rien pour que l’explosion ne survienne. Abel n’était pas quelqu’un de méchant, il souhaitait surtout régler les problèmes. Pas en accumuler de supplémentaires de son côté… c’était un élan d’égoïsme qu’il savait entretenir, parfois. Ça lui permettait de se protéger. À sa manière.
Par ailleurs, il fut tellement prit dans son dialogue avec le garçon que la dernière pensée de son amie lui parvint très difficilement. Pour ainsi dire, il serait incapable de la restituer… il était encore baigné de ces énergies — auxquelles il était sensible malgré lui, trop sans doute. Ces dernières ne lui appartenaient pas et c’est bien pour ça qu’il tenta de rassurer Mila ; ce n’était pas ses émotions, c’était les siennes. Mais là encore, une brèche comme celle-ci ne parviendrait pas à crever la carapace de son déni. Il était profond et bien installé. Trop pour qu’il puisse tenter quoi que ce soit pour lui apporter l’information correctement ce soir. Y aura t-il seulement un moment adéquat pour le faire ? Plus il avançait, plus il doutait que ce soit une bonne idée. Pourtant… c’était tout ce qu’il souhaitait, qu’elle appréhende cette facette-là de lui. Car ne pas l’accepter était cracher sur une bonne part de ce qui pouvait être son Tout.

Amer, c’était le goût qu’il semblait goûter dans sa bouche. Et les sollicitations - ou le comportement - de la vieille femme ne fit qu’empirer les choses, à vrai dire. L’homme avait déposé ses excuses mais n’avait pas supporté (une fois de trop) qu’elle ne daigne respecter certaines limites. Limites qu’il avait lui-même posées, et il n’était pas du genre à répéter deux fois. Aussi se défit-il vivement de son emprise, la faisant lâcher son poignet. Il gagna une froideur qu’il n’avait jusqu’alors que très rarement en dehors de ses heures au MCPD. Une froideur qu’il avait eu pour deux de ses cadets, si ce n’est plus. Elle n’était pas habituelle chez cet homme au coeur de lion. Une pensée s’imposa d’elle-même. C’est lui qui m’importe, pas toi. Et on ne pouvait faire plus clair sur sa façon de penser. Ce n’était pas le confort de cette femme qui l’importait le plus, c’était bel et bien l’esprit. Une réflexion qui pourrait être aussi bien considérée comme exagérée, (surtout au vu de la sincérité derrière les mots mielleux de Mrs Richardes), mais elle ne l’était pas. La colère sous-jacente n’avait rien à voir avec le contenu de cette dernière.

Elle souhaite les faire rester et propose une crêpe — il s’était apprêté à répondre au quart de tour, mais Mila le devança. La réaction de son amie l’alerte, aussi se concentre t-il sur elle plus que sur l’ancienne. Malgré tout, il acquiesce en silence et jette un coup d’œil bref vers la porte…
…qui se met à claquer. Pas de courant d’air, personne pour la fermer (dans tous les sens du terme) - en soi, rien de rationnel pourrait expliquer ce qu’il venait de se passer. Si les deux femmes semblaient avoir été surprises, il ne l’avait pas été. Seules les énergies éparses qui avaient engagées ce geste lui étaient plus difficiles à avaler. Abel ravala un sanglot inutile, qu’il camoufla derrière un raclement de gorge alors que la phalange de son index reposait sous son nez. « C’était quoi, ça ? » Evidemment. Le problème se pose, à présent : comment lui expliquer ? Carmen en rajouta une couche derrière, et le libanais ne rebondit que sur les propos de la maîtresse de maison. « Il n’est pas en colère. » Non, ce n’était pas vraiment ça qu’il sentait. « Il souffre depuis trop longtemps. Il a peur. » Et il ne se donna pas la peine d’aller étoffer ses propos — inutile de gaspiller de l’énergie à ça, se disait-il. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Carmen en lia ses lèvres. De l’autre côté, Mila commençait à paniquer. Elle n’était pas bien… « Ne t’en fait pas, c’est rien. Rien qui devrait t’inquiéter toi. » La Kozlek contourna Carmen, souhaitant visiblement partir. L’homme réceptionna la main qui était venue le chercher, l’emprisonnant. La vieille femme ne se sentait pas bien non plus suite à cela, quant bien même elle ne perdait pas la face pour le moment. Il faudrait certainement attendre que sa porte se ferme et qu’elle retrouve cette pseudo-solitude pour qu’elle se révèle… et ils ne seraient pas là pour en témoigner. Calme-toi. Il impose ces pensées, car il sait qu’elle les entendra.

Or, Carmen trouve le moyen d’insister à nouveau, faisant les yeux doux à l’homme du trio. « Juste une, je ne suis pas vraiment très rassurée maintenant que… » Sans crier gare, il approcha Mila - à qui la nervosité semblait battre son plein - et alla déposer un baiser au coin de ses lèvres. Disons-le, il n’avait pas vraiment eu peur de les frôler au passage. Ce geste feintait l’habitude. Il était conscient que dans une pareille situation, il aurait pu s’en prendre une. Le visage de l’ancienne s’était décomposé à cette simple vue. Oh… oh, quelle empotée ! Je… pas croyable ! Pensées qu’il n’entendit pas, et dieu merci. « On y va. » Il se força à sourire et entraîna son « plus qu’une amie » dans sa marche. « Dormez dans le séjour, il faut le laisser tranquille au maximum. Je vous conseille de verser une traînée de sel devant cette porte, et dès maintenant. » La traduction cachée était bien entendu « elle ne t’importunera pas, Travis », ce qui était tout aussi rassurant pour lui, semble t-il. Étonnamment elle acquiesça plusieurs fois, et il espérait qu’elle le fasse. Abel jeta ses derniers mots sur le pas de la porte, celle d’entrée et de sortie cette fois-ci. « Je reviendrai. », lui intima t-il - de toute façon, il ne pouvait pas laisser les choses ainsi. Ils la saluèrent (à vrai dire il avait à peine dit au revoir) et s’échappèrent à pas mesurés jusqu’à l’appartement de la trentenaire. Lorsqu’ils s’y engouffrèrent, il ferma la porte derrière lui et se refusa à avancer plus loin. Non, au lieu de ça, il relâcha ses épaules et laissa son dos reposer contre sa paroi. Un soupir long et contenu s’était extirpé d’entre ses lèvres alors qu’il passa une de ses mains sur son visage.
La dernière fois qu’il l’avait ‘presque’ embrassée, il avait été complètement torché et elle l’avait freiné dans ses ardeurs. Mais la véritable dernière fois, elle était la seule à en avoir connaissance et lui n’en avait aucun souvenir. Abel se redressa, lui et son visage, et balaya à nouveau le mauvais, le pénible, le troublant pour mieux rebondir… après avoir inspiré un bon coup, il lança, « Bon, allez, on les bouffe ces crêpes ! » C’était ça ou il se prenait une gifle (à son sens, bien méritée)… cœur de lion, hein. Paie donc les frais de tes élans héroïques à présent.  

© Pando


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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   31.03.17 23:18



Sounds like a melody

Abel & Mila


Ne pas paniquer… Ne pas paniquer… Comment ne pas perdre son sang-froid dans une telle situation ? Une porte qui se claque par le saint esprit… Une vieille dame aux pensées salaces digne d’un succube… Il manquerait plus qu’une musique flippante ou un rire démoniaque accompagnent le tout et Mila se serait cru en plein film d’horreur ! Dieu merci, Abel semblait bien plus serein que les deux autres femmes. Etait-ce une bonne chose ? Les émotions qu’il dégageait ne rassuraient pas la sorcière. Fuir de l’appartement devenait vital. Même s’il essayait de la rassurer en lui confiant qu’il allait bien, qu’elle ne devait pas s’inquiéter, le visage qui lui offrit aux cils mouillés n’anesthésiait pas ces pressentiments. Quelque chose ne tournait pas rond. Les pensées brouillées, la belle ne voulait pas émettre l’hypothèse d’une présence irréelle. Inconcevable. Et pourtant une petite voix intérieure lui criait le contraire. Son pouls palpitait bien trop violement, la déboussolant. Son minois se tordait sous les assauts de cette angoisse qui serpentait jusqu’à lui faire perdre son self-control. Abel tenta de la raisonner, de la stabiliser mais c’était peine perdue. Quand le Libanais avança le ‘il’, Mila crut qu’il se foutait de sa gueule. C’est qui ce ‘il’ ? Son regard vogua rapidement vers la porte avant de revenir à lui. S’agissait-il d’une personne bien vivante qui logeait dans cette chambre, derrière Abel ? Ce qui expliquerait que… Non. Madame Richardes vivait seule depuis des années. Mila connaissait sa vie par cœur. Sa voisine ne lui aurait pas caché une chose pareille. Le flou total, de quoi la faire rager intérieurement. Il fallait qu’elle sorte d’ici.  

Ces doigts se fermèrent contre sa main gelée. Mila ne cessait de le regarder, implorant silencieusement leur départ.  Calme-toi. Des mots qui pénétrèrent son joli crâne, lui fronçant légèrement les sourcils alors que sa tête s’inclinait sur le côté. Je n’y arrive pas…. Pas tant qu’elle sera coincée dans cet appartement. La brunette se fichait bien de Carmen qui ne voyait pas se rapprochement d’un bon œil. Heureusement que Mila ne captait pas les regards séducteurs qu’elle balançait à Abel dans l’espoir de le trainer jusqu’à son lit. Un oriental, de quoi faire fondre sa gaine. Non. La sorcière se contentait de le fixer intensément, afin que le message soit très clair. Pas une seconde de plus entre ces murs. Et sa voisine insista avec sa crêpe. Encore. De quoi crisper le corps de Mila. Une tension qu’Abel a forcément perçue. Il s’approcha. Elle ne recula pas, relevant les yeux dans sa progression. Et le temps s’arrêta pour une infime seconde. Elle cessa de penser à l’instant même où ses lèvres frôlèrent les sienne et déposèrent un baiser à la commissure de sa bouche. Les yeux ronds. Le cœur est vrac. Ses perles charbon glissaient sur ce visage qui venait de la chambouler, comme si le sol s’ouvrait sous ses pieds. Elle reprit son souffle… un oxygène nécessaire. Et le rouge contamina ces joues. Oh pitié ! Non mais… mais réagit tête d’ampoule ! Ce n’était pas une première fois et pourtant elle le savoura comme tel. Incapable de dire quoique ce soit, elle en oublia les pensées de la voisine (et valait mieux). Une seconde où le vide l’avait totalement englouti. Et c’était tendre…

« On y va. »
Mila se laissa embarquer toujours murée dans son silence. Encore sur son nuage ? Pour une fois, Abel prenait les devants et ce n’était pas la brunette qu’allait pester quoique ce soit. Elle entendit son ‘plus qu’un ami’ donner des directives à une Carmen désabusée –et frustrée. Le regard ridé fixait les deux silhouettes s’éloigner dangereusement vers la porte d’entrée pour en sortir. Elle se mit à les suivre, une main tendue en avant dans l’obtique de choper son Libanais mais elle attrapa que du vide. Mila bredouilla un au revoir à peine audible, suivant le musicien sans prendre le temps de jeter un dernier regard par-dessus son épaule. Carmen fixait le pseudo couple s’enfuir, claquant sa porte tel un courant d’air. Elle en soupira longuement, baissant ses épaules fragiles. Le vide s’imposa alors à la vieille femme. Elle grogna des jurons en frappant le sol de sa pantouffle. Ce n’était que le premier round… « Je serais prête mon Abou… Je serais prête. » Un petit sourire étira le coin de sa bouche alors qu’elle détourna les talons vers sa cuisine, sans prendre la peine de regarder vers la fameuse pièce habitée. De toute façon, elle ne comptait pas y remettre les pieds.

L’appartement leur ouvrit les bras. Chaleureux. Mila s’y engouffrait la première, laissant Abel se caler contre sa porte. Sa main ne tenait plus la sienne, et pour cause elle campait contre son propre crâne, la seconde harponnait sa fine hanche. Elle resta un instant dos à lui, alors que ses pensées se rassemblaient lentement pour ranimer les souvenirs. Tout était encore frais. Tout était quasiment sobre… une pensée qui la fit frissonner, sans parler de ce sentiment de peur qu’elle éprouvait à cet instant. La peur que… Elle relâcha un long et profond soupir alors qu’il lâchait le même dans son dos. Non, elle ne parlerait pas de fantôme. Pas ce soir. Elle ne s’en sentait pas capable, ni la force d’affronter une réalité qu’elle n’admettait pas. Pour le moment, ce qu’il l’obnibulait était ce ‘presque’ baiser. Elle ne l’avait pas rêvé. Ses lèvres brûlaient encore de cette sensation inachevée… Mila connaissait sa bouche. Son goût à son grand ‘regret’. Etre dans l’ignorance rayait la sensation de manque. Et là habitait la cruauté. Elle aurait pû ricoché sur autre chose pour gommer ce qui venait de se passer, mais Abel lui coupa l’herbe sous le pied. « Bon, allez, on les bouffe ces crêpes ! » La goutte d’eau qui fit déborder le vase ? Possible. Mila pivota sur elle-même pour être face à lui. Ses perles noisette se plantèrent dans les claires sans ciller. Sa poitrine se gonflait nerveusement. Comment pouvait-il passer outre en lui proposant de manger ces putains de crêpes. Les oreilles rouges (preuve qu’elle était légèrement irritée) elle fit un pas vers lui, le nez froncé et le regard plissé. « Tu m’as fait quoi ? Chez l’autre cinglée ? Qu’est-ce qui t’a pris de… de ‘presque’ m’embrasser ?» Sa voix tremblait légèrement encore sous l’émotion. Pas de gifle. Pas d’éclat de colère. Juste un brouillon d’émotions qui la submergeait, de quoi la faire chavirer… et succomber. Elle avait lutté toutes ces années pour ne pas lui sauter au cou, le repoussant une fois… craquant une seconde sous les effets d’une fête bien arrosée l’oubliant dans la foulée mais ce soir… Ce soir semblait différent des autres fois. Pourquoi ?! Pourquoi bordel de merde !  Parce que je suis lucide, presque autant que lui. Sa pensée contamina la sienne sans le vouloir. Fâcheuse habitude qu’ils avaient de tout partager. Elle se pinça les lèvres. Silencieuse.

« Hm ? Qu’est-ce que tu lui as fait ? Tout s’est bien passé ? T’as pu lui parler ? ABEL ?! » Neva les avait rejoint de son pas sautillant, se plaçant entre les deux silhouettes, mains derrière le dos. Sa frimousse souriante, la poupée d’ectoplasme regardait à tour de rôle son Prince et sa sœur. Elle ne savait pas du tout ce qu’il s’était passé chez la sénile, mais quelque chose lui disait que du croustillant en découlait. Mila avait ce regard chargé en émotion. Neva pouvait ressentir le tumulte qui la possédait… et cette vague de sentiment qui s’apparentait à un profond attachement. Mais elle savait tout ça ! Alors que se cachait-il derrière tout ça ? Mila était ce genre de femme à piétiner les hommes sans se retourner, mais pas Abel. Oh elle se souvenait de leur baiser échangé. Du passionné. Elle se mit à glousser doucement et se mordit la lèvre inférieure. Patientant.

« Tu n’as pas le droit de me faire ça. Encore… Surtout que cette fois, je m’en souviens… Et c’est pire qu’une torture.» Mila s’arrêta subitement sans baisser les yeux. La pente était glissante, et la voilà déjà bien engagée. Comme si c’était le moment de tout lui balancer. Elle se mordit l’intérieur de la joue. Ces bras se croisèrent brusquement contre sa poitrine. « Arrête de me regarder avec ces yeux là Karamé. » Elle lâcha un profond soupire ou reprit sa respiration, elle ne sait plus trop. Tu ne comprends pas. J’aimerais tellement te le dire. Mais je n’y arrive pas. Mila dandina joliment son crâne et relâcha ces bras le long de son corps. Les mots n’arrivaient pas à franchir sa bouche. Pourquoi était-ce si compliquer de lui parler ? Avec James, tout avait été si simple…. Tellement simple qu’elle voit le résultat. Mais Abel n’est pas James. Voilà où réside la différence. Elle passa le bout de sa langue sur le coin de sa lèvre avant de reprendre, la voix plus légère. « Allons déguster tes crêpes. Elles doivent être froides maintenant. » Qu’elle finit par dire en déviant le regard sur le sol, versatile. Fuir ? Bien sûr. Tellement plus facile de partir après la guerre. De battre en retraite. Elle lui adressa un sourire serré avant de partir vers sa cuisine. Quelques pas seulement pour s’y planquer. Elle ravala des larmes qui sortaient de nulle part tout en retirant le papier d’aluminium de son tas de crêpes, les doigts tremblants. La tête complètement dans un étau pour éviter de penser. Et se trahir. Et merde. Mila tendit la main en direction de la bouteille de blanc et la porta directement à sa bouche. Autant tout noyer dans l’alcool… Comme elle savait si bien faire.

Neva regarda sa sœur se diriger vers le sanctuaire culinaire en marmonnant des jurons, elle en haussa ces sourcils avant de revenir à Abel. « Wow. T’as fait une grosse bêtise toi. Non parce que là… Ze ne l’ai jamais vu aussi paumée tu sais. Enfin. Pas depuis le premier de l’an. » Qu’elle confia en faisant mine de réfléchir, l’index sur le menton. Et soupira. « Mila est fragile et bien trop fière pour t’avouer ce qu’elle a sur le cœur. Ze suis pas experte des histoires de grandes personnes Gros !  Mais ze sais que t’es le seul à la mettre dans tous ces états. Allé Abel. Viens. » La petite poupée s’évapora dans un rire mutin.



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La sérénité, je ne l'ai pas atteinte. J'ai encore trop de chaînons manquants et je crains que le doute soit mon éternel compagnon de route.
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

AFFINITÉ : Lumière
POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Sounds like a melody (ft Mila)   22.04.17 16:36



❝sounds like a melody❞
mila - abel
Ce n’est qu’une fois le dos collé contre cette porte qu’il avait commencé à saisir l’ampleur de sa bêtise. La main qu’il passa sur son visage avait accroché quelques perles lacrymales qui lui étaient restées. Il n’aime pas vraiment lorsqu’il est comme ça, il a l’impression que c’est un signe de faiblesse apparent. Encore une leçon merdique que son père Farid lui avait apprise de son vivant, et que ses frères cultivaient encore férocement. Pleurer, c’est être faible. Pleurer, c’est pour les femmes. Pleurer… de toute façon, ça n’avait pas été ses émotions à lui. Ce n’était pas la sienne. Pourquoi arrivait-il à revoir son paternel en cet instant, plus clair que jamais dans son esprit ? Ses traits sévères et son regard d’acier qui lui envoyait des éclairs invisibles, sous ses sourcils sombres. Pourquoi a-t-il tant l’impression de le détester, alors qu’il cherche pourtant aujourd’hui à savoir qui était l’enflure qui avait détruit sa vie, son clan ?

C’est ça qu’il chasse, c’est cet étrange - mais familier - peint de négativité. Lorsqu’il lève les yeux vers la Kozlek, elle a le visage froissé et les oreilles rougies par les émotions qui la traversaient. Il a comme l’impression que le subterfuge ne marchera pas. Pas cette fois-ci.
Il ne savait même plus ce que signifiait ces rougeurs, mais il n’eut pas besoin de réfléchir longtemps pour se rendre compte qu’elle était on ne peut plus agacée. Et pour l’instant, elle lui dédiait ces émotions débordantes, qu’il tentait d’assimiler. Quand Mila lui demande ce qu’il lui a fait et pourquoi, Abel fait le choix de se taire, se contentant d’expirer par le nez. Longuement. La pensée de la jeune femme lui parvient, puisqu’elle a délibérément laissé cette dernière fouler son plan mental. Ça le fait froncer un peu les sourcils. Il décide de poser des excuses bien méritées. « Je suis désolé. J’aurais pas dû… c’était complètement idiot. » Impulsif, qui plus est. Il avait voulu en finir avec la mégère envahissante. Le libanais avait beau être patient dans le travail ou dans les entreprises magiques, il était bien connu qu’il avait le sang chaud. C’était bien connu et ce trait de caractère avait été exacerbé par sa prise plus ou moins régulière de stupéfiants. En ce cas, on le reconnaissait un peu. Beaucoup.

Il avait tenu la distance, difficilement, pensant qu’elle allait balayer elle aussi cette erreur qu’il avait faite. Après tout, dans les souvenirs qu’il avait pu retrouver au compte-gouttes, il lui semblait déjà avoir essayé de s’en rapprocher. Le « non », qui fut difficile à avaler, avait finalement été compris… ce qui ne l’avait pas empêché de continuer à la taquiner sur le sujet, ni à s’y risquer une nouvelle fois. Mais cet état-là… il n’avait jamais connu ça « avant », ou alors, il n’a pas encore récupéré ces fragments-là ‘grâce’ à son pouvoir.

C’est pourtant les mots qui fusent par après qui le secouent, laissant un énorme vent à la petite Kozlek qui le harcelait pour avoir des réponses. Elle glousse même, ce qui ne semble pas ravir le musicien. Encore ?, pense t-il alors que la bombe est posée. Son expression faciale a radicalement changée, c’est l’incompréhension qui prédomine, et pas qu’un peu. « Attends… de quoi tu parles ? » C’est sans compter qu’elle remet cette histoire de crêpe sur le feu, comme pour étouffer l’affaire. C’est clair comme de l’eau de roche : elle lui cache quelque chose.

Elle lui montre l’emballage et lui tourne le dos sans lui présenter l’intérieur… en soi, tout ce qu’il déteste. Abel reste cependant quelques instants là, alors qu’elle était en train de fuir, ni plus ni moins. « Mila ! », insiste t-il, mais elle s’est glissée jusqu’au coin cuisine pour aller descendre la bouteille de Monbazillac. Parce qu’elle allait se la terminer toute seule en plus ? Manquerait plus que ça, tiens. L’homme est lui aussi agacé, mais plus frustré qu’autre chose, il est vrai. Il traversa le peu de surface qui le séparait de la trentenaire, la trouvant goulot aux lèvres. (Un soupir long et à peine discret, alors qu’il secoue la tête. L’enfant lui parle et le met sur la piste. Le nouvel an.) Ce brave lion n’allait pas se laisser faire, pour sûr. Et la vieille d’à côté, comme la rencontre avec cette entité, l’avaient déjà bien assez titillé pour qu’il soit complètement docile. Quant au joint… pas suffisamment chargé pour rester aussi longtemps sous son emprise. L’ex-junkie qu’il était n’avait pas idée de cette résistance qu’il avait pu développer au fil de ces années d'accoutumance.

Elle était encore en train de boire lorsqu’il déboula derrière elle, avant de se placer à ses côtés. « Arrête ça, » lui intima t-il en saisissant la bouteille, qu’il inclina à nouveau à la verticale. Sans agressivité aucune. « T’as pas besoin de picoler ce soir, t’as juste besoin de parler. Alors arrête. » Il sait qu’elle buvait seule. Il sait parce qu’il l’avait vu dans la première vision qu’il avait eue, il y a des mois de ça. « Je suis désolé, Mila, je te l’ai déjà dit. Mais je crois que c’est pas ça que t’as envie d’entendre ? Je comprends pas ce que t'essaies de me dire. » Est-ce qu’elle souhaite que ça n’arrive plus ? Comment traduire tout ça ? Son comportement aurait pu lui crier cette vérité-là, si elle n’avait pas été controversée par certains mots qu’elle avait pu rajouter.  Semant le doute et l’incompréhension. Alors, le sujet qu’il s’était gardé de mentionner depuis tout ce temps est mit sur la table. « Qu’est-ce qui s’est passé au nouvel an ? » Il fit en sorte de ramener la bouteille sur le plan de travail et la lui faire lâcher, d’une autre main sur son poignet. « Dis-moi que j’ai rien fait de mal. » C’est sa préoccupation première, car il n’est plus sûr, depuis l’affaire Karamé ou de sa dernière visite au Liban, de ses propres réactions. Elle n’en a pas conscience, bien sûr. Je veux pas que ça recommence. Ali le méritait, lui, mais… …la pensée s’échappe, s'estompe en devenant brouillon — elle a forcément entendu et c’est mauvais. Pendant un bref instant, il a peur, car elle est silencieuse. Le type qu’elle avait embrassé au matin, alors que l’assemblée était parfaitement sobre ou en pleine décuve, était gay et c’était quelque chose que tout le monde savait. Alors pourquoi diable avait-elle fait ça ? Aurait-ce été un geste rancunier, dont il allait prendre conscience seulement aujourd’hui ?

© Pando


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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Sounds like a melody (ft Mila)
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