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 Another day in Seattle. || Libre

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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
ÂGE : 38 ans
OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

AFFINITÉ : Lumière
POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   10.12.16 19:46

Another day in Seattle.
ft. Jedediah


« Pourquoi tu me regardes comme ça, Louise… ? », murmura t-il alors que son attention était à nouveau portée sur l’esprit de la jeune femme. Son regard était inquiet, peut-être affligé… fatigué. Un peu de tout certainement. Attention… toi… merci… encore… sauver… bientôt… Et il sait à cet instant qu’il n’en saura pas plus, pas tant qu’il ne se sera pas décidé à rouvrir la porte. Ce n’était pas envisageable… pas maintenant, même s’il était tenté de le faire.
Abel espère qu’ils parviendront à l’attraper. Il leur fait confiance, ce n’est pas son domaine, ça ne l’a jamais été. En général, on courait toujours après le Black Dog… et non l’inverse. De toute façon, soit ils l’avaient, soit ils ne l’avaient pas. Dans les deux cas… il y aurait une ou deux personnes qui reviendraient à lui en temps voulu.
Il se redresse et jette un coup d’œil dans la direction du container dont l’accès était encore non-sécurisé. Le froid dans ses membres s’est estompé, mais la désagréable sensation s’y est quand même accrochée. D’un pas las quoique dénué d’hésitation, il s’approcha de nouveau des lieux, puis s’arrêta net à son seuil. Lorsqu’il leva le nez pour brasser à nouveau du regard l’intérieur, il cligna plusieurs fois des yeux en tentant de ne pas s’attarder sur ces quantités d’hémoglobine qui étaient étalées çà et là. Plus sur le fond que sur la forme en elle-même. Difficile. Une expiration par le nez, discrète mais ininterrompue jusqu’à ce que l’air lui manque. Ses bras s’entremêlent sur son torse alors qu’il laisse son visage - puis son corps - s’orienter à nouveau vers Louise, qui se tenait encore à l’extérieur. Un sourire. Délicat.

Rien de suspect aux alentours pendant l’absence de Parker et de Coleman. Pas de mouvement, pas de nouvelles énergies, un calme apparent qui ne lui plaisait pas vraiment. L’air un peu fermé et absent, c’est ainsi présenté qu’il a accueilli les tissus énergétiques appartenant à l’agent qui remontait jusqu’à lui. Coleman lui annonce qu’ils l’ont eu, ce à quoi Abel répond simplement par un hochement de tête et d’un mince sourire. Il a à peine regardé l’homme qui s’enquit manifestement de son état. « Ça va, » lui rétorqua t-il d’un ton posé qui transpirait néanmoins un artifice quelconque. Bien sûr qu’il était en train de mentir, il n’avait lâché ces mots que par pur automatisme. Pas la peine d’alarmer le reste de l’équipe, Abel avancerait quand même. Il était forcé, il ne voulait pas être un poids. Pas plus qu’il ne pouvait parfois l’être, du moins.

Il écoute d’une oreille attentive les propos de Jedediah. Abel quant à lui, se recentre. À l’inverse de l’autre agent, il décroise ses bras afin de détendre ses muscles. Trop de tension est néfaste. De même, il tire un peu ses épaules en arrière, quelques uns de ses os se mettent d’ailleurs à craquer après l’étirement. Des sorciers arrivent, c’est sans nul doute les scientifiques spécialisés qu’ils attendaient. Il profite de ces quelques instants de silence pour glisser à l’attention de Coleman. « Ne rien laisser au hasard… » Surtout dans le domaine de la sorcellerie, oui. Mais il ne lui apprenait rien, de toute façon ce n'était pas le but recherché. Il n’avait pas plus à dire pour l’instant, mais cela exprimait déjà pas mal son point de vue sur la question.

L’oriental pivote vers l’un des experts qui l’a reconnu. Il lui demande simplement s’il avait relevé des choses particulières depuis son arrivée. Là, Abel jette un coup d’œil dans la direction de Louise. Puis déroule brièvement les éléments qui seraient susceptibles de les aider d’une quelconque façon. L’homme qui lui fait face est assez froid mais c’est avec respect et professionnalisme qu’il s’adresse au médium. De plus, il savait très bien que s’ils avaient besoin de lui, ils le lui feraient savoir rapidement. Toujours est-il qu’ils avaient déjà commencé à s’affairer pendant que lui et l’un des spécialistes - visiblement gradé - s’entretenaient. Il rejoint son équipe à l’intérieur. Là, Abel a à peine le temps de recroiser le regard de Louise que Jedediah est à nouveau à ses côtés. L’air méditatif du libanais a visiblement été contagieux puisque c’est ainsi que Coleman se présente à lui.

« On devrait retourner au QG. Ici on peut plus rien faire mais j’aimerais bien voir Raven et Bob. En espérant qu’il aura pas pété un câble lui aussi… » L’homme secoue la tête. Depuis tout à l’heure, il s’était inquiété de l’état de ces deux personnes. Il se demande aussi qui se chargera d’interroger le gamin qu’ils venaient d’arrêter. Certainement pas moi, se disait-il. « J’en suis. » Marque une pause alors qu’il commence déjà à bouger. « Et on ne devrait pas trop traîner. » Ce qui masquait à peine ses appréhensions sur le sujet. Clairement, ils ne pouvaient pas être partout à la fois, mais un retour au QG était nécessaire. Parker se chargera très certainement du reste de la transmission. Au revoir… merci… attention… toi… revenir…, auquel il répondit simplement par un « Au revoir Louise, » d’une voix faible mais suffisamment perceptible. De quoi attirer l’attention une nouvelle fois, mais il préférait avoir l’air d’un illuminé plutôt que de ne pas saluer l’esprit qui leur était venu en aide (et inversement, mais il ne se reposait pas là-dessus). Il entretenait un lien particulier avec l’invisible, chose qui n’était pas forcément bien accueillie autour de lui.

Les deux hommes remontèrent jusqu’au véhicule de Jed, il le laissa bien évidemment conduire en restant sagement à la place du mort. Une fois arrivés au QG, ils grimpèrent dans les locaux où on leur avait signalé que Raven et Bob se trouvaient. Ils étaient séparés… l’une était entourée et l’autre pas tout à fait. Néanmoins, les deux étaient isolé… à leur façon. Qui devaient-ils voir en premier ? Abel lui penchait plutôt pour Raven, de toute façon s’il n’y avait rien de particulier à en tirer, ils seraient très vite redirigé vers l’homme de leur duo, Bob. Il espérait simplement qu’il ne soit pas touché du même Mal. « J’aimerais la voir maintenant. », avait-il déclaré à Coleman, ne tardant pas vraiment. Peut-être que même dans son silence, elle parviendrait à les aider un peu. Le médium était le mieux placé pour avoir un quelconque retour de sa part… un retour qui le fatiguerait encore, mais il se sentait encore capable d’accueillir une potentielle vision.

Lorsqu’ils arrivent, elle est dans un coin du bureau, assise par terre et recroquevillée, l’œil éteint et voilé. Une expression figée sur ses traits. Une froideur sans nom, le choc se lit sur son visage blême. Poupée de cire. Le temps qui s’est arrêté. Abel n’apprécie franchement pas ce qu’il voit, pour ainsi dire il a l’impression de se retrouver face à celui qu’il avait été lorsqu’on l’avait récupéré sur la scène de meurtre familiale. Il reste coi et immobile, là, debout à la regarder. Il s’approche finalement et s’accroupit… il la revoit encore la clope au bec à lui faire des réflexions légères. À lui sourire, même. Qu’est-ce qui s’est passé, bordel ?! L’instant d’après, il passe une main sur sa nuque par automatisme, nerveux. Il grimace légèrement au contact de sa paume contre cette dernière, marquée des vestiges - bien incrustés - de sa brûlure. Une expiration légère avant qu’il ne se décide à frôler le poignet de la jeune femme, elle qui dégageait des énergies plurielles.

Spoiler:
 

Une décharge brusque qui alourdit ses membres, perturbe ses sens. Là, il laisse tomber son genou droit contre terre alors que ces quelques maigres secondes lui projettent des images et des sensations qui ne lui appartenaient pas. Il n’avait jamais vécu cette scène avant d’y être propulsé par un autre biais… ce biais plus précisément. Noir. Les ténèbres, partout, enveloppent les lieux. C’est un premier détail auquel il n’a pas été vraiment indifférent puisqu’étant né sous le signe de la Lumière. Ravale sa salive, le souffle court. Il a à peine eu le temps de regarder autour de lui, ce qu’il voit, ce sont des monceaux de corps. Pour ainsi dire, il marche dessus, ses yeux se sont d’ailleurs brièvement baissé à ses pieds… entre sang et membres humains, les nuances et l’odeur fabriquée par son inconscient qui le prend aux poumons, c’est une véritable boucherie dans laquelle il patauge. Du moins, les vestiges. De tout ce qu’il a pu voir, aucune trace de crâne, mais tout le reste d’un corps humain aurait pu faire partie de cette ignoble collection…
Cette obscurité ne laisse même pas la possibilité d’imaginer des murs, il ne souhaite même pas essayer d’y réfléchir à cet instant. Car la seconde qui passe est celle où il reprend ses esprits.


Et sa main froide - fatiguée, qui venait aussi de l’extérieur - s’est détachée progressivement du poignet de la jeune femme pendant les derniers instants. Abel s’est redressé presque d’un bond, se remettant sur ses jambes - mais s’appuyant bien vite contre le mur le plus proche, d’une épaule. C’est à son tour d’être dans un sale état. Une énième vision, encore des énergies auxquelles il avait goûté et cela faisait beaucoup. Dans un geste machinal il avait ôté ses lunettes pour se passer une main tremblante sur son visage. Sa respiration était courte, il n’avait vraiment pas apprécié ce qu’il avait vu. Pour ainsi dire, il avait une nausée monstrueuse qui commençait à pointer le bout de son nez… Parker n’était pas (encore) là, il ne savait pas s’il y avait quelqu’un de son équipe autour, mais Raven n’a jamais travaillé dans les mêmes locaux que lui alors…
Qui pour comprendre, qui pour l’aider ? C’est tout naturellement qu’il se tourne vers l’agent Coleman, dont la voix lui est enfin perceptible.
« J’ai besoin de prendre l’air, » parvint-il à dire alors que la tête lui tournait un peu plus chaque seconde. Le bout de ses doigts sont attaqués par des picotements caractéristiques d’une crise de panique ascendante. Tremblements. Mal à la poitrine, perte de repères. Il ignore même comment il parvient à sortir de la pièce mais ce n’est certainement pas sans assistance. Son teint est devenu livide et une fois aux toilettes, c’est de l’eau froide qu’il récupère entre ses paumes creusées pour s’en passer sur le visage. Il a besoin d’un peu de temps pour se ressaisir. Un peu de temps pour…
Abel vacille. Il reconnait la personne qui l’accompagne, c’est Coleman. Il ne l’a pas lâché. « J’ai vu quelque chose, oui, » bafouilla t-il en se disant à juste titre qu’il se serait posé la question, bien qu’il n’ait pas relevé de tels propos un peu plus tôt - il n’avait pas été , ni tout à fait attentif du fait de ses symptômes. Il s’accroche au bras de l’agent pour se maintenir un peu, même s’il s’est à nouveau adossé à un mur pour garder un semblant d’équilibre. Le médium ravale difficilement sa salive, humidifie à nouveau ses lèvres sèches. Cette gerbe… ne pas fermer les yeux. Ne pas y penser. Ça lui rappelle cette cure de désintox’. Non, n’y pense plus. « Très sombre, un endroit clos je crois, des membres humains partout…du sang. Beaucoup d’sang. » Il va à l’essentiel, il n’a de toute façon pas apprécié et ne saurait être plus précis - et ça se voit. Pour le reste… il lui signalera d’autres observations lorsqu’il sera en état. Là, c’était pas vraiment possible pour lui. Peut-être devrait-il aller s’assoir d’ailleurs… avant de finir à plat… et dans tous les sens du terme.


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)


Dernière édition par Abel Karamé le 10.12.16 20:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   10.12.16 19:46

Le membre 'Abel Karamé' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Succès/Échec ' :
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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   14.12.16 0:24

Another day in Seattle.
Libre


Le trajet jusqu'aux locaux principaux du MCPD s'était fait dans le silence. J'étais perdu dans mes pensées, il était perdu dans les siennes... ou d'autres. Je ne cessais de revoir le théâtre immonde de ce conteneur, le sang, les sceaux et autres vestiges de rituels entre cires et encens. Je revoyais tout ça sans que ça ne fasse aucun sens. Sans en comprendre le moindre détail. Encore moins en comprendre la portée. Tout ça avait-il résulté d'un accident? Une erreur? Peut être n'était-ce pas plus compliqué et même si comme souvent mon instinct me disait que c'était plus, je me demandais si on ne cherchait pas simplement midi à quatorze heure. Voiture garée, étages montés, on se retrouvait rapidement dans le couloir où ils avaient isolés Raven et Bob. Deux pièces séparées, Bob d'un côté, accompagné d'un seul type censé simplement "lui tenir compagnie"; Raven de l'autre côté, tenu à l’œil par deux hommes et un médecin. De ce qu'on leur avait dit, elle avait failli se blesser durant sa crise et il valait mieux être prêt à la restreindre. A se demander d'ailleurs pourquoi il n'y avait pas plus de monde avec Bob, qui pouvait exploser à tout instant. Peut être justement pour éviter ça par trop de présence... -  « J’aimerais la voir maintenant. » - J'acquiesçais. Je n'avais pas de préférence pour commencer aussi je suivais Karamé dans la pièce où Raven était enfermée.

C'était une bureau inutilisé. Quelques cartons posés par terre plutôt que sur le bureau encore poussiéreux. Les deux hommes en renforts se tenaient debout contre le mur le plus éloigné d'elle, le médecin était avec nous dans le couloir juste avant que l'on entre et Karamé passait devant juste avant que les hommes ne sortent. J'entrais moi-même, refermant la porte, restant éloigné. Raven était en état de choc, c'était flagrant, légèrement effrayant aussi. Abel tentait une approche et je restais silencieux dans mon coin, attentif mais effacé. Je voulais être présent, je devais l'être, mais je ne voulais pas être une gêne. Je savais la situation assez délicate comme ça. Mais lorsqu'il approchait sa main, lorsqu'il touchait son poignet, lorsque je voyais son corps se raidir, je faisais un pas en avant, bien impuissant face à ça. - Abel! - Ça ne durait que quelques secondes, quelques secondes de silence jusqu'à ce qu'il ne retire sa main, jusqu'à ce qu'il ne tente de se relever pour s'appuyer sur le mur à côté. Quelques secondes pour que son teint passe au livide et que son regard se brouille d'une nausée vertigineuse. Raven ne semblait pas consciente de quoi que ce soit et je me précipitais en avant pour attraper Karamé avant qu'il ne s'effondre. - « J’ai besoin de prendre l’air. » - Que s'était-il passé? Avait-il eu une vision? Une apparition? J'avouais sans mal ne pas comprendre ses dons mais je pense que personne ne le pouvait vraiment.

Vous avez appris quelque chose? - Pas sûr qu'il m'ait entendu, je l'accompagnais jusqu'aux toilettes et il se penchait au dessus d'un lavabo pour se jeter de l'eau sur le visage. Une crise de panique? Ses pouvoirs avaient toujours cet effet là? Je pouvais me plaindre de mes pertes de contrôles, ses effets secondaires n'étaient clairement pas mieux que les miens. Ils n'étaient pas pire no plus, je suppose. On avait tous nos choses à gérer. - « J’ai vu quelque chose, oui, » - Lorsqu'il perdait à nouveau l'équilibre je tendais un bras pour qu'il s'y raccroche. Autant éviter qu'il ne tombe et ne se fasse mal. Il s'adossait au mur et me racontait ce qu'il avait vu. Un endroit clôt, très sombre, beaucoup de sang. Ça pouvait être le conteneur que l'on avait découvert. C'était même plutôt cohérent mais les membres humains? On en avait pas vu un à part ceux rattachés au corps du gamin que l'on avait coffré et vu la vitesse à laquelle il avait couru, ils étaient clairement bien fixés au reste. Je laissais un peu d'espace à Karamé pour qu'il se remette, préférant faire les cents pas dans un coin de la pièce. Faire les cents pas dans les toilettes, ma grande occupation de la journée. Tant de suspense et d'excitation, j'en perdais mon latin. S'il n'y avait pas eu cette quantité impossible de sang sur les docks, je pense que je me serais moins inquiété. J'aurais été plus calme, plus posé. J'aurais probablement pris tout ça plus cool. Mais là j'avais ce sentiment d'urgence, ce sentiment que l'on devait découvrir ce qui se tramait et très vite. Je laissais à Karamé les prémonitions, moi ce n'était qu'une intuition fondée sur une impression. Pour ce que ça valait...

Je venais moi-même m'appuyer à un lavabo, faisant face au miroir et à mon reflet. Droit dans les yeux quelques secondes comme dans une crise d'identité avant de commencer à masser mes poignets...

Spoiler:
 

Dans ma poche, mon téléphone vibrait et je quittais la contemplation de mon propre regard bercé de doute pour sortir l'objet et observer son écran. C'était Parker qui nous prévenait qu'il venait d'arriver avec notre butin. - Parker vient d'arriver avec le gamin, je pense qu'il est temps qu'on ait une petite conversation. - Karamé me faisait rapidement comprendre qu'il avait besoin de quelques minutes et je ne forçais pas pour le traîner avec moi. A vrai dire je doutais qu'il veuille s'impliquer dans un interrogatoire officiel. Je lui conseillais de se trouver une chaise avant de sortir de là pour arpenter quelques couloirs et un ou deux escaliers afin de me retrouver devant la porte derrière laquelle avait été mis le sorcier. - « Il s'est réveillé dans la voiture, on lui a laissé ses menottes. Faudrait pas qu'il se barre maintenant. » - Je vais entrer. Raven est en état de choc, Bob est confiné dans une pièce séparée. On a aucune idée de ce qui leur est arrivé alors ce gamin va devoir cracher le morceau. - Je posais la main sur la poignée de la porte. - « Fait attention à pas aller trop loin. » - Il est allé trop loin en manipulant deux agents et en se barrant en courant d'une scène de crime. Je ferais attention à le laisser vivant.

De sourire forcé, je passais à un visage de marbre lorsque je refermais la porte derrière moi. - Ça va mieux la tête? T'as dégusté là-bas. - Pas un grognement, pas une réponse. Son regard était rivé vers l'un des murs pour éviter de me regarder moi ou la vitre sans teint. Comportement typique du gamin pas habitué à ce genre de situation. - Faut dire que tu l'as cherché. Alors, dis moi... - Je tirais la chaise et m'installais face à lui, jambes tendues, bras croisés. Je n'avais ni dossiers ni papiers, rien de plus. - ... Qu'est-ce que tu faisais sur les docks? T'as clairement pas l'allure d'un docker et vu la soin avec lequel ton petit repère était planqué, ça m'étonnerait que tu te sois retrouvé là par pur hasard. - Pas de réponse? Ok, je continuais. - Du coup je me demande. Est-ce que c'est toi qui va porter le blâme pour tout ce qu'on a trouvé? Non parce qu'avec tout ce sang, il y a de quoi s'amuser. - Un sourire provocateur passait sur mes lèvres. - Et entre nous, je pense pas que tu sois celui derrière tout ça... Trop frêle pour être docker et pas assez malin pour être le cerveau... - Il tournait la tête vers moi. - ... C'est à se demander ce que tu foutais vraiment là en fait, sérieusement. Tu ramenais la bouffe, c'est ça? Tu faisais coursier? Ou alors ils t'ont pris pour ton argent peut être? - « C'était mon idée! »

Mon sourire s'étirait de plus belle et il fermait sa grande bouche en se rendant compte de son aveux. Enfin... Un début d'aveux. - Merci de me donner la bonne raison pour ne plus te laisser sortir d'ici. Maintenant qu'on a réglé ce détail, tu vas me dire ce que vous avez fait. - « Je vous dirais rien du tout. Vous verrez bien par vous-même. » - Son air dédaigneux avait tendance à m’irriter mais c'était le but je suppose. - « Et je veux mon avocat. » - LE mot que tout policier déteste entendre. Avocat. Je retroussais mes manches, me redressant sur ma chaise, paraissant plus imposant dans cette position. - On l'appelle, mais en attendant tu vas tout me dire. Fait le bon choix. - Je posais mes avants bras musclés sur la table de métal vissée au sol et son regard se faisait presque impressionné. - « J'ai pas peur de vous, je sais que vous pouvez pas me toucher. » - Mes lèvres se pinçaient et mes poings se serraient. On frappait à la porte et je me retournais vivement pour voir le regard alarmé de Parker. - Quoi?! - « C'est Bob! Il perd pied lui aussi! » - Mon sang ne faisait qu'un tour et je me retournais sur le gamin pour lui lancer un regard noir. J'avais déjà vu les effets d'un sortilège mémoriel dans la hâte. J'avais vu les dégâts de la folie issue d'un souvenir à jamais perdu.

La porte se refermait avec violence alors que l'air à l'intérieur de la petite salle d'interrogatoire se mettait à tourner dans le sens horaire. Je me levais, lentement. L'air se faisait froid, bien plus froid et le vent.. Le vent s'élevait, fouettant les visages et mordant la peau. - Je ne peux pas te toucher, mais regarde, j'en ai pas besoin! - Le vent se faisait plus violent, plus fort et ma chaise se retrouvait plaquée contre l'un des murs, le son métallique contre la paroi de ciment faisant un échos dérangeant à l'air sur nos oreilles. - Tu vas me dire tout ce que tu sais! Je n'ai plus de temps à perdre avec toi! - Il se tétanisait et je commençais à lire une peur légitime dans son regard. Dans l'air on pouvait observer de minuscules cristaux de glaces se former et tournoyer mais moi ce que je voyais c'était ses joues rouges et ses mains qui viraient au violet. Il pouvait bien faire vingt degrés dans le couloir, dans cette pièce, la température avait drastiquement chuté. - Non? Tant pis pour toi! - Mon regard prenait un peu de folie et j'étendais mes bras d'un air impérieux, m’apprêtant à rediriger sur le gamin les vents glaciaux les plus violents, à écraser sa frayeur sous une violente tempête...

Pas rapides, souffle saccadé, je venais de gravir les marches d'un énième escalier, forcé à l'effort par un ascenseur occupé. Je me pressais mais mon regard trahissais mes préoccupations. Ce que j'avais appris justifiait cet air taciturne mais... Je déboulais dans le couloir. Du monde s'était massé autour des portes. Oui, des. Car si j'entendais les cris de Bob, j'entendais aussi ceux de Raven. Lorsque je réussissais enfin à passer la foule observatrice, à coup de coudes et d'ordres brutaux, je pouvais les voir tous les deux. Bob tenait sa tête entre ses mains comme si elle allait exploser alors que Raven hurlait, comme pour extérioriser une souffrance mystérieuse, son regard restant aussi vide qu'auparavant, sa tête frappant machinalement le mur qui commençait à se recouvrir d'une tâche rouge dégoulinante. Comment en étions-nous tous arrivés là...


Dernière édition par Jedediah R. Coleman le 14.12.16 1:26, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   14.12.16 0:24

Le membre 'Jedediah R. Coleman' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Succès/Échec ' :


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#2 'Dé de 100' : 39

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#3 'Succès/Échec ' :


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#4 'Dé de 100' : 72, 77

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#5 'Succès/Échec ' :
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De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   15.12.16 1:02

Another day in Seattle.
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Le sang…
L’horreur de la vision est encore là. Présente. Persistante. Pourtant, cela fait déjà quelques minutes qu’il s’en est déchargé à proprement parler. Or, les visions n’étaient pas uniquement de simples images projetées devant lui. Abel les vivait, les ressentait. Toujours plus fort. C’est comme si son entité était baignée des énergies qui l’avaient happées. Elles le traversaient sans disparaître à tout jamais, elles laissaient une trace, une empreinte.
Se décharger de ce poids n’était pas aussi simple. En réalité, même la musique ne faisait qu’estomper, sans pour autant faire disparaître les stigmates qui s’accumulaient.
Partiellement amnésique ou pas, Abel avait désormais la ferme volonté de vouloir se souvenir. Ne pas oublier, tout graver dans le marbre mémoriel. Fausse bonne idée. Il pourrait vous citer nombre de visions qui ont pu le frapper. Le prénom de certains esprits, lorsqu’ils étaient assez cléments pour vouloir se présenter. Les émotions, les nuances énergétiques, les lieux ou du moins, ce à quoi ils ressemblaient.

Au moins, il n’avait pas dû revivre la chaise électrique. Ça lui était déjà arrivé… et c’est cette pensée qui l’aida à relativiser. Un peu, du moins. C’était l’une des réflexions qu’il avait eu alors que Coleman était en train de tourner dans les toilettes, l’air nerveux. Ce n’était très certainement pas à cause de lui. Abel se re-concentrait sur l’enquête, essayait du moins, afin de ne pas se faire avaler par le « reste ». Sa respiration, bien que difficile, commença à se stabiliser. L’attention qu’il porte à l’agent lui permet d’effacer un tant soit peu la tension qui lui paralyse les membres. « Parker vient d’arriver avec le gamin, je pense qu’il est temps qu’on ait une petite conversation. » Il hocha la tête dans sa direction, l’œil trouble. Des mots s’échouent, les siens, lourds mais succincts. « Je vous rejoindrais. Après. » Pas la peine d’en dire plus, les signaux de malaise sont suffisamment explicites. Il a besoin d’un peu de temps pour se ressaisir. D’ailleurs, Coleman file au moment où il parvient à se traîner à nouveau jusqu’au lavabo pour prendre quelques gorgées d’eau à la source. Au moins, il n’aurait pas à participer à l’interrogatoire. Ce n’était pas son domaine.

Du fait que l’homme ait disparu des toilettes, Abel en profita pour détendre un peu ses muscles et expirer plus audiblement. Il croisa son reflet et inspira une nouvelle fois, profondément, replaça ses lunettes sur son nez. Puis il sortit, se rendant à pas lents et à la trajectoire approximative, vers la salle où était Bob, à savoir dans un autre coin de la pièce principale où se trouvait Raven.

S’en fumer une, ça l’aurait peut-être donné un petit coup de fouet supplémentaire. Oui, très certainement : mais il n’était pas prêt à s’octroyer de réelle pause. Encore bien pâle, l’œil roulant parfois un peu trop, Abel s’est assit sur une chaise dans le couloir, pas très loin de l’entrée de cette foutue pièce. Là, et malgré sa discrétion, il se fait interpeller par un de ces visages qu’il avait brièvement croisé un peu plus tôt — les autres étaient naturellement resté auprès de la jeune femme et/ou de son homologue. « Vous allez bien ? », il lève le nez et fronce un peu les sourcils, se concentrant sur autre chose que ses pensées. L’oriental n’a aucune idée de qui il peut s’agir, les agents comme les autres personnes qui pouvaient travailler ici étaient nombreux. « Ça va mieux. » se contenta t-il de dire en forçant un bref sourire. La personne disparait brièvement et réapparait quelques secondes plus tard devant ses yeux. Sans comprendre ce qu’il lui arrive, on lui tend un carré de sucre. « Prenez ça, vous allez finir sur le carreau. » Décidément, ils sont bien gentils aujourd’hui. D’une main tremblante, il réceptionne le sucre. « Merci. Occupez-vous d’eux, surtout. » L’enfourne dans sa bouche et, sans s’appesantir, se relève après deux maigres minutes de pause. (Deux minutes de trop selon lui.) Il marcha un peu vers la porte entrouverte. Ce fut rapide, et même si son état semblât se stabiliser - rythme respiratoire correct, spasmes amoindris, douleur thoracique diffuse - le médium n’était clairement pas au beau fixe. M’enfin… un apport de sucre allait l’aider à remonter la pente, au moins physiologiquement. Le pouvoir de son psyché était tel qu’il parviendrait à ne pas s’arrêter, même dans des situations où un homme lambda aurait préféré lâcher le morceau. Abel n’arrivait pas à abandonner dans de telles circonstances. Pas s’il était question d’une faiblesse - la sienne - qui irait empiéter sur son ascension nécessaire au sein du MCPD. Il devait y arriver. Il devait avancer. Même si, présentement, il se contentait d’avancer en rasant les murs…

Tentant de brasser les énergies qui lui collaient à la peau, Abel ne peut toutefois s’empêcher de sentir que quelque chose ne va pas, que quelque chose n’ira pas mieux… qu’il y a une anomalie dans le tableau. Une anomalie qui perturbe les énergies. En plus de ça, le libanais a un sale pressentiment… que ce soit Raven ou Bob, ils sont tout deux touché du même Mal. De fait, à peine entre t-il dans la salle de réunion que Bob se met à répéter une même phrase en boucle, ne sachant s’arrêter. Abel inspire discrètement par la bouche, laissée alors entrouverte, les yeux rivés sur la scène. Il ne sait pas quoi faire… non, rectification, il ne peut rien faire. Le cycle continue, se répète. Une nouvelle piqûre chez le médium qui voit les autres se presser autour de l’individu… la tension monte à nouveau. L’homme tourne les talons et dégage des lieux très vite : il ne peut pas rester là ; il y a des choses qui l’étouffent, les nœuds énergétiques très certainement, mais le choc des dernières minutes n’était pas à sous-estimer pour autant.
Sortir. Chez Raven aussi, une crise… bien sûr. On l’entend hurler. Il a l’impression de ressentir cette souffrance-écran. Fort, d’autant plus fort qu’ils sont deux, bien qu’il ne s’agisse pas d’un stade équivalent. Même une illusion réussirait à lui faire tourner de l’œil… oh, attendez voir ? C’est déjà arrivé. Les visions. Toujours les visions.

Rester ? Au milieu de cet attroupement ? Abel n’y arrive pas. Il est fatigué, encore secoué par la dernière vision qu’il avait eue. Trop de sang. Trop de…
Il franchit le seuil de la porte, se fait arrêter par une silhouette qui lui barre la route. Le souffle coupé se relâche dans un soupir alors qu’il aimante son regard à celui de Jedediah. Abel sent quelque chose, c’est subtil mais il sent courir l’énergie sur lui. « Tu sais. », affirma t-il avant de se décaler, ne le quittant pas des yeux pour autant. Sa voix était étrangement assurée et n’a d’ailleurs pas fait attention à l’emploi du tutoiement. Ce n’est certainement pas quelque chose dont on lui tiendra rigueur… pas dans une telle situation, non. De toute façon, il n’allait pas s’excuser. D’ailleurs son comportement ne le suggérait pas.  


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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OCCUPATION : Agent du MCPD, parce que j'aime tellement me faire traiter de traître une fois de temps en temps.

AFFINITÉ : Je suis un enfant de l'ombre et je porte mes lunettes de soleil avec classe. Qu'est-ce que tu dis de ça!
POUVOIRS : Manipulation météorologie Je suis capable de commander aux éléments, d'invoquer les vents, la pluie ou le brouillard. Entre autres choses. J'évite de générer de trop grosses perturbations car je risquerais d'y rester... et aussi et surtout parce que j'ai tendance à perdre le contrôle quand ça arrive. Je prend mon pied, alors j'essaye de rester sage.

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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   15.12.16 15:36

Another day in Seattle.
Libre


L'air sur mon visage était grave, mon souffle était court à cause de la course que j'avais faite pour monter jusque là. Une hâte bien futile maintenant que j'étais là. Maintenant que je me tenais devant ces portes, que je voyais ce spectacle tragique. Triste. Au sang contre le mur se mêlait cheveux et peau d'un Raven a la confusion plus profonde encore que ce que l'on imaginait. Je les regardais, désœuvré. - « Tu sais. » - Abel m'avait rejoins. Il avait abandonné Bob aux hommes qui le tenaient désormais et à mon visage, à l'expression sur mon visage, il avait compris. Mon regard allait de l'un à l'autre et mon teint était bien pâle. Je n'étais pas malade, ni nauséeux mais la boule dans mon ventre était bien présente elle. Et pourtant je n'étais pas responsable, je n'étais pas à blâmer. Ces jeunes l'étaient. Eux seulement pour avoir orchestré tout ça. Pour avoir généré cette situation. Immonde situation. Et maintenant? Maintenant je ressentais une culpabilité ridicule mais logique, et un dilemme. Savoir ou désespoir. Laquelle de ces deux pauvres âmes devais-je libérer en premier? Raven arrêterait-elle de marteler le mûr de son front si je la ramenais en premier? Était-ce un fol espoir que de le supposer seulement? Et Bob? Et me voilà, à devoir faire ce choix pour eux. Je passais une main sur mon visage. - Tout ça pour ça...

J'entrais dans le bureau, me dirigeant vers Raven d'un pas presque déterminé. Il fallait bien commencer quelque part et je dois bien avouer qu'inconsciemment, je repoussais seulement l'inévitable. - Fermez la porte, Bob ne doit pas entendre. - Bob qui faisait sa crise à côté? Bob qui devait certainement n'entendre que l'intérieur de son propre crâne? Oui, ce Bob là. Quelqu'un fermait la porte, n'en déplaisent aux curieux du couloir, et je m'approchais de Raven, les hommes qui la tenaient s'éloignant de quelques pas sur ma demande. Je m'accroupissais face à elle, ma main venant s'interposer entre le mur et le côté de son crâne, se couvrant rapidement d'un sang qui n'était pas le mien. Mon pouce venait se poser au milieu de son front. Un soupir, un simple soupir avant de commencer. Je délaissais l'anglais pour une langue plus ancienne que ça, plus antique. Un latin détourné que l'on aurait pu traduire de cette façon... Dans la lumière fait moi face. Que le vide te quitte, que l'ombre s'efface pour que puisse le temps enfin reprendre sa place. - Lorsque je décollais mon pouce de son front, lorsqu'elle cessait de bouger, on pouvait voir une légère marque rouge sur sa peau, une marche qui s'estompait presque immédiatement... et alors son regard se brouillait.

La mémoire lui revenait avec violence et elle était enseveli sous les souvenirs sombres et traumatisants. Sanglots, hurlements et pleurs. Le choc était passé, le traumatisme arrivait et elle perdait à nouveau pieds. Je suppose qu'au moins, elle savait pourquoi désormais... C'était peut être mieux ainsi. Elle aurait une chance de vivre avec plutôt que de mourir pour ne pas avoir su. Je me relevais, laissant à l'un des gars le soin de s'occuper d'elle maintenant qu'elle serait plus coopérative, et me retournais sur Abel. - Le gamin. Il s'appelle David Miller. Lui et un groupe d'autres sorciers ont mis tout ça au point. - J'ouvrais la porte pour sortir, l'air toujours aussi grave, le teint plus pâle qu'avant. Raven irait mieux. Ce n'était pas évident de le croire vu son état actuel, vu la détresse émotionnelle qu'elle semblait ressentir, mais elle irait mieux. Elle revivait simplement le condensé d'heures d'horreurs en l'espace de quelques minutes et... je ne l'enviais pas. - Leur plan était d'infiltrer le MCPD, de placer une taupe dans nos rangs. - Je me plaçais à l'entrée de la petite salle de réunion, observant un Bob hystérique retenu avec difficultés contre un mur. - Ils ont utilisé un sortilège mémoriel sur Raven parce qu'ils ne pouvaient pas manipuler deux agents à la fois, mais après ce qu'ils avaient fait... Ils ont bâclé le sort. Probablement la fatigue.

Je pinçais l'arrête de mon nez entre mon pouce et mon index, les yeux fermés, avant de m'adresser aux hommes qui maintenaient Bob. - Lâchez le, ça va aller. - Ils hésitaient, à raison, mais finissaient par lâcher ce pauvre homme. Bob se laissait tomber au sol en tremblant, clairement dérangé. Je m'adressais à Abel. - Je pense que Miller nous donnera ses petits copains, il est entrain de se morfondre en salle d'interrogatoire. Mais en attendant... - Je faisais quelques pas à l'intérieur. - Bob? Bob, tout va bien. Je suis désolé.. - Je soupirais. - Ils t'ont drogué mais tout va bien maintenant. Viens, on va aller voir les gros malins en bas, ils vont t'aider à avoir les idées plus claires. - Bizarrement, Bob semblait revenir. Comme si un retour à la "normalité" éloignait la crise. C'était de croire que quelque chose clochait qui déclenchait ça, mais si je lui donnais une raison plausible, alors il n'avait plus aucune raison de penser à autre chose. Je lui tendais la main pour l'aider à se relever et même s'il demeurait silencieux, confus, il réagissait. Et sa main... si froide... Je me retournais vers Abel. - Tu l'accompagnes? On sera juste derrière vous. - A peine étaient-ils sortis de la pièce que j'entendais la voix de Raven dans le couloir. - « Bob! » - Et encore plus de pleurs mais Abel, par instinct ou que sais-je, poussa doucement Bob à poursuivre sa route. Sous couvert des pleurs de Raven je revenais aux deux hommes dans la pièce. - Je vais vous demander quelque chose. Vous allez me détester pour ça, et je ne pourrais pas vous en vouloir... Mais je ne peux pas faire ça seul.

Ils nous fallait à tous seulement quelques minutes pour rejoindre le premier sous-sol, niveau scientifique. Laboratoires, morgue, matériels aussi utile que cher. Abel était avec Bob devant, nous étions à quelques pas derrière eux. Les deux hommes et moi. Leur visage était plus fermé que le mien parce que j'avais peut être eu plus de temps pour accepter ce qui suivrait. Accepter... J'aurais tout le temps de me morfondre plus tard... même si j'avais déjà envie de me rouler en boule dans un coin. Les portes défilaient, les regards curieux des scientifiques aussi, et à un moment donné... - Allez-y... - Les deux hommes filaient droit vers Bob, bousculant légèrement Abel sur leur route. Ils le saisissaient par les bras et l'escortait sans réelle douceur vers l'une des portes du fond. - Abel, ça va. Laisses les faire. - Je n'étais pas en colère contre lui, j'étais en colère contre ces gosses... et je m'en voulais d'être celui qui savait. Celui qui devait démêler tout ça. - Leur plan était d'infiltrer le MCPD mais leur objectif était d'attirer l'attention des Red Shadow. Gagner leur place dans ce cercle là... - Avais-je dit en m'arrêtant devant la porte battante que les trois hommes venaient de franchir. - Mais pas en nous noyautant... En prouvant leurs compétences. Tu n'es pas obligé d'entrer, sérieusement. - Je posais ma main contre la porte, hésitant. Le regard dans le vide. Et puis finalement quelques mots avant d'entrer, pour me convaincre, pour m'aider. - Il est déjà mort...

Lorsque je passais la porte, les deux gars maintenaient déjà Bob allongé sur une paillasse en métal avec force. Bob criait, appelait à l'aide, entre colère et peur. Incompréhension. Chaque mot faisait la force d'un coup dans mon ventre mais je me faisais froid. Comment pouvais-je être aussi impassible. Comment pouvais-je agir malgré sa peur. Je m'approchais de lui et éventrait sa chemise pour révéler son torse bedonnant mais pas pendant. J'ignorais ce qu'il disait, j'étais concentré sur cette tâche ingrate. J'ignorais si Abel était entré ou s'il avait été malin et était resté dehors. Je passais ma main au dessus de lui. - Appears in oculis meis... - Aussitôt, une fresque de sceaux magiques apparue sur sa peau, une fresque noirâtre, couleur sang séché, partout. C'était intégral, réellement, et je sortais de ma poche mon couteau. Bob ne voyait pas le couteau, il ne voyait que son corps couvert de sceaux et la terreur se lisait dans son regard. Il ne savait pas ce que tout ça représentait et c'était tant mieux. - Chercher le nœud de pouvoir... - Il s'agissait de l'un des sceaux et je le localisais au bout de longues secondes d'observations. Un des petits, au centre d'un amas de dizaines d'autres, juste en dessous du cœur. Sa couleur elle-même semblait plus foncée que les autres, plus vive. J'approchais alors la pointe de mon couteau, hésitant au dessus de la peau alors que Bob tremblait. - Je suis tellement désolé Bob... Tenez le.

Alors je plantais la lame, seulement la pointe, et je gravais dans ses chairs le symbole au centre du sceau. Il hurlait, tentait de gesticuler mais les deux hommes le tenaient fermement et si j'avais pris le temps d'observer leur visage... Mais je voulais en finir vite. Une lueur rouge s'échappait de la plaie que je créais, autant que le sang qui s'écoulait de part et d'autres de son corps et lorsque j'avais terminé, la lumière était presque éblouissante. Bob ne hurlait plus pour la douleur, il hurlait de peur en voyant cette lumière, et lorsque j’abattais mon couteau, lorsque la lame pénétrait entièrement son corps au centre du sceau creusé, la lueur s'estompait et une vague invisible soufflait autour de nous alors que les sceaux s'estompaient de l'intérieur vers l'extérieur, douce et pourtant désagréable. La vie quittait le regard de l'agent... La vie... Non. Une illusion. Nous avions tout juste le temps de reculer d'un bond lorsque son corps se disloqua. Les mains, puis les avants-bras, puis les bras jusqu'aux épaules. Pieds puis tibia puis cuisse. Tête. Tout retombait, comme un ballon de baudruche plein d'eau que l'on ferait éclater. Comme si tout ne tenait qu'à un fil. Les morceaux découpés du corps de Bob roulaient au sol et son sang se répandait partout, de quoi me donner un haut-le-cœur. Cette odeur... - Oh putain... - Je quittais la pièce sans demander mon reste. Besoin d'air. Besoin de ne plus voir ça. Je me retrouvais dans le couloir en quatrième vitesse, les mains pleines de sang, des traces à chacun de mes pas. Mon front venait se poser contre le mur froid et je respirais, rapidement, tentant de faire redescendre cette nausée qui montait. Je faisais quelques pas pour m'éloigner de la porte, tenter de marcher pour me contrôler... Ou non. Mon estomac pourtant bien accroché venait de trouver ses limites.
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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   17.12.16 22:38

Another day in Seattle.
ft. Jedediah

Oui, il savait.
Coleman a un visage griffé par un malaise qui ne le laissa pas de marbre. À vrai dire, Abel y était rarement insensible, même si parfois il tentait de fermer son esprit afin de ne pas être étouffé. Les énergies se cachaient partout. Non, elles étaient partout, tout simplement. Elles baignaient chaque environnement, chaque individu, les caractérisait ou les pervertissait momentanément - essence naturellement rattachée au tissu cosmique. Il savait que son don était particulier, qu'il suscitait presque autant la peur que d'interrogations. Il ne s'était jamais appesanti dessus, n'avait jamais vraiment ébruité ce qu'il pouvait voir, sentir, expérimenter. Aujourd'hui son pouvoir était au service d'une cause noble, mais même ce détail n'irait pas embellir un tableau déjà noirci par son héritage ou le trauma récemment vécu. Oui, la magie avait beau faire partie de la société, on n'échappait pas à certains jugements pour autant… d'autant que tous les sorciers n'usaient pas du même type de magie, ce qui laissait supposer aussi des rivalités ou méfiances - il est tout naturel qu'un sorcier guérisseur n'irait pas apprécier le contact d'un sorcier aux aspirations malsaines revendiquées ; comme un druide n'irait s'amouracher d'un nécromancien.

Il ne sentait pas de jugement particulier venant de Jedediah. C'était à la fois étrangement perturbant et rassurant. Allait-ce simplement durer ? Ils se connaissaient peu. Lorsqu'il croise son regard, l'homme est déconfit. Un teint aussi blanc que le sien - de quoi avaient-ils l'air ? Pour autant, l'oriental reste silencieux et l'écoute. Une position qu'il préfère dans cette situation, dans cet instant fatidique. Soulager la tension, ce n'est pas en déblatérant comme les gens derrière qu'ils allaient y arriver. Mais l'agent venait avec des réponses, sauf qu'il avait aussi quelque chose dans les yeux qui faisait mal. Très mal.

Bien sûr, il se garde de lui faire remarquer. La tête lui tourne, Abel est fatigué et affaibli. Besoin d'une pause - une vraie. Il ne se l'octroiera pas avant qu'ils en aient terminé…
Là, quelque chose le frappe. Une sensation. Un pressentiment. Ça y est… ce mal qui inquiétait le médium commença à l'investir insidieusement. L'agent file et s'occupe de Raven, sous les yeux inquiets du musicien. Coi, il le laisse bien évidemment agir - car il sait ce qu'il fait, c'est évident. Du latin. La réaction de Raven ne se fait pas attendre, Abel en a la gorge nouée. Mais ça irait mieux. Pour elle…

Il remonte jusqu'à lui. Bien sûr qu'il a envie de rester, mais c'est sans doute une mauvaise idée. Elle n'est pas seule. Ils ne se connaissent pas… pas assez, du moins. Il relâche l'air contenu dans ses poumons, ce dernier semble avoir une saveur amère. À nouveau, il ne peut ignorer la transformation chez Jedediah. Pourtant ce dernier reste stoïque, à sa manière. Le libanais est en train de réguler sa respiration, essayer de filtrer ces énergies qui le bombardaient par intermittences. Le flux est de plus en plus important. Lorsqu'il s'approche de Bob, il a d'ailleurs une sensation étrange…  ce n'est pas le hasard.

« Ils t'ont drogué mais tout va bien maintenant. Viens, on va aller voir les gros malins en bas, ils vont t'aider à avoir les idées plus claires. »
Pourquoi…
Pourquoi est-ce que tu lui mens comme ça, Jedediah ?, pensa t-il, quelque peu désappointé.

Il y a quelque chose qui va se produire, que personne n'a envie de vivre. Coleman le premier. Lorsqu'il se retourne vers lui pour lui demander d'accompagner Bob, Abel se contente d'hocher la tête, emboîtant le pas à l'homme qu'il devait donc escorter jusqu'aux niveaux inférieurs. Pas seul, bien sûr, ils étaient derrière. La main du médium passa au niveau de son dos. Un frisson remonte le long de sa colonne vertébrale, le saisit à la nuque. Pourquoi est-ce qu'il se sent aussi… étrange à son contact, à sa proximité ? Une familiarité ? Quelque chose… c'est peut-être autre chose, oui. Il ne sait pas mettre le doigt dessus pour le moment. La voix de Raven déchire le simili-silence qui s'était installé, Abel ne s'y reposa pas et incita presque trop naturellement son compagnon à continuer d'avancer.

Proche du but. Ce n'était pas la bonne idée que de le rapprocher de la morgue… pour lui. Les scientifiques sont intrigués par leur présence, jusqu'à ce que ce soit remplacé par une toute autre émotion. Du reste, tout ceci avait été calculé…
Des pas se pressent derrière eux, Abel a d'ailleurs à peine le temps de pivoter qu'ils sont déjà sur Bob, le tirant dans une pièce et sans délicatesse. L'oriental se gardait souvent de laisser libre cours à ses sauts d'humeurs - sur son lieu de travail, du moins. Son visage s'incline vivement vers celui de l'agent, son sang-froid est vivement menacé. « C'est quoi ce bordel ?! » « Abel, ça va. Laisses les faire. » Un dernier coup d'œil dans la direction où avait alors disparu le trio, se recentre aussitôt sur Coleman. Il est prêt à rentrer alors qu'Abel, lui, fait quelques pas en arrière, l'air nerveux, tirant vers un soupçon de colère. Tu ne peux rien faire. Un soupir à l'allure de grognement ravalé. Pourtant…

« Il est déjà mort… ?! », avait-il dit en même temps que son collègue. L'homme disparaît. Moins de quelques secondes plus tard, la symphonie macabre commence.
Abel secoue la tête de gauche à droite, tourne comme un lion en cage alors qu'il a entremêlé fermement ses bras tremblants contre son torse. Rentrer ? Ne pas rentrer ? Ça n'aiderait personne qu'il soit là… ça ne servirait à rien, mais quelque chose en lui ne pouvait pas accepter qu'une foutue porte les sépare.
Force est de constater que n'est pas la disparition de Bob qui le chagrine réellement. La colère est dirigée vers ceux qui en sont responsable. Abel côtoyait la mort sous divers visages depuis longtemps… il l'avait même frôlée de peu ces dernières années. Il savait qu'il les reverrait… sous une autre forme. Il ne pourrait certes plus les toucher, plus sentir leur chaleur. Mais ils étaient encore là. Amère rancœur… comme un sentiment auquel son corps s'était finalement habitué…
Ces pensées ruminatoires se confrontent à des éléments externes et particulièrement intrusifs. Doucement mais sûrement. Et puis… la déflagration énergétique.

Nette. Tranchante. Mais terriblement agressive, pour le coup. L'hypersensible s'est figé aussitôt. Il a senti quelque chose… de plus fort. De… familier. Déjà-vu ? Était-ce simplement une illusion ? Une simple confusion de son esprit embrumé par la fatigue ? Alors que son visage se ferme dans une expression d'indiscrète fascination ; comme s'il avait déterré un vieux souvenir enfoui dans sa mémoire brisée…
L'homme ravale discrètement sa salive, dépose une main contre le mur. Aussi étrange que cela puisse paraître, il a retrouvé le calme. Très vite. Trop vite. Alléché par l'essence magique qui avait agressé le corps et l'esprit de ce pauvre Bob… n'as-tu pas honte ?

La porte s'ouvre brutalement et laisse apparaître la silhouette de Jedediah, le tirant de cette lourde absence. Il ne va pas bien. Et pour cause, il vomit ses tripes en tentant de viser dans un coin du couloir. C'est déjà ça… Abel se ressaisit, inspire un bon coup. Il fait quelques pas mais l'esprit tourmenté de Bob traverse la porte, vient le trouver lui et personne d'autre. Il hurle. Mais il n'y a aucun mot. Son essence spirituelle est gangrenée, pervertie par la magie qui l'avait fait prisonnier de sa propre enveloppe corporelle. Nécromancie.
Il frémit à son approche mais se contente de dégotter le paquet de mouchoir qui était caché dans sa poche. Se rapproche de l'agent, lui tendant le paquet entier. Sa main s'est posée au coeur de son trapèze alors que des mots s'échappent de ses lèvres. Ils ressemblent à une écriture griffonée sur un morceau de papier avant une mise à mort. « Ça va aller…(léger silence), t'as fait ce qu'il fallait. » Quoiqu'il en dise, c'était la triste vérité.

Il est partagé entre ces émotions qui ne lui appartenaient pas, cette crainte inspirée par l'esprit dans son dos - dont il ne toucherait mot à Jedediah, même si la question pourrait être relevée - et la honte qui le gagnait à ne pas réussir à ressentir de la peine. De la vraie peine. Quelqu'un était mort, non ? Un innocent. Et pourtant... c'est comme si quelque chose d'autre avait remplacé ce sentiment naturel, l'avait perverti. Avoir été happé par la magie qui découlait de cette affaire sordide, s'y être accroché au point d'en oublier une compassion dont il jouissait habituellement… d'une compassion qu'il ressentait plus fort que ça.

Sa main ne fait pas long feu - elle se détache quelques secondes plus tard alors que l'ensemble de son corps pivote dans la direction d'où gémissait l'entité. N'ouvre pas la communication. N'ouvre rien. Laisse la porte fermée, il ne t'apprendra rien. Pas plus qu'il n'avait déjà perçu, du moins. Malgré les signaux d'alertes, il était tenté… ne pas perdre de vue l'objectif.

Abel semble tantôt vacillant, tantôt prit d'une gravité étrange. Un nouveau soupir s'échappe de ses lèvres. Se frotte les bras nerveusement avant de vérifier à nouveau si Jedediah tenait le coup. Le médium avait eu l'avantage de ne pas avoir eu le tableau et l'odeur… bien qu'il soit désormais rapproché par l'entité, un nœud énergétique agressif et bourdonnant de douleur. Abel emboîte le pas à Coleman, étant à ses côtés. « Viens, » lui glissa t-il à mi-voix, « Tu vas passer ta tronche sous l'eau. » Et lui aussi, d'ailleurs. Ils s'aventurèrent jusqu'aux toilettes. Les mains du médium étaient froides, terriblement froides. Elles ne devaient certainement rien avoir à envier à celles de Jedediah pour le coup. Abel s'était muré dans le silence depuis qu'ils avaient prit le chemin des wc… suivi par l'entité qui lui faisait siffler les tympans d'une ritournelle immonde.
Alors il le laissa faire ce qu'il avait à faire. Malgré son état, Abel resta attentif, lui laissant l'espace qui lui revenait. Encore un bon moyen de s'épuiser. De son côté, il ôta ses lunettes et croisa brièvement son regard clair dans le miroir. Une, peut-être deux minutes de silence avant qu'il ne lui cède. « Je te laisse seul si tu préfères. De toute façon… j'ferais mieux de monter. » Le médium secoua la tête, évitant son regard. Il imaginait bien que l'homme qui lui faisait face n'était pas un grand bavard non plus dans ces situations-là. De toute façon, il n'y avait rien à dire… car rien que l'on puisse faire pour rattraper ce qui venait de se produire.   


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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ÂGE : Je te regarde du haut de mes 32 ans et j'ai mal au dos.
OCCUPATION : Agent du MCPD, parce que j'aime tellement me faire traiter de traître une fois de temps en temps.

AFFINITÉ : Je suis un enfant de l'ombre et je porte mes lunettes de soleil avec classe. Qu'est-ce que tu dis de ça!
POUVOIRS : Manipulation météorologie Je suis capable de commander aux éléments, d'invoquer les vents, la pluie ou le brouillard. Entre autres choses. J'évite de générer de trop grosses perturbations car je risquerais d'y rester... et aussi et surtout parce que j'ai tendance à perdre le contrôle quand ça arrive. Je prend mon pied, alors j'essaye de rester sage.

THÈME : Firewall - Les Frictions


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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   19.12.16 18:47

Another day in Seattle.
Libre


A la deuxième volée de dégueulis, je sentais encore la crampe au fond de ma gorge et l'effort toujours présent mais le vide de mon estomac mettait tout ce système en pause. Je sentais la main d'Abel entre mes omoplates et lorsque je prenais le paquet de mouchoirs, je le levais légèrement en l'air pour le remercier sans avoir à dire le moindre mot. De toute façon ma gorge était bien trop brûlée par les acides pour que je puisse parler sans tousser ou avoir mal. - « Ça va aller… T'as fait ce qu'il fallait. » - J'essuyais mes lèvres, en venais à essuyer même mes dents, sentant le gout du papier qui se décrochait contre ma langue. J'avais fais ce qu'il fallait, je le savais, j'en avais conscience. Ça ne rendait pas cette action dure à gérer. Ça ne rendait pas ce que je venais de voir plus facile à "digérer". - « Viens.. Tu vas passer ta tronche sous l'eau. » - Je ne disais rien mais je suivais le mouvement. Oui, j'en avais bien besoin. Lorsqu'on passait devant la porte entrouverte, mon regard était irrémédiablement attiré et je tentais d'ignorer le sang et les morceaux de corps pour le poser sur l'un des hommes à l'intérieur, le regard totalement vide. J'avais envie de m'arrêter et de les sortir de là, de ne pas les abandonner à ce triste spectacle, mais mes jambes n’obéissaient pas, elles continuaient de d'avancer et je revenais à ma marche, le visage totalement indifférent. Fermé.

Je poussais la porte battante, me retrouvant rapidement au dessus de l'un des éviers comme Abel quelques dizaines de minutes plus tôt. Une volée d'eau venait vite rencontrer mon visage et la fraîcheur du liquide me faisait du bien. Je rinçais ma bouche sans la moindre finesse, recrachant l'eau à plusieurs reprises, mes yeux rouges encore humides de quelques larmes dues au vomissement. - « Je te laisse seul si tu préfères. De toute façon… j'ferais mieux de monter. » - Je me redressais, amorphe. - Ouais.. - Et puis comme si je prononçais chaque cheminement d'une pensée... - Non... Enfin. Comme tu veux, je te pousse pas dehors. - C'était pas mon genre d'avoir besoin de quelqu'un à mon chevet. J'étais rarement malade mais à chaque fois que ça arrivait, je n’appelais pas Jay pour qu'il vienne s'occuper de moi. Il venait de son propre chef. Et même si je ne demandais jamais, je ne pouvais nier qu'une présence à proximité était rarement de refus. Je finissais par me taire, montrant clairement que je préférais me taire plutôt que de continuer à dire n'importe quoi. Mon visage était rougi par l'eau mélangée au sang de mes mains et je commençais à les laver avec une assiduité peut être trop importante. Le sang était encore mou, assez pour que je n'ai pas à curer chaque bout d'ongle pour le faire disparaitre, et je finissais par rincer à nouveau mon visage. J'avais repris quelques couleurs et lorsque je relevais à nouveau la tête, Abel était toujours là. Je croisais son regard l'espace d'une seconde un peu plus longue et finissais par esquisser un sourire fatigué.

Ça allait. Ça irait. Je passais mes doigts encore humides dans mes cheveux pour les tenir un peu en arrière et me séchais les mains à la serviette coulissante. - Je pense que je vais d'abord retourner là-bas, sortir les deux autres de la pièce s'ils ont pas bougé. - Je poussais la porte, invitant Abel à passer devant, le suivant immédiatement. - Il faut informer tout le monde de ce qui s'est passé et le Miller là... Il va s'en mordre les doigts. - L'insensibilité commençait à faire place à une profonde colère accompagnée d'une forme de dégoût particulière. Il allait payer pour tout ça, lui et ses copains, ils allaient tous payer. Je n'avais jamais été un grand partisan de ce genre de magie même si je savais certaines choses mais ça... Pure barbarie. Et pourquoi? De l'ambition? Un jeu? Je ne savais même plus pour quelle raison spécifique je devais être en colère, c'était un tout. Les scientifiques nous voyaient passer encore une fois et certains s'étaient rapprochés, inquiets. Faut dire qu'avec nos tronches de déterrés, on pouvait pas inspirer la quiétude. Arrivés au niveau des ascenseurs, je m'arrêtais. - Tu peux monter? Trouve Parker, explique lui. Je suppose qu'il aura réussi à apprendre des choses de Raven aussi... Je vais m'occuper de la salle d'examen et je viendrais m'occuper de Miller.

J'attendais qu'Abel soit dans l'ascenseur et que les portes coulissent sur lui pour m'adosser à un mur et fermer un instant les yeux, profitant du calme et de la solitude pour faire le vide. Je trouvais assez incroyable que mes pouvoirs n'aient pas profité de mon état pour se manifester et je ne voulais pas tenter le sort plus avant. Je prenais quelques minutes, quelques simples minutes pour faire le point avant de me remettre en marche. Le commandant m'accorderait quelques jours de repos. De toute façon, je comptais pas lui demander son avis. Le sang séché sous mes chaussures ne laissait plus d'empreinte à chacun de mes pas mais je retrouvais en approchant les traces que j'avais laissé en partant, les miennes et d'autres. Du revers de la main, je poussais la porte pour l'ouvrir en grand. L'un des deux hommes avait déguerpi mais je me concentrais sur le second, toujours accroupi là, le dos collé au mur, le regard dans le vague, rivé vers l'une des cuisses de Bob. - Hey. - Pas de réponse. Je regardais le sol, dédale d'obstacles encore chauds et finalement je tentais de me frayer un chemin en évitant au maximum le sang et les morceaux. Mon estomac vide m'offrait la possibilité temporaire de ne pas vomir sur place encore une fois, ça n’empêchait pas pour autant la nausée de revenir me hanter. Je parvenais à atteindre l'homme en ayant éviter la plupart des flaques de sang et finissais par m'accroupir devant lui.

Faut sortir d'ici, viens. - Mais pas de réponse. Imaginez bien. Je ne suis ni menu, ni petit. J'ai un corps plutôt développé, entretenu, ça fait de moi quelqu'un d'un minimum imposant quand j'entre dans une pièce. Mais ce type là devait faire une bonne tête de plus que moi, une largeur d'épaule supérieure également. Je suis persuadé que si je le poussais avec mon index, je me briserais deux phalanges sur ses pectoraux. Et lorsque je voyais son regard, je voyais un enfant totalement perdu, les yeux ronds, morts. Le vide. Ma main venait saisir sa mâchoire trop carrée et je forçais mon regard dans le sien. - Hey! - J'étais certain que s'il tombait dans les pommes, je serais incapable de le traîner dehors aussi je ne voulais pas le brusquer, mais je ne pouvais pas le laisser là. Il semblait réussir à revenir parmi les vivants et je lui tendais la main pour qu'il se relève, l'accompagnais vers la porte en sachant pertinemment que ma main dans son dos se ferait plier en quatre si jamais il tombait en arrière. Finalement on arrivait jusqu'au couloir et je refermais la porte, non sans un dernier regard pour Bob. Le bœuf musculeux se laisser retomber par terre, contre le mur, et je le laissais sans vraiment m'inquiéter. Il était loin, traumatisé, et je doutais grandement qu'il se souvienne que j'étais là lorsqu'il reviendrait pleinement à lui.

Je m'éloignais, alertant les scientifiques pour qu'ils envoient quelqu'un le voir et pour qu'ils balisent la zone et la préserve le temps que l'enquête et les prélèvements soient fais. Il faudrait ensuite empaqueter, nettoyer... Mais surtout prévenir la famille. J'avais dû faire ça durant la guerre, je m'y étais forcé, je l'avais voulu. Je me sentais trop responsable. Je ne voulais plus jamais avoir à le faire.
Les heures qui suivirent furent remplis de mots et de recherches, d'une froideur impossible. Jay était rentré avant que je ne montre et j'avais apprécié qu'on ne me parle pas pendant que je faisais mes papiers dans un automatisme presque robotique. J'avais laissé Miller mariner, loin d'avoir envie de le voir ou de lui parler mais finalement j'avais dû prendre sur moi. J'y étais retourné, l'avais regardé droit dans les yeux pour bien lui montrer qu'il était foutu, et lui avait rapidement expliqué à quel point il était foutu. J'avais même pris le temps de lui dire "tu adoreras la savonnette dans la douche". Son chemin était tout tracé désormais. Prison du coin en attendant le procès. Et s'il acceptait de donner les noms de ses petits copains, il aurait "peut être" un accord, mais vu ce qu'ils avaient fais, j'en doutais beaucoup. J'espérais surtout. A la fin de tout ça, je terminais ma journée assis sur une chaise, un dossier entre les mains, à attendre qu'Abel se montre et finalement lorsqu'il retrouvait le chemin de son bureau...

David Miller, 20 ans tout juste. - Je me redressais. - A perdu ses parents à l'âge de 11 ans, placé dans une orphelinat depuis. Je pense qu'il sera coopératif, il est pas fait pour survivre en prison sans ça et il le sait. Il a déjà laissé entendre que ses complices étaient eux aussi de l'orphelinat... - Je finissais par me pencher en avant, mes coudes contre mes cuisses, un soupir traversant mes lèvres. - On m'a dit que Parker avait prévenu la famille? - Le ton de ma voix disait clairement que ça m'arrangeait. Une dose d’égoïsme pour me préserver de ça. Faudrait s'attendre à leur visite le lendemain pour "constater". Pure torture. Je ne serais pas là pour y assister. Je ne voulais certainement pas les voir. Vous savez comment ça s'appelle? Espoir. La magie a ce pouvoir. "Vous auriez pu le laisser vivre, lui donner le temps de se préparer!" Non. Le simple fait de se souvenir, le simple fait de savoir. Il aurait pu exploser à tout instant, à tout endroit. Abel l'avait dit, on avait fait ce qu'il fallait. Ça pouvait paraître cruel, mais c'était ainsi. C'était la réalité dans laquelle on vivait. Je levais mon regard vers le médium. - Je vais prendre quelques jours, tu devrais en faire autant.
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ALIAS : “Black Dog” sur la scène musicale. Pour le reste, vous vous débrouillez, mais il n'est plus vraiment friand de surnoms.
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OCCUPATION : Musicien et agent du MCPD depuis neuf mois.

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POUVOIRS : Il a un pouvoir de médiumnité qui lui permet de sonder les énergies spirituelles environnantes, voir et communiquer avec les esprits. Il est frappé par des visions aléatoires qui retracent de près ou de loin l'origine de certaines énergies. À trop forcer sur son pouvoir (notamment en ce qui concerne la communication "ouverte" avec les esprits), Abel a perdu progressivement de son acuité visuelle et ça ne va pas en s'arrangeant.

De plus, il est capable d’absorber l’énergie spirituelle d’un tiers (vivant ou non) afin de bénéficier de certains atouts : renforcement généralisé (n’excédant pas 10mn après le siphon d’âme), rétablissement de son essence vitale et gain de souvenirs. Abel peut également affaiblir un vivant sans le toucher, mais pour une conversion directe de l’énergie engrangée, un contact physique sera obligatoire. À savoir que cette activité n’est pas sans risques, des effets néfastes plus ou moins lourds sont notables en fonction de la quantité et de la force de l’âme en voie d’assimilation.

THÈME : Zack Hemsey, The Way † Santa Esmeralda, Don't Let Me Be Misunderstood † Radiohead, Burn The Witch † Tamer, Beautiful Crime † Lorne Balfe, What Came Before


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MessageSujet: Re: Another day in Seattle. || Libre   08.01.17 18:24

Another day in Seattle.
ft. Jedediah

Coleman bafouille une réponse et le médium n'hésite plus un seul instant après ça. Il aurait pu mal le prendre, c'est vrai. Or, non seulement il était trop fatigué pour mal interpréter les choses, mais en plus de ça la situation ne se prêtait pas à ça. Ce raisonnement, même inconscient, aurait été très mal placé. Il ne l'avait pas clairement envoyé chier et Abel avait saisi le message subliminal. Alors il était resté, sans pour autant manifester son choix expressément. Par ce silence, le respect. Calé dans un coin, contre le mur et bras croisés, l'homme était à nouveau happé par l'entité. Cette dernière le suivait et il pensait savoir pourquoi. Personne d'autre que lui ne l'avait remarqué, de fait il se raccrochait au médium… la raison ? Était-ce simplement utile d'essayer de disserter sur le sujet maintenant ? Toujours est-il que l'oriental n'était guère à l'aise avec ce dernier. Ça n'avait rien à voir avec l'esprit de Louise, ou d'autres esprits plus sereins. Jouer avec la vie et la mort est une chose… y jouer correctement et avec les bons outils, s'en était une autre. Son regard s'est échoué sur le sol alors qu'il s'était perdu dans ses divagations. Il n'avait pas cette impression que tout était terminé… et c'était bien ça qui le taraudait. Il ne l'avait jamais. Certains passaient à autre chose, savaient rappeler certains faits passés, parce qu'ils l'avaient tout simplement vécu. Chez lui, ça restait profondément gravé. Ça prenait du temps à partir, du temps à s'estomper. S'il n'arrivait plus à oublier, c'était parce qu'il se l'était interdit.

Lorsqu'il redresse la tête pour inspirer un peu d'air, il croise le regard de l'agent. Ce dernier, contre à toute attente, lui cède un sourire léger, chose à laquelle il répond de la même façon, le sien fanant aussitôt qu'il avait étiré ses lèvres. Ce simple geste l'intègre à nouveau dans cette réalité brouillée. Il se concentre alors sur son interlocuteur. Il souhaite y retourner. À cette annonce, Abel le jauge en silence. Jedediah vient de pousser la porte, le libanais délia ses bras et décolla son dos du mur pour le suivre. Un soupir franc. Aucun rapport avec ce qu'il était en train de lui dire, il avait simplement besoin d'oxygéner tout ça… d'ailleurs, une fois ses transmissions faites, il irait certainement le faire. Le soleil saurait certainement apaiser un peu ses émois.

Abel acquiesce aux propos de l'agent. On les dévisage sur un peu, mais rien de malsain là-dedans. Tous les esprits qui rôdaient habituellement au sous-sol avaient complètement déserté l'étage. Des gémissements, encore. Toujours les mêmes. C'est Bob. Lorsqu'ils s'arrêtent près de l'ascenseur, Abel ne peut pas s'empêcher de regarder par dessus son épaule, soucieux. Lorsqu'il reporte son attention sur Jedediah, il hoche la tête et appelle l'ascenseur, lui rétorquant avec hâte. « Je m'en charge. À tout à l’heure. » L'ascenseur était à l'étage supérieur, les portes s'ouvrent et il s'y engouffre. Un dernier coup d'œil dans sa direction avant qu'il ne soit seul enfermé dans cette cage métallique. Enfin… pas tout à fait seul. Il se laisse s'appuyer dos contre l'une des parois et joins ses mains entrelacées sur sa nuque, profitant de ces maigres secondes de répit. Il avait clos les paupières pour ne pas avoir à croiser ne serait-ce qu'une parcelle de l'ectoplasme qui le chassait. Pourtant, malgré ça, il avait cédé et lui avait parlé, à bout de nerfs. « Laisse-moi Bob, je peux plus rien faire ! J'ai rien pu faire. » d'une voix haute. Ce n'est pas tout à fait vrai, il pourrait encore faire quelque chose, mais pas maintenant… et ce ne serait pas permanent.
Lorsque les portes s'ouvrent sur l'étage où il devait se rendre, les deux personnes qui passaient à côté le dévisagèrent. Il leur lança un regard peu commode alors qu'il prenait la direction de la salle d'interrogatoire… Parker devait toujours y être. Et effectivement, il n'avait pas bougé de là.

« Karamé ? Ça va ? », lui avait-il dit lorsque leurs regards s'étaient croisés. L'instant d'après, Abel lui explique ce qui s'est passé. À nouveau, il doit faire face à un effondrement certain. Puis à de la colère. Toujours de la colère. Parker connaissait Bob, plus qu'Abel pouvait connaître Raven, si vous voyez ce que je veux dire. D'ailleurs, il avait vaguement transmit ce qu'il avait pu relever auprès de la jeune femme. En réalité, il n'avait pas insisté. Le libanais ne voulait pas en savoir davantage pour le moment. Simplement digérer cette foutue journée. Parker est dans ses pensées, mais se ressaisit bien vite. Prévenir la famille, c'est une responsabilité qui l'incombe et il l'a bien comprit. Parker s'éclipse alors un peu. Les yeux du médium vrillent alors vers la vitre teintée qui les séparait de la salle d'interrogatoire. Le gamin était encore installé à l'intérieur. « Petit con… », avait-il entendu de la bouche d'un agent qui passait non loin. Son attention revint bien vite sur le "petit con" en question… où avaient-ils donc puisé ce rituel ? À qui appartenait-il ? Pourquoi cette école de magie ? Comment avaient-ils fait ? Qu'avait-il vraiment ressenti ? Autant d'interrogations qui chevauchaient son esprit confus. La rancœur naturelle se confrontait à un intérêt particulier. Une sensation, une envie, un besoin. Il se frotte ses mains froides l'une contre l'autre… pas aujourd'hui. Peu après, il disparaît pour aller trouver la terrasse extérieure.

Son itinéraire n'a pas changé et certaines personnes qu'il connaît, de son équipe ou non, le suivent des yeux. Il est réapparu mais prends la peine d'aller s'en griller une. L'esprit de Bob a prit un peu ses distances, mais il rôde toujours, le harcelant. Tantôt lointain, tantôt moins. S'il continuait, c'est à un sort d'apaisement auquel il allait avoir droit. Encore une fois, ce ne serait pas aujourd'hui, mais c'était sans doute la meilleure chose qu'il puisse faire pour lui. La magie dans son état, très peu pour lui. Sa mère lui avait suffisamment apprit les dangers d'une telle expérience. Ce n'était pas quelque chose à prendre à la légère.
Elle n'était plus là.
Assit à même le sol, il était resté dans un coin de la terrasse où la lumière tapait à cette heure de la journée, fumant en silence. Autant en profiter avant que le soleil ne s'endorme à nouveau à l'horizon. On avait pas besoin de lui, il pouvait au moins s'octroyer ça. Il retournerait au bureau après ces quelques minutes de battement écoulées.

Après deux clopes grillées l'une à la suite de l'autre et supporté Bob (ou ses propres réflexions), il se décide enfin à retrouver son bureau. Sur le chemin, personne n'ose lui demander des nouvelles, le médium ayant l'air d'un fantôme. Il ne leur a accordé aucune attention particulière et trace jusqu'à son point d'arrivée désigné. Passant à côté de la machine à café, il s'en fait quand même couler un et récupère le gobelet bouillant entre ses doigts froids.

Lorsqu'il franchit le seuil de la porte, la voix de Coleman retentit. « David Miller, 20 ans tout juste. » La mine du libanais s'assombrit un peu plus. Jedediah poursuit sa lancée, Abel prend une inspiration lente tout en l'écoutant. L'homme tient un dossier entre ses mains. Tout deux revêtent une expression grave. « Oui, » se contenta t-il de dire à la question posée. Sa langue ne se délie pas. Fatigue et confusion. « Je vais prendre quelques jours, tu devrais en faire autant. » Une petite seconde de silence. Abel ne laisse pas plus de temps que ça avant de lui rétorquer naturellement, son corps ou sa mine hurlant pourtant le contraire. « Ça ira, les morts ça me connaît… et on aura peut-être encore besoin de moi. » Pendant qu'il parlait, ses yeux s'étaient noués au liquide sombre et fumant entre ses doigts. Je n'ai pas le droit de m'arrêter. Pas même pour quelques jours., songea t-il. S'il travaillait au MCPD, ce n'était pas pour les beaux yeux du directeur. Il voulait trouver des réponses. Sans faire ses preuves, il n'arriverait à rien. Et ça passait par une activité régulière. Son assiduité ou son implication étaient d'ailleurs particulièrement surprenantes pour un "bleu". Et ce malgré les difficultés rencontrées.

L'homme lui tend le gobelet de café chaud. Il n’avait plus très envie de le descendre finalement. Il ajouta. « C'est pas sucré, mais au moins il est chaud. » Bien sûr qu’il aurait su deviner que c’était chaud et non, ce n’était absolument pas une référence au café froid qu’il avait vu dans sa voiture à leur retour. Il n'aurait qu'à le refourguer à quelqu'un d'autre (son binôme ?) s'il le désirait, il ne serait pas là pour le juger. L'homme réceptionne le café. « On se reverra la semaine prochaine j’imagine. » Il y a dans son regard quelque chose qui est loin de la compassion, du choc qu'aurait dû exprimer un homme qui a côtoyé d'aussi près l'enquête. Mais sa réputation n'est plus à refaire, de toute façon. Il suffisait parfois d'être un sorcier au MCPD pour être regardé de travers. Ou un médium. « Bon courage Jedediah. », lui laissa t-il, un sourire fébrile accroché à ses lèvres. Puis rejoignit le fond de la salle, fuite inévitable. Des nouvelles de Raven car il est aussitôt harponné par deux de ses collègues. Bob et Coleman dans son dos — l'œil voilé. David Miller… pas de parents… tu auras quand même de la visite, t'en fais pas.


Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. (Isaiah 29:4)
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